Littérature générale

  • Le mouvement féministe a produit bien plus qu'une dynamique d'égalisation des conditions féminine et masculine. Il a contribué, montre Camille Froidevaux-Metterie, à réorganiser en profondeur notre monde commun, à la faveur d'un processus toujours en cours qui voit les rôles familiaux et les fonctions sociales se désexualiser.

    Par-delà les obstacles qui empêchent de conclure à une rigoureuse égalité des sexes, il faut ainsi repérer que nous sommes en train de vivre une véritable mutation à l'échelle de l'histoire humaine. Plus d'attributions sexuées ni de partage hiérarchisé des tâches : dans nos sociétés occidentales, la convergence des genres est en marche.

    La similitude de destin des hommes et des femmes ne renvoie pourtant à aucune homogénéisation. Dans un monde devenu mixte de part en part, les individus se trouvent plus que jamais requis de se définir en tant qu'homme ou en tant que femme. Or ils ne peuvent le faire sans prendre en considération la sexuation des corps. S'évertuer à la nier, comme le fait un certain féminisme, c'est heurter de plein fouet cette donnée nouvelle qui veut que la maîtrise de sa singularité sexuée soit la marque même de la subjectivité.

    L'auteure entreprend ainsi de réévaluer la corporéité féminine pour en faire le vecteur d'une expérience inédite englobant l'impératif universaliste des droits individuels et l'irréductible incarnation de toute existence. Le sujet féminin contemporain se révèle alors être le modèle d'une nouvelle condition humaine.

  • Un roman qui jette un regard neuf sur la vie. A travers quelques années lourdes d'événements historiques se joue le destin de personnages qui gagnent l'amitié du lecteur. Au centre, celui qu'on appelle le Gabin, isolé dans sa famille comme à l'école et qui, une fois devenu adolescent, essaie de vivre un grand amour platonique. Mais la guerre est là pour détruire l'amour aussi bien que le domaine familial. Autant qu'à ce garçon malheureux, on s'attache à ceux contre qui il se heurte, en particulier le père, qui vit loin des siens, et qui peut passer pour un original. Et l'on rencontre aussi quelques femmes qui ne se laissent pas oublier : Olivia qui trahit malgré elle le Gabin ; la charmante Sidonie, maîtresse du père, que sa qualité de juive condamne à être une victime ; Yvonne, la vieille servante au coeur simple. Sans indulgence, sans complaisance, mais avec une sincérité totale, l'auteur nous impose sa vision.

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