Gallimard

  • Vers la fin du IIIe millénaire av. J.-C., des cavaliers-migrateurs, venus peut-être du sud de la Russie, submergèrent par vagues successives la majeure partie du continent européen et poussèrent jusqu'aux confins de l'Inde. À ces conquérants, qui parlaient approximativement la même langue, on a attribué par convention le nom d'Indo-Européens. Ils partageaient une vision du monde tripartite - le système des trois fonctions - où s'articulent, selon un ordre hiérarchique : la souveraineté magique et juridique (la première fonction) ; la force physique et principalement guerrière (la deuxième fonction) ; la richesse tranquille et féconde (la troisième fonction). Ainsi ces très lointains ancêtres se fondaient-ils sur une conception de la société qui distingue en les hiérarchisant les prêtres, les guerriers et les éleveurs-agriculteurs.
    Mythe et Épopée est consacré aux usages littéraires et non pas théologiques ou religieux que les principaux peuples indo-européens ont faits de leur commun héritage. Car si la structure des trois fonctions se présente d'abord comme une machine à faire les dieux, elle se révèle aussi être un formidable instrument de fabrication d'histoires. Pas uniquement de mythes, mais de récits profanes, de légendes, d'épopées, de contes où les dieux et les hommes s'en vont par trois.

  • Voici cinq oeuvres dispersées dans le temps (de 1944 à 1977), mais dont l'évidente unité est celle de l'obscure préparation d'une "poétique généralisée", parallèle de l'"esthétique généralisée" dont Roger Caillois a avancé l'idée en établissant une continuité entre "la turbulence encore secrète" de l'univers inerte et le monde de l'autre turbulence que représente l'imaginaire humain, et particulièrement la poésie. Dans Approches de l'imaginaire, l'auteur avait examiné le phénomène poétique comme un cas particulier de l'imaginaire. Ici, il soumet la poésie française contemporaine à une analyse critique, il en incrimine parfois les postulats dans Les Impostures de la poésie et dans Aventure de la poésie moderne. En même temps, lui qui avait adhéré au surréalisme "pour en finir avec la littérature", il avoue dans ces essais déjà anciens sa méfiance à l'égard de "l'inspiration absolue et incontrôlée", de l'image "in-imaginable". Toutefois, sans se déjuger, il insiste désormais sur l'importance de "l'image juste", "efficace", dans l'Art poétique et Reconnaissance à Saint-John-Perse. Exactitude et surprise, désarroi suivi de fascination, énigme posée en défi et bientôt accueillie comme signe d'intelligence, "occasion de tressaillir et d'admirer" : ces vertus de l'image tiennent à une propriété essentielle de l'univers, que cerne, à partir d'une leçon faite au Collège de France, le Résumé sur la poésie.

  • En 1982, dans les 25 essais qui composent Apollon sonore, l'auteur a commencé de publier en forme d'Esquisses des projets d'études de mythologie qu'il n'envisage plus de mener à leur terme, se bornant à définir les problèmes et à donner les principaux éléments de solution. Le présent recueil présente une seconde série d'Esquisses (26-50).
    Les premières concernent l'Inde et, après Alexandre, les rapports de l'Inde avec l'Occident grec. Pour la première fois, d'importantes traditions bouddhiques apportent leur contribution à l'étude comparée des religions indo-européennes.
    Une dizaine d'Esquisses continue l'exploration de la religion des Scythes et des traditions qui survivent chez leurs derniers descendants, les Ossètes du Caucase. Sur tous ces points encore, la véracité des témoins grecs, et d'abord d'Hérodote, d'une part, l'étonnante fidélité de la mémoire populaire d'autre part, se laissent vérifier.
    Par un échantillonnage sur la plupart des domaines de l'ensemble indo-européen, un dernier groupe d'Esquisses montre le type des questions nouvelles ou anciennes que l'étude comparative permet d'aborder avec précision : à Rome, l'univers tel que le divisaient les augures, puis la fonction d'une divinité évanescente, Hora, parèdre de Quirinus ; chez les héros de l'Iliade, l'opposition de la «fougue» utile et de la mauvaise «rage» ; la byline russe sur les trois derniers voyages du grand héros Il'ja de Mourom et l'interprétation d'une idole quadricéphale de Galicie, etc.

  • Approches de l'imaginaire rassemble certaines études écrites par Roger Caillois entre 1935 et 1950 et non réunies jusqu''r présent en volume. L'ouvrage reprend également trois essais épuisés et devenus introuvables : Proccs intellectuel de l'art, Puissances du roman et Description du marxisme. Il est divisé en quatre parties : 'L'équivoque surréaliste', 'Paradoxe d'une sociologie active', 'Sciences infaillibles : sciences suspectes', 'Puissances du roman', qui apportent souvent d'autres témoignages sur les mouvements auxquels l'auteur a participé, notamment le groupe surréaliste dont il fut membre de 1932 'r 1935 et le Collcge de Sociologie qu'il fonda en 1937 avec Georges Bataille. Ces études reliées par des arguments qui en précisent situation et signification s'efforcent, chacune 'r sa manicre, de définir la logique de l'imaginaire. Elles racontent une sorte d'éducation intellectuelle toujours orientée vers un meme but : défricher l'univers sensible afin 'd'y déceler des corrélations, des réseaux, des carrefours, des régularités, en un mot quelques-unes des réverbérations mystérieuses dont se trouve marqué ou illuminé l'épiderme du monde, depuis les dessins des pierres dans la maticre inerte jusqu'aux images des poctes dans le jeu apparemment libre de l'imagination'. Cases d'un échiquier (1970) constituait par anticipation le second tome de ces Approches de l'imaginaire. Il correspond 'r la période 1950-1965. Obliques (1975) a rassemblé les dernicres analyses de Roger Caillois, décédé en 1978.

  • Dans un hymne védique, la Voix analyse son action sur les trois niveaux fonctionnels de la société : elle permet la communication permanente grâce à laquelle les hommes mangent et vivent harmonieusement ; elle fait retentir l'arc et produit le tumulte du combat ; elle assure les rapports réciproques des hommes et des dieux, le culte et l'inspiration. Cette analyse se retrouve dans les modes d'action qu'un hymne homérique attribue à Apollon délien, et aussi dans la décoration d'un célèbre vase scythique. Il s'agit donc probablement d'une très ancienne application de la théorie des trois fonctions. Comment les Grecs ont-ils été amenés à l'attribuer à Apollon ? Qui était Apollon ?
    Rares sont les traces de la théorie trifonctionnelle dans les poèmes homériques. Quatre nouvelles applications en sont proposées. Les aèdes en ont trouvé deux dans la tradition. Deux autres ont été composées par l'auteur même de l'Odyssée.
    L'histoire des premiers siècles de Rome a été constituée d'éléments très divers. Cinq épisodes sont présentés où, quels qu'aient été les événements réels, l'imitation ou l'influence de scènes de l'Iliade leur ont donné forme et sens.
    Cinq contributions sont apportées à un dossier qui retient l'attention des savants depuis un quart de siècle : quels sont les rapports de la théorie médiévale des trois Ordres avec l'idéologie indo-européenne des trois fonctions ?

  • Vers la fin du IIIe millénaire av. J.-C., des cavaliers-migrateurs, venus peut-etre du sud de la Russie, submergcrent par vagues successives la majeure partie du continent européen et pousscrent jusqu'aux confins de l'Inde. ´R ces conquérants, qui parlaient approximativement la meme langue, on a attribué par convention le nom d'Indo-Européens. Ils partageaient une vision du monde tripartite - le systcme des trois fonctions - ou s'articulent, selon un ordre hiérarchique : la souveraineté magique et juridique (la premicre fonction) ; la force physique et principalement guerricre (la deuxicme fonction) ; la richesse tranquille et féconde (la troisicme fonction). Ainsi ces trcs lointains ancetres se fondaient-ils sur une conception de la société qui distingue en les hiérarchisant les pretres, les guerriers et les éleveurs-agriculteurs.
    Mythe et Épopée est consacré aux usages littéraires et non pas théologiques ou religieux que les principaux peuples indo-européens ont faits de leur commun héritage. Car si la structure des trois fonctions se présente d'abord comme une machine ´r faire les dieux, elle se révcle aussi etre un formidable instrument de fabrication d'histoires. Pas uniquement de mythes, mais de récits profanes, de légendes, d'épopées, de contes ou les dieux et les hommes s'en vont par trois.

  • «C'est en 1938 qu'a commencé la série d'études qui a reconstitué de grands fragments de l'idéologie, de la théologie et de la mythologie communes aux Indo-Européens avant leurs migrations. Les dix premières années ont été consacrées à l'exploration sommaire de deux ensembles : la conception des trois fonctions hiérarchisées de souveraineté sacrée, de force, de fécondité ; la conception des deux aspects complémentaires, magique et juridique, de la souveraineté. Divers travaux [...], livres épuisés aujourd'hui, ont mis en forme les premières observations. Mais les recherches ultérieures, fondées sur ces esquisses, ont permis par contrecoup de les préciser, de les corriger, de les compléter, de les coordonner.
    Il était donc nécessaire de reprendre ces principa theologica en tenant compte de près de trente ans de progrès et aussi de discussions à peu près ininterrompues qui les ont imposées à l'attention des "philologies séparées". L'exposé a été concentré sur les questions fondamentales et limité aux quatre principaux témoins qui ont servi, par comparaison, à atteindre une réalité préhistorique, indo-européenne, à savoir l'Inde védique, l'Iran, Rome, la Scandinavie : les prolongements qu'ont ensuite fournis les Grecs et les Celtes ont été laissés de côté. On s'est appliqué partout à faire saillir les ressorts, à dégager les moments des argumentations.» Georges Dumézil.

  • Troisième volume des Esquisses. Les premiers chants de l'Iliade et le conflit des trois déesses; le roman de Crésus ; Celtes et Italiques; la triade précapitoline; romans scythiques; l'idéologie des Perses... Et quelques prises de position vis-à-vis d'auteurs contemporains.

  • Vers la fin du IIIe millénaire av. J.-C., des cavaliers-migrateurs, venus peut-être du sud de la Russie, submergèrent par vagues successives la majeure partie du continent européen et poussèrent jusqu'aux confins de l'Inde. À ces conquérants, qui parlaient approximativement la même langue, on a attribué par convention le nom d'Indo-Européens. Ils partageaient une vision du monde tripartite - le système des trois fonctions - où s'articulent, selon un ordre hiérarchique : la souveraineté magique et juridique (la première fonction) ; la force physique et principalement guerrière (la deuxième fonction) ; la richesse tranquille et féconde (la troisième fonction). Ainsi ces très lointains ancêtres se fondaient-ils sur une conception de la société qui distingue en les hiérarchisant les prêtres, les guerriers et les éleveurs-agriculteurs.
    Mythe et Épopée est consacré aux usages littéraires et non pas théologiques ou religieux que les principaux peuples indo-européens ont faits de leur commun héritage. Car si la structure des trois fonctions se présente d'abord comme une machine à faire les dieux, elle se révèle aussi être un formidable instrument de fabrication d'histoires. Pas uniquement de mythes, mais de récits profanes, de légendes, d'épopées, de contes où les dieux et les hommes s'en vont par trois.

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