Graduate Institute Publications

  • Adoptant le modèle théorique de Miroslav Hroch, cet ouvrage apporte une contribution originale sur la formation de la nation kurde au cours du XXe siècle. Appelée « la plus grande nation sans État », la population kurde est répartie sur les territoires de l'Irak, de la Syrie, de l'Iran et, bien sûr, de la Turquie, objet tout particulier de cette étude. La « question kurde » est souvent définie comme une série de tentatives du peuple kurde pour créer son propre État, face aux efforts de quatre Etats pour en empêcher la réalisation et assimiler ce peuple. Les origines de la « question kurde » remontent à la fin du XIXe siècle. Le long déclin de l'Empire ottoman débouche sur l'émergence d'un mouvement national kurde. Limité à une intelligentsia restreinte, celui-ci ne parvient pas à se doter d'une base sociale ni à réaliser ses aspirations lors de la dissolution de l'Empire. Déterminés à créer un État-nation turc centralisé et homogénéisé, les fondateurs de la Turquie républicaine optent pour l'assimilation des Kurdes. Certains activistes cherchent alors le soutien des tribus ou des confréries kurdes, elles aussi menacées par le nouvel Etat turc résolu à les supprimer pour mener à bien son projet. Cette tentative échoue, la Turquie parvenant à réprimer les insurrections et tout activisme en faveur de l'identité et de la culture kurdes. Cependant, dans les années 1950, la crise de légitimité que traverse la Turquie et la formation d'une nouvelle intelligentsia kurde conduisent à un « renouveau » du mouvement national kurde. Basé sur une méticuleuse analyse des sources turques et kurdes, ce livre est un outil précieux pour comprendre l'émergence d'une conscience nationale kurde, décrire le mouvement qui s'en est suivi, saisir son évolution sur le plan géographique, interpréter l'évolution des revendications et, enfin, analyser les facteurs déterminants du passage d'un mouvement d'intellectuels et de notables à un mouvement de masse.

  • Après avoir longtemps dénigré ses émigrés, l'Inde a récemment entrepris de les réhabiliter en leur consacrant une cérémonie annuelle fastueuse (Pravasi Bharatiya Divas), des prix prestigieux, ainsi que des statuts inédits leur octroyant de nouveaux droits. Au-delà des paillettes et des discours, quelle est la véritable nature des relations entre l'Inde et sa diaspora ? Quels sont les intérêts en jeu dans ce nouveau partenariat ? Quelles sont les conséquences de cette politique diasporique sans précédent sur la production de l'indianité, en Inde et à l'étranger ? A la lumière de deux communautés d'origine indienne, l'une établie à l'île Maurice, l'autre au Canada, cet ouvrage examine l'influence de l'Inde et des Etats d'installation sur les modes d'affirmation et de mobilisation en diaspora, nourrissant tantôt le mythe de la « communauté modèle », tantôt celui de la « minorité martyre ». Il met également en lumière la participation croissante des Indiens de la diaspora au processus de construction nationale de leurs pays d'origine et d'installation. La production conjointe de l'indianité par l'Etat d'origine, l'Etat d'installation et la diaspora répond ainsi à des influences réciproques et des convergences d'intérêts. Elle satisfait d'une part aux besoins d'intégration, de valorisation ou de victimisation des entrepreneurs diasporiques dans leur pays de résidence ; elle contribue d'autre part à façonner, à l'île Maurice et au Canada, l'image de sociétés multiculturelles ; elle participe enfin, par des moyens non conventionnels, à l'affirmation de l'Inde comme puissance émergente sur la scène internationale.

  • Le présent ouvrage s'attache à souligner la diversité et la richesse des mouvements de femmes de par le monde, qui se sont organisés autour d'enjeux variés, que ce soit autour du droit de vote des femmes, du droit des filles à l'éducation, des luttes anticoloniales, des discriminations racistes envers des femmes ou de divers autres droits. Il explore aussi les débats sur l'articulation des différentes appartenances de classe, race, caste, genre et comment ces catégories se croisent, se renforcent. Ce débat est déjà ancien, puisqu'il a été abordé dès le xixe siècle, par exemple avec les textes de Flora Tristan, en Chine dans les années 1920, ou dans les années 1960 aux États-Unis avec les femmes du mouvement Black Feminism. À partir des années 1980, se développe une démarche critique de l'hégémonie d'une certaine pensée féministe, blanche, occidentale, qui n'avait pas suffisamment reconnu les tensions dans les débats et luttes féministes, pourtant âpres, autour des questions de classe, de race ou de nation. Cette démarche de décolonisation du féminisme est inspirée par des militantes et théoriciennes issues de la migration, des minorités, et surtout par des militantes et théoriciennes dans les pays du Sud. La réflexion sur l'intersectionnalité des catégories de genre, classe, race, caste, a permis de construire de nouveaux champs théoriques qui ont souvent précédé l'institutionnalisation du champ d'études postcoloniales. Cet ouvrage permet aussi que s'expriment et soient rapportés les expériences concrètes des femmes et des mouvements de femmes, dans toute leur diversité, et les savoirs qui sont élaborés par et avec elles. Ce travail correspond à une reconnaissance, non seulement des capacités d'agir mais aussi des capacités de penser, de manière critique, des femmes de différentes appartenances et de divers horizons culturels, et dont les théories féministes sont redevables.

  • La disparition de l'URSS en 1991 a totalement bouleversé l'environnement régional de la République populaire de Chine, le long de sa frontière du nord-ouest. Cinq nouveaux États, contigus à la région autonome chinoise du Xinjiang, sont en effet apparus du jour au lendemain au coeur de l'Eurasie. Cette transformation complète de l'Asie centrale a ouvert à la Chine des perspectives et des opportunités nouvelles en matière politique et commerciale. Mais parallèlement, elle a aussi engendré des menaces et des défis inédits pour le pouvoir chinois, particulièrement au regard de la sécurité de sa région turcophone et musulmane du Xinjiang. Confronté à ce nouveau contexte, Pékin a rapidement dû adapter sa politique interne mais aussi définir puis mettre en place une politique étrangère originale à destination de ses nouveaux voisins centre-asiatiques. Cet ouvrage s'attache à décrire et à analyser cette politique étrangère, c'est-à-dire à en exposer et à en expliquer les déterminants, les objectifs, le cours et les variations et enfin les réalisations. Les relations politiques, économiques et énergétiques mises en place entre Pékin et les républiques d'Asie centrale entre 1991 et 2001 sont ainsi successivement passées en revue. Malgré la persistance de certaines difficultés, grâce aux choix et aux jalons qu'elle a posés au cours de cette décennie, la République populaire aura réussi au tournant du nouveau millénaire à devenir un acteur international majeur en Asie centrale.

  • Nous avons voulu, avec ce livre, créer un espace de connaissance autour de la thématique genre et développement, apporter des outils de réflexion aux femmes francophones, et aux hommes bien évidemment, et cela dans un esprit d'ouverture envers nos devancières - anglaises, américaines, latino-américaines - qui ont repris des concepts féministes ou en ont forgé de nouveaux pour les adapter aux situations spécifiques créées par les politiques et les projets de développement : repères intellectuels pour toutes celles et tous ceux qui cherchent, avec bonne volonté, à comprendre la formidable complexité du développement afin que leur action soit plus efficace, plus complète, et non plus source de distorsions socioéconomiques préjudiciables à tous, ou pire, source de détresses matérielles et psychologiques.

  • La coopération au développement semble s'embourber dans une impasse. Mais il se peut qu'on n'en ait pas encore visité tous les alentours. Des issues existent sûrement, promesses de renouvellement de pratiques dont la noble finalité n'autorise aucun abandon. Et pourtant, le constat est douloureux. La coopération, qui avait été conçue et institutionnalisée comme outil de changement social, comme engrais de bonification à long terme, se retrouve sur la sellette : elle n'a pas su se mesurer aux forces qui font le monde, elle a perdu son combat pour l'égalité. Ce constat sonne-t-il le glas de la coopération ? Signifie-t-il que la coopération au développement, voire le développement lui-même, ont été mal pensés à la base ? Et si c'était le cas, comment les repenser ? Ou bien vaut-il mieux s'interroger sur les modalités des rapports engagés dans la coopération, sur les stratégies et les instruments utilisés ? Chercher à réorienter la coopération en utilisant autrement les centaines de millions de dollars qu'elle draine chaque année ?

  • Cette "Théorie du ius cogens international" tente d'élaborer les bases d'une réflexion approfondie et d'une reconstruction nouvelle de cette notion ayant atteint une importance considérable dans la pratique et le droit internationaux. Dans un premier temps, elle offre une revue méticuleuse des théories existantes mettant en lumière leurs implications. Elle essaye, dans un deuxième temps, de reconstruire la notion de droit impératif à partir de la tradition juridique générale. Le ius cogens n'est pas limité aux normes d'ordre public, protégeant des intérêts sociaux ou moraux fondamentaux. Il s'étend en particulier à toute norme porteuse d'une utilitas publica. Le ius cogens s'identifie dès lors à la notion de "droit public" aus sens large. Ainsi le ius cogens se présente comme une technique du droit qui vise à maintenir l'unité et l'intégrité d'un régime juridique en interdisant sa fragmentation normative en régimes restreints, applicables prioritairement inter partes, et ce quand le législateur a prévu cette indérogabilité en raison d'un intérêt public ou collectif. C'est cette notion du ius cogens qui est appliquée ici au droit international. Cette étude se distingue par son originalité, sa rigueur ainsi que par la richesse des matériaux consultés et produits. Elle tranche sur l'abondante littérature consacrée au ius cogens par l'adoption d'une nouvelle approche, ouvrant une série de perspectives insoupçonnées.

  • Le discours sur le sous-développement s'est transformé en discours sur la pauvreté dans les agences de développement. On avance l'estimation que 70 % des pauvres dans le monde sont des femmes... Cet ouvrage, qui constitue un ensemble avec celui qui le précède, interroge le pouvoir structurant de l'économie selon une perspective de genre pour comprendre la nature et les transformations des rapports entre hommes te femmes. Il se penche particulièrement sur l'accélération du mouvement de mondialisation qui va de pair avec l'accroissement de la pauvreté/prospérité et qui accentue l'inégalité des relations de genre et la subordination des femmes. Ce que nous essayons de montrer, à travers les divers textes ici présentés, est combien la notion de genre est indispensable pour comprendre comment est structurée cette réalité. Car le rôle des femmes dans l'économie, que nous avons mis en lumière dans le numéro 2 de notre collection, prend une place croissante avec la libéralisation économique. Et le travail de reproduction s'appuie de manière plus lourde sur les femmes car le néolibéralisme tend à retirer toute intervention publique dans ces secteurs et la division sexuelle du travail dans les ménages est rarement remise en question. La mondialisation est un processus chargé de contradictions, qui peut aussi ouvrir des opportunités. L'accès accru aux revenus, même faibles, a parfois une influence sur les rapports de pouvoir entre hommes et femmes au sein des ménages. Les ouvertures à l'extérieur sont une voie d'accès au pouvoir (empowerment), elles permettent aux femmes de s'organiser, de comprendre, de remettre en question. Imperceptiblement parfois, de manière plus manifeste ailleurs, des transformations des identités de genre sont induites par la mondialisation. Des organisations plus larges se mettent en place, des recherches d'alternatives immédiates se conjuguent avec l'internationalisation des mouvements de femmes. Des transformations des rapports de genre impliquent de profonds changements. Cependant, il ne d'agit pas seulement de chercher à promouvoir un développement aux rapports de genre plus équitables, mais de promouvoir des identités de genre, des rapports sociaux entre hommes et femmes plus justes, qui favoriseraient un développement économique, social, politique et culturel différent.

  • Comment penser la sociabilité en Afrique aujourd'hui ? La formule toponymique choisie - côté jardin, côté cour - comme emblème thématique de ce Cahier fait explicitement référence au passage d'un roman de Tchicaya U Tam'Si. Cet extrait renvoie à la métaphore de la maison, lieu où l'on reste, lieu où l'on revient. Le côté jardin, c'est non seulement la science, mais aussi la civilisation occidentale importée avec la colonisation et la réalité apparente des hommes et des choses dans le monde visible des vivants, alors que le côté cour, c'est le fétiche, c'est-à-dire la magie, la sorcellerie et le monde invisible des esprits et des morts. Comment peut-on être à la fois magicien et magistrat, sorcier et président de la République dans une même peau humaine ?...

  • L'imposition de nombreuses sanctions par les Nations Unies durant les années 1990 a mis au grand jour leurs effets dommageables sur la population civile de l'État-cible et les autres États. Ces effets secondaires posent d'importantes questions liées non seulement au droit constitutionnel de l'ONU et à son mécanisme de maintien de la paix et de la sécurité internationales, mais aussi aux droits fondamentaux de la personne humaine. L'ouvrage étudie en profondeur les aspects juridiques de ces questions, en partant de l'article 50 de la Charte des Nations Unies qui octroie aux États le droit de consulter le Conseil de sécurité pour les difficultés économiques particulières dues à l'application des sanctions. Il examine le droit controversé prévu par cet article, un « droit de se plaindre » ou un droit à une assistance, à la lumière de l'assistance apportée aux États l'ayant invoqué et des récentes activités normatives des organes de l'ONU. L'ouvrage s'attarde aussi sur la pratique des dérogations humanitaires aux sanctions, qui tend à réduire les effets des sanctions sur la population civile de l'État-cible, en analysant la nature juridique de cette pratique et son évolution à travers le temps, dont le programme « pétrole contre nourriture » en Iraq. L'ouvrage considère enfin les moyens de prévention des effets secondaires dont l'ampleur a amené les États à préciser l'objectif intrinsèque des sanctions et, partant, à les affiner au niveau de leur conception, de leur maintien et de leur levée. L'ouvrage examine alors les nouveaux concepts de « sanction intelligente », d'évaluation des effets potentiels puis réels des sanctions, et de prévision de clauses de sortie et de limite temporelle dans les résolutions sanctionnatrices. Il démontre que l'ONU a abandonné les sanctions économiques globales au profit de sanctions ciblées, de durée limitée, et évaluées par des experts quant à leurs effets politiques, économiques et humanitaires. De par la richesse des domaines couverts et de ses sources matérielles, il s'agit incontestablement d'un ouvrage de référence pour tous ceux qui s'intéressent au droit et aux sanctions des Nations Unies, et plus largement à l'ordre juridique international contemporain. Il apporte également une contribution aux débats actuels sur la réforme des Nations Unies et de son mécanisme de sécurité collective.

  • Avec la fuite du Dalaï-Lama en mars 1959, commence pour une partie du peuple tibétain un exil forcé qui se perpétue aujourd'hui. Exil où l'Inde occupe d'emblée une place singulière : terre d'accueil du Dalaï-Lama, qui y a installé le siège de son gouvernement en exil, elle est à la fois le pays qui abrite le plus grand nombre de réfugiés tibétains - un peu plus de 100'000 sur 145'000 au total - et le pays où s'est constitué le mouvement nationaliste tibétain de l'exil. Ainsi se pose la question des rapports entre le nationalisme et l'exil chez les réfugiés tibétains en Inde, partant de l'hypothèse classique que l'exil a pour effet d'accentuer le sentiment nationaliste des exilés. À quoi ressemble ce nationalisme ? Quel est l'impact de l'Inde sur le mouvement nationaliste tibétain ? Et comment les réfugiés, à commencer par le premier d'entre eux, le Dalaï-Lama, conçoivent-ils la nation tibétaine ? Celle-ci revêt-elle une forme particulière parce qu'elle se développe en exil ? En Inde ? Telles sont les principales interrogations auxquelles ce livre se propose de répondre.

  • L'émancipation des femmes, la défense de leurs droits, le « progrès », ont souvent été associés à la laïcité alors que la religion était associée à la tradition, au maintien de normes conservatrices défavorables à l'autonomie des femmes. La « modernité » semblait aller de pair avec une privatisation de la religion. Les mouvements féministes ont contesté les interventions des institutions religieuses à l'encontre des droits des femmes, par exemple dans le domaine des droits sexuels et reproductifs ou des droits à l'héritage. On a toutefois pu observer que certaines organisations confessionnelles cherchaient à contribuer à des changements sociaux et à se mobiliser en faveur des plus exclu-e-s, y compris les femmes marginalisées. Et, de nos jours, la religion prend une place croissante dans l'espace public où elle est de plus en plus politisée. Au nom de la défense des droits des femmes, certaines religions se voient associées à des cultures ou à des groupes dans lesquels ces droits sont supposés être davantage bafoués que dans d'autres. Les textes que nous avons choisis pour ce premier numéro de la collection « Genre et développement. Éclairages » permettent d'apporter un éclairage sur ces rapports épineux entre genre et religion. Ils traitent de l'une des questions où l'opposition entre égalité de genre et religion a toujours été des plus frontales : celle de l'avortement, à partir des évolutions récentes qu'ont connues deux pays d'influence catholique, la Pologne et le Mexique. L'actualité montre que cette question revient régulièrement dans les débats politiques, dans divers pays, et que les droits à l'avortement acquis au terme d'années de lutte peuvent à tout moment être remis en question.

  • Plus qu'une simple question de politique étrangère, les relations avec la Russie sont, pour la République islamique d'Iran, une question de survie du régime. En raison de son hostilité à l'égard de l'Occident, la République islamique a dû adapter sa stratégie internationale pour assurer la pérennité du régime ainsi que la survie économique du pays. À un moment où la Russie joue un rôle crucial dans la protection des intérêts iraniens sur la scène internationale, l'auteur propose la première étude complète portant sur l'histoire des relations irano-russes depuis la révolution islamique (1979). L'un des principaux objectifs est de contribuer au développement de la réflexion sur les différentes dimensions de la politique étrangère de la République islamique d'Iran. En effet, la plupart des monographies privilégient le point de vue des grandes puissances dans l'étude des relations entre l'Iran et la Russie, l'Iran et la Grande Bretagne ou, à partir du XXe siècle, de l'Iran avec les Etats-Unis. L'accent est donc mis ici sur les perspectives iraniennes dans les relations entre Téhéran et Moscou, depuis 1979. L'auteur ne néglige pas pour autant l'inscription de son étude dans le temps long des relations entre l'Iran et son grand voisin du Nord. Il remarque ainsi qu'en dépit des bouleversements idéologiques et des changements de régime, les deux pays ont maintenu des relations diplomatiques ininterrompues, depuis le XVIe siècle, même si, à plusieurs reprises, la présence diplomatique russe ou soviétique à Téhéran a été menacée.

  • Since the mid-19th century military powers and various writers have tried to define the notion of belligerent occupation and, in particular, the beginning thereof. There are many situations in which a state of occupation is controversial or even denied. When is control so effective that an invasion turns into a state of belligerent occupation? What is the minimum area of a territory that can be occupied; a town, a hamlet, a house or what about a hill taken by the armed forces? This paper examines what seems to be an important gap of the Fourth Geneva Convention: contrary to the Hague Regulations of 1907 it does not provide a definition of belligerent occupation. It is argued that the Fourth Geneva Convention follows its own rules of applicability and that therefore the provisions relative to occupied territories apply in accordance with the "functional beginning" of belligerent occupation approach from the moment that a protected person finds him or herself in the hands of the enemy. Henry Dunant Prize 2010 from the Geneva Academy of International Humanitarian Law and Human Rights (ADH Geneva)

  • Rédigée pendant l'enquête de la Commission et alors que se dessinaient les contours du Tribunal spécial pour le Liban, cette étude retrace d'abord l'évolution du mandat de l'UNIIIC ainsi que les aléas de son enquête entre le 14 février 2005 et la fin du mandat de la Commission le 28 février 2009. Plus prospective, la deuxième partie de l'analyse est consacrée au Tribunal spécial pour le Liban et explore les principales questions d'ordre juridique que soulèvent le Statut du Tribunal et le mode de mise en oeuvre pour le moins surprenant de cette nouvelle juridiction. Le présent travail a obtenu le Prix de l'Association des fonctionnaires internationaux suisses (AFIS) 2008.

  • Autrefois décidées dans la seule sphère étatique, les politiques d'immigration et d'asile connaissent depuis la fin des années 1980 un processus d'européanisation. Bien qu'incomplet, celui-ci devient néanmoins une réalité observable dans les législations, les pratiques et les discours. Parmi les acteurs concernés par ces changements figurent les associations nationales de défense des étrangers. Dans cette nouvelle « gouvernance multiniveaux », comment ces associations s'adaptent-elles ? Ce eCahier envisage les évolutions stratégiques, idéologiques et structurelles des associations françaises. Celles-ci intègrent les dispositions de l'européanisation, soit pour les contester, soit pour les utiliser face à l'Etat. Ce dernier demeure en effet la cible et le référent principal des mobilisations. Léa Breton montre également que ces questions peuvent être reliées d'une manière plus large à certains aspects évolutifs de la notion de politique et d'espace public européen.

  • La question de la démocratisation des régimes arabes est au coeur des débats théoriques depuis les années 1990. Tantôt elle met en évidence les leviers potentiels de la démocratie, tantôt elle dénonce le jeu des régimes autoritaires « améliorés ». Quelle est la spécificité du régime syrien ? Comment comprendre l'émergence de la « société civile » dans l'espace public syrien ? Quelles stratégies le pouvoir a-t-il développé par rapport aux organisations non gouvernementales ? Ces stratégies reflètent-elle une évolution du gouvernement en Syrie ? Cette étude - fruit d'un travail de terrain - contribue à éclairer la trajectoire de la Syrie dans le contexte actuel des révolutions arabes. "A l'heure où les relations entre société civile et autoritarisme sont au coeur des débats dans le monde arabe, cette publication offre à la fois une excellente synthèse théorique de ces questions, tout en révélant les résultats d'une enquête de terrain de plusieurs mois. Sur le plan scientifique, son analyse nous permet de mieux comprendre les événements en Syrie en présentant une recherche très documentée sur un aspect crucial de la politique du régime al-Assad. Toutefois, cette analyse va au-delà du cas syrien, en démontant les impasses de l'autoritarisme, largement remis en question dans cette région par le «printemps arabe»..." (lire la suite) Professeur Riccardo Bocco.

  • This work aims to shed light on the evolution of the Lebanese political arena after the withdrawal of Syrian troops in April 2005 by analyzing the perceptions of Hizballah among members of the Free Patriotic Movement (FPM), as the alliance between the two groups enters its fourth year. Hizballah is generally well portrayed among FPM members although the two constituencies have very few elements in common. Different backgrounds, confessions, political views and cultural traits distinguish them.

  • L'augmentation de 0,74o Celsius de la température moyenne depuis la fin du XIXe siècle a déjà provoqué des changements écologiques importants dans la biosphère. Une des conséquences du réchauffement climatique est l'élévation du niveau de la mer. Le point le plus haut de Tuvalu, un petit Etat polynésien formé de neuf atolls, se situe seulement à 4 mètres au-dessus du niveau de la mer et, d'ici 2050, Tuvalu pourrait disparaître des suites de la montée des océans. Cette situation pose de nombreux problèmes juridiques, dont le plus évident est la disparition du territoire d'un Etat souverain.

  • The story broke in 2006: Since 9/11, US intelligence services have had access to practically any international money transfer data by infiltrating the SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) network. Banks worldwide transfer money orders and personal customer data through this network. While the surveillance was all-embracing in 2001, it was gradually limited over the course of the last few years. Revealed by the New York Times, the SWIFT affair has had global as well as national implications. While this dissertation first examines the international dimension of the SWIFT surveillance, the analysis mainly focuses on the national repercussions for Switzerland. Arditi Prize 2010 in International Affairs.

  • South Sudan is undergoing a process of internationally-supported state building of which decentralisation forms part. For the people, decentralisation is understood as a right to self-rule based on native-stranger dichotomies and as a means of appropriating and incorporating an abstract and distant state into the local context. The South Sudanese government, in contrast, sees decentralisation primarily as a tool for service delivery and development. Conversely, the international community, in its desire to guarantee international stability through the creation of Western-style states all over the world, sees decentralisation as one tool in the state-building toolbox. These different interpretations of decentralization may not only lead to misunderstandings, but different groups and different ways of understanding decentralisation have interacted throughout history, and attempts to impose a particular understanding on other actors continue. Annina Aeberli examines this hybridisation of state `decentralisation' and argues that the international community and the government cannot and should not try to ignore people's understandings and expectations: a state - in whatever form - always depends on the acceptance of the people.

  • L'étude des risques est aujourd'hui en plein essor. Un regard nouveau est porté sur des problématiques anciennes, notamment celles liées à l'ordre social, au pouvoir, aux inégalités, à la pauvreté, ou encore aux rapports Nord/Sud. Cette évolution est par ailleurs concomitante avec l'augmentation de la vulnérabilité aux aléas et conséquemment des catastrophes, désormais considérée comme un problème de développement au Sud comme au Nord. S'inscrivant dans ce renouveau des études sur les risques et les catastrophes, Fabien Nathan s'est intéressé aux communautés pauvres et indigènes des quartiers périphériques de La Paz. Pourquoi une grande partie de leurs habitants sont-ils exposés aux aléas naturels (glissements de terrain, coulées de boue...) ? Comment ces aléas se transforment-ils en catastrophes (non naturelles) ? Il interroge également la manière dont les habitants vivent avec le risque et construisent leur résilience pour vivre mieux, dans des situations que les observateurs extérieurs pourraient souvent qualifier d'insoutenables ou d'irrationnelles. Pour comprendre ces « faits sociaux totaux » que sont les risques, l'auteur remonte à leurs causes et dévoile le processus de leur construction à travers le temps et l'espace. Son livre ne se limite pas à une ethnographie détaillée de quartiers vulnérables ; il contribue également à repenser les relations mutuelles entre aléas naturels et systèmes sociaux, notamment à travers des concepts tels que la régulation sociale des risques, l'apprivoisement des peurs ou encore les stratégies de perception. Studies on Risk and Vulnerability are increasing at a rapid rate. This field of research sheds new light on old paradigms such as social order, power, inequality and poverty as well as on North-South relations. Its expansion is linked to increased vulnerability to hazards and the subsequent rise in disasters, now considered as development problems in both the North and South. This book forms part of the new stream of risk and disaster studies by focusing on poor indigenous communities in the suburbs of La Paz. It seeks to understand and explain why so many of the local inhabitants are exposed to natural hazards (landslides, mudslides), which sometimes transform into "unnatural" disasters. It also examines how they learn to live with risk, building resilience to live better lives, even in situations that external observers would qualify as unsustainable or irrational. By seeking to understand risks as "total social facts", the author returns to their origins, revealing the way in which they have formed over time and place. The book does not restrict itself to a detailed ethnography of vulnerable neighborhoods. It also contributes to rethinking the mutual relationship between natural hazards and social systems. Concepts such as social regulation of risks, taming of fear, perception strategy as well as many more are explored.

  • This ePaper, History and Memory: lessons from the Holocaust, presents the original text of the Leçon inaugurale delivered by Professor Saul Friedländer on 23 September 2014 at the Maison de la Paix, which marked the opening of the academic year of the Graduate Institute, Geneva. The lecture highlights an original analysis of the evolution of German memory since the end of World War II and its consequences on the writing of history. Generations of historians have been particularly marked in a differentiated manner, depending on their personal proximity to the war, but also on collective representations conveyed by film and television in a globalised world. Saul Friedländer is Emeritus Professor at the University of California Los Angeles (UCLA). He won numerous awards, including the Pulitzer Prize in 2008 for his book The Years of Extermination: Nazi Germany and the Jews, 1939-1945. In 1963, he received his PhD from the Graduate Institute of International Studies in Geneva, where he taught until 1988.

  • This paper examines the ambivalent influence of the UN Security Council's practice on the development of international refugee protection since the early 1990s. While the international refugee protection regime did not originally foresee a role for the Security Council, the increasingly complex security challenges in the post-Cold War era have led to its de facto inclusion in the institutional framework of protection. After having used its wide discretionary powers under the UN Charter to link refugee flows with its primary responsibility for the maintenance of international peace and security, the Security Council thus began to strengthen different aspects of international refugee protection. Mariano Garcia Rubio Prize 2009 for the best Master's Thesis in International Law. A revised version of Part 3 of this ePaper was published as C. Ahlborn, `The Normative Erosion of International Refugee Protection through UN Security Council Practice', (2011) 24 Leiden Journal of International Law, pp 1009-1027. The views reflected in this paper are personal and do not necessarily reflect those of the Graduate Institute of International and Development Studies.

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