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  • Danièle Linhart analyse en quoi la logique du management moderne n'est pas si éloignée de celle qui a prévalu dans le taylorisme. Dans les deux cas - déshumanisation et sur-humanisation - c'est la dimension professionnelle des salariés qui se trouve attaquée.

    Désormais le management moderne revendique l'idée que le salarié est avant tout un être humain dont il faut prendre en considération les besoins, les aspirations, comme les faiblesses. Ce livre montre que derrière cette idée louable s'organise en réalité une disqualification des métiers, de la professionnalité, de l'expérience qui tend à renforcer la domination et le contrôle exercés par les dirigeants. Gérer les salariés en fonction de leur seule condition humaine, c'est nier le fait qu'au travail, ils tiennent des rôles, exercent des fonctions dont ils sont les experts et qui mettent des limites à l'envahissement de leur vie personnelle.

  • Cet ouvrage est décisif pour comprendre l'impréparation dans laquelle s'est trouvé notre système hospitalier face à la pandémie due au coronavirus. Après l'effet de sidération provoqué par la crise sanitaire, comment reconstruire l'hôpital ?

    Des réorganisations permanentes, à partir des années 1980, ont imposé un modèle en rupture avec les valeurs traditionnelles présidant aux activités soignantes. Devant l'explosion des demandes de santé et l'augmentation des coûts, les responsables politiques ont proposé réforme sur réforme sans parvenir à une régulation d'ensemble. Entre logiques défendues par les soignants et celles incarnées par les gestionnaires, la norme s'est imposée comme la figure d'une action neutre, légitime parce que scientifique, mesurable et modélisante. Elle s'est généralisée au détriment de l'attention aux situations concrètes provoquant ainsi des décrochages entre la vision centrale abstraite et celle du terrain.

    A partir d'un véritable travail clinique mené dans la durée et dans l'épaisseur des fonctionnements hospitaliers, l'auteur dégage de nouvelles voies pour reconstruire l'hôpital en réconciliant les différentes logiques - médicale, soignante, gestionnaire - pour ne pas oublier que soigner, c'est d'abord de la présence, du soin humain et technique, des équipements, des lits, et pas seulement un processus optimisé.

  • Les théories du complot sont aujourd'hui omniprésentes, si bien que nul ne saurait y échapper : on est toujours le complotiste de quelqu'un !

    Les analyses dominantes qui les combattent oublient l'essentiel : les conspirationnistes, comme les hystériques en leur temps, sont le symptôme de leur société. Notre société du savoir et de l'information valorise le discours technoscientifique prétendant, en vain, éradiquer l'irrationnel et les croyances, qui bien sûr sont loin d'avoir disparu !

    Dans ce monde où il est si difficile de « tuer le père », devenu introuvable, contester la « vérité », érigée en source du pouvoir, n'est-ce pas un moyen de résister et de s'affirmer pour les adolescents en quête d'identité ?

    Sans aucune complaisance pour les thèses conspirationnistes, l'auteur en propose une lecture clinique, nourrie par la démarche anthropologique et les concepts de la psychanalyse. Il se met à l'écoute des sujets, en particulier des adolescents si perméables aux « vérités alternatives ». Et si leur goût pour les histoires de conspirations n'était qu'une façon de répondre, sur un mode mythique et binaire, à l'emprise perverse de nos sociétés de contrôle ?

  • Toute l'histoire de notre rapport au temps est marquée par une progressive accélération du rythme de la vie. L'avènement des nouvelles technologies de la communication (mails, téléphones mobiles, Internet) et le triomphe du capitalisme financier, fondé sur une exigence de rentabilité à très court terme, ont entraîné trois façons nouvelles de vivre le temps : l'instantanéité, l'immédiateté et enfin l'urgence.

    La nouveauté est là, dans le fait que l'urgence, autrefois cantonnée au domaine médical ou, parfois, au domaine juridique, a envahi le domaine économique et, par voie de conséquence, le registre de la vie professionnelle et celui de la vie personnelle.

    Ce sont les fondements et les incidences de ce nouveau rapport au temps que les auteurs se proposent d'approfondir au niveau des individus, des groupes, des institutions et des entreprises, et dans différents domaines : la finance, la politique, l'économie, l'utilisation des technologies, les apprentissages...

  • Lire l'entretien de l'auteur (propos recueillis par Audrey Minart)

    Comment dire le mal-être au travail ? Que faire des émotions ressenties au travail, celles qu'on ne peut pas exprimer parce qu'on se révèlerait « trop sensible », ou pas suffisamment « performant » ni « professionnel » ? Comment dire la peur, celle qui est jugée « irrationnelle » ? Considérés comme des « ressources humaines », les travailleurs n'arrivent plus à donner du sens à ce qu'ils vivent.

    Nourri d'une recherche socio-anthropologique, cet ouvrage présente une analyse du langage utilisé dans le management en articulant les registres de la pensée, de l'éprouvé et de l'action. Avec des illustrations saisissantes et des références théoriques diversifiées, l'auteur analyse les dévastations qu'occasionne le management moderne en toute tranquillité, en toute impunité :celui-ci ne provoque pas seulement du mal-être au travail. Par l'utilisation de sa novlangue, il participe aussi et surtout au corsetage des imaginaires, au façonnage des univers symboliques, au formatage des émotions, à l'écrasement des intelligences individuelles et collectives.

    Agnès Vandevelde-Rougale ne se contente pas de démonter le processus d'intériorisation du discours dominant, elle souligne le potentiel de résistance de l'individu et les voies qui s'offrent à lui pour se dégager de ces entraves langagières et faire face à la violence plus ou moins ordinaire à l'oeuvre dans les organisations.

  • L´ouvrage a pour but d´analyser le problème du pouvoir et les diverses figures qu´il peut présenter. Depuis la parution de Du pouvoir par Bertrand de Jouvenel en 1945, c'est le premier ouvrage qui articule les approches sociologique, anthropologique, politique, psychosociologique et psychanalytique du pouvoir. Si une attention particulière est portée à ses aspects répressifs, sont étudiés ici les fondements du pouvoir et ses liaisons avec la sexualité, la guerre, la mort, l´argent, le désir de soumission, mais également la vie et la bonté. Le pouvoir est abordé aussi bien au niveau macrosociologique (l´Etat), qu´au niveau psychosociologique (les relations du pouvoir) et psychologique (la manière dont est vécu le pouvoir par ceux qui l´exercent et par ceux qui s´y soumettent}. L'auteur pose alors un problème essentiel : un pouvoir dépourvu de fondement et d´incidence mortifère peut-il exister ? Eugène Enriquez est professeur émerite de sociologie à UFR de Sciences sociales de Paris 7

  • Mondialisation économique soumise aux lois du marché, éclatement des limites spatiales (plus de frontières), temporelles (règne de l'immédiateté, de l'urgence), éthiques (plus d'interdit), massification et violence : dans ce contexte où l'adhésion se fait plus à soi-même qu'à une cause, l'individu, devenu avant tout un consommateur, aussi bien de produits que de sens ou de " soi " (autoréflexivité permanente), doit aussi lutter pour son existence sociale. On assiste ainsi aujourd'hui à une recomposition de l'identité personnelle, à la fois renforcée et fragilisée, au renouvellement des profils psychologiques, à l'émergence de nouveaux types de pathologies, à l'hypercompétitivité permanente et à un rapport au temps inédit. L'ouvrage rend compte de ces mutations en explorant toutes les facettes de cet individu, produit et producteur de la société hypermoderne. Nicole Aubert, sociologue, professeur à l'Ecole supérieure de commerce de Paris

  • Les formes d'autorité varient à l'infini selon les sociétés et les époques.
    Qu'est-ce donc que l'autorité ? demandait Hannah Arendt voici un demi-siècle. Alain Eraly avance sur cette question un point de vue renouvelé.

    Si l'on réduit l'autorité à une relation d'obéissance, on perd de vue sa fonction première : celle d'inscrire la vie sociale dans l'imaginaire d'une communauté et ainsi de construire un « nous », une identité commune. On a coutume d'associer la crise de l'autorité au grand mouvement d'émancipation des individus propre à notre modernité, or, l'auteur soutient qu'en réalité, cette crise renvoie d'abord à une crise du collectif.

     

  • Le vêtement de travail traduit le contenu de l'ouvrage mis sur le métier, la deuxième peau exprime la façon dont les salariés interrogés ont défini leur vêtement de travail. Endossé, il construit le statut, chacun y donne du sens selon qu'il est choisi ou imposé, selon son sexe, son appartenance culturelle, en fonction des époques et des circonstances. Le bleu, la salopette, les uniformes, la robe, le tablier, la blouse, le costume-cravate : au travail l'habit fait-il le moine ? Ginette Francequin est maître de conférences en psychologie clinique et sociale, à la Chaire de psychologie du travail du Conservatoire national des arts et métiers, membre du Laboratoire de recherches LISE-UMR-CNRS, membre associé au Laboratoire de changement social, Paris VII Corine Olive Le Glatin, Ergonome et Psychologue du travail. Doctorante au Conservatoire national des arts et métiers. Maryse Beder, Médecin du travail et titulaire du DESA en psychologie du Conservatoire national des arts et métiers. Avec la participation de Philippe Fauquet, Physicien et Psychologue du travail

  • Quels sont les liens entre vie privée et vie professionnelle, vie personnelle et vie intellectuelle ? Comment, et pourquoi, devient-on sociologue ? Comment s'inscrivent la production intellectuelle, les choix théoriques et l'oeuvre du chercheur dans le parcours de sa vie personnelle ? Telles sont les questions auxquelles ce livre essaie d'apporter des éléments de réponse, à partir des récits autobiographiques de 27 sociologues (voire psychosociologues ou anthropologues) français, connus et moins connus : Anne Ancelin-Shutzenberger, André-Marcel d'Ans, Pierre Ansart, Georges Balandier, Christian Bachmann, Jacqueline Barus-Michel, Raymond Boudon, Pierre Bourdieu, Robert Castel, Michel Crozier, Sonia Dayan-Herzbrun, Jean Duvignaud, Eugène Enriquez, Pierre Fougeyrollas, Vincent de Gaulejac, Florence Giust-Desprairies, Claudine Haroche, Françoise Héritier, Georges Lapassade, Edgar Morin, Serge Moscovici, Numa Murard, Gérard Namer, Max Pagès, Renaud Sainsaulieu, Alain Touraine et Michel Wieviorka. Jean-Philippe Bouilloud est professeur au département Stratégie, hommes et organisation du campus de Paris. Diplômé de HEC, docteur en sociologie (Université de Paris VII), habilité à diriger des recherches, après quelques années passées dans la banque et le conseil, il a rejoint ESCP-EAP comme professeur permanent en 1992.

  • Entre l'être de l'homme et l'être de la société, les influences, les connexions et les interactions sont profondes. Chaque individu contribue à produire la société, qui produit chaque individu. Comment analyser ces interférences ? La question est particulièrement sensible lorsque des conflits, vécus comme « personnels », sont pour une part la conséquence de situations sociales liées au travail, à la famille, à l'argent, à la violence institutionnelle et plus généralement à la violence symbolique des rapports sociaux.

     

    La démarche clinique en sociologie offre des outils pour décrire la réciprocité des influences entre les processus sociaux et les processus psychiques dans les histoires de vie, et pour analyser la genèse sociale des conflits psychiques. Des thérapeutes issus d'écoles différentes témoignent, à partir de leur pratique, des effets de leur rencontre avec la sociologie clinique. En quoi leur offre-t-elle un complément utile dans l'analyse de certains patients ? Comment peut se construire une complémentarité dialectique entre psychanalyse, psychothérapie et sociologie clinique ? Comment cette clinique de la complexité favorise-t-elle l'intégration entre le corporel, le psychique et le social ?

    L'ouvrage ouvre des perspectives nouvelles à tous les professionnels de la relation, aux psychothérapeutes et psychanalystes, pour leur permettre de mieux intégrer dans leur pratique la part de social en nous.

  • La visibilité est un terme qui revient aujourd'hui de façon récurrente dans le débat public. Pas une réunion en entreprise, privée ou publique, à l'université ou dans les organismes sociaux qui ne se préoccupe désormais de rendre visible l'action menée ou ne se montre consciente de la nécessité de se rendre visible, de façon à capter l'attention. Pas un parti politique, un responsable qui ne s'en soucie de manière lancinante et continue. L'ensemble des pratiques sociales connaissent à présent les tyrannies de la médiatisation permanente. Pourquoi et comment l'exigence de visibilité a-t-elle pris une telle ampleur aujourd'hui dans notre société ? Quelles en sont les manifestations et les conséquences à différents niveaux, celui de la société dans son ensemble, celui du travail, de la vie politique, de la façon de communiquer, celui du rapport à soi et du vécu individuel de chacun ? Nicole Aubert est professeur à ESCP Europe et membre du Laboratoire de changement social de l'université Paris 7. Claudine Haroche est directeur de recherches au CNRS

  • Elle-même violée à l'âge de 16 ans, l'auteure a enquêté auprès de femmes victimes de viol pour saisir ce qui les avait aidées à surmonter ce traumatisme dévastateur. Son livre, au croisement de quelques récits singuliers et d'une histoire collective, présente plusieurs chemins de reconstruction.

     L'originalité de cette recherche est d'explorer les chemins de reconstruction, si fragiles soient-ils, et non uniquement de creuser les effets du viol à travers des enquêtes menées à dix ans d'intervalle. L'ouvrage témoigne de la lutte quotidienne des femmes victimes, contre la perte de confiance en soi et en l'humanité. Il analyse les moyens qu'elles ont élaborés pour sortir de leur souffrance et continuer à vivre.

  • La violence politique (guerres, massacres, génocides, troubles civils...) au cours du XXe et à l'aube du XXIe siècle accompagne comme un double hideux le progrès économique et démocratique. De plus en plus inacceptable et inacceptée, elle apparaît comme un défi à l'humanité ainsi qu'un défi scientifique car elle reste largement inexpliquée. Ce livre tente d'amorcer une réponse à ces deux défis, une réponse à l'urgence civique de mobilisation des ressources disponibles face à la violence politique, et aux risques d'autodestruction de l'humanité. Pour les chercheurs, ces ressources sont avant tout d'ordre scientifique et professionnel. Il s'agit donc de rechercher les stratégies scientifiques optimales permettant de répondre aux problématiques complexes de la violence politique.

  • Tout le monde est intéressé par l'expérience de la jouissance, la sienne et celle des autres, à preuve toutes les oeuvres artistiques, érotiques, scientifiques écrites, interrogées et consultées. Ces productions, excitantes ou spécialisées, abordent en général la jouissance sous un angle déterminé. Ce livre essaie de restituer à cette expérience les dimensions complexes et contradictoires qui en font une question obsédante, différemment posée, interprétée et traitée, selon qu'on est de ce sexe ou de l'autre.

  • Entre la recherche clinique et la clinique de la recherche, cet ouvrage explore et décrit une certaine façon d'être chercheur, une conception particulière du travail scientifique dans laquelle l'implication et la distanciation se combinent en permanence. Cet ouvrage rend compte du travail du chercheur. Il décrit les ficelles du métier. Il raconte également une aventure intellectuelle et institutionnelle au sein du laboratoire de changement social : trois générations de chercheurs apportent ici leur contribution à la construction d'une orientation scientifique singulière qui prétend combiner deux postures a priori étrangères l'une à l'autre : une démarche méthodologique d'inspiration clinique, une démarche théorique inscrite dans les sciences sociales.

  • La violence ordinaire perpétrée au quotidien dans les organisations est au centre de cet ouvrage. La percevoir pour s'y opposer, telles sont les orientations proposées. En appui sur des récits mettant en scène des situations de travail banales, analogues à celles que chacun peut avoir vécu,l'auteur montre comment la violence se tisse quotidiennement. Pour se perpétrer, comme pour se perpétuer, la violence a besoin de l'indifférence, voire de l'acceptation du plus grand nombre. Les récits proposés montrent comment les petits renoncements, les cécités multipliées, les questionnements liquidés, chaque jour répétés par les uns, fabriquent des mécaniques qui détruisent les autres. Il n'y a aucune fatalité à ce phénomène. L'auteur plaide pour la mise en place d'organisations «réflexives» valorisant une appréhension clinique des procès de travail et le déploiement d'une critique réhabilitant la subjectivité et l'intersubjectivité. Gilles Herreros est professeur de sociologie à l'université Louis Lumière Lyon 2, membre du Centre Max Weber.

  • La sociologie clinique connaît depuis maintenant deux décennies un développement important, en lien avec la montée toujours plus forte des préoccupations et des demandes sociales sur les dimensions subjectives de la condition humaine. En témoigne la parution de nombreux ouvrages relevant de cette approche sur les thèmes les plus divers. En revanche, c'est la première fois qu'est entrepris le bilan de ses enjeux théoriques et méthodologiques : définition et analyse de son objet lui-même, autrement dit des processus sociopsychiques mais aussi de la spécificité de sa pratique (coopération étroite entre chercheurs et acteurs, co-acheminement du sens de l'expérience et de la situation ; co-construction des savoirs ; mise en travail par le sociologue lui-même de sa propre implication dans la recherche ; visée compréhensive, analytique mais aussi émancipatrice).

  • Préface du docteur Rémy Salmon, cancérologue à l'institut Curie. Alors que le sein est à la une de l'actualité avec les prothèses PIP ou les délo-calisations de l'usine Lejaby, voici des paroles utiles socialement qui articulent les témoignages de femmes touchées par le cancer du sein et des savoirs professionnels relevant de la santé et la médecine, des soins du corps et de la beauté, du maintien et du retour dans l'emploi. Ginette Francequin donne la parole à des patientes de tous âges et milieux et à des soignants français et québécois pour tenter de répondre aux questions que la maladie engendre : choc de l'annonce du cancer du sein ; remaniement nécessaire au niveau de l'emploi et des relations humaines dans l'entreprise, dans la cité, et même dans la famille. L'ouvrage témoigne aussi des façons « de dire, de faire et d'être » que les femmes ont inventées pour faire face à l'adversité et garder leur féminité, avec l'aide des professionnels engagés, quand la maladie a entamé regard et émotions. Il développe les relations possibles entre les femmes et les professions du soin, de la beauté et de la féminité, et apporte des informations utiles. Docteure en psychologie clinique et sociale, Ginette Francequin est chercheure au Laboratoire interdisciplinaire de sociologie économique du CNAM Paris et associée à Paris VII.

  • Cet ouvrage de synthèse entend préciser, à partir d'un ensemble de travaux théoriques et cliniques, la place de la recherche biographique et les perspectives offertes par une «clinique narrative » dans le champ des sciences humaines et sociales aujourd'hui. Christophe Niewiadomski est maître de conférences, habilité à diriger des recherches, en Sciences de l'éducation, université Charles de Gaulle Lille 3. Il est membre de l'Institut international de sociologie clinique (IISC) et de l'Association internationale des histoires de vie en formation et de recherche biographique en éducation. (ASIHVIF-RBE)

  • 98% des Français regardent la télévision. Eux, non. Ils la refusent sous toutes ses formes, quel que soit l'écran de réception. Qui sont ces réfractaires ? Que font-ils de leur « temps libre » ? Loin d'être repliée sur elle-même, cette population atteste une culture de sortie et compte, dans ses rangs, des natifs du numérique, avant-garde d'un mouvement générationnel délaissant la petite lucarne au profit d'internet. Atypique aujourd'hui, elle contient en germe le typique de demain. Bertrand Bergier est professeur à l'université catholique de l'Ouest, professeur associé à l'université de Sherbrooke, directeur de recherche à l'université de Nantes, membre du LAREF/CAFORE/CIDI : cultures de l'image et dynamiques identitaires.

  • En arrière-plan de cette épopée du quotidien, cet ouvrage est l'occasion d'une réflexion théorique approfondie sur le sens du travail, les changements imposés par la modernisation et leurs conséquences sur les salariés.
    L'ouvrage est construit comme un roman, avec ses héros, ses destins, ses rebondissements. Mais il s'agit d'un roman vrai, bâti à partir d'une recherche ethnographique serrée, appuyée sur une démarche clinique, et réalisée pendant plus de trois ans auprès de guichetiers de poste. L'ambition de cet ouvrage est d'inviter le lecteur à comprendre finement, en s'aidant des théories d'analyse du travail, les changements profonds qui, au-delà de l'anecdote, reconfigurent le travail des salariés de la Poste, et audelà, les problématiques contemporaines du travail des salariés du public.

  • La souffrance psychique, maladie ou mal-être, est liée à l'humaine condition. Sous la forme de thérapies ou de cures, toutes les sociétés lui ont donné des interprétations et ont mis en place des pratiques et des prescriptions à prétention scientifique ou en relation avec les croyances et les religions. Derrière leur grande diversité, voire leurs divergences affirmées, les techniques utilisées recourent explicitement ou non à des procédés comparables, et les effets de guérison ou de soulagement relèvent de processus communs. Cet ouvrage en propose l'analyse, illustrant l'hypothèse que la souffrance consiste en une perte de sens et que tous les effets de guérison tiennent à leur capacité réelle ou supposée de restaurer du sens. Jacqueline Barus-Michel, psychologue, psychosociologue, professeur émérite de l'Université Paris.

  • Au cours de ces dernières décennies, la référence à la souffrance s'est diffusée de manière croissante dans de nombreuses institutions comme dans le domaine de la recherche en sciences humaines. Saisie en termes de trouble, fragilité, vulnérabilité... elle sert à nommer l'inacceptable et l'injuste au risque de rendre l'individu responsable de ce qui pouvait autrefois désigner le produit des structures sociales ou des violences institutionnelles. Dans le travail de la critique sociale, elle semble remplacer les vieux termes d'exploitation ou d'aliénation. Quel est l'enjeu de nommer de la sorte le négatif de l'existence ? Qu'est-ce que cela suggère quant aux moyens de riposte dont il est possible de se saisir ? L'objectif poursuivi ici est de réarticuler les rapports entre souffrance, justice et politique, pour se dépêtrer des liens mortifères que tissent les souffrances sociales, et réactiver le potentiel critique et créatif qu'elles recèlent également. Thomas Périlleux est sociologue, professeur à l'université catholique de Louvain, membre fondateur du laboratoire « Globalisation, institution, subjectivation » (LaGIS-UCL) et chercheur associé au Groupe de Sociologie Politique et Morale (GSPM, EHESS). Il est notamment l'auteur de Les tensions de la flexibilité. John Cultiaux est sociologue, chercheur senior au Centre de recherche Travail et Technologie de la Fondation Travail-Université et chargé de cours à l'université catholique de Louvain et aux Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur.

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