FeniXX réédition numérique (William Blake)

  • « Pour continuer sur votre rapport à Flaubert, que représente pour vous la maîtrise de la langue ? La maîtrise de la langue, à mes yeux, est une question purement technique, presque subalterne. Ce qui est premier, décidément, c'est la vision qu'on a de ce qui existe et qui n'existe, en partie, qu'autant qu'on le voit. La langue, le français en l'occurrence, est fixée depuis quatre siècles. Elle n'a pas énormément changé. Le monde, en revanche, a été, dans cette même période, le siège de tels bouleversements, révolutions, métamorphoses, qu'à peine on le conçoit. Il est nécessaire de connaître les ressources de l'idiome, d'en avoir l'usage, ni plus ni moins que n'importe quel ouvrier a celui des outils de sa profession. Ceci admis, le reste est affaire d'application, de temps, de peine, ce qui est la loi commune. »

  • L'Occitanie du XIIe siècle a donné à l'Occident la première grande littérature de notre ère. Ce recueil montre que celle-ci gagne encore à être étudiée dans son contexte historique, social, religieux et linguistique. Il apporte des vues neuves sur les cités et les lignages, les genres et certaines individualités représentatives, ainsi que sur la réception des troubadours dans les siècles suivants.

  • Bordeaux, porte océane, n'a pas toujours été seulement qu'un port français : ce fut aussi Pointe Noire, Dakar, Matadi... Morceau du monde égal aux autres, elle avait en partage avec le Tonkin le ciel plombé de dix-sept heures précédant la batterie de pluie drue, les senteurs dissolvantes des bois d'acajou, d'okoumé et la fragrance poisseuse des huiles de palmiste. Le quai de Brazza prolongeait les wharfs des ports du 45e parallèle, le bruit du chargement et du déchargement des caisses y résonnait de la même façon et on eût pu lire dans les eaux glauques du fleuve Congo ou des lacs de Mongolie les mêmes méandres mordorés d'algues ou de benzine. Le Port de la Lune recevait alors près de 5 000 bateaux par an ; clippers, cargos simples et mixtes, transatlantiques des lignes régulières, navires marchands, steamers, bâtiments du monde chargés d'orages et d'aventures coloniales. Puis les Empires coloniaux ont largué les amarres et ce fut le départ du plus flamboyant transatlantique que l'on eût pu voir jamais quitter le Port de la Lune. Un continent s'arracha à un autre, entraînant à sa suite tous les autres continents, leurs bateaux et leurs équipages. Le Port resta seul. Qui s'en souvient ? Cette anse lunaire sans droits et sans domicile fixe s'est engloutie dans le fracas des indépendances. Les images de la mémoire qu'elle a laissées aux yeux des enfants de cette fin de siècle n'ont rien d'exotique, ni de nostalgique, ni de morbide. À leur manière, elles réfléchissent les sursauts d'un port qui ne souhaite qu'accrocher de nouveau à ses pontons, d'autres navires. Dominique Paquet

  • Le domaine de Françon, créé en 1882 par de riches Anglais, a vu passer le Gotha de la grande villégiature à Biarritz, puis une colonie de vacances depuis 1949. Une présentation de ce patrimoine original autour de photos de famille.

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