Flammarion

  • « Traiter les faits sociaux comme des choses » et poser les fondements d'une nouvelle science de la société qui, sur le modèle des sciences expérimentales, permette de mieux la décrire et l'expliquer : tel est le projet d'Émile Durkheim lorsqu'il publie Les Règles de la méthode sociologique, en 1895. Refusant l'explication du fait social par le biologique, la confusion de la sociologie avec la psychologie, théorisant l'influence du milieu social sur les individus, posant une série de règles méthodologiques, ce texte est un véritable défi lancé par Durkheim à ses contemporains.
    Pourquoi et comment lire encore ce grand classique aujourd'hui ? C'est la question à laquelle répond Laurent Mucchielli dans cette édition. Articulant de façon inédite les approches historique et sociologique, celle-ci s'adresse aussi bien aux historiens des sciences et des idées qu'aux enseignants et aux étudiants en sociologie.
    Cet ouvrage s'accompagne également d'un article de Durkheim contemporain des Règles (« L'état actuel des études sociologiques en France »), qui éclaire le contexte polémique dans lequel l'ouvrage fut écrit.

  • Ce traité de John Stuart Mill a été publié en 1863. Il s'inspire de la morale de Bentham, fondateur de l'utilitarisme à la toute fin du XVIIIe siècle, qui partait du principe que le plaisir est l'unique but de l'existence. Mill, son disciple, a su comprendre que même une philosophie utilitaire ne saurait se passer d'une conscience et il a voulu la doter d'un sentiment du devoir et d'une obligation morale.
    Bentham avait lancé la formule : chercher le bonheur du plus grand nombre en identifiant toujours l'intérêt de l'individu à l'intérêt universel. Sans combattre ce point de vue, Mill observe qu'on trouve d'autant mieux le bonheur personnel qu'on le cherche moins, et qu'on y parvient en travaillant au bonheur des autres, à l'amélioration du sort de l'humanité.

  • En 1901, Freud publie Sur le rêve, un « résumé » de L'Interprétation du rêve, paru un an plus tôt. Et il y accomplit un tour de force : exposer de façon alerte, claire et concise les concepts ayant une valeur opératoire pour l'élucidation des rêves, qu'il illustre par de nombreux exemples.
    Il traite successivement : la question immémoriale du sens de la vie onirique ; celle, alors toute récente, de la méthode psychanalytique et de ses résultats ; le contenu manifeste et les pensées latentes du rêve ; les procédures de transposition du rêve (condensation, déplacement) et la déformation qui en résulte ; le refoulement et le compromis passé à la faveur du sommeil entre les intentions d'une instance psychique et les exigences d'une autre ; l'oubli du rêve, quand la censure retrouve sa pleine vigueur à l'état vigile ; les cas limites où le rêve ne peut plus remplir sa fonction de gardien et libère l'angoisse en provoquant le réveil ; le traitement des stimuli exogènes susceptibles d'influencer le contenu onirique ; enfin, le problème des désirs érotiques que découvre l'analyse dans la plupart des rêves des adultes.

  • Les Trois Essais sur la théorie sexuelle constituent l'un des deux piliers de la psychanalyse, avec L'Interprétation du rêve. La sexualité freudienne n'est pas celle des sexologues, on l'aura compris, et c'est la publication de ces essais (1905) qui rendit Freud presque universellement impopulaire. Il « y affirmait l'existence, chez les enfants, de pulsions sexuelles innées qui subissent une évolution compliquée avant de parvenir à leur forme adulte habituelle. Il ajoutait que les premiers objets sexuels des enfants sont leurs parents. Comment pardonner cette attaque contre l'innocence de l'enfance ? », écrivit E. Jones, son biographe. Mais Freud est plus subversif, car il montre « non seulement les racines infantiles de la sexualité adulte, mais, plus radicalement, l'infantilisme de la sexualité humaine, ce qui implique une autre définition de la sexualité », explique A. Vanier dans son introduction. Ces Trois Essais seront source d'innombrables malentendus, de mésinterprétations (pas seulement par ses détracteurs).

    I. Les aberrations sexuelles : classifiées grâce à l'élaboration d'une définition de la libido, de l'objet sexuel et du but sexuel. Freud y affirme que la disposition aux perversions est nécessairement une part de la constitution qui passe pour normale.

    II. La sexualité infantile (élément majeur de la thèse freudienne) : interruptions et période de latence ; obstacles à la pulsion sexuelle ; but sexuel de la sexualité infantile ; introduction de la notion de zones érogènes ; masturbation ; théorie de la séduction ; élargissement de la notion de sexuel.

    III. Les métamorphoses de la puberté (qui se trouve remaniée du fait qu'il a établi l'existence d'une sexualité infantile).

  • 29 août 1909 : Freud pose le pied sur le sol du Nouveau Monde. Une université américaine l'a invité à venir présenter ses découvertes et résultats. Freud a cinquante-trois ans, le mot "psychanalyse" en a douze.
    En cinq leçons, Freud saura donner à un public profane une vue d'ensemble de sa méthode d'investigation et de guérison. Il en retrace les origines : Breuer (le cas Anna O., la théorie de l'hystérie, l'abandon de l'hypnose et l'avènement de la cure par la parole) ; Charcot (le traitement des hystériques et l'élaboration de la doctrine du refoulement) ; Jung (la méthode de l'association libre et la mise en évidence des "complexes" refoulés) ; le rêve comme "voie royale" d'accès à l'inconscient. Il montre ensuite le rôle central de la vie amoureuse et de la sexualité, en remontant à la "sexualité infantile" qui en est la clef. Puis il dégage les "destins" de la pulsion à partir du refuge dans la "maladie", pour terminer sur l'importance décisive du transfert.
    Ces Cinq leçons constituent la toute première introduction à la psychanalyse en même temps que son "coup d'envoi". Freud ne retournera jamais aux États-Unis, mais l'annonce au monde a été faite.

  • La Physiologie du goût est un recueil de mémoires. Mémoires d'humour, dans le ton héroï-comique, ou comment traiter de matières familières avec un rien de noblesse, un zeste de pompe ou de solennité. Cela pourrait lasser, si tout ne baignait dans la modestie et la gaieté. Brillat-Savarin est l'auteur le plus aimable qui soit.
    Mais il est question de cuisine. Brillat-Savarin inaugure avec génie cette intellectualisation de la gastronomie qui ne devait pas cesser jusqu'à nos jours. Il est témoin de l'époque où s'impose le restaurant, lieu pour manger, au détriment de l'auberge, refuge du voyageur sans feu ni lieu, où l'on ne faisait guère que boire et se nourrir. La cuisine se professionnalise et toute profession suscite discours ; se mettre à table est affaire de langage.
    Au-delà du besoin de manger, le plaisir de la table est comme une mise en scène : le luxe du désir. La nourriture désirée est une sorte de cérémonie par laquelle l'homme célèbre son pouvoir, sa liberté de brûler son énergie « pour rien ».
    « En ce sens, dit Roland Barthes, le livre de Brillat-Savarin est de bout en bout le livre du "proprement humain", car c'est le désir (en ce qu'il se parle) qui distingue l'homme. »

  • On connaît le plan, resté fameux, de la première partie de la brochure de Sieyès :
    1. Qu'est-ce que le tiers état? - Tout.
    2. Qu'a-t-il été jusqu'à présent dans l'ordre politique? - Rien.
    3. Que demande-t-il? - À être quelque chose.
    Grand brûlot politique, écrit avec une vigueur et une brutalité rares, Qu'est-ce que le tiers état?, publié en janvier 1789, rend immédiatement son auteur célèbre et connaît un succès retentissant.

    Sieyès y attaque la noblesse «étrangère à la Nation», dresse le bilan négatif de la politique passée et montre la tâche à venir. Que faire pour rendre le peuple heureux? Avoir recours à la Nation et non aux privilégiés, car la Nation est tout, elle est l'origine de tout. La Nation doit donc se donner librement sa Constitution et les lois qui protègent les citoyens et décident de l'intérêt commun. Ainsi seront posés les fondements de la société nouvelle.

    OEuvre de circonstance, Qu'est-ce que le tiers état? allait devenir l'un des textes fondateurs de la société moderne.

  • Passionnés ou dilettantes, d'autres le furent avant vous et le dirent, de leurs mots sages ou fous. Nos petites bibliothèques recueillent ces paroles d'amateurs à l'adresse des amateurs, échos d'un même imaginaire. Des textes à lire et relire, à partager ou à garder pour soi, à portée de main.
    À quoi sert de marcher ? Et d'où vient que nous sommes de plus en plus nombreux à randonner ? Marche-t-on différemment en ville, en montagne et en forêt ? Vaut-il mieux cheminer seul ou accompagné, avec ou sans objectif ? Le sac à dos - gage d'équilibre et maison portative - est-il indispensable au marcheur ? Quelle liberté, quel rapport à l'espace et au temps expérimente-t-on lorsque l'on est en route ?
    Dans les textes ici rassemblés, des poètes, des philosophes et d'autres écrivains marcheurs d'hier et d'aujourd'hui répondent à ces questions et à bien d'autres - témoignant chacun à sa façon de ce qui le fait marcher. De ce que la méditation allante, la vie motrice, pourvoyeuse d'énergie et de vigueur, a toujours été le meilleur rempart contre la mélancolie.

  • Sous le terme de « métapsychologie », proposé par Freud vers 1895, aux débuts de la psychanalyse, se trouve désignée « la psychologie qui mène au-delà (méta) du conscient ». En 1915, l'heure est venue pour le créateur de la psychanalyse de présenter une synthèse de ses acquis. S'il n'acheva jamais le grand traité qu'il projetait, sont demeurés les essais précieux que l'on trouve ici retraduits et présentés de façon à en montrer la genèse, la thématique et l'héritage.
    La pulsion et ses destins, le refoulement, l'inconscient : les concepts fondamentaux de la psychanalyse y sont définis et explorés avec rigueur et souplesse, tandis que le rêve et la mélancolie sont revisités de manière révolutionnaire. Le lecteur soucieux de s'introduire, un siècle plus tard, dans les arcanes de la psychanalyse fera ici la connaissance de la « sorcière métapsychologie ».

  • Sous ce terme de « métapsychologie », néologisme proposé par Freud à l'origine de la psychanalyse, vers 1895, se trouve désignée « la psychologie qui mène au-delà (méta) du conscient ». En 1915, l'heure est venue pour le créateur de la psychanalyse de présenter une synthèse de ses acquis. De ce grand Traité inachevé, mais sans cesse réécrit, sont demeurés ces essais précieux, que l'on trouve ici retraduits et présentés de façon à en montrer la genèse, la thématique et l'héritage. La pulsion et ses destins, le refoulement, l'inconscient : les concepts fondamentaux de la psychanalyse se trouvent définis et explorés avec rigueur et souplesse, tandis que le rêve et la mélancolie sont revisités de manière révolutionnaire. Le lecteur soucieux de s'introduire, un siècle plus tard, dans les arcanes de la psychanalyse fera ici la connaissance de « la sorcière métapsychologie ».
    On ne peut qu'être saisi de la belle rationalité freudienne, où la « fantasmation » spéculative rejoint l'extrême singularité du fait clinique - ce qui donne à ce livre la portée d'un véritable Discours de la méthode psychanalytique.

  • L'histoire a-t-elle un sens ? Une société peut-elle se passer de religion ? Comment parvenir à une connaissance de l'homme ? Tels sont, parmi tant d'autres, les problèmes classiques de la philosophie affrontés par Michelet (1798-1874) à l'orée de sa carrière d'historien. S'il demeure avant tout, dans la mémoire collective, l'auteur d'une Histoire de France à laquelle il a consacré une grande partie de sa vie, Michelet n'a jamais conçu son oeuvre indépendamment d'une réflexion philosophique.
    Les quatre textes rassemblés ici, inédits ou indisponibles à ce jour, mettent en pleine lumière la philosophie de l'histoire, la méthode et les concepts fondamentaux qui irrigueront les chefs-d'oeuvre de l'historien, depuis Le Peuple jusqu'à La Sorcière. Lire la Philosophie de l'histoire du jeune Michelet, c'est aussi découvrir un pan méconnu de la philosophie française du premier XIXe siècle, et percevoir la dynamique de la pensée française entre l'Empire et l'avènement de la Troisième République.
    Ce volume contient Discours sur l'unité de la science (1825), Discours sur le système et la vie de Vico (1827), Cours de philosophie à l'École préparatoire (1828-1829, inédit) et Introduction à l'histoire universelle (1831)?

  • Père fondateur de l'anthropologie américaine, Franz Boas consacre une partie de sa vie à l'étude des tribus indiennes de la côte nord-ouest des États-Unis. S'intéressant autant aux mythes, aux pratiques sociales, aux rites et aux arts qu'à la linguistique, à l'économie ou à l'anthropologie physique, il collecte récits, partitions musicales, photographies, statistiques, rêves et dessins.
    Grâce à l'extraordinaire richesse des matériaux compilés lors de ses terrains, Boas propose une démarche fondamentale pour l'anthropologie : refusant de considérer une culture comme un îlot immobile, l'anthropologue s'attache à en retracer l'histoire et les changements, définissant une identité en perpétuel mouvement.
    Sélection de textes traduits de l'anglais et de l'allemand, ce recueil propose pour la première fois les principaux textes de ce grand classique des sciences sociales, qui fut une des premières sources du travail de Marcel Mauss sur le potlatch et de Claude Lévi-Strauss sur les mythes.

  • Lorsque paraît La Cité antique, en 1864, son auteur, jeune professeur d'histoire à l'université de Strasbourg, est encore inconnu.
    Mais très vite, rééditions et traductions se succèdent, tandis que l'approche de l'auteur, audacieuse, suscite la controverse. La récente découverte du fait indo-européen permet à Fustel de Coulanges de dépasser le décalage chronologique pour considérer ensemble la Grèce et Rome et poser la question de la cité. Mais ce n'est pas tant une nouvelle histoire de l'Antiquité qu'il propose que l'histoire d'une croyance et de la façon dont celle-ci façonne une société.
    L'approche comparatiste l'amène également à mettre en regard passé et présent, Anciens et Modernes. Comme l'écrit François Hartog, le livre pourrait porter comme sous-titre Pour en finir avec l'imitation des Anciens. Entre eux et nous, les Modernes, la distance est infranchissable et se méprendre sur eux n'a pas été sans conséquence sur nous. Fustel vise ici la Révolution et son usage de l'Antiquité.
    Les Jésuites, Plutarque, Rousseau sont les principaux responsables de ces illusions qui ne sont pas tout à fait sans importance, puisqu'elles ont finalement conduit à la Terreur .

  • Si Marx fascine tant les philosophes, c'est peut-être parce qu'il a si vigoureusement dénoncé l'illusion de « la philosophie », le « discours de la mauvaise abstraction », toujours idéaliste même sous des dehors matérialistes, et toujours stérile malgré sa grandiloquence.
    Pourtant, à n'en pas douter, comme le montrent les cent textes rassemblés dans cette anthologie - pris dans les oeuvres de jeunesse et surtout dans Le Capital et ses brouillons -, l'oeuvre de Marx est d'une éclatante richesse philosophique. L'introduction de Lucien Sève revisite le corpus marxien et expose pour la première fois avec précision le réseau catégoriel d'ensemble qui constitue le fond de la « Logique du Capital » : essence, abstraction, universalité, objectivité, matière, forme, rapport, contradiction dialectique, histoire, liberté...
    Outre l'introduction et les notes qui accompagnent chacun de ces textes, un index des concepts philosophiques détaillé contribue à faire de ce volume un précieux instrument de travail et de culture.

    Cent textes choisis, traduits et présentés par Lucien Sève.

  • Qu'est-ce qu'être de gauche? Le clivage gauche-droite, lit-on parfois, n'a plus de sens aujourd'hui - il n'en aurait peut-être même jamais eu... Et si la réponse se trouvait dans l'histoire?
    C'est le pari de ce livre : voici un panorama des gauches françaises, de la Révolution à nos jours, par les textes. Laissons la parole à Robespierre, à Jaurès et à François Mitterrand ; à Victor Hugo, à Sartre ; à Léon Blum, à Simone Weil, à Nuit Debout... À travers leurs mots, l'identité de la gauche se forge.
    Parce que la gauche se reconnaît dans des valeurs, des principes ; parce qu'on peut distinguer des familles, des généalogies, parmi les hommes qui l'ont incarnée ; et parce qu'il est important, à l'heure des choix et des engagements, d'en avoir conscience.

  • Qu'est-ce qu'être de droite? Le clivage gauche-droite, entend-on dire parfois, n'a plus de sens aujourd'hui - il n'en aurait peut-être même jamais eu... Et si la réponse se trouvait dans l'histoire?
    C'est le pari de ce livre : voici un panorama des droites françaises, de la Révolution à nos jours, par les textes. Laissons la parole à Tocqueville, à Charles de Gaulle, à Jacques Chirac ; à Chateaubriand, Balzac et Bernanos ; à Georges Pompidou et à Dominique de Villepin... La droite s'est faite sous leurs plumes.
    Parce que la droite se reconnaît dans des valeurs, des principes ; parce qu'on peut distinguer des familles, des généalogies, parmi les hommes qui l'ont incarnée ; et parce qu'il est important, à l'heure des choix et des engagements, d'en avoir conscience.

  • « L'Introduction à l'étude de la médecine expérimentale est un peu pour nous ce que fut, pour le XVIIe et le XVIIIe siècles, le Discours de la Méthode. Dans un cas comme dans l'autre, nous nous trouvons devant un homme de génie qui a commencé par faire de grandes découvertes, et qui s'est demandé ensuite comment il fallait s'y prendre pour les faire : marche paradoxale en apparence et pourtant seule naturelle, la manière inverse de procéder ayant été tentée beaucoup plus souvent et n'ayant jamais réussi. »
    Henri Bergson

  • La découverte de la vaccination contre la rage reste le plus beau titre de gloire de Louis Pasteur (1822-1895) ; elle lui valut le surnom de « bienfaiteur de l'humanité ». Pasteur n'était pourtant pas médecin, mais chimiste, et ses travaux furent très divers, allant de la cristallographie jusqu'à la microbiologie en passant par l'étude des fermentations. Malgré leur diversité, tous ces travaux s'articulent les uns aux autres avec une grande logique. Et tous eurent, de la volonté même de Pasteur, une multitude de retombées, non seulement en médecine, mais aussi dans le domaine agro-industriel.
    Cet ouvrage regroupe, en un panorama chronologique, les principaux textes sur la dissymétrie moléculaire, les fermentations, la génération spontanée, les maladies du vin et de la bière, le choléra des poules, le charbon du mouton, et enfin la vaccination contre la rage.

    En couverture : Louis Pasteur dans son cabinet de travail à l'Institut, gravure, XIXe siècle. © Bianchetti / Leemage.

  • Le Judaïsme antique (1917-1918), qui fait partie de la série des grandes études de sociologie des religions de Max Weber, dépeint avec force deux événements décisifs de l'histoire religieuse : la berith, l'alliance conclue par Dieu avec le peuple d'Israël, et l'émergence d'un discours à la portée fulgurante, la « prophétie de malheur ». L'intimité de Max Weber avec le monde de l'Ancien Testament porte ce texte dont les analyses magistrales font pendant à celles de L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme.
    Une présentation et un glossaire détaillé viennent soutenir la lecture de cet ouvrage clé de la sociologie des religions.

  • La France, dit-on, est la « patrie des droits de l'homme ». Et la déclaration de 1789 le texte fondateur de la pensée politique moderne. Mais qu'est-ce que cet acte révolutionnaire a réellement changé au cours de l'histoire et des pratiques politiques ? La liberté, l'égalité, le bonheur peuvent-ils être promulgués ? Et n'a-t-on pas parfois intérêt à clamer haut et fort les droits de l'homme pour mieux bafouer les droits de la personne ?

    C'est afin de répondre à ces questions que Frédéric Rouvillois nous donne à lire les textes réunis dans cette anthologie.

    Du Bill of Rights à la Charte de l'environnement en passant par la constitution de la République de Haïti, ou encore la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'on assiste ainsi à la préhistoire des droits de l'homme, à leur affirmation dans la France révolutionnaire puis à leur développement tous azimuts, tendant à l'universalisation. Oscillant sans cesse entre idéalisme et pragmatisme, l'histoire des droits de l'homme connaît aujourd'hui de nouveaux avatars (déclarations des droits de la femme, de l'enfant, des personnes handicapées, etc.), dont la surenchère n'est peut-être pas sans menacer leur principe fondamental...

  • Benjamin Constant a été un témoin attentif et passionné de la Révolution française. Il n'a eu de cesse d'en commenter le déroulement, et même de participer à ses débats.
    Dans ces textes qui datent de la période du Directoire (incertaine et peu glorieuse, mais politiquement passionnante), Constant se bat sur deux fronts : il défend la société issue de la Révolution en se fondant sur les intérêts que celle-ci a fait naître, mais il se réclame aussi des principes de 1789 pour défendre le régime post-thermidorien, à la fois modéré et révolutionnaire.
    Ainsi De la force du gouvernement actuel de la France et de la nécessité de s'y rallier (1796) est-il un plaidoyer pour la modération en même temps qu'une apologie du régime républicain issu de la Convention. Ce texte suscita des polémiques auxquelles Constant répond dans Des réactions politiques. Enfin, en 1797, dans Des effets de la Terreur, il défend un régime qui se veut à la fois libéral et révolutionnaire, et montre que la Terreur n'était nullement un moment nécessaire dans la Révolution. Ces deux textes sont aussi reproduits dans cet ouvrage.

  • « Ce livre est écrit pour tous ceux qui aiment à se rendre compte des choses qui les entourent, et qui seraient heureux d'acquérir sans fatigue une notion élémentaire et exacte de l'univers. N'est-il pas agréable d'exercer notre esprit dans la contemplation des grands spectacles de la nature ? N'est-il pas utile de savoir au moins sur quoi nous marchons, quelle place nous occupons dans l'infini, quel est ce soleil dont les rayons bienfaisants entretiennent la vie terrestre, quel est ce ciel qui nous environne, quelles sont ces nombreuses étoiles qui pendant la nuit obscure répandent dans l'espace leur silencieuse lumière ? Cette connaissance élémentaire de l'univers, sans laquelle nous végéterions comme les plantes, dans l'ignorance et l'indifférence des causes dont nous subissons perpétuellement les effets, nous pouvons l'acquérir, non seulement sans peine, mais encore avec un plaisir toujours grandissant. »

  • "Ce livre est écrit pour tous ceux qui aiment à se rendre compte des choses qui les entourent, et qui seraient heureux d'acquérir sans fatigue une notion élémentaire et exacte de l'univers.
    N'est-il pas agréable d'exercer notre esprit dans la contemplation des grands spectacles de la nature ? N'est-il pas utile de savoir au moins sur quoi nous marchons, quelle place nous occupons dans l'infini, quel est ce soleil dont les rayons bienfaisants entretiennent la vie terrestre, quel est ce ciel qui nous environne, quelles sont ces nombreuses étoiles qui pendant la nuit obscure répandent dans l'espace leur silencieuse lumière ? Cette connaissance élémentaire de l'univers, sans laquelle nous végéterions comme les plantes, dans l'ignorance et l'indifférence des causes dont nous subissons perpétuellement les effets, nous pouvons l'acquérir, non seulement sans peine, mais encore avec un plaisir toujours grandissant."

  • Passionnés ou dilettantes, d'autres le furent avant vous et le dirent, de leurs mots sages ou fous. Nos petites bibliothèques recueillent ces paroles d'amateurs à l'adresse des amateurs, échos d'un même imaginaire. Des textes à lire et relire, à partager ou à garder pour soi, à portée de main.
    Qui aime-t-on quand on aime ? La passion peut-elle durer ? D'où vient la jalousie ? L'amour donne une énergie qui peut porter à des extrémités que l'on ne soupçonnait pas, mais peut aussi anéantir. Loin de se réduire à une affaire « sentimentale », il donne à penser et produit des oeuvres. Dans les textes ici rassemblés, poètes, philosophes, romanciers ont été mis à contribution pour rendre compte d'une expérience commune à tous mais qui nous laisse souvent muets quant au sens que nous pourrions lui donner. Ainsi l'auteur comme le lecteur, héritiers d'un temps où l'on ne voulait plus croire à l'amour, mais contemporains d'une époque où, à l'inverse, son évocation passe parfois pour une forme d'incantation un peu vide, peuvent-ils recomposer, à partir de ces fragments réarrangés, un nouveau discours amoureux.

    En couverture : illustration de Serge Bloch © Flammarion.

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