Le Livre de Poche

  • "Après que j´eus employé quelques années à étudier dans le livre du monde et à tâcher d´acquérir quelque expérience, je pris un jour résolution d´étudier aussi en moi-même, et d´employer toutes les forces de mon esprit à choisir les chemins que je devais suivre".René Descartes.
    René Descartes (1596-1650) peut être considéré comme le philosophe dont l´oeuvre a fait définitivement basculer dans la modernité, en plaçant au principe de toute connaissance vraie le sujet pensant. A ce titre, son importance est majeure, son influence sur la postérité incalcu-lable. Le "Discours de la méthode" (1637), écrit en français, a été le premier ouvrage publié par Descartes ; autobiographie intellectuelle et texte programme, il condense l´essentiel du message philosophique de son auteur. Sur un ton direct et sans fard, qui contribue à la force attractive du Discours, Descartes invite à méditer son propre parcours intellectuel, guidé par la recherche la plus radicale de la vérité. Prenant appui sur quatre règles de la mé-thode, il expose, après avoir réservé le cas de la morale (dite «par provision»), la découverte décisive du «Je pense, donc je suis», dont la clarté et la distinction deviennent critères de tout ce qui peut être connu. Il nous achemine alors vers la pensée de Dieu et de l´âme, des sciences et de leurs principes, du monde et des corps.

  • La plus dure et la pire des contraintes qu´exerce la société réside dans cette puissance qu´elle acquiert non seulement sur nos actions extérieures, mais aussi sur tous nos mouvements intérieurs, sur nos pensées et nos jugements. Ce pouvoir entame toute forme d´autonomie, de liberté et d´originalité de jugement ; ce n´est plus nous qui pensons et jugeons, mais la société qui pense en nous et pour nous. Nous sommes alors dispensés de toute recherche de la vérité, elle nous est glissée dans la main comme une pièce de monnaie déjà gravée. Rousseau décrit cette situation intellectuelle dans son premier écrit philosophique : le Discours sur l´inégalité.
    Ernst Cassirer.

    Publiés respectivement en 1750 et 1754, les deux Discours répondent à des questions posées par l´académie de Dijon. Le premier - le Discours sur les sciences et les arts - eut un retentissement considérable et valut une immédiate notoriété à Rousseau. Le second - le Discours sur l´inégalité - s´est imposé comme l´un des grands traités de la philosophie politique moderne, suscitant d´innombrables commentaires. Dans des pages désormais classiques, Rousseau jette en philosophe les bases de sa doctrine, notamment l´idée fameuse que tous les maux et les inégalités entre les hommes relèvent d´une seule et même cause : la vie en société.
    Commentaires et notes par Gérard Mairet. 

  • Ce livre [...] semble être écrit dans le langage d´un vent de dégel : on y trouve de la pétulance, de l´inquiétude, des contradictions et un temps d´avril, ce qui fait songer sans cesse au voisinage de l´hiver, tout autant qu´à la victoire sur l´hiver, à la victoire qui arrive, qui doit arriver, qui est peut-être déjà arrivée... La reconnaissance rayonne sans cesse, comme si la chose la plus inattendue, ce fut la guérison.
    « Gai savoir » : qu´est-ce sinon les saturnales d´un esprit qui a résisté patiemment, sévèrement, froidement, sans se soumettre, mais sans espoir, - et qui maintenant, tout à coup, est assailli par l´espoir de guérison, par l´ivresse de la guérison ? [...] « Incipit tragædia » - est-il dit à la fin de ce livre d´une simplicité inquiétante : que l´on soit sur ses gardes ! Quelque chose d´essentiellement malicieux et méchant se prépare : incipit parodia, cela ne laisse aucun doute...Friedrich Nietzsche.
    Ecrit entre 1881 et 1887, publié une première fois en 1882, dans une version incomplète, repris et parachevé ensuite, Le Gai Savoir confirme et renforce le radicalisme nietzschéen. Les grands thèmes de sa réflexion sont désormais parvenus à leur pleine maturité. L´idéal, la nécessité de l´héroïsme en philosophie, l´analyse de la décadence, mais aussi le principe de l´éternel retour, le mythe de Zarathoustra, la connaissance, la religion : c´est un véritable bréviaire du « nietzschéisme » qui apparaît au fil des pages.

  • Edition enrichie (introduction et notes)Marx et Engels avaient respectivement trente et vingt-huit ans lorsque fut publié, en 1848, leur manifeste: ces jeunes intellectuels allemands bouleversent alors le monde du travail qui prend conscience de lui-même. La lutte des classes est considérée comme le moteur de l´histoire et du progrès de l´humanité. L´objectif communiste sera la destruction de l´ordre bourgeois, de son État et du système de production fondé sur le profit. « La bourgeoisie, répétait Marx, se souviendra longtemps de mes furoncles. » Que signifient aujourd´hui ces écrits ? Sont-ils l´âme d´une revendication révolutionnaire riche d´espoir pour l´humanité ou le credo d´une entreprise de domination de millions d´hommes ? Commentla théorie révolutionnaire est-elle devenue un mouvement d´asservissement politique ? Marx affirmait qu´il n´était pas marxiste. On l´a divinisé, lui qui avait « de la haine pour tous les dieux ». Toute l´histoire de notre temps dépend de ce manifeste.

  • Edition enrichie (Introduction, notes, variantes, appendice, chronologie et bibliographie)De sa mission d'inspection des monuments historiques en Corse, Mérimée rapporta de précieuses notes de voyage. Mais l'archéologue avouait son impuissance à exprimer le mystère de l'âme corse. Au romancier de prendre le relais : mieux que le traité savant dont elle tirait sa substance, la fiction savait recréer une Corse éternelle dans toute sa vérité, évitant avec ironie les lieux communs trop abondants d'une couleur locale à l'usage des touristes. Sous le regard de bandits, de bergers et d'une belle Irlandaise, Orso, en héros tragique, est déchiré entre le respect de la justice et la nécessité de la vendetta, soumis aux forces archaïques que déchaîne, telle une moderne Electre, sa soeur, la belle Colomba, jeteuse de sorts et voceratrice sublime.
    Introduction et notes de Jean Balsamo.
    Texte intégral

  • Pour nous aussi, la doctrine de Rousseau ne saurait être un simple objet de curiosité érudite ou d'intérêt purement philologico-historique. Elle apparaît au contraire, pour peu qu'on ne se contentât point d'en considérer les résultats et qu'on se plongeât dans ses tout premiers présupposés, comme une problématique vivante et très contemporaine. Les questions soulevées par Rousseau, qui les brandit face à son siècle, ne sont en rien obsolètes aujourd'hui, pour nous non plus elles ne sauraient être purement et simplement « réglées ».
    Ernst Cassirer Aux fondements de la pensée moderne, sur laquelle il aura exercé une inßuence décisive, le Contrat social reste l'un des ouvrages les plus importants de Rousseau. Publié en 1762, il dessine les grandes lignes d'un modèle de structuration sociale capable de combiner harmonieusement les valeurs propres à l'« état de nature » avec celles imposées par la vie collective. De là l'idée de « contrat » entre les individus qui, parce qu'ils ne sont soumis qu'à des conventions auxquelles ils ont librement souscrit, « n'obéissent à personne, mais seulement à leur propre volonté ».

  • Edition enrichie (introduction, notes, chronologie et bibliographie)Toute la pensée platonicienne reposait sur une union parfaitement intime entre la vie intellectuelle, morale et politique : la philosophie, par la science, atteint la vertu et la capacité de gouverner la cité. Tout cela se dissocie chez Aristote : le bien moral ou bien pratique, c'est-à-dire celui que l'homme peut atteindre par ses actions, n'a rien à voir avec cette Idée du Bien que la dialectique mettait au sommet des êtres ; la morale n'est pas science exacte comme les mathématiques, mais un enseignement qui vise à rendre les hommes meilleurs, et non seulement à leur donner des opinions droites sur les choses à rechercher ou à fuir, mais à les leur faire effectivement rechercher ou fuir.
    Emile Brehier.Oeuvre de maturité, l'Ethique à Nicomaque est le grand texte de la morale aristotélicienne. A partir des notions de Vertu, de Courage, de Justice, de Plaisir, d'Amitié, etc., le philosophe définit l'architecture d'une sagesse à « hauteur d'homme » qui renoue avec l'esprit grec dont Platon s'était partiellement détaché. Le bonheur apparaît comme la « fin » véritable de l'existence, l'action étant alors le « moyen » propre à l'atteindre. C'est pourquoi on peut dire qu'avec Aristote la morale revient dans le monde et fixe les normes d'un savoir-vivre qui réunit le plaisir et l'ascèse.

    Révision de la traduction, commentaires et notes par Alfredo Gomez-Muller.  

  • Descartes Les Passions de l´âme Et afin que notre âme ait ainsi de quoi être contente, elle n´a besoin que de suivre exactement la vertu. Car quiconque a vécu une telle sorte que sa conscience ne peut lui reprocher qu´il n´ait jamais manqué à faire toutes les choses qu´il a jugées être les meilleures (qui est ce que je nomme ici suivre la vertu), il en reçoit une satisfaction qui est si puissante pour le rendre heureux, que les plus violents efforts des passions n´ont jamais assez de pouvoir pour troubler la tranquillité de son âme.

    René Descartes.
    Dernier ouvrage publié par Descartes de son vivant, Les Passions de l´âme (1649) peut faire figure de testament philosophique. On y trouve, en effet, une série de réflexions qui viennent approfondir, préciser, parfois même rectifier les thèses du philosophe sur des points essentiels de sa recherche, en particulier l´élaboration de sa propre morale. La liberté, les rapports de l´âme et du corps, l´affirmation d´un individu moral : tels sont encore, parmi d´autres, les sujets abordés.

    Introduction de Michel Meyer.
    Présentation et commentaires de Benoît Timmermans. 

  • Edition enrichie (Introduction, notes, dossier, chronologie et bibliographie)Avec les sophistes, le Logos se trouve coupé de toute relation avec l´Etre transcendant, il devient simplement le discours manié efficacement par l´individu habile et fort pour rendre convaincantes les  opinions qu´il a intérêt à inculquer à ceux qu´il veut manipuler à sa guise. De là naît la rhétorique qui fait du verbe un instrument au  service de la passion de l´individu ; elle enseigne à manier le discours de façon efficace sans poser le problème de la sincérité ou de la valeur de ce qui est dit.Jean Brun.

    Probablement rédigée entre 329 et 323 av. J.-C., la Rhétorique fait partie des textes que l´enseignant Aristote destinait aux étudiants. Rompant avec les traditions de son temps, qui multipliaient les manuels de rhétorique où chacun était censé apprendre l´art de séduire les esprits, le philosophe entend montrer que la maîtrise des techniques du discours peut aussi devenir le moyen, non seulement de favoriser la justice ou de défendre la morale, mais encore d´aider au développement du savoir.
    La Rhétorique est l´un des écrits essentiels de la philosophie occidentale.

    Présentation de Michel Meyer.
    Commentaires de Benoît Timmermans.
    Révision de la traduction effectuée par Patricia Vanhemelryck. 

  • Ce qu'il y a de plus important, voire d'essentiel dans l'existence, ce dont tout le reste dépend, sa signification véritable, sa phase critique, sa pointe, se trouve dans la moralité du comportement humain. Mais pour ce qui est de son sens, des modalités, de la possibilité de la chose, voilà les philosophes plongés dans le désaccord total, placés devant un abîme de ténèbres. Il en résulte que s'il est facile de prêcher la morale, il est difficile de la fonder. Arthur Schopenhauer.
    Rédigé dans le cadre d'un concours organisé par la Société royale des sciences du Danemark, Le Fondement de la morale a été publié pour la première fois en 1841. Texte charnière, situé entre les deux grandes entreprises philosophiques de Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation (1819) et les Parerga et Paralipomena (1851), il devient ainsi, comme l'a noté son traducteur, l'introduction « la plus naturelle peut-être » à la philosophie schopenhauérienne. On y découvre, en effet, une critique radicale de la métaphysique kantienne, l'affirmation que la « volonté de vivre » l'emporte sur les impératifs nés de la Raison, et que la morale, loin de s'appuyer sur des impératifs abstraits comme la loi ou l'obligation, obéit d'abord à l'ordre des sentiments.

  • Collection « Classiques » dirigée par Michel Zink et Michel JarretyRousseau Les lettres de Rousseau que l'on trouvera ici rassemblées font partie intégrante de son oeuvre, et il les a écrites avec le même soin qu'il mettait à ses livres. Ses correspondants sont parfois célèbres, comme Voltaire à qui il adresse la « Lettre sur la providence », le marquis de Mirabeau avec lequel il s'entretient de physiocratie, ou bien Malesherbes, destinataire des fameuses lettres« autobiographiques ». Mais ce sont aussi des amis, comme la comtesse d'Houdetot à laquelle il adresse une série de six lettres morales  ou bien encore des inconnus qui souhaitent recueillir ses conseils.
    Philosophiques, ces pages le sont donc au sens le plus large, tant l'écrivain aborde des sujets divers, et sur des modes divers, rédigeant tantôt de véritables petits traités, tantôt des lettres de direction spirituelle et morale. Ce qui se découvre ainsi sur près de trente ans, de 1742 à 1771, ce sont les débats d'une époque et la part essentielle qu'y a prise Rousseau, mais aussi, au-delà même de la pensée qu'il développe, un autoportrait de l'écrivain dans son temps.

    Edition de Jean-François Perrin. 

  • Ce traité composé par Aristote (384-322 av. J.-C.), intitulé Les Parties des animaux, représente dans l´histoire de la pensée le premier essai systématique d´une anatomie comparée, menée dans une perspective philosophique. S´appuyant sur des observations fines , établissant des analogies, Aristote s´efforce de fournir une explication raisonnée de l´organisation des animaux en rapportant leurs différences de structure à des différences de fonction. L´auteur développe ainsi une perspective finaliste qui a fait la force et la célébrité de sa biologie et, plus largement , de sa physique. Jalon philosophique et scientifique incontournable, le texte d´Aristote, proposé ici dans son intégralité, a fait l´objet d´une nouvelle traduction qui s´est attachée à restituer la richesse du grec sans sacrifier l´élégance de la langue.Collection Classiques de la philosophie dirigée par Jean-François Balaudé.Traduction nouvelle, notes et introduction par Frédéric Gain.

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