Littérature traduite

  • Les Trois Essais sur la théorie sexuelle constituent l'un des deux piliers de la psychanalyse, avec L'Interprétation du rêve. La sexualité freudienne n'est pas celle des sexologues, on l'aura compris, et c'est la publication de ces essais (1905) qui rendit Freud presque universellement impopulaire. Il « y affirmait l'existence, chez les enfants, de pulsions sexuelles innées qui subissent une évolution compliquée avant de parvenir à leur forme adulte habituelle. Il ajoutait que les premiers objets sexuels des enfants sont leurs parents. Comment pardonner cette attaque contre l'innocence de l'enfance ? », écrivit E. Jones, son biographe. Mais Freud est plus subversif, car il montre « non seulement les racines infantiles de la sexualité adulte, mais, plus radicalement, l'infantilisme de la sexualité humaine, ce qui implique une autre définition de la sexualité », explique A. Vanier dans son introduction. Ces Trois Essais seront source d'innombrables malentendus, de mésinterprétations (pas seulement par ses détracteurs).

    I. Les aberrations sexuelles : classifiées grâce à l'élaboration d'une définition de la libido, de l'objet sexuel et du but sexuel. Freud y affirme que la disposition aux perversions est nécessairement une part de la constitution qui passe pour normale.

    II. La sexualité infantile (élément majeur de la thèse freudienne) : interruptions et période de latence ; obstacles à la pulsion sexuelle ; but sexuel de la sexualité infantile ; introduction de la notion de zones érogènes ; masturbation ; théorie de la séduction ; élargissement de la notion de sexuel.

    III. Les métamorphoses de la puberté (qui se trouve remaniée du fait qu'il a établi l'existence d'une sexualité infantile).

  • 29 août 1909 : Freud pose le pied sur le sol du Nouveau Monde. Une université américaine l'a invité à venir présenter ses découvertes et résultats, et veut lui décerner le titre de docteur honoris causa. Freud a cinquante-trois ans, le mot « psychanalyse » en a douze. En cinq leçons, Freud saura donner à un public profane une vue d'ensemble de sa méthode d'investigation et de guérison. Il en retrace les origines : Breuer (le cas Anna O., la théorie de l'hystérie, l'abandon de l'hypnose et l'avènement de la cure par la parole) ; Charcot (le traitement des hystériques et l'élaboration de la doctrine du refoulement) ; Jung (la méthode de l'association libre et la mise en évidence des « complexes » refoulés) ; le rêve comme « voie royale » d'accès à l'inconscient ou plutôt à son interprétation. Il montre ensuite le rôle central de la vie amoureuse et de la sexualité, en remontant à la « sexualité infantile » qui en est la clef. Puis il dégage les « destins » de la pulsion à partir du refuge dans la « maladie », pour terminer sur l'importance décisive du transfert.
    Ces Cinq leçons constituent la toute première introduction à la psychanalyse en même temps que son « coup d'envoi ». Freud ne retournera jamais aux États-Unis, mais l'annonce au monde a été faite.

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