Littérature traduite

  • Léviathan

    Thomas Hobbes

    Léviathan de Hobbes (qui paraît en 1651) est un des rares textes fondateurs de la philosophie, comme la République de Platon, auquel son auteur le comparait. Il jette, en effet, les bases de la tradition politique moderne, en inventant le mythe de la souveraineté : considérant leur état naturel, effrayés par l'exacerbation mortelle de leurs passions, les hommes décidèrent, par leur faculté propre de vouloir et de penser, de se doter d'une loi commune, artificielle, qu'un individu ou une assemblée aura pour tâche d'élaborer et de mettre en oeuvre. Avec Hobbes, l'histoire se substitue à la théologie : ce n'est plus dans le divin que la loi se fonde, mais dans l'humanité.

  • L'oeuvre de Schopenhauer reste en France encore largement méconnue. Disséminée en de multiples opuscules de philosophie digeste et d'aphorismes divertissants, elle a ainsi vu son unité malmenée au gré des publications tronquées. La parution d'une traduction inédite du Monde comme volonté et représentation dans cette même collection (Folio Essais) a déjà offert l'occasion de reporter l'attention sur l'entreprise proprement philosophique de Schopenhauer, sur l'intention fondatrice qui unit tous ces développements éparpillés au gré des découpages éditoriaux.
    Les Lettres qui vont de 1803 à quelques semaines avant sa mort en 1860 permettent de mettre en perspective les écrits de Schopenhauer, l'unité de son oeuvre forgée au cours des années, mais aussi les incompréhensions auxquelles il s'est heurté, les malentendus qu'il a dû dissiper. Au fil des ans s'observe la diversité des thèmes et des correspondants à proportion de la gloire et de l'influence ascendante du maître de Nietzsche, particulièrement sur ces disciples qu'il ne craint pas d'appeler ses "apôtres" et ses "évangélistes".

  • L'oeuvre de Schopenhauer reste en France encore largement méconnue. Disséminée en de multiples opuscules de philosophie digeste et d'aphorismes divertissants, elle a ainsi vu son unité malmenée au gré des publications tronquées. La parution d'une traduction inédite du Monde comme volonté et représentation dans cette même collection (Folio Essais) a déjà offert l'occasion de reporter l'attention sur l'entreprise proprement philosophique de Schopenhauer, sur l'intention fondatrice qui unit tous ces développements éparpillés au gré des découpages éditoriaux.
    Les Lettres qui vont de 1803 à quelques semaines avant sa mort en 1860 permettent de mettre en perspective les écrits de Schopenhauer, l'unité de son oeuvre forgée au cours des années, mais aussi les incompréhensions auxquelles il s'est heurté, les malentendus qu'il a dû dissiper. Au fil des ans s'observe la diversité des thèmes et des correspondants à proportion de la gloire et de l'influence ascendante du maître de Nietzsche, particulièrement sur ces disciples qu'il ne craint pas d'appeler ses "apôtres" et ses "évangélistes".

  • Voici un ouvrage dont le titre à soi seul est devenu une expression commune. Il est vrai que Michael Fried a posé en des termes tout à fait nouveaux la question : de quand date la peinture moderne? De David, de Manet, de Cézanne, dira-t-on ; les candidats à l'acte fondateur ne manquent pas. Fried pose autrement le problème. Moins qu'aux grandes individualités, c'est à ce qu'elles eurent en commun que l'auteur s'intéresse : le courant nouveau de figuration qui très vite devint la tradition moderne et auquel ces peintres participèrent ou s'opposèrent.
    Cette tradition naît au XVIIIe siècle avec la critique d'art - notamment Diderot - et celle-ci formule une interrogation : quelle place le tableau doit-il réserver au spectateur ?
    De Greuze à David, la peinture refuse la théâtralité. Michael Fried montre les deux moyens que Diderot expose pour combattre la fausseté de la représentation et la théâtralité de la figuration : une conception dramatique de la peinture, qui recourt à tous les procédés possibles pour fermer le tableau à la présence du spectateur, et une conception pastorale qui, à l'inverse, absorbe quasi littéralement le spectateur dans le tableau en l'y faisant pénétrer. Ces deux conceptions se conjuguent pour nier la présence du spectateur devant le tableau et mettre cette négation au principe de la représentation.

  • À l'origine de ce livre, une circonstance bien particulière : il y a péril en la demeure et urgence à le conjurer. Pour la première fois, la psychanalyse est menacée du dedans. Auparavant les attaques étaient venues du dehors. Elles n'avaient pas manqué ni cessé et Freud ne s'en était guère soucié. Il n'avait pas de goût pour la polémique, disait-il, et la jugeait vaine. La psychanalyse - la sienne, la seule qui ait droit à ce nom - finirait bien par être reconnue pour ce qu'elle est, le temps ferait son oeuvre avec la poursuite de l'oeuvre.
    La situation change du tout au tout quand ce sont des proches, et au premier chef Jung, le "prince héritier", qui s'affirment psychanalystes alors qu'aux yeux de Freud ils ont cessé de l'être. Il n'est plus permis de se taire, il faut engager le fer. Et, quoiqu'il s'en défende ici et là, c'est un texte vigoureusement polémique qu'écrit Freud, un texte qui, pour avoir été longtemps négligé, retrouve une singulière actualité en ce temps d'éclatement de la "communauté" psychanalytique.
    Nous sommes au début de l'année 1914, quelques mois avant que ne se déchaîne l'autre guerre, la Grande...

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