Littérature générale

  • Un homme sur la fin de son âge veut revivre son enfance lointaine dans le village où il a vécu jusqu'à treize ans. Il n'y est jamais retourné. Il ne peut donc que s'en souvenir. Il le fait avec une précision étonnante : il se rappelle les gens, les maisons, les animaux, les rues, les plantes. Un doute s'insinue toutefois, peu à peu : s'agit-il bien d'un effet de mémoire ou se retrouve-t-on en face d'une reconstruction imaginaire où rien n'a jamais existé ?

  • Au fur et à mesure que chacun d'entre nous vieillit, il reconstruit son propre passé, le plus souvent sans le percevoir lui-même. Les souvenirs, aussi précis soient-ils, correspondent-ils vraiment à des événements et des situations qui ont existé ou sont-ils inventés, triturés, fantasmés ? Et, au fond, qui, parmi nous, est authentiquement capable de raconter qui il est au juste ? Personne ne le sait vraiment sans doute, et les aventures de ce jeune homme devenu adulte puis vieux, quoiqu'elles sonnent juste, personne n'est en mesure de conclure qu'elles sont réelles ou imaginaires (les deux peut-être ?).

  • Venu d'un milieu de métayers pauvres comme Job et qui vivent au jour le jour, l'enfant du hasard est doté d'une intelligence vertigineuse. Avec la complicité d'un enseignant, il réussit remarquablement ses études et arrive à Paris, sans connaître autre chose que la nature et les livres. La plongée dans cet univers inédit le jette dans un océan glacial. Le petit paysan tient donc un journal où l'on s'amuse beaucoup. La ville, ses paillettes, sa culture falsifiée ont-elles digéré l'enfant élevé à la dure ou est-ce lui qui les a absorbées?

  • Le héros, qui ne dit jamais son nom, a mené une vie véritablement hors des sentiers battus. Aventures imprévues, avatars multiples, drames ou réjouissances, les péripéties qui peuplent une telle existence laissent pantois. Une question dès lors se pose y a-t-il un seul protagoniste, est-on confronté toujours au même personnage ? Nul ne le sait vraiment, on oscille d'une possibilité à l'autre. Celui qui lit doit s'engager et se demander à chaque instant s'il est confronté à une mémoire infidèle ou à une forme d'imagination, une sorte de rêve et de mystification .

  • Un homme sur la fin de son âge se remémore sa vie au moment où il rentrait en classe de sixième. Les professeurs, les autres élèves, les événements, il paraît se souvenir de tout. Il raconte aussi les aventures qui lui sont arrivées plus tard et entretiennent un rapport avec ce passé. A mesure qu'avance le récit, le lecteur se prend à douter. S'agit-il de véritables souvenirs ou plutôt de simples divagations que la vieillesse expliquerait ? Une double signification, indécidable, s'installe peu à peu. Aucune clé n'est fournie et, en fin de compte, chacun peut lire ce livre en croyant ce qu'il veut.

  • "Ces histoires que Léa et Marion m'ont racontées à un an d'intervalle, m'interrogent. Et si toute relation entre un homme et une femme, plus simplement toute relation amoureuse, n'était qu'un jeu de miroir. Si l'autre me renvoie une image de moi-même que je peux accepter, alors la relation peut se renforcer ; s'il me renvoie une image par trop négative, s'il ne parvient pas à m'aider dans ma quête identitaire, parce que son image est trop trouble, alors la relation est fragilisée et la fuite est inévitable".

  • Des bribes de passé remontent, comme par bouffées, à la mémoire d'un personnage dont on ne perçoit que peu à peu l'identité. Elles sont disparates, en apparence, mais leurs liens se révèlent ensuite et dressent le portrait d'un homme au destin hors du commun. Les illusions et la mémoire semblent s'interpénétrer et, bientôt, on comprend qu'il appartient au lecteur d'opérer le tri et de se forger une opinion. Vers la fin, le personnage lui-même semble douter un peu et dire : à chacun de choisir s'il le peut.

  • Près d'une centaine de personne décrivent leurs souvenirs d'un de leurs anciens professeurs. Certains ont été ses amis d'enfance, d'autres ses condisciples, d'autres encore ses collègues ou ses anciens élèves. Or, aucun ne se rappelle les mêmes caractéristiques. A mesure que le récit avance, le lecteur est assailli de doutes de plus en plus sérieux. Qui était cet homme sur lequel sont jetés "mille regards et un"? C'est le lecteur qui devra décider.

  • Un couple se forme et touche au bonheur. Très vite pourtant, les méchancetés, les cruautés même, l'amènent à se déchirer, puis à se séparer. Pendant ce temps, une autre famille (la même?) traverse une suite de malheurs (guerres, morts, etc.). Au fil des pages, le lecteur tend de plus en plus à confondre les deux couples, à les mélanger, à douter de qui est qui. Ce trouble caractérise probablement l'humaine condition.

  • Au cours de ce recueil de souvenirs, Hildegarde raconte avec tendresse son engagement, sa résistance et son amour. Elle exprime en particulier la violence de son amour pour un être de chair. Toute sa vie fut un combat et sa parole, bien qu'émanant d'une femme dans une époque tourmentée, fut écoutée. Religieuse, médecin, écrivaine..., Hildegarde a laissé une correspondance de plus de trois cents lettres, avec des personnages illustres, des moines, mais également avec des gens simples. C'est cette femme du XIIe siècle, cultivée et libre, que ressuscite ce texte.

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