Le Pommier

  • Petite Poucette

    Michel Serres

    • Le pommier
    • 20 Juillet 2015

    Le monde a tellement changé que les jeunes doivent tout réinventer !
    Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux révolutions : le passage de l'oral à l'écrit, puis de l'écrit à l'imprimé. Comme chacune des précédentes, la troisième, tout aussi majeure, s'accompagne de mutations politiques, sociales et cognitives. Ce sont des périodes de crises.
    De l'essor des nouvelles technologies, un nouvel humain est né : Michel Serres le baptise "Petite Poucette" - clin d'oeil à la maestria avec laquelle les messages fusent de ses pouces.
    Petite Poucette va devoir réinventer une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d'être et de connaître... Débute une nouvelle ère qui verra le triomphe de la multitude, anonyme, sur les élites dirigeantes, bien identifiées ; du savoir discuté sur les doctrines enseignées ; d'une société immatérielle librement connectée sur la société du spectacle à sens unique...
    Faisons donc confiance à Petite Poucette pour mettre en oeuvre cette utopie, seule réalité possible !

  • Eclaircissements - entretiens Nouv.

    Eclaircissements - entretiens

    Serres/Latour

    • Le pommier
    • 4 Mai 2022

    Communément célébré pour sa parole lumineuse, Michel Serres a été souvent critiqué pour la complexité de ses livres, notamment les premiers. Paru en 1992, Éclaircissements s'était donné pour mission de rendre le travail du philosophe transparent et limpide. La discussion menée par Bruno Latour, qu'il connaissait bien, a permis à Michel Serres de s'exprimer librement et sincèrement tout en simplifiant son propos. Un dialogue amical mais sans concession où l'on apprend beaucoup sur sa formation intellectuelle (la guerre, les sciences renouvelées), sur les enjeux de ses livres et le dessein global d'une oeuvre qui, à ce moment, n'en était encore qu'au premier tiers : 24 livres sur 80 ! Michel Serres explicite les raisons de son passage des sciences à la philosophie, sa position singulière, construite sur la remise en cause du progrès des sciences devant Hiroshima et la responsabilité scientifique : « J'ai été formé intellectuellement par les révolutions intérieures à la science, et philosophiquement par le rapport de la science à la violence. » Pour construire l'avenir, notamment celui de la cohabitation des hommes et de la nature, il insiste sur l'importance du droit, du récit, incarnation nécessaire, de la beauté de la langue, qu'il cultive, ou celle de la pluridisciplinarité, qu'il prônera activement. Avec le recul, on est étonné de voir à quel point il était lucide sur l'état du monde et sur ce qui nous attendait.

  • C'était mieux avant !

    Michel Serres

    • Le pommier
    • 10 Septembre 2017

    Avant ? Justement j'y étais ! Je vais vous raconter...
    « Dix Grands-Papas Ronchons ne cessent de dire à Petite Poucette, chômeuse ou stagiaire qui paiera longtemps pour ces retraités : "C'était mieux avant." Or, cela tombe bien, avant, justement, j'y étais. Je peux dresser un bilan d'expert. Qui commence ainsi : avant, nous gouvernaient Franco, Hitler, Mussolini, Staline, Mao... rien que des braves gens ; avant, guerres et crimes d'état laissèrent derrière eux des dizaines de millions de morts. Longue, la suite de ces réjouissances vous édifiera. »
    Michel Serres

  • La nature est eternellement jeune, belle et généreuse : portrait de George Sand en écologiste Nouv.

    La nature, George Sand la connaît bien : elle gère de main de maître les 250 hectares de son cher domaine de Nohant ; jardine trois à quatre heures par jour avec une « passion d'abrutie », selon ses propres mots ; herborise, dans le Berry, à Toulon, dans les Alpes ; constitue avec son fils Maurice un herbier fantastique... Sa curiosité s'étend aux oiseaux, aux papillons, aux fossiles. Qu'elle conteste certaines classifications de son temps, et la postérité lui donnera souvent raison. Sa plus belle preuve d'amour pour la nature : une série de textes qu'elle écrit pour la protection des forêts, et notamment celle de Fontainebleau. Dans une tribune parue dans le journal Le Temps en 1872, elle pose le problème de la déforestation dans les termes actuels de l'écologie politique. Si, en 1830, elle défendit la cause des femmes, en 1848, la République, son dernier combat, en 1872, sera en faveur de la nature.  Écoféministe avant l'heure, George Sand ? C'est cet aspect de son oeuvre que Patrick Scheyder se propose de faire découvrir dans ce recueil de ses textes les plus importants consacrés à la nature.

  • Morales espiègles

    Michel Serres

    • Le pommier
    • 27 Février 2019

    « Pour chanter les vingt ans du Pommier, mon éditrice me demanda d'écrire quelques lignes. Les voici. Pour une fois, j'y entre en morale, comme en terre nouvelle et inconnue, sur la pointe des pieds.
    On disait jadis de l'Arlequin de mes rêves, bienheureux comédien de l'art, qu'il corrigeait les moeurs en riant. Devenu arrière-grand-père, son disciple a, de même, le devoir sacré de raconter des histoires à ses petits descendants en leur enseignant à faire des grimaces narquoises. Parvenus ensemble à l'âge espiègle, j'en profite pour leur dire de l'humain en pouffant de rire. »
    Michel Serres
    Un éloge de l'humilité et de l'espièglerie qui fait du bien en ces temps bousculés !

  • Dérèglement climatique, effondrement de la biodiversité, maltraitance animale, pollutions... De plus en plus de voix s'élèvent pour demander la reconnaissance des droits de la Nature, pour mieux protéger le vivant - les forêts, les rivières ou encore les glaciers - et lui permettre de se défendre en justice.  Pourquoi la personnalité juridique ne serait-elle réservée qu'aux humains et aux entreprises ? Sans attendre la révolution qu'une telle reconnaissance suppose, des juges, dans de nombreux pays, n'hésitent déjà pas à invoquer l'urgence à changer de paradigme, à acter un contrat naturel. Les juristes de Notre Affaire à Tous dressent ici un état des lieux de la question, au moment où les droits de la Nature s'affirment de plus en plus au sein de la société civile, et lèvent les doutes que cette perspective pourrait inspirer au regard des mécanismes offerts par le droit de l'environnement et de la démocratie environnementale. Car une évidence s'impose : le passage de l'anthropocentrisme à l'écocentrisme ne pourra se faire en dehors du droit.

  • Les Parisiens qui profitent des charmes de la forêt de Fontainebleau ignorent souvent qu'ils la doivent à une sorte de ZAD (« zone à défendre ») d'artistes constituée au XIXe siècle par les peintres de Barbizon, soutenus ensuite par la célèbre romancière George Sand. Dès les années 1830, l'État décide d'abattre des arbres centenaires et de planter à leur place des pins, de meilleur rapport. Des jeunes gens s'élèvent contre cette décision et entendent bien lutter, au nom de l'art, pour préserver la forêt. Tout comme les actuels faucheurs de maïs OGM, ils vont la nuit arracher les pieds de pin ! S'ensuit une habile campagne de presse menée par ces activistes, qui, à la stupéfaction générale, l'emporteront. Le premier espace naturel protégé au monde est né à Fontainebleau en 1861, une dizaine d'années avant celui de Yellowstone aux États-Unis (1872). Mais quand, à partir de 1872, l'État est de nouveau prêt à raser des parcelles pour payer les dommages de la guerre de 1870, c'est au tour de George Sand de se mobiliser. Dans une magnifique tribune de douze pages parue dans le journal Le Temps, elle écrit le premier texte résolument écologique en France. La forêt, à ses yeux, est un bien incessible, propriété de l'humanité. Elle obtiendra gain de cause au terme de ce combat qui fait d'elle le précurseur des écoféministes. Patrick Scheyder revient sur cette histoire méconnue, à même d'inspirer les jeunes générations (et les moins jeunes), qui trouveront dans cette ZAD du siècle romantique les racines d'une conscience sensible de la nature.

  • Proust et le temps : un dictionnaire

    Isabelle Serça

    • Le pommier
    • 8 Avril 2022

    « Une heure n'est pas qu'une heure, c'est un vase rempli de parfums, de sons, de projets et de climats. » Tel est le temps pour le Narrateur d'À la recherche du temps perdu. Mais qu'en pensent les physiciens ou les mathématiciens à l'époque de l'horloge atomique ? Qu'en disent les géoscientifiques ou les neuroscientifiques ? Les linguistes et les artistes ? Quant au temps chronologique de l'historien, qu'a-t-il à voir avec celui de l'écrivain ?

    C'est à cette confrontation que nous convie le présent dictionnaire issu des travaux du collectif ProusTime : penser le temps avec Proust, des sciences humaines aux sciences exactes en passant par les arts. Traces neuronales et traces du land art, archives historiques et archives environnementales, histoire des sociétés humaines et histoire de l'univers... Dans ces pages se font jour autant de conceptions du temps et de la mémoire qui croisent celles de la Recherche. L'anachronisme y côtoie l'oubli, l'ellipse y voisine avec le progrès et une mystérieuse pelote de laine n'est pas loin d'une pédale de piano...

    Autant d'échappées belles avec le plus grand spécialiste du temps : Proust lui-même !

    Avec la contribution des membres du groupe ProusTime : François Charru, Jean-Marc Devaud, Anne Le Draoulec, Gaël Le Roux, Marie-­Paule Péry-­Woodley, Isabelle Serça, Gérard Tiné et Colette Zytnicki

    et la participation exceptionnelle de Jérôme Bastianelli, David Bellos, Alain Connes, Francis Eustache, Maylis de Kerangal, Étienne Klein, Maryse Perrin, Nicolas Ragonneau et Jean-Yves Tadié

    Illustration de couverture originale par Stéphane Heuet

  • Relire le relié

    Michel Serres

    • Le pommier
    • 6 Novembre 2019

    « Voici sans doute mon dernier livre. Il varie sur les deux origines du mot religion, l'une probable, l'autre usuelle : relire et relier. Il ne cesse, en effet, de relire les textes sacrés tout en cheminant le long des mille et une voies qui tissent le réseau global de nos vies, de nos actes, de nos pensées, de nos cultures. En cela, il conclut quelques décennies d'efforts consacrés à lier toutes opérations de synthèse.

    À l'âge analytique - celui des divisions, décompositions, destructions, y compris celle de notre planète - succède celui de la synthèse et de la reconstruction. Nos problèmes contemporains ne peuvent trouver que des solutions globales.

    Comment ne point finir par le religieux, dont on dit qu'il relie, selon un axe vertical, le ciel à la terre, et, horizontalement, les hommes entre eux ? »

    Michel Serres

  • Accelerer la résonance !

    Hartmut Rosa

    • Le pommier
    • 5 Janvier 2022

    Avec la « résonance », Hartmut Rosa a proposé un concept pour remédier à l'accélération hégémonique et réifiante du capitalisme rentier et spéculatif, qui nous condamne à la croissance et à la surchauffe. Pour lui, la transformation en profondeur de nos sociétés ne se réalisera que si nous acceptons d'entrer dans un nouveau rapport au monde, marqué par une relation « responsive » avec lui. En quoi cette résonance peut-elle bien consister concrètement ? Et surtout en quoi pourrait-elle aider les jeunes générations à vivre avec la réalité de l'Anthropocène, chaque jour plus prégnante ? La résonance, au contraire de l'éducation au « développement durable », semble un nouveau paradigme à même de faire advenir un autre monde, où ne s'opposeraient plus humains et non-humains. Avec Hartmut Rosa, le temps est venu d'écouter ce que le monde a à nous dire...   Traduit de l'allemand par Sophie Paré et Nathanaël Wallenhorst.

  • Soleil : mythes, histoire et sociétés

    Carenini Emma

    • Le pommier
    • 2 Mars 2022

    Le soleil est la source de toute vie et de toute énergie, et pourtant nous y pensons à peine. Il semble être une évidence. Toujours là, donc banal, ou presque. Il se montre, par définition, en plein jour. Il n'a rien à cacher. S'il a parfois les honneurs de la littérature, il est rare qu'on en parle pour lui-même, qu'on cherche véritablement à savoir ce qu'il est, ce qu'on en a pensé, ce qu'il nous dit de nous.  Pourtant, le soleil a profondément modelé les manières de penser de tous les peuples. Des croyances des Incas aux astronomes modernes, des éclipses antiques à la fusion nucléaire, de Zarathoustra au gothique de Suger, des haruspices romains aux collapsologues contemporains, le soleil est multiple, riche de sens et d'imaginaire. De quoi le soleil est-il le miroir ? Que disent de nous, à travers les âges, nos façons de regarder, d'étudier ou de vénérer l'astre du jour ? Dans cet essai, Emma Carenini démontre que le rapport des hommes à la lumière naturelle a une histoire, et que le soleil est au fondement de nos philosophies et de nos sagesses.  

  • Habiter

    Michel Serres

    • Le pommier
    • 6 Octobre 2021

    Depuis l'embryon lové dans le ventre de sa mère jusqu'aux métropoles qui couvrent la Terre de leurs lumières permanentes, les humains habitent le monde de mille et une façons. Mais les animaux et, plus étonnant, les végétaux ont eux aussi, bien avant nous, conçu des demeures. Des grottes aux cathédrales en passant par les cabanes et les hôtels, de la coquille au terrier, Michel Serres nous dévoile les secrets d'architectures séduisantes et multiples, nous en montre le sens et esquisse ainsi, par biomimétisme, le monde de demain. Édité à l'origine avec une riche illustration, ce texte, empreint de poésie, est pour la première fois rendu disponible dans une édition courante.

  • Entendre la terre : à l'écoute des milieux

    ,

    • Le pommier
    • 19 Janvier 2022

    Augustin Berque est une figure discrète. L'oeuvre de ce géographe, philosophe, grand orientaliste et traducteur n'en irrigue pas moins la pensée contemporaine. Ses pas, du Maroc au Japon, l'ont mené à prêter l'oreille à la façon dont les paysages se peuplent, à dire la singularité des mondes à partir de la multitude des liens qui les composent et qui font de nature et culture un cheminement commun. Ce livre est une invitation à entrer dans l'univers de ce passeur et infatigable voyageur. Augustin Berque s'y raconte et montre comment son oeuvre et sa vie se sont nourries mutuellement. « Un géographe, ça pense avec ses pieds », dit le mantra légué par l'un de ses maîtres à penser, autre façon de dire qu'il n'est de savoir que situé, éprouvé, habité. On y découvre ainsi un parcours d'intellectuel, les grands événements qui l'ont traversé. On y apprend surtout à penser par le milieu grâce à la mésologie, cette méthode qu'il a participé à forger, à même de raviver les liens que nous entretenons à l'autre, aux humains comme aux non-humains. Il invite enfin à habiter autrement la Terre en repensant territoires, architectures et démocraties.

  • Le livre vert 2022

    Emeric Challier

    • Le pommier
    • 8 Décembre 2021

    Océan, climat, sols, biodiversité, économie... Les meilleurs spécialistes de chaque domaine se donnent rendez-vous pour signer un livre blanc de la question environnementale : un livre vert ! Dans cet état des lieux de la planète sont réunis et présentés, de façon accessible et concise, les résultats de la recherche et toutes les informations que le citoyen éclairé est en droit de connaître. Sous la plume d'une cinquantaine d'auteurs, cet ouvrage rassemble des contributions vulgarisées, chacune assez courte et enrichie d'illustrations et de schémas. Découvertes récentes, diagnostics, état de la recherche... Leur réflexion s'articule autour de grandes parties thématiques où sciences de la vie et de la Terre et sciences humaines se croisent et se répondent pour exposer les éléments objectifs destinés à nourrir la décision politique. Un projet lancé sur une initiative d'Émeric Challier, économiste et investisseur éco-responsable, fondateur de l'ERSD (European Research for Sustainable Development), avec la collaboration d'Anaïs Delbosc (experte climat et politiques énergétiques), Claire Estève (spécialiste CSR et environnement), et Marianna Maglara-Morneau (experte ESG).

  • Nos années glorieuses

    Bruno Testa

    • Le pommier
    • 5 Janvier 2022

    « Années 1950 et 1960. Un village de la plaine du Forez, Saromain, avec ses deux usines, ses prés et ses vaches, sa Cité ouvrière. Les garçons, comme Ugo, le narrateur, vivent encore à l'heure des frondes et des oiseaux qu'on déniche. Les jeunes filles rêvent toujours au prince charmant en lisant Nous Deux. Les femmes font la lessive au lavoir du Canal. Les hommes, qui ne quittent jamais leurs bleus de travail, vont à la chasse, à la pêche, jouent aux boules, s'enivrent à la buvette ou à l'amicale laïque. « Les vieux Italiens, d'anciens paysans venus autrefois travailler le verre, continuent de bêcher la terre pour ne pas faillir à la tradition. Pourtant, avec le néon, le formica et le frigidaire, le progrès commence ici ou là à pointer le bout de son nez. La radio et la télé apportent des nouvelles d'ailleurs, fissurent le huis clos du village. Bientôt, très bientôt, le monde ne sera plus tout à fait le même. C'est du moins ce que dit la rumeur... » B. T.

  • Le poulailler métaphysique

    Xavier Galmiche

    • Le pommier
    • 18 Août 2021

    "L'autre jour, j'ai tué ma volaille : un vieux canard dont le renard avait emporté le dernier compagnon et qui traînait sa neurasthénie sur le bord de la mare ; une poule bleue boiteuse. 
    La ferme, on l'a achetée pas trop cher, et pas trop loin de P. la capitale où se trouve le travail ; on la retape dans ce qui reste de temps. Rurbains nous sommes, en rurbains nous agissons. J. rêvait de retrouver un jardin, moi d'adopter des bêtes, des poules surtout."
    Prix Décembre 2021

  • La Fontaine

    Michel Serres

    • Le pommier
    • 2 Juin 2021

    Précédé de Jean de La Fontaine, Michel Serres et le palimpseste des Fables par Jean-Charles Darmon La Fontaine n'a cessé d'accompagner Michel Serres. Cet inédit inachevé en est l'ultime témoignage. Serres y explore les Fables comme de prodigieux palimp­sestes donnant accès aux origines de notre pensée. Il montre comment, en des zones indécises ouvertes entre l'animal et l'humain, elles mettent en oeuvre toutes sortes de métamorphoses interrogeant différentes manières de « faire l'homme ». Chemin faisant, Serres fait apparaître une pensée en réseau d'une étonnante fécondité, dont il scrute les balancements les plus subtils. On l'aura compris : ceci n'est pas seulement un livre sur La Fontaine. C'est aussi et surtout un livre avec La Fontaine, où l'on voit Serres réfléchir pas à pas avec le « fablier », mettant joyeusement à l'épreuve ses propres hypothèses, et nos manières de vivre.    

  • Nantais d'origine, Jean-Jacques Audubon, sous le prénom John James, est le symbole de la protection de la nature aux États-Unis, la figure tutélaire de la National Audubon Society. Même s'il est moins connu en France, tout le monde a à l'esprit l'esthétique de ses Oiseaux d'Amérique. En effet, Audubon a relevé la gageure de repérer, de représenter et de décrire l'ensemble des oiseaux du continent nord-américain. Sept des espèces peintes par Audubon ont désormais disparu ; quinze autres sont gravement menacées. Henri Gourdin nous emmène sur les traces de cet aventurier hors norme et nous conte la vie de celui que Lamartine qualifiait de « Buffon de génie », qui « écrivit dans l'enthousiasme de la solitude quelques pages de la grande épopée animale de la Création ». Fourmillant d'anecdotes et d'analyses percutantes, cette biographie fait revivre le peintre des oiseaux, qui fut aussi un pionnier de la nature writing. Du Labrador à la pointe sud de la Floride, de Cape Cod aux sources du Missouri... Un récit qui nous replonge dans les derniers temps d'un continent inviolé, dont les Indiens d'Amérique étaient les gardiens respectueux.

  • Delta, un triangle anthropocène Nouv.

    Delta, un triangle anthropocène

    Fanny Taillandier

    • Le pommier
    • 27 Avril 2022

    Delta : une lettre d'alphabet pour ces « dunes que le vent déplace et que l'eau transporte » ; une lettre pour une zone vivante, modelée par la nature, que la main humaine a modelée à son tour. Delta : une forme parfaite, un triangle anthropocène -  car, au fil des siècles, le pouvoir aménageur a fait du delta du Rhône une zone de ressources, avec des conséquences multiples, parfois désastreuses et toujours complexes, sur le biotope. Dans ce territoire à la fois sauvage et pratiqué depuis des millénaires, se superposent strates géologiques et mythologiques, tandis que l'empire de l'humain sur le non-humain se diffracte en des myriades d'autres rapports de domination, et d'autres mémoires.   Débordant la monographie documentaire, Fanny Taillandier poursuit sa série « Empires » et excelle ici, avec la Camargue pour creuset, à mêler les voix afin de donner à voir les logiques antagonistes qui innervent le territoire et d'évoquer des paysages somptueux, travaillés par nos mythes et nos croyances. Ce delta vaut pour tous les deltas du monde. Et, alors que la géographie s'entremêle de récits et de poésie, on croise, au hasard des paysages changeants d'eau et de sel, une diseuse de bonne aventure, des hors-la-loi magnifiques, des ingénieurs fantasques, un tueur en série et un grutier mystique, qui, tous, rappellent le tissu magique de nos représentations

  • Retour aux communs : une transition copernicienne

    Michel Magny

    • Le pommier
    • 30 Mars 2022

    Le réchauffement climatique et les désastres écologiques provoqués par les activités humaines imposent peu à peu l'idée d'une « transition écologique », c'est-à-dire d'une nécessaire transformation de nos modes de vie pour la préservation des écosystèmes terrestres. Mais en quoi devrait consister cette « transition » ? À adopter des écogestes ? À éduquer au développement durable ? Pour Michel Magny, notre ambition devrait être autre. Dans cet essai, il commence par mettre en perspective la question de la transition en considérant, sur la très longue durée, les processus qui, depuis 7 millions d'années, sont à l'origine des sociétés humaines et ceux qui, depuis 3,8 milliards d'années, ont permis l'évolution, le développement et le maintien de la communauté des vivants sur la planète. Transitions longues, donc, qui aboutissent deux communs : le commun social, que nous avons en partage entre humains, et le commun biotique, en partage entre humains et non-humains. Sur la base de cette analyse, celle qu'il esquisse, copernicienne, prend le contre-pied de l'idéologie néolibérale dominante en s'articulant autour d'un projet écologique et social complet, borné par les limites mêmes de notre planète. Sa boussole ? Maintenir la durabilité de ces deux communs essentiels hors desquels nous perdons à la fois notre essence et notre existence : celui qui nous fait humains, celui qui nous fait vivants.

  • La forêt vierge d'Amazonie n'existe pas

    Stéphen Rostain

    • Le pommier
    • 13 Octobre 2021

    Depuis trop d'années, le grave état de santé de l'Amazonie inquiète. Déforestation sauvage, incendies, élévation de la température... Autant de symptômes d'un fatal déséquilibre aux prochaines implications climatiques globales, et irrémédiables. En cause ? Une destruction systématique menée, depuis trois siècles à peine, par les sociétés occidentales. Mais celles-ci, contrairement aux idées reçues, ne menacent pas seulement la plus grande forêt tropicale du monde, mais également les Amérindiens, qui ont pourtant toujours vécu en interaction avec leur milieu naturel. Dans cet essai original d'écologie historique, Stéphen Rostain brosse un panorama complet de ces relations et des puissantes dynamiques à l'oeuvre. Il se propose, plutôt que d'en rester à un constat d'échec, de comprendre les divers usages qui ont été faits de cette nature sylvicole - du plus néfaste au plus bénéfique -, ouvrant des horizons face à la chronique habituelle d'une mort annoncée.

  • Odyssée pour une terre habitable

    Francois Prouteau

    • Le pommier
    • 27 Octobre 2021

    Crise climatique, effondrement de la biodiversité, pandémies et autres catastrophes... Les raisons ne manquent pas pour expliquer la vogue de la collapsologie. François Prouteau nous propose plutôt de relire L'Odyssée, matrice de notre civilisation, et y puise des leçons pour inspirer l'anthropologie et la politique de demain, aussi bien que les pratiques écologiques et éducatives nécessaires à la sauvegarde de notre maison commune. Oui, 2021-2030 est le temps d'une odyssée écologique, le plus grand défi posé à la décennie. Il faut, tel Ulysse, mettre le cap sur une Terre habitable. Plus que jamais fragiles et reliés, entre humains et non-humains, nous sommes à un nouveau commencement, au début d'un périple semé d'embûches. Saurons-nous saisir cette opportunité ? Être résilients dans les épreuves ? Accueillir le vivant avec hospitalité ?

  • De grands pans du vivant disparaissent jour après jour. Une crise de la biodiversité est en cours : tel est le constat sur lequel les scientifiques s'accordent. Mais que cela signifie-t-il vraiment, et en quoi cela nous concerne-t-il tous ? Sous la supervision de chercheurs du Muséum national d'histoire naturelle, les auteurs de ce livre se proposent de comprendre ce qui se cache derrière la notion de "biodiversité". Leur objectif ? Montrer le rôle vital qu'elle joue dans le fonctionnement même de nos sociétés et, en cela, les risques que sa disparition engendre. Car un constat indubitable découle des connaissances scientifiques que nous avons acquises : la perte de biodiversité met en péril nos sociétés. Face à un futur plus instable, plus incertain, c'est notre résilience collective qui est remise en question. D'où l'urgence de s'emparer d'un sujet qui n'est pas qu'une affaire de sciences naturelles ni seulement d'engagement en faveur du vivant.

  • Adichats ! adieu !

    Michel Serres

    • Le pommier
    • 3 Juin 2020

    Ancré dans la terre et l'eau, Michel Serres nous parle d'histoire et de géographie, de savoir et d'apprendre, et finalement de nous. Michel Serres a consacré sa vie à essayer de décrire la formidable transformation du monde présent. Dans ce livre, parfois un peu nostalgique, il se souvient du monde qu'il a connu dans sa jeunesse : la drague et les paysans d'Agen, le rugby, les paysages et les chemins, Garonne ! Mais aussi les pays qu'il a découverts ensuite et aimés, le Queyras, la mer... le monde ! Au travers de ces évocations, il nous fait réfléchir sur les transformations auxquelles nous avons assisté : l'évolution de la ville et la campagne, ce que signifie émigrer, les potentiels extraordinaires du corps, l'encyclopédie et l'enseignement, et, toujours, le rugby !

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