Manitoba Les Belles Lettres

  • Ce livre est une brève histoire du travail. Du néolithique à l'algorithme, Bernard Abate y analyse les révolutions qui ont transformé le quotidien de l'humanité. Il interroge particulièrement l'impact du numérique sur le travail humain. Enseignement contre-intuitif : ces nouvelles technologies ne se substituent pas à l'intelligence humaine. Elles pourraient au contraire remettre l'humain au centre du jeu. La technique avait progressivement séparé le travailleur de l'intelligence de son travail. La révolution numérique, elle, est ambivalente. En un sens, elle concentre toujours plus de connaissances et de pouvoir d'organisation du travail entre les mains de ces nouveaux maîtres que sont les systèmes d'intelligence artificielle et les plates-formes numériques. À l'inverse, en rendant plus accessible à tous le capital technique, elle permet à chacun de se réapproprier l'intelligence de la production et elle facilite la coopération entre individus autonomes et interconnectés. Assiste-t-on à une lutte à l'issue de laquelle le modèle décentralisé et collaboratif l'emportera sur le précédent, centralisé et hiérarchique ? À une coexistence durable ? À une fusion vers quelque chose de différent ? Et, déjà, un nouvel enjeu majeur apparaît : cette nouvelle façon de travailler va-t-elle permettre à l'homme de se réconcilier avec la nature ? En éclairant le présent du numérique par l'histoire du travail et de la technique, ce livre propose des réponses aux questions actuelles.

  • « Depuis 40 ans... » : la formule fait florès depuis décembre 2018 et le mouvement des Gilets jaunes, jusqu'au président de la République Emmanuel Macron évoquant « quarante années de malaise qui resurgissent ». Le dérapage de la France est connu : désindustrialisation, envol d'un chômage de masse, explosion des déficits, des charges fiscales et sociales, un tournant symbolisé par un budget public toujours déficitaire depuis 1974, quand survient le premier choc pétrolier. Un tournant majeur a en effet eu lieu durant cette année charnière et celles qui l'ont suivie avec l'essoufflement de la croissance dans le monde occidental et, de façon inverse, l'entrée de plusieurs pays du « Tiers-Monde » dans un processus d'émergence et d'industrialisation accéléré. Déficit structurel des échanges, manque de compétitivité de l'industrie nationale... la France est l'un des pays qui se sont adaptés le plus mal à cette nouvelle donne mondiale. Une faiblesse structurelle qui, au-delà du rattrapage des Trente Glorieuses (et de ses illusions) remonte à 1945 et au poids de l'État-providence placé essentiellement sur les entreprises. Au fil des décennies, aucun gouvernement français de droite ou de gauche ne remettra en cause un système soumettant les producteurs nationaux à une véritable taxe douanière à l'envers. Ce handicap est devenu chronique quand la Communauté économique européenne s'est plongée, à partir des années 1970, dans l'océan du libre-échange mondial. Écrit par deux historiens réputés de l'économie et des entreprises, Le Virage manqué dresse le constat clinique du décrochage de la France au cours de la décennie 1974-1984 en analysant ses causes structurelles et son déroulement, sans oublier la responsabilité des gouvernements et des élites nationales choisissant - le gouvernement de Raymond Barre excepté - de faire peser sur l'industrie plutôt que sur les ménages le poids de la contrainte extérieure grandissante de l'économie ouverte et de la mondialisation qui va s'étendre à l'ensemble du globe dans les années 1980-1990.

  • Dans son roman Le Guépard, Lampedusa raconte l'histoire d'un aristocrate sicilien du XIXe siècle qui assiste inquiet aux révolutions en marche. Lors d'une discussion avec son neveu, il lui dit « Si tu veux que les choses restent comme avant, alors il va falloir tout changer ». Avec la transformation digitale, nous sommes dans une situation comparable. Si nous voulons qu'un dirigeant puisse continuer à entreprendre, si nous voulons qu'un médecin continue à pouvoir soigner, si nous voulons qu'un professeur continue son métier d'enseignant, si nous voulons que les magistrats continuent à garantir un État de droit, eh bien alors il va falloir tout changer ! L'enjeu ne consiste pas à « numériser » ces métiers essentiels, mais plutôt à les réinventer dans un monde devenu numérique. La transformation digitale est un impératif, et cette Petite philosophie propose aux responsables une méthode pour la piloter et se réinventer dans ce nouveau monde.

  • La France, État-nation, est hantée par la peur que la reconnaissance de la diversité ne remette en cause son unité nationale. Les particularités individuelles peuvent s'exprimer librement dans la sphère privée, mais paraissent ne pas avoir leur place dans l'espace public comme l'ont révélé les affaires du burkini, de la burqa ou le refus de reconnaître à la langue corse un statut officiel. Pourtant les différences linguistiques, culturelles et religieuses ne sont pas nécessairement un facteur de fragilisation. Dans certains pays, au premier rang desquels le Canada, elles sont même promues au rang de symbole national. Leur préservation est devenue le ciment de la cohésion du pays. « Unis par la diversité », ils affichent avec fierté leurs différences comme un étendard et un témoignage de leur capacité à vivre ensemble dans un respect mutuel.

  • Il y a de la provocation bien sûr dans le titre de ce livre, comme Érasme en avait usé dans son Éloge de la Folie. Il s'agit de s'insurger contre cette doxa contemporaine qui voudrait que l'égalité soit la mesure de toute chose. Pire, seul prévaudrait désormais l'égalitarisme au point de ne plus vouloir considérer les personnes dans leur identité et leurs différences, mais dans leur conformité à un modèle commun, toutes semblables sans distinction de valeur. L'égalité est devenue l'obsession maladive de notre monde tandis que la jalousie ordinaire le taraude pour faire de l'inégalité son bouc émissaire préféré. L'égalité est la même promesse confiée à chacun de pouvoir trouver sa voie librement. Et cette liberté permet ainsi à chacun de bâtir son identité singulière et inégale. Mieux vaut une certaine inégalité qui ré-enchante l'humanité plutôt que la grisaille morne et volontiers violente de l'égalité imposée. Le combat éternel des hommes est de trouver un juste milieu, comme le remarquait déjà Montesquieu en soulignant que « le principe de la démocratie se corrompt, non seulement lorsqu'on perd l'esprit d'égalité, mais encore quand on prend l'esprit d'égalité extrême ».

  • La globalisation est-elle une catastrophe ? est-elle une chance ? Il n'y a pas de réponses à ces questions. Il existe, en revanche, une certitude : la globalisation est devenue inéluctable, depuis l'effondrement du prix des transports terrestres, maritimes et aériens. En une trentaine d'années, l'Asie a changé de visage et il en sera sans doute de même pour l'Afrique au cours des décennies à venir. La seule question devient donc celle-ci : comment gérer cette inéluctable globalisation ? L'Occident avait mis plus de trois cents ans à mettre au point un modèle qu'il croyait sans rival jusqu'au moment où la Chine a mis au point son nouveau système de gouvernement en moins de trente ans. Les deux systèmes peuvent-ils coexister ? L'un d'entre eux sera-t-il appelé à exercer sa suprématie ? Comment gérerons-nous le choc géographique ? Notre époque n'aura-t-elle été qu'une parenthèse enchantée ? Le but de cet ouvrage est de donner quelques idées sur la manière dont fonctionne le modèle chinois et de comprendre les difficultés de son interaction dans un monde qui n'a pas été créé à son image. Et il apportera à ses lecteurs les clefs indispensables pour comprendre, au-delà des clichés, les négociations entre la Chine et les USA.

  • Pierre Bellon, fondateur de Sodexo, incarne une des plus belles réussites entrepreneuriales françaises. Pour la première fois, à 89 ans, il accepte de livrer ses combats et ses convictions. Sa parole est utile car elle est atypique, révolutionnaire, aux antipodes des discours tenus habituellement par les grands patrons du CAC 40. Ce livre s'adresse à tous ceux qui pensent, comme lui, que l'histoire n'est jamais écrite à l'avance. Et que la meilleure façon d'avancer c'est d'entreprendre. Pierre Bellon livre sa vision de l'entreprise, parle de sa raison d'être, de ses valeurs et de ses principes de management. Il fustige la technocratie. Il dénonce les dérives du capitalisme. Il plaide pour l'intra-entrepreneur. « Avant d'être grand, il faut être petit. C'est là toute ma philosophie. La réussite est un long cheminement ».

  • Le monde est en train de changer. Radicalement. C'est l'effet de l'accélération de l'histoire, phénomène conjugué avec le processus de mondialisation. Ce ne sera pas la fin du monde, mais justement la fin d'un monde, du monde où nous vivons, façonné pendant des siècles par la civilisation occidentale. Depuis quelque temps, cette civilisation-phare donne des signes de fatigue. Par rapport aux autres régions du monde, elle rétrécit comme peau de chagrin ; sa part dans la population de la planète et dans l'économie mondiale ne cesse de décliner.
    Plus grave encore, il n'y a plus de grand projet pour l'avenir. Pendant des siècles l'Occident a été motivé et stimulé par la ferveur religieuse dans un premier temps, et ensuite par les véritables religions sécularisées affirmées à l'époque moderne : la démocratie, la nation, le progrès...
    Que reste-t-il de ces grandes croyances ? Et où va l'Occident ? Où va le monde ? Personne ne connaît la réponse à ces questions. On ne peut qu'imaginer des scénarios inévitablement multiples et contradictoires.
    C'est ce que cet ouvrage, fresque planétaire de ce que pourrait être notre futur, propose au lecteur.

  • Si l'imagination au pouvoir était un slogan, cet ouvrage montre qu'il peut être une réalité. Près d'une quarantaine de personnalités exceptionnelles ont accepté de partager leur relation avec l'imagination dans leurs domaines respectifs. Qu'ils soient astronaute, philosophe, cyborg, militant écologiste, mathématicien, anthropologue, acteur, astrophysicien, ou encore chanteur, tous se retrouvent autour de la puissance de l'imagination, elle qui leur a permis d'accomplir des choses hors norme.
    Le goût d'imaginer sa vie est l'oeuvre collective de femmes et d'hommes d'horizons divers qui construisent la société du futur, à la force de leur imagination. Une telle concentration de personnalités mondialement reconnues dans leur domaine est une première dans un ouvrage collectif.
    Qu'ils soient français, chinois, anglais, suisses, canadiens, américains, irlandais, belges, danois, algériens ou singapouriens, ces 40 penseurs nous confient ici leur vision de l'imagination par leur parcours et leur expérience. Ils ne nous offrent pas un chemin tracé, ils nous montrent l'existence des chemins.

    Plus de quarante contributions dont : Jean-Loup Chrétien, Jacques Genin, Idriss Aberkane, Laurent Alexandre, Henri Atlan, Marie-Paule Cani, Yves Coppens, Jean-Louis Étienne, Jean Jouzel, Étienne Klein, Michael Lonsdale, Pierre Marcolini, Dominique Méda, Fabrice Midal, Pascal Picq, Pierre Rabhi, Hubert Reeves, Patrick Roger, Joël de Rosnay, François Taddei, Jacques Testart, Hervé This, Cédric Villani, Didier Wampas...

  • "Les managers normaux ne sont pas toujours reconnus.

    Raillés comme le sont la plupart des figures d'autorité, ils passent souvent pour responsables de toutes les difficultés du travail. L'objet de ce livre est de faire droit à la reconnaissance à laquelle peuvent normalement aspirer les managers en partant évidemment du principe que cette profession, plutôt cette mission, n'est pas actuellement honorée. Premièrement, les organisations modernes attribuent leur efficacité aux structures, systèmes d'information, règles et procédures plutôt qu'aux managers réduits au rôle ingrat de gardiens des règles. Deuxièmement, la tradition complaisante de critique du manager, et de toutes les figures d'autorité, tend à dépersonnaliser la fonction comme s'il n'existait pas une personne derrière le rôle ou l'uniforme. Troisièmement, la société dans son ensemble fait de ces managers les boucs émissaires faciles de tous les maux, en faisant d'eux les premiers responsables de la souffrance, du stress ou de la non prise en compte de signes avant-coureurs du suicide. Quatrièmement, les managers eux-mêmes en viennent à mépriser leur propre rôle ou du moins à le fuir comme en témoigne la difficulté croissante pour certaines entreprises à pourvoir des postes de manager dont la paie et le statut ne suffisent plus à attirer des candidats. Les managers souffrent donc d'un manque de reconnaissance tant de l'importance de leur rôle que de leur action. Il est temps que justice leur soit rendue."

  • Les grandes entreprises ont mauvaise presse. La mondialisation est chargée de tous les maux. Le capitalisme voué aux gémonies. Mais le comportement irresponsable de certains acteurs économiques ne doit faire oublier ceux qui - et ils sont nombreux - trouvent un épanouissement personnel authentique dans ce cadre, en nouant autour d'eux de solides relations de confiance. C'est de cette expérience partagée par beaucoup mais souvent passée sous silence que Xavier Fontanet entend nous parler dans ce livre. Ses années vécues dans le monde de la concurrence économique l'ont conduit à sillonner la planète et à découvrir bien des cultures différentes de la nôtre. Avec dynamisme et conviction, il retrace cette aventure qui n'est pas que de chiffres, tout en décrivant de manière limpide l'univers méconnu des multinationales. Être passionné par son entreprise et être passionné par l'humain n'est pas si antithétique qu'on voudrait bien le croire.

  • « Deng Xiaoping a répété que la Chine devait apprendre de Singapour. Nous l'avons fait, nous le faisons aujourd'hui et nous le ferons demain. »
    Par cette déclaration, l'actuel président de la Chine Xi Jinping montre que connaître Singapour, c'est comprendre l'empire du Milieu. L'efficacité exceptionnelle de cette île-État, pays sous-développé il y a 40 ans, désormais placé au premier rang dans tous les domaines - niveau de vie, plein-emploi, performance du système éducatif, etc. - est principalement l'oeuvre du père-fondateur de la nation singapourienne : Lee Kuan Yew.
    À la fois homme d'action et penseur, Lee Kuan Yew a bâti ce succès en mettant en oeuvre des principes simples :
    o la méritocratie, avec le recrutement des meilleurs ;
    /> o la discipline sociale et une lutte impitoyable contre la corruption ;
    o une laïcité souple, avec une gestion spécifique de la communauté musulmane pour éviter les influences extérieures du fondamentalisme.
    Lee Kuan Yew est à l'origine de la modernisation du modèle millénaire chinois : il a été le premier à considérer le confucianisme comme un atout plutôt que comme un frein au développement. Et la méritocratie au service de l'excellence étatique s'inscrit dans la tradition mandarinale de l'Empire du Milieu.
    Ce livre est à la fois une biographie et un essai. De chaque étape de la vie du dirigeant se dégage un thème dominant : ses origines chinoises et la dynamique de l'immigré, son entrée en politique et son combat pour un « socialisme qui marche », l'intégration à la Malaisie et la lutte contre le communautarisme, le développement économique et l'impératif de la discipline, la défense de sa culture d'origine et la refondation du confucianisme.

  • "Lourdement déficitaire, obèse, inutilement compliqué, traditionaliste, ingérable, l'État providence est à bout de souffle. La pénible agonie de ce géant qui redistribue le tiers du PIB entraîne la stagnation et le chômage ; elle empêche tout retour à l'équilibre des finances publiques. L'acharnement thérapeutique ne fait qu'amplifier le sinistre : la destruction créatrice doit faire son oeuvre. Il nous faut innover hardiment, remplacer l'État providence par de vraies assurances sociales, efficaces, compatibles avec l'économie d'échange : quand un secteur aussi important est fermé à la modernisation, les conséquences sont terribles ! Il nous faut en particulier rompre avec le mensonge qui fait des cotisations vieillesse la cause juridique de nos droits à pension, car payer la retraite de nos aînés ne prépare en rien la nôtre : celle-ci dépend des enfants que nous mettons au monde et que nous éduquons. Le jour où l'enseignement et les prestations familiales ne seront plus financés par des impôts et cotisations qui ne rapportent rien à ceux qui les paient, mais par une prime d'assurance retraite, nous cesserons de crouler sous les prélèvements obligatoires sans contrepartie. Quand l'échange social - un échange non marchand, fortement solidaire - aura remplacé la redistribution sociale, une des conditions les plus importantes pour le retour de la croissance et du plein emploi sera enfin réalisée. "

  • « Les patrons réfléchissent- ils? » « Y a t- il une pensée collective de l'entreprise française - et si oui, laquelle ? »
    Si l'économie et l'organisation des sociétés françaises, le monde patronal et son représentant privilégié, le MEDEF, sont des sujets bien connus, celui de la pensée entrepreneuriale et des grands thèmes qui la structurent dans la durée l'est beaucoup moins.
    Le principal lieu de réflexion collectif de l'entreprise française est sans nul doute l'Institut de l'entreprise, créé en 1975 dans le sillage de renouveau de l'entreprise française provoqué notamment par Mai 1968, rejoint à partir des années 2000 par plusieurs clubs de réflexion et autres think tanks . Cercles de réflexion, boite à idées, lieux de sociabilité tout court, ils structurent tout autant une philosophie de l'entreprise qu'un champ de réflexion et d'action collectif, ils forgent une intelligence de l'entreprise au sens fort du terme. Dont les thèmes clés restent étonnamment stables au fil des ans : faire dialoguer entreprise et société ; réfléchir à un meilleur rôle de l'homme dans l'entreprise ; appuyer la mondialisation nécessaire des sociétés françaises ; améliorer l'efficacité de l'État providence dans une perspective résolument libérale. Celle d'un libéralisme tempéré à la française, à mi-chemin entre les capitalismes Anglo-Saxon et allemand, conjuguant solidarité et réforme du rôle de notre État.

  • « L'invasion du légume a un goût douteux, celui que nous croyions oublié de la raison normative, de la modélisation et de l'ordre sain. La régression narcissique dans laquelle se complaît l'époque a sans doute à voir avec ce trouble jeu. Le légume, nous le repoussions naguère au bord de notre assiette avec une moue d'enfant rebelle. Il garnit, aujourd'hui, les podiums médiatiques, les murs lézardés de nos cités, les vastes plateaux du divertissement de masse, les mornes allées de nos jardins à la française... A-t-on noté comme, depuis la plus haute Antiquité, la connerie est éprise de symétrie ? »
    « Faust pas mort, Apocalypse suit. »
    « Enfin, bref, comme nous l'a enseigné Pierre Desproges, les détestations les plus arbitraires sont toujours les meilleures, et comme le prophétisait déjà Nabokov, autre humoriste à ses heures : "Le bruit terrassera le monde", avant d'ajouter, lucide : "Courage, fuyons !" »
    « Entre nous : si l'on vous donnait le choix, vous préféreriez avoir un futur ou un avenir ? Vous contenter de récolter les fruits blets d'une invincible fatalité ou vous bâtir un avenir comme on édifie une cathédrale ou une vie ? On sait déjà que la nostalgie n'est plus ce qu'elle était. Désormais, on saura que le futur n'a aucun avenir. »

  • Pourquoi est-il si facile d'augmenter les dépenses de l'État mais si difficile de les baisser ? Pour quelles raisons le domaine de l'intervention publique s'étend-il sans cesse ? Dans quelle mesure les responsables politiques sont-ils influencés par les groupes de pression et déterminés par des objectifs à court terme ? L'administration est-elle au service des populations ou d'elle-même ?
    Autant de questions que se posent la plupart des citoyens, frappés par l'inaptitude de l'État à se réformer en même temps que par son incapacité à améliorer la situation économique. Confrontés à un alourdissement constant des prélèvements qui ne parviennent ni à juguler les déficits et l'endettement, ni à enrayer le chômage, ni enfin à rétablir la croissance, les Français soupçonnent confusément l'existence d'un lien entre cette impuissance et les dérives les plus scandaleuses des pouvoirs publics : clientélisme, fonctionnement autarcique des institutions, utilisation du pouvoir et des fonds publics au profit d'intérêts particuliers, décisions absurdes ou inefficaces. Ils ont raison.
    Loin du « politique bashing » simpliste, cet essai expose de façon pédagogique les mécanismes des multiples défaillances de l'État et du système démocratique que les sciences politiques et économiques ont su mettre en évidence avec rigueur. À l'heure où la défiance vis-à-vis du système politique est à son maximum en France, il est urgent d'ouvrir les yeux sur la réalité du fonctionnement de la sphère publique. Décrypter ses dérives permet d'esquisser ensuite des réponses concrètes à l'horreur politique qui mine notre démocratie.

  • "Figure historique de la lutte antimafia, le juge Falcone, sauvagement assassiné par Cosa Nostra en 1992, est un héros des temps modernes. Dans une Italie en mal de repères moraux, il continue d'incarner, vingt ans après sa disparition, le combat pour l'Etat de droit et des valeurs de courage, d'abnégation, de lucidité face à une corruption érigée en système. Souvent incompris et parfois haï de son vivant, il est devenu dans la Péninsule, et spécifiquement sur son île natale de Sicile, une figure historique vénérée, presque mythique.

    Et pourtant, cet homme qui perça le premier les secrets de la mafia sicilienne et le paya de sa vie demeure un quasi inconnu en France. Exception faite d'un livre d'entretiens réalisé un an avant sa mort par la journaliste française Marcelle Padovani, aucun ouvrage en langue française ne lui a été consacré, aucune biographie de Falcone n'a été traduite de l'italien ou de l'anglais.

    Le livre de David Brunat vient combler ce manque en ressuscitant la figure du juge de façon particulièrement juste et originale. Au fil d'une méditation personnelle et engagée empreinte d'une poésie tendre et mélancolique, l'auteur de Titanic et d'Histoires de la Mafia rappelle l'importance pour les sociétés démocratiques de ne jamais déposer les armes face au crime organisé.

    Magistrat hors pair doté d'une intelligence aiguë et d'une volonté implacable, amoureux de la Sicile et de la vie, fin lettré et francophile, Giovanni Falcone fut à sa façon un guide, un éclaireur. Le présent ouvrage dessine le portrait d'un homme debout, d'un honnête homme fauché par les forces du mal mais qui continue à vivre dans la mémoire des hommes de bien."

  • En matière de stratégie, il n'existe pas d'approche unique : la meilleure dépend du contexte dans lequel évolue votre entreprise. Choisir la bonne approche n'a jamais été aussi important, pour deux raisons. D'abord le nombre d'approches possibles a été multiplié par dix au cours des 40 dernières années. Ensuite, l'environnement dans lesquels les dirigeants doivent définir et exécuter leur stratégie est devenu de plus en plus complexe.
    Aujourd'hui, opérer les mauvais choix stratégiques est souvent fatal. A contrario, mettre en place la bonne approche peut permettre de développer rapidement son avantage concurrentiel.
    Alors, comment choisir et exécuter la bonne approche ? Tel est le propos de cet ouvrage.
    Développé par trois experts mondiaux en stratégie du Boston Consulting Group, M. Reeves, K. Haanæs et J. Sinha, Quelle stratégie pour votre stratégie offre un guide pratique pour vous aider à adapter votre approche stratégique à votre environnement et à l'exécuter de manière efficace, à combiner différentes approches pour les acteurs qui opèrent dans des environnements multiples et à orienter votre organisation vers les meilleurs choix.
    Les auteurs détaillent cinq grandes approches en matière de stratégie, parmi lesquelles les dirigeants devront choisir en fonction de leur environnement :
    l'approche classique (je peux prédire mon environnement, mais je ne peux pas l'influencer)
    l'approche adaptative (je ne peux pas prédire et je ne peux pas influencer)
    l'approche visionnaire (je peux prédire et je peux influencer)
    l'approche active (je ne peux pas prédire, mais je peux influencer)
    l'approche régénérative (ma survie est à risque et mes ressources sont extrêmement contraintes).
    Ils précisent les conditions dans lesquelles chacune peut être déployée. Ils expliquent également comment éviter les pièges courants. Chaque approche est illustrée par des cas concrets issus d'entretiens avec de grands dirigeants évoluant dans des secteurs d'activité variés.

  • Dans un paradoxe saisissant, par son développement économique et sa globalisation, la Chine crée des millions de personnes à l'identité complexe, des hybrides culturels, charnières entre la Chine et le monde. Mais ni la société, ni le gouvernement chinois ne sont véritablement à l'aise avec cette hybridité culturelle. Le reste du monde bute sur des réticences similaires qui pèsent à la fois sur la place de la Chine dans la globalisation et sur le rôle des hybrides culturels. Ce double paradoxe entrave la façon dont la Chine assume progressivement son rôle dominant sur la scène internationale.
    Ces personnes, à la fois produits et pilotes de la globalisation, remettent en cause la vision polarisée du monde qui souvent prévaut. En plongeant dans leurs vies, on découvre au fil de leurs récits comment ces éclaireurs se transforment et transforment le monde dans lequel ils vivent. Alors que l'ombre de la Chine s'étend sur la planète, les hybrides culturels donnent forme à notre futur et méritent d'être mis en lumière.

  • Avec l'élection présidentielle de 2017, la France a vécu un énième psychodrame dont elle a le secret.France des riches contre France des pauvres, France des villes contre France des champs, France de l'Ouest contre France de l'Est... Alors que tout semble indiquer que notre pays est multi-fracturé, que signifie aujourd'hui « être français » ? Nous leur avons posé la question : à bien des égards, les réponses de nos compatriotes vont à l'encontre des idées reçues. Et si, au-delà des clivages indépassables, il demeurait un socle commun puissant ? Et si les Français, traumatisés par la panne des imaginaires du futur, malmenés par la mondialisation et les évolutions technologiques, suspicieux envers leurs élites et leur démocratie, étaient en fait un peuple bien plus soudé que prévu autour de quelques valeurs qu'il suffirait de réactiver ?
    Pas si simple, bien sûr.
    Mais faisable, pour peu qu'on arrête d'écouter les éternelles complaintes des pessimistes. Et qu'on les écoute eux, ces Français, qui aiment jouer à se faire peur, mais possèdent un instinct de survie insoupçonné. Attachés à leur modèle social, hédonistes, ils sont à la fois fébriles et prêts pour traverser le XXIe siècle, ensemble. C'est, à notre grande surprise, ce que nous avons découvert au terme de cette enquête inédite sur l'avenir de notre identité.

  • Cela a failli se produire cet hiver, mais un jour prochain, la France va se retrouver dans le noir, au sens propre du terme. Il n'y aura pas assez d'électricité pour faire rouler les trains, tourner les usines, chauffer les maisons, allumer les télévisions et les ordinateurs, recharger les téléphones portables...
    Le développement incontrôlé d'énergies éoliennes et solaires massivement subventionnées, dans un marché déjà surcapacitaire, conduit les « producteurs historiques » à la faillite ou à se réorienter vers la production de ces mêmes énergies !
    En Europe, la règlementation des domaines de l'environnement et de la concurrence tient lieu de politique énergétique. En Allemagne et en France, c'est la peur du nucléaire et le mirage des énergies renouvelables qui guide la fameuse transition énergétique. Et au fantasme du « tout renouvelable » s'ajoute, celui aussi pernicieux, du « tout marché ».
    L'électricité est un bien de première nécessité. Quelle nouvelle forme de service public faut-il mettre en place pour donner à tous les Français accès à une électricité stable et bon marché dans la durée ? C'est à cette question que ce livre tente de répondre.

  • Les philosophes anciens ont écrit sur le rapport de la cité et du monde et c'est à eux que l'on doit les premières thèses « cosmopolitiques ». L'objet de l'essai de Jean-François Pradeau est d'exposer ces thèses, en les rendant accessibles à des lecteurs qui ne les connaissent pas. Ainsi l'essai présente-t-il ce que des auteurs comme Diogène le cynique, Platon, les stoïciens ou encore le Père de l'Eglise Saint Augustin ont pu dire de la citoyenneté mondiale et du rêve d'une cité mondiale unique qui réunirait enfin tous les peuples. Les questions qu'agite cette histoire ancienne du cosmopolitisme sont pour beaucoup celles de notre époque, qui a fait l'éloge pendant quelques décennies d'une forme d'émancipation cosmopolitique, qui a inventé une Europe supranationale, mais qui paraît aujourd'hui figée autour de ses frontières. Les grecs anciens qui ont inventé la formule « citoyen du monde » ont quelque chose à nous dire de la mondialisation. Ils nous rappellent avec une certaine simplicité que la vie humaine, qui est une vie politique, c'est-à-dire une vie qui n'est possible que dans les limites instituées d'une communauté civique, ne peut atteindre la tranquillité ou le bonheur sans apprécier à sa juste mesure la place qui lui convient dans le monde. Il est néfaste et finalement impossible de vivre sans se faire une certaine idée de ce monde et de son ordre, sans se représenter, ne serait-ce que de manière vraisemblable, ce qu'est l'univers et la place qui nous revient en son sein.

    Professeur de philosophie antique à l'université de Lyon III - Jean Moulin, Jean-François Pradeau est avant tout un spécialiste de l'oeuvre de Platon et de la tradition platonicienne sur lesquelles il a publié de très nombreux ouvrages. Dernièrement il a dirigé l'édition complète des sophistes (2009). Aux Belles Lettres, on lui doit la revue Études platoniciennes ainsi que de nombreux volumes dans la collection « Classiques en poche ».

  • Une vie au Quai propose un voyage dans la diplomatie française où se mêlent événements historiques, anecdotes et épisodes romanesques. Tantôt avec humour, tantôt avec gravité, l'auteur raconte, dans un récit très vivant, quarante ans de carrière diplomatique, de la guerre froide aux chambardements du monde actuel. Il apporte son témoignage sur l'affrontement Est-Ouest, les aléas de la construction européenne, les crises au Moyen-Orient et leurs répercussions en France, le conflit en Bosnie, la guerre en Afghanistan, le rôle de la France dans l'OTAN.
    Le 11 septembre 2001 est pour Richard Duqué une date pivot, qui inaugure le chaos du XXIe siècle. Consul général à New York, il assiste en direct à l'attaque terroriste contre les tours du World Trade Center. Il doit à un incroyable concours de circonstances de n'avoir pas perdu la vie ce jour-là.
    Une vie au Quai trace les portraits des dirigeants politiques avec lesquels l'auteur a travaillé ou qu'il a eu l'occasion de côtoyer : les présidents de la République, premiers ministres et ministres des affaires étrangères qui ont conduit la diplomatie française durant les quatre dernières décennies.
    Le lecteur découvre aussi l'envers du décor diplomatique : le fonctionnement du Quai d'Orsay et des cabinets ministériels, les responsabilités d'un ambassadeur, le rôle de son épouse, les hasards des nominations, l'importance des médias et de la communication, les risques de la gestion des crises. Pour Richard Duqué, qui a dirigé l'Inspection générale des affaires étrangères, les coulisses de la diplomatie n'ont pas de secrets.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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