Presses Universitaires de France

  • Cet ouvrage explore les modalités d'affrontement à la passivité dans le double registre de la sexualité oedipienne et notamment des fantasmes de séduction et du traitement narcissique de la perte d'amour. Dans la cure, masochisme et mélancolie empruntent les voies intérieures qui pour les deux sexes, ouvrent l'accès aux formes vivantes du féminin.

  • Une thèse provocante : en psychanalyse « on ne se comprend pas ». Nuance indispensable : même si l'on ne se comprend pas, il est essentiel de s'y faire comprendre. De prime abord, cette distinction peut sembler tautologique en français ; elle l'est beaucoup moins dans la langue de Freud qui distingue « verstehen », (se) comprendre, et « verständigen », (se) faire comprendre. Le propos de ce livre est de souligner cette différence et d'en discuter la pertinence. Au centre de notre questionnement se situe la cure analytique et son dispositif bien particulier, qui peut être qualifié de dissymétrique : deux personnes se trouvent dans une même pièce, à huis clos ; l'une est assise, l'autre allongée ; elles ne se voient pas ; elles échangent des paroles, mais ne se parlent ni ne se comprennent au sens habituel du terme. Le présupposé selon lequel la compréhension empathique est l'élément le plus important d'une thérapie se généralise de plus en plus. Dans ce cadre, l'approche analytique risque d'être l'objet de malentendus fondamentaux. D'où l'importance de revenir sur le fondement théorique de la dissymétrie du dispositif, d'en expliciter la justification pratique et le bénéfice d'un point de vue clinique, et de le relier à la question de ce que c'est que comprendre dans le contexte de la cure analytique.

  • D'Agar, la mère des Arabes qui n'est présente dans le corpus arabo-musulman que comme figure d'esclave, à Khadija, l'épouse du prophète que les hagiographes ont dépouillée de toute sexualité ; d'Aïsha, décrite comme l'aimée de l'Aimé de Dieu mais qui se révèle une enfant violentée et un nourrisson savant, à Zaïnab, qui bouleversera le destin de la filiation en Islam et dont l'entrée dans le foyer du prophète sera marquée par la Révélation du verset sur le voile ; de l'inconsolable Hind, qui entaille avec cruauté le foie de l'oncle de Muhammad, à Fâtima, qui réclama l'héritage pour retrouver sa place de fille, elle qui était la mère de son père. Ces figures de femmes - maltraitée, mélancolique, cruelle, fatale - disent le lien complexe de l'Islam à l'inquiétante étrangeté du sexe féminin. Ces femmes et d'autres lèvent le voile sur les soubassements pulsionnels de la fondation islamique. Ce livre explore cette question, la façon dont elle se présente dans le Texte (le Coran) et dans les textes. C'est inviter à une plongée dans les profondeurs effrayantes de la culture et du Texte, au-delà du charme de la belle surface.

  • Autour d'un témoignage de Margaret Little concernant ses années d'analyse avec Winnicott, des psychanalystes parlent et témoignent sur les limites, celles du patient, de l'analyste et de l'analyse.

  • « Le droit au secret : condition pour pouvoir penser », l´article de Piera Aulagnier, paraît pour la première fois dans la Nouvelle Revue de Psychanalyse de l´automne 1976 (n° 14), intitulé Du secret. Comme l´écrit Nathalie Zaltzman, cet article est un « véritable condensé des conditions nécessaires à la possibilité de penser ». Toute l´oeuvre de Piera Aulagnier est traversée par cette question, comme elle l´est indissociablement par le défi lancé par les psychoses à la théorie et à la pratique psychanalytiques. Le texte de Piera Aulagnier constitue pour cet ouvrage à la fois un argument et un fil rouge, chacun des contributeurs s´y référant à sa manière.

  • « Somme des préjugés, des passions, des embarras, voire de l'insuffisante formation des analystes », Lacan n'a pas de mots assez durs pour qualifier le contre-transfert dont il raille « la vogue et les fanfaronnades qu'elle abrite » !En 1961, le ton change : « J'entends par contre-transfert, ...

  • Joyce McDougall occupe une place singulière dans la psychanalyse, reconnue tant dans le milieu anglophone que francophone. Elle montre plus que nul autre qu'il n'est de nouveauté possible en théorie que dans l'étrangeté de l'expérience analytique. La créativité est ainsi pour elle une pratique et un objet privilégiés pour sa réflexion. Ce volume est construit autour d'un texte inédit en français. La contribution des autres auteurs évoque la rencontre de ces deux figures, celle de l'artiste et celle du psychanalyste, que ce soit à l'intérieur de la cure ou dans l'expérience esthétique, dans le débat avec J. McDougall ou dans le compagnonnage de ce qu'elle propose à la réflexion.

  • « Pourquoi cette parcimonie de ta vie ? Peur qu'elle te soit trop grande ? Sois réaliste : tu n'en as pas de rechange, et de toute façon elle te déborde. » Cette citation de Nathalie Zaltzman, son programme « anarchiste », pourrait être un exergue de sa vie et de son oeuvre. La « pulsion anarchiste » est une des contributions les plus originales à la psychanalyse d'aujourd'hui, qui envisage les pulsions de mort sous l'angle paradoxal de leur fécondité. La pulsion anarchiste, les déliaisons qu'elle produit, n'ont d'autre visée que de rendre la vie à nouveau intéressante, appelant à se tenir en équilibre instable « entre la fragilité des raisons de vivre et leur indestructibilité ».

  • Le père est aussi incertain que la mère est certissime et les conséquences de cette dyssymétrie sont multiples. L'oubli du père revêt les formes les plus diverses, depuis l'accident que l'on voudrait insignifiant jusqu'à l'inéluctable destin.

  • Les régimes totalitaires ont révélé que la civilisation peut s'écrouler jusque dans sa fonction la plus élémentaire, celle du rempart de l'individu contre le règne du meurtre et l'homme peut cesser d'être homme à lui-même et à l'autre. Plus rien d'humain ne demeure et un rien demeure qui est le plus humain. C'est à ce rien qui demeure et aux processus psychiques inconscients qui le gardent, que sont consacrés ces textes.

  • Désir d´un enfant, désir de l´enfant, de l´enfance, de l´infantile... ces mouvements du fantasme ne se confondent pas, même s´ils ne demandent qu´à condenser leurs effets. Ainsi se tracent les voies des sexualités primitive et oedipienne. Du triomphe de his majesty the baby à la mélancolie de l´enfant mort, en passant par tous ces enfants qu´engendrent les sexualités partielles, l´enfant du désir est aussi polymorphe que la sexualité infantile. La clinique de l´infertilité, comme l´expérience analytique du transfert, multiplient les figures de ces désirs d´enfant, entre renoncement et accomplissement.

  • Inspirée par Georges Bataille, cette question entraîne à ce retour sur la régression. Quelque peu tombée en désuétude chez les psychanalystes, elle est peut-être apparue à beaucoup comme trop empreinte d'évolutionnisme ou encore d'un usage vulgarisé donc désormais privé de pertinence technique et métapsychologique. C'est ignorer la référence qu'elle constitue dans la compréhension de l'apparition d'un cadre, en particulier avec les patients réputés difficiles. Ce livre ne cherche pas à récapituler les théories de la régression. Il a pour projet et pour objet d'interroger la "vue" de l'analyste dans la cure et ce qu'il en est "de son côté" de sa propre capacité de régression à l'écoute de son patient. Dissymétrie sans doute, il n'en reste pas moins que la valeur accordée à la régression hallucinatoire transférentielle dépend des conditions de réception et de construction dont l'analyste dispose dans sa propre régression. Ces questions débouchent nécessairement sur l'analyse de l'analyste et sur sa formation à la pratique psychanalytique. Texte de couverture

  • Quel rôle Shakespeare a-t-il joué dans l'élaboration de la psychanalyse ? Freud lui a donné une place à part, à la croisée de son propre roman familial et de l'invention de l'oeuvre. La force des mots de poésie de Shakespeare, jointe à l'énigme de son nom, mettent au jour une fonction singulière du grand dramaturge.

  • Le terme "addiction" recouvre des dépendances variées à des substances elles aussi variées, mais paradoxalement il existe des addictions sans substance, tels les troubles du comportement alimentaire en particulier l'anorexie. Cet ouvrage écrit par des psychanalystes montre ces divers aspects.

  • Confronté à un pulsionnel trop intense, le moi, pour tenter d'éviter la cassure, se déforme ou se fissure, comme le souligne Freud dans Névrose et Psychose. La tentation psychotique traduit ces effets et remet en question les notions de temporalité et de régression. Dans une première partie, l'ouvrage présente cette relation particulière à l'énigme des origines et à une réalité dominée par l'actuel. La deuxième partie montre comment l'écrit, ou le jeu psychodramatique, permet au moi d'émerger. A partir d'une approche du délire et de textes littéraires, la troisième partie, enfin, réinterroge la métapsychologie freudienne et la notion de préconscient.

  • Un dialogue sur différents thèmes, le présent, le temps passé, l'identification... entre six auteurs et J.-B. Pontalis, en réponse à chacun des auteurs. "Notre histoire, notre temps est discontinu et nous aimerions en assurer la continuité qui serait aussi celle de notre identité."

  • Être tout à la fois femme et mère : cette problématique n'est-elle pas au coeur du destin féminin ? Le temps de l'après-naissance ouvre le champ à d'intenses émois et reviviscences pulsionnelles : l'allaitement interroge tout particulièrement l'opposition traditionnelle entre sein érotique et sein nourricier. Cette opposition, qui risque d'écarter la femme de la mère et la mère de la femme, masque la richesse et la complexité de l'érotique maternelle. La théorie et la clinique psychanalytiques sont-elles en mesure d'en rendre compte ? Une approche anthropologique, interrogeant « l'impossible partage » du sein à travers l'histoire fantasmatique de l'allaitement, sert de contrepoint à une recherche qui remet en question le clivage entre femme et mère.

  • La différence sexuelle est-elle un invariant structural qui organise les vies, sociale et psychique, ou n'est-elle qu'une construction secondaire et idéologique, une différence parmi d'autres ? Les bouleversements de l'époque ne sont pas en eux-mêmes des réponses, mais ils posent avec insistance la question à laquelle les différents intervenants apportent des éléments de réflexion.

  • "Le débat psychanalytique sur la féminité ne prolonge pas l'affirmation par Freud de ses thèses (dans les deux articles sur la sexualité féminine de 1931 et 1933), il les précède par les voix de Karl Abraham, Karen Horney, Melanie Klein. Autant dire qu'il a toujours commencé et qu'il n'est pas prêt de s'achever. Est-ce un paradoxe, l'énigme du féminin pour être irrésoluble n'en est pas moins féconde. Fécondité de l'inconnu et de son appel à suivre des pistes qui vont de l'allaitement à l'infanticide, de la douceur des étoffes à l'horreur du cloaque, en passant par les arcanes de la théorie elle-même."Texte de couverture

  • Cet ouvrage est composé d'interventions faites dans le cadre d'un séminaire dirigé par Jacques André à Sainte-Anne, 1998-1999 L'inceste est universellement prohibé mais il est tout aussi universellement transgressé. Crime huamin par excellence comme le parricide, l'inceste et son fantasme occupe en psychanalyse une position privilégiée. Les contributions de ce séminaire en renouvellent l'approche et la compréhension.

  • Le transfert, pour le profane, c'est quoi ? C'est généralement le fait que le patient assimile (par « mésalliance ») son père, sa mère à la personne de l'analyste, revit l'amour ou le non amour qu'il a reçu de ses parents ou leur a donné. Comme toute idée reçue, cette idée n'est pas fausse. D'ailleurs bien des analystes la reprennent à leur compte. Mais elle cache ce qu'il y a d'étrange et d'étranger dans le transfert, sa « folie », en analyse. Une autre idée reçue cache la folie de la théorie : la psychanalyse serait - le débat n'est pas nouveau - soit une science, soit un art. Or le transfert fait de la psychanalyse une catégorie anormale du savoir, crée un authentique paradigme à part dans le champ de la connaissance. Dans la cure, deux personnes se parlent : cela ouvre à tout autre chose qu'à un dialogue. Et si, dans la théorie, le transfert avait la même vertu, paradoxale, de mettre non seulement le savoir mais l'échange en situation irrégulière ?

  • Il est seul, allongé sur son lit. Depuis quelques mois, le ciel se renverse, la terre s´effondre, le sol vacille, la solitude règne. Il a fermé la porte de sa chambre : plus personne n´a le droit d´entrer. Surtout pas ses parents qui ne comprennent rien. Les autres sont partout et e part. Leur absence est la plus ravageante des présences, mais elle ne comble pas le vide qui règne sans partage.
    Elles sont deux, sur un banc. Allongées plutôt qu´assises, leurs jambes s´entrelacent et se tordent comme les troncs noueux et tressés des bonzaïs. De leurs cheveux emmêlés surgissent des bras, leurs flancs sont accolés, leurs visages se touchent. Entre elles deux, c´est « à la vie, à la mort », elles sont unies pour toujours.
    Qu´elle soit le temps des exilés ou celui des inséparables, l´adolescence est le temps où la séparation s´apprend. Pour l´adolescent, qui se sépare autant des autres que de lui-même, la séparation est aussi nécessaire qu´insupportable. Bien qu´elle seule puisse ouvrir l´horizon de l´avenir, elle exhale un parfum de mort, elle menace de fermer à tout jamais les portes du passé.

  • Elles (plus rarement ils) ont entre treize et dix-sept ans et leur adolescence est marquée par l'angoisse et la douleur, plus ou moins enfouies ou violemment exhibées. Le langage du corps et de l'acte est privilégié. L'inflation des conduites de scarification relève d'une réalité sociologique et psychopathologique ; elles n'ont cessé de croître depuis une dizaine d'années. De l'acte à l'inscription, de l'adresse à sa réception, le cheminement est hasardeux à l'image des rencontres avec ces adolescents qui se retrouvent, à l'âge où la plupart s'en tiennent à la navigation trouble entre désordres familiaux et amitiés amoureuses, pris en charge à l'hôpital ou en psychothérapie. Penser ces formes d'attaques contre le corps demande une ouverture singulière à l'insensé et au paradoxe. Cet ouvrage à deux voix témoigne de ces rencontres. Deux thèses dialoguent autour de l'énigme des scarifications adolescentes où s'entremêlent désir de vie et destructivité.

  • Angustia, districtia, les deux mots communiquent curieusement via l'étymologie qui, dans les deux cas, dit l'étroitesse, celle d'un espace qui se resserre, d'un détroit. Ce qui les distingue est-il affaire de quantité, la détresse est-elle l'angoisse extrême ? Ou affaire de qualité, l'une prenant dans le sexuel sa source quand l'autre serait plus proche du risque vital ?

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