Nicole Garcia

  • « L'histoire d'Un coeur simple est tout bonnement le récit d'une vie obscure, celle d'une pauvre fille de campagne dévote mais mystique, dévouée sans exaltation et tendre comme du pain frais. Elle aime successivement un homme, les enfants de sa maîtresse, un neveu, un vieillard qu'elle soigne, puis son perroquet : quand le perroquet est mort, elle le fait empailler, et, mourant à son tour, elle confond le perroquet avec le Saint-Esprit. Ce n'est nullement ironique comme vous le supposez, mais au contraire très sérieux et très triste. Je veux apitoyer, faire pleurer les âmes sensibles, en étant une moi-même. » G.F. C'est ainsi que Flaubert présente lui-même Félicité, l'héroïne d'Un coeur simple, l'un des récits qui composent les Trois contes, qui furent, en 1877, la dernière oeuvre publiée du vivant de l'écrivain.

  • La vie heureuse

    Sénèque

    De ce que l'homme n'a pas d'autre choix que d'être "artisan de sa propre vie" pour tendre à la "tranquillité de l'âme", Sénèque (qui fut, au 1er siècle après Jésus Christ, le précepteur malheureux de l'empereur Néron), déduit une morale très humaine. "Recherchons, nous dit-il, un bien qui ne vaille pas par la seule apparence, mais qui soit stable, permanent, et d'une beauté d'autant plus grande qu'elle est secrète..." Le philosophe tel qu'il l'incarne est trop lucide pour oser se prétendre sage - mais il ne peut non plus céder aux illustions communes. Aussi nous donne-t-il une leçon de liberté.

  • Je m'appelle Anna Livia est le récit âpre, tendu entre noir et lumière telle une tragédie grecque, de l'irracontable, l'inceste. Deux voix - celle d'une femme depuis longtemps partie du domaine, la mère d'Elisabeta, qui questionne ; celle du serviteur Josefino qui revit la découverte, un matin, du corps suicidé de son maître -, et un silence hanté : « Ainsi c'était déjà là. C'était là avant que de se faire. Comme dérivant à la surface d'un rêve obscur. Avant même qu'elle ait pu penser. Un jour peut-être. » Sa mère l'appelle, par-delà la violence de sa propre histoire : celle d'une fille de la basse ville « achetée » par un riche propriétaire, et, sans un mot, arrachée à son enfance. Alors s'écrit ce qui n'a pu être dit ni pensé : « Son père, il est tout ce qu'elle sait et tout ce qu'elle possède, dans l'insondable nostalgie jamais apaisée du temps d'avant, de ce temps mystérieux, enfoui au plus profond, où elle vivait en quelqu'un d'autre, le temps de l'unité maintenant perdue. » Je m'appelle Anna Livia, Grasset, 1979, Gallimard, 1991.

  • En solidarité avec les femmes et les enfants victimes de la guerre et des intégrismes. Isabelle Huppert lit Musique et Poésie d'Ingeborg Bachmann Nicole Garcia lit Poèmes d'Emily Dickinson Michèle Morgan lit La Maison de l'inceste d'Anaïs Nin Marie-France Pisier lit Poèmes de Nelly Sachs Nathalie Baye lit Corps séparés de Clarice Lispector Anouk Aimée lit Agnès de Catherine Pozzi Dominique Sanda lit Lettres de Marina Tsvetaeva Marie-Christine Barrault lit Poème de Laure Sonia Rykiel lit Poèmes de Joyce Mansour Carole Bouquet lit La Fascination de l'étang de Virginia Woolf Catherine Deneuve lit Le Petit Garçon de Jean-Loup Dabadie Arielle Dombasle lit Le Don de Hilda Doolittle Juliette Greco lit L'Homme jasmin de Unica Zürn Coline Serreau lit Requiem Lectures d'extraits pour chacune des lectrices. Musique : ZAP MAMA avec Marie Daulne, Sylvie Nawasadio, Sabine Kabongo.

  • Les textes qui composent cet enregistrement, pièce de théâtre, poèmes, et extraits de recueils, choisis par l'auteur, sont autant de jalons dans cette difficile conquête. « L'Incessant met en présence un homme et une femme qui s'affrontent avec âpreté. Cet homme et cette femme sont en chacun de nous. À certains moments de crise, ils se déchirent, nous harcèlent. Mais la décision qui clôt le débat n'est jamais définitive. À tout instant elle peut être remise en cause. Alors l'affrontement recommence. Maintes et maintes fois. À moins qu'un jour l'homme cède et qu'une seconde naissance l'introduise à une nouvelle vie. » C.J.

  • "Il est une forme qui fertilise les champs littéraire et politique au XVIIIe : celle de la lettre. Et plus spécifiquement celle de la correspondance féminine. Elle est l'expression, pour les femmes de l'élite aristocratique, d'une progressive percée du domaine privé au terrain public. S'appuyant sur le précédent sévignéen, les épistolières ont compris que la lettre est action. Elles entendent bien que cette action soit réelle et efficace, comme l'illustre parfaitement la lecture sensible de Nicola Garcia des nombreuses missives de Madame de Pompadour, la favorite la plus célèbre de Louis XV, et de Marie-Antoinette, la « dernière » reine de France. De leur « nature passionnée » à leur « nature réfléchissante », on y prend la mesure du caractère et de l'influence de ces deux femmes puissantes, figures incontournables de notre mémoire collective."
    Claude Colombini-Frémeaux & Cécile Berly

    Partie 1 : Madame de Pompadour - Lettres authentiques.
    Partie 2 : Madame de Pompadour - Lettres authentiques et apocryphe.
    Partie 3 : Marie-Antoinette - Lettres mère/fille.
    Partie 4 : Marie-Antoinette - Lettres intimes et politiques.

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