Littérature générale

  • Gogol prétendait que " pour savoir ce qu'est la Russie d'aujourd'hui, il faut absolument y voya ger soi-même ". Bien que le grand auteur russe fit exactement le contraire, Bernard Chambaz a suivi sa recommandation à la lettre.
    L'hiver en train, l'été en car, Bernard Chambaz a parcouru l'Oural, territoire méconnu, frontière entre l'Europe et l'Asie. Un voyage qui doit à son amour de la Russie et de son peuple, mais aussi à la puissance des livres. Parmi eux, il y a le recueil oublié et décapant d'Aragon,
    Hourra l'Oural, l'ombre de Pasternak et du docteur Jivago, et enfin l'ombre plus noire de Chalamov et du goulag. On vérifiera avec l'auteur que les statues de Lénine n'ont pas toutes été déboulonnées, loin de là, et que si on a pu évoquer la fin de l'homme rouge, l'
    homo sovieticus tend à devenir pour les jeunes générations un objet, sinon un sujet de folklore...
    Dans ce récit de voyage peu ordinaire, on croisera des météorites, on suivra une enquête sur la disparition étrange de géologues il y a cinquante ans, on échappera à un accident d'avion, on découvrira un jeune Eltsine explorateur sans peur, on verra des camions rouler sur la Kama gelée, on visitera le camp de Perm-36 et les monastères de Verkhotourié, on sillonnera Ekaterinbourg sur les traces des Romanov, on découvrira Tcheliabinsk et son formidable musée des tracteurs à défaut de la centrale nucléaire de Majak, avant d'admirer sous un ciel gris et déjà froid la modernité de la capitale bachkire.

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    Deux journalistes se lancent sur les traces de deux exploratrices atypiques et avant-gardistes, parties seules dans le désert du Sahara près d'un siècle plus tôt à la rencontre du peuple mauritanien.
    L'une, styliste pour Jeanne Lanvin puis reporter, est candidate à une expédition Charcot au Groenland. L'autre est tour à tour modéliste, journaliste et dessinatrice. Elles sont audacieuses et avant-gardistes. En décembre 1933, pour fuir une société patriarcale, Odette du Puigaudeau et Marion Sénones embarquent sur un langoustier breton en partance pour la Mauritanie. Leur but ? Traverser le désert à dos de chameau, sans mission officielle ni subvention. L'image est tellement insolite que les Maures appelleront l'année de leurs premiers pas sur ces terres, " l'Année des deux dames ".
    Près d'un siècle plus tard, Catherine Faye et Marine Sanclemente marchent dans le sillage des deux aventurières pour raconter leur vie en marge, leur culot, leurs contradictions, explorer elles aussi ce pays, trait d'union entre le Maghreb et l'Afrique subsaharienne, où perdure une culture nomade millénaire. Dans des conditions souvent ardues, au fil de rencontres étonnantes, leur voyage est empreint de l'esprit téméraire d'Odette et de Marion.

  • Cédric Gras aime la Russie et les climats difficiles. Après Vladivostok et Donetsk, le voici embarquant au Cap, direction l'Antarctique.
    L'Akademik Fedorov, bateau hérité de l'ère soviétique, doit assurer le ravitaillement des bases de Progress et Mirny, déposer les candidats à l'hivernage et récupérer l'équipe qui vient de passer un an à Vostok. Durant trois mois, Cédric Gras a partagé le quotidien des passagers du brise-glace, scientifiques, marins et techniciens en partance ou de retour. Il a vécu aux côtés des Poliarniks, ces hommes sélectionnés pour leurs capacités physiques, leur sang-froid face aux dangers. Ces hommes qui, enfants, rêvaient soit d'aller dans l'espace, soit de partir en Antarctique. Car la Russie a ceci de particulier que ses aventuriers en herbe rêvent d'étoiles ou de grand froid. Ces hommes qui, durant de longues années délaissent leur famille pour le pôle et mènent parfois une double vie (une femme à terre et une à bord). Embarquer pour l'Antarctique, c'est pour eux l'occasion de découvrir le monde, loin des contrées de Russie : Singapour, l'île Maurice, Le Cap, Hobbart.
    Et la mer des Cosmonautes ? C'est celle des Poliarniks, située près du continent antarctique, et qui leur offre ses paysages lunaires depuis le pont de l'Akademik Fedorov.

  • Cinq mille kilomètres en train, du coeur du continent sibérien jusqu'aux rives du Pacifique. Cinq mille kilomètres le long de la Grande ligne Baïkal-Amour, l'autre chemin de fer transsibérien, et au-delà du détroit de Tartarie jusqu'à l'île de Sakhaline et au souvenir de Tchékhov, qui
    y alla visiter le bagne en 1890.
    Des villes de pionniers à demi abandonnées dans l'immensité, des vies si humaines qui ne savent plus où elles vont, la mémoire enfouie mais ineffaçable des centaines de milliers de déportés qui construisirent cette ligne et ces villes au prix de leur vie, la grandeur et le malheur, la mélancolie russes...
    Il y a tout cela dans ce livre que traverse pourtant, né de l'espace sans bornes, un sentiment de liberté :
    " Tout fuit, tout glisse, on se dit qu'on est bien ici, loin de chez soi, libre provisoirement de toute attache, et que c'est pour ça qu'on voyage. "

  • Après Marie Curie et Simone de Beauvoir, Irène Frain se tourne vers une héroïne qui fascina les romantiques : Pauline Geuble, amoureuse rebelle d'un insurgé décabriste. Partie sur ses traces en Russie, Irène Frain en reviendra hantée par une femme d'exception, étonnante de courage, de force et de passion.
    Pauline est de ces femmes qui brisent les obstacles.
    Risque-tout, elle quitte sa Lorraine natale à la fin de l'épopée napoléonienne pour rejoindre Moscou où, simple vendeuse de mode, elle est courtisée par un richissime aristocrate. Ivan Annenkov est un fervent admirateur de la France des Lumières et un farouche adversaire du servage. Il appartient à une société secrète qui rêve de renverser le tsar. Le complot échoue, les Décembristes sont déportés en Sibérie. Ivan aurait été promis à mourir dans l'oubli le plus total si Pauline, comme sept autres femmes de condamnés, n'avait décidé de le rejoindre. La petite bande, qui deviendra légendaire, soutient si bien les conjurés qu'ils relèvent la tête et fondent, derrière les murs de leur prison, une minirépublique à la française...
    Qui était au juste cette Pauline qui croisa les hommes les plus célèbres de son temps, de Dumas à Dostoïevski, qu'elle fascina ? Irène Frain a suivi ses traces depuis la Lorraine jusqu'à la Transbaïkalie. Elle ressuscite son équipée et brosse avec feu et sensibilité le portrait d'une amoureuse endiablée.

  • Entre humour et cynisme, Jacky Schwartzmann nous fait le récit de son immersion en Corée du Nord lors de sa participation à l'improbable marathon de Pyongyang.
    Rien n'était gagné. Il fallut franchir l'étape de la sélection, affronter les réactions - de l'éclat de rire à la quasi-hostilité -, puis se préparer à passer les frontières de la dernière dictature communiste à l'oeuvre... pour courir 42 kilomètres. Numéro de dossard : 1071.
    Dans son style imparable, alternant humour et cynisme, Jacky Schwartzmann cherche à comprendre ce qui pousse des individus venus du monde entier (les Américains mis à part) à participer à l'événement sportif le plus abracadabrant de la planète : le marathon de Pyongyang. Entre rêve fou, défi sportif et envie irraisonnée, il raconte un voyage durant lequel il fut aussi bien désorienté qu'émerveillé ou exaspéré, mais constamment surveillé, et allie émotion et curiosité pour nous proposer une immersion dans un pays fermé qui lui a ouvert ses portes... l'espace d'une course.
    Prix 2016 de la page 111 pour Mauvais Coûts (La Fosse aux ours)
    Prix Transfuge du meilleur espoir polar 2017 pour Demain c'est loin (Seuil)
    Prix du roman noir du festival de Beaune 2018 pour Demain c'est loin (Seuil)
    Prix Amila-Meckert 2018 pour Demain c'est loin (Seuil)

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    Antoine Choplin a remonté "sa" rivière au fil des quatre saisons pour se ressourcer. Une route à pied, en solitaire, pour s'enivrer de paysages, de nature, d'histoire et de littérature. Un récit intime sur la marche et l'écriture par l'auteur de La Nuit tombée (La Fosse aux ours), Prix France Télévisions 2012. L'écrivain Antoine Choplin a choisi de revenir aux sources. Celles de l'Isère, depuis sa confluence avec le Rhône, jusqu'au glacier qui la voit naître, à plus de 2600 mètres, dans le massif des Alpes.
    En remontant la rivière, il progresse à contre-courant dans l'espace, mais aussi dans le temps.
    Ou comment confronter les coins familiers qu'il fréquente aujourd'hui avec ceux arpentés hier, enfant, aux côtés de son père.
    Transformer une promenade dominicale en épopée, marchant plus de 30 kilomètres par jour.
    Croiser des proches mais aussi des vagabonds. Explorer en terrain connu.
    Un beau récit qui mêle contrastes, passé, patrimoine, histoire et interrogations sur l'écriture.
    À chaque saison son chapitre, son paysage, son ressenti, ses rencontres. Quatre volets d'une marche intime, et d'une marche qui entretient aussi avec l'écriture une relation puissante.
    La Nuit tombée (Fosse aux ours), Prix France Télévisions 2012.

  • " Voilà, j'arrive dans un pays où les vaches se déguisent en chèvres, où l'on vend des flingues à la supérette, où l'on prend l'avion avec des guêtres. Un panneau indique Paris à 4 h 25 et le pôle Nord à 3 h 15. " Le ton est donné. Nouvel invité de la collection Démarches, l'auteur de Touriste s'attaque au Grand Nord, et nous embarque dans un Arctique tragi-comique.
    Une immersion polaire tout en finesse par un écrivain-voyageur au ton unique.
    Ni aventurier, ni ethnologue, ni sportif, ce " Touriste " faussement candide relate un périple au Groenland où l'on croise des chasseurs de baleine et des aurores boréales, des pêcheurs énervés et des dealers fanfarons, des doux rêveurs et surtout des icebergs. Beaucoup d'icebergs.
    En ville, devant les glaciers ou sur les flots, les rencontres incongrues et les panoramas grandioses invitent à la réflexion. Le Groenland est une des destinations les plus prisées des français, et en même temps une des plus mystérieuses. Julien Blanc-Gras est sans conteste un guide remarquable : il nous livre ici une vision de ce pays à la fois pleine d'humour, de sensibilité, et de connaissance.

  • Fantaisie vagabonde : en Bretagne avec Flaubert Nouv.

    À l'occasion des deux cents ans de la naissance de l'auteur de Madame Bovary, Thierry Dussard nous livre un récit original sur un voyage en Bretagne méconnu du jeune " Gust ".
    Avec ses 25 ans pour tout bagage, et son ami Maxime Du Camp comme compagnon de voyage, le jeune Normand Gustave Flaubert fait, en 1847, le tour de la Bretagne à pied. Les deux compères parcourent une région fière et sauvage, encore ignorée par le chemin de fer et l'école. Ils s'aventurent à travers champs, s'embarquent pour Belle-Île, découvrent le bagne à Brest, la manufacture de tabacs à Morlaix, et la tombe de Chateaubriand à Saint-Malo. De ce périple, ils tireront un livre méconnu,
    Par les champs et par les grèves, où l'on sent déjà toute l'ironie et les fulgurances du futur écrivain. Du brut de Flaubert, qui pétille tel un cidre breton - ou normand, on ne sait de quel tonneau.
    Parti sur les pas de Flaubert, Thierry Dussard confronte la Bretagne d'hier à celle d'aujourd'hui, évoque ses lectures et ses voyages, en prenant " Gust " par le col au passage, pour faire sortir de sa tanière l'ours qui avait voué sa vie entière à l'écriture. Son récit est un élixir de littérature buissonnière.

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