• Bel-Ami

    Guy De Maupassant

    Le second roman de Guy de Maupassant, retrace l'ascension sociale de Georges Duroy, homme ambi- tieux et séducteur sans scrupule, arriviste et oppor- tuniste, employé au bureau des chemins de fer du Nord, qui parviendra au sommet de la pyramide sociale Parisienne grâce à ses maîtresses et à la col- lusion entre la finance, la presse et la politique.

  • Edition enrichie (Introduction, notes, commentaires, chronologie et bibliographie)Avec Les Fleurs du Mal commence la poésie moderne : le lyrisme subjectif s'efface devant cette « impersonnalité volontaire » que Baudelaire a lui-même postulée ; la nature et ses retours cycliques cèdent la place au décor urbain et à ses changements marqués par l'Histoire, et il arrive que le poète accède au beau par l'expérience de la laideur. Quant au mal affiché dès le titre du recueil, s'il nous apporte la preuve que l'art ici se dénoue de la morale, il n'en préserve pas moins la profonde spiritualité des poèmes.
    D'où la stupeur que Baudelaire put ressentir quand le Tribunal de la Seine condamna la première édition de 1857 pour « outrage à la morale publique et aux bonnes moeurs » et l'obligea à retrancher six pièces du volume - donc à remettre en cause la structure du recueil qu'il avait si précisément concertée. En 1861, la seconde édition fut augmentée de trente-cinq pièces, puis Baudelaire continua d'écrire pour son livre d'autres poèmes encore. Mais après la censure, c'est la mort qui vint l'empêcher de donner aux Fleurs du Mal la forme définitive qu'il souhaitait - et que nous ne connaîtrons jamais.

  • Le destin de Jean Valjean, forçat échappé du bagne, est bouleversé par sa rencontre avec Fantine. Mourante et sans le sou, celle-ci lui demande de prendre soin de Cosette, sa fille confiée aux Thénardier. Ce couple d'aubergistes, malhonnête et sans scrupules, exploitent la fillette jusqu'à ce que Jean Valjean tienne sa promesse et l'adopte. Cosette devient alors sa raison de vivre. Mais son passé le rattrape et l'inspecteur Javert le traque...

  • Edition enrichie de Robert Abirached comportant une préface et un dossier sur le roman.

    Le Figaro du 23 janvier 1868 à propos de Thérèse Raquin : "C'est le résidu de toutes les horreurs. Le sujet est simple, le remords physique de deux amants qui tuent le mari mais qui, ce mari tué, n'osent plus s'étreindre, car voici le supplice délicat qui les attend : Ils poussèrent un cri et se pressèrent davantage, afin de ne pas laisser entre leur chair de place pour le noyé. Et ils sentaient toujours des lambeaux de Camille, qui s'écrasait ignoblement entre eux. Enfin, un jour, ces deux forçats de la morgue tombent épuisés, empoisonnés, l'un sur l'autre, devant le fauteuil de la vieille mère paralytique, qui jouit intérieurement de ce châtiment par lequel son fils est vengé... Forçons les romanciers à prouver leur talent autrement que par des emprunts aux tribunaux et à la voirie."

  • Paris, 1864. Au Bonheur des Dames, les femmes se bousculent pour la vente des nouveautés d'hiver. Étalages de tissus féériques, prix imbattables et personnel irréprochable. Octave Mouret, patron audacieux du grand magasin, ne recule devant rien pour séduire la clientèle. Pourquoi, alors, accepte-t-il une jeune provinciale timide au rayon des confections ? Denise n'a pas le profil d'une vendeuse et sa présence n'est pas sans attiser une certaine hostilité.

  • Séraphine

    Marie Desplechin

    Que faire de sa vie quand on a treize ans et qu'on est une fille pauvre, pas laide, sachant lire, sans autre protection que celle d'un vieux curé, d'une tante prostituée et d'une veuve ronchon ? Nonne ? Jamais. Séraphine est trop insolente. Couturière ? Non plus. Elle a trop envie de parler et de voir du monde. Peut-être qu'un jour les femmes pourront devenir juges, gendarmes ou avocats et faire de la politique... Peut-être même qu'un jour Dieu Lui-même sera une femme. Mais, pour l'instant, nous sommes en 1885, à Paris, ou plutôt à Montmartre. Le souvenir de la Commune est encore vif chez les uns. Les autres s'occupent de l'enterrer définitivement en bâtissant, là-haut sur la butte, le Sacré-Coeur. Et Séraphine ne voit qu'une solution pour mener la vie libre et sans misère dont elle rêve : s'en remettre à sainte Rita, la patronne des causes désespérées...

  • Illusions perdues

    Honore De Balzac

    L'avarice commence où la pauvreté cesse. Le jour où l'imprimeur entrevit la possibilité de se faire une fortune, l'intérêt développa chez lui une intelligence matérielle de son état, mais avide, soupçonneuse et pénétrante. Sa pratique narguait la théorie. Il avait fini par toiser d'un coup d'oeil le prix d'une page et d'une feuille selon chaque espèce de caractère. Il prouvait à ses ignares chalands que les grosses lettres coûtaient plus cher à remuer que les fines ; s'agissait-il des petites, il disait qu'elles étaient plus difficiles à manier. La composition étant la partie typographique à laquelle il ne comprenait rien, il avait si peur de se tromper qu'il ne faisait jamais que des marchés léonins. Si ses compositeurs travaillaient à l'heure, son oeil ne les quittait jamais. S'il savait un fabricant dans la gêne, il achetait ses papiers à vil prix et les emmagasinait. Aussi dès ce temps possédait-il déjà la maison où l'imprimerie était logée depuis un temps immémorial. Il eut toute espèce de bonheur : il devint veuf et n'eut qu'un fils ; il le mit au lycée de la ville, moins pour lui donner de l'éducation que pour se préparer un successeur ; il le traitait sévèrement afin de prolonger la durée de son pouvoir paternel ; aussi les jours de congé le faisait-il travailler à la casse en lui disant d'apprendre à gagner sa vie pour pouvoir un jour récompenser son pauvre père, qui se saignait pour l'élever.

  • Nana

    Emile Zola

    "Le sujet de Nana est celui-ci : Toute une société se ruant sur le cul. Une meute derrière une chienne, qui n'est pas en chaleur et qui se moque des chiens qui la suivent. Le poème des désirs du mâle, le grand levier qui remue le monde."
    (Émile Zola).

    "J'ai passé hier toute la journée jusqu'à 11 heures et demie du soir à lire Nana, je n'en ai pas dormi cette nuit... Les caractères sont merveilleux de vérité... La mort de Nana est michelangelesque ! Un livre énorme, mon bon !"
    (Gustave Flaubert).

    Dans ce roman, et dans ce personnage de courtisane, Zola a peint à la fois la corruption d'une femme, de la société où elle recrute ses amants, et d'un régime politique, le Second Empire, qui se rue avec insouciance vers la guerre et la débâcle. Sexualité, histoire et mythe vivent et meurent ensemble, dans un même souffle brutal.

  • Edition enrichie (introduction, notes, dossier sur l'oeuvre, bibliographie)Qu'est-ce qui nous fascine dans la vie « simple et tranquille » de Gervaise Macquart ? Pourquoi le destin de cette petite blanchisseuse montée de Provence à Paris nous touche-t-il tant aujourd'hui encore ? Que nous disent les exclus du quartier de la Goutte-d'Or version Second Empire ?
    L'existence douloureuse de Gervaise est avant tout une passion où s'expriment une intense volonté de vivre, une générosité sans faille, un sens aigu de l'intimité comme de la fête. Et tant pis si, la fatalité aidant, divers «assommoirs» - un accident de travail, l'alcool, les «autres», la faim - ont finalement raison d'elle et des siens. Gervaise aura parcouru une glorieuse trajectoire dans sa déchéance même. Relisons L'Assommoir, cette «passion de Gervaise», cet étonnant chef-d'oeuvre, avec des yeux neufs. 

  • Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau est une autobiographie publiée à titre posthume. Le titre des Confessions a sans doute été choisi en référence aux Confessions de Saint-Augustin, publiées au IVe siècle après Jésus Christ. Rousseau, qui était protestant, accomplit ainsi un acte sans valeur religieuse à proprement parler, mais doté d'une forte connotation symbolique: celui de l'aveu des pêchés, de la confession. On reproche souvent à Rousseau la prétention extrême présente dans certains extraits des « Confessions » et dissimulée sous une apparente humilité, mais passer outre à la première lecture est nécessaire pour accéder au second niveau de l'oeuvre, qui reste un chef d'oeuvre de la littérature française. Composé de 12 livres, « Les Confessions » de Rousseau sont considérées comme la première véritable autobiographie. La première partie de l'oeuvre (livres i à vi) a été publiée en 1782 et la seconde (livres vii à xii) en 1789.

  • Un accident. L'arrachement à Paul, l'absence et le manque.
    Mais dans cette soudaine solitude, Marie commence à poser un regard nouveau sur le monde qui l'entoure et sur sa vie. Et bientôt sur Paul qu'elle découvre sous un autre jour ; il lui faut comprendre, partir sur les traces d'un passé.
    Des rues de Paris aux paysages d'Italie.
    Un cheminement intérieur qui crée les conditions d'une autre énigme.
    L'Evanouissement de Marie est le premier roman de Natacha Sadoun.
    Natacha Sadoun est plasticienne. Elle a exposé à Paris et à Madrid, où elle a vécu après une année passée à Florence. Elle poursuit son travail de création avec l'écriture et la réalisation de courts-métrages.

  • L'été a vidé la Vill'Hervé. Hortense et Enid sont à Paris, pour voir leurs cousins, Désirée et Harry. Bettina est partie camper avec les DBB. Charlie se demande toujours comment faire pour nourrir, loger et blanchir tout son monde. Geneviève passe ses journées à la plage à vendre des chichis et des churros en regardant passer les bateaux, les pédalos, les glaces à l'eau et surtout le ténébreux Vigo. Il la promène en barque, la mène en bateau, lui donne rendez-vous et disparaît. Geneviève est toute tourneboulée. Et la Vill'Hervé, quoique vide, est sens dessus dessous, vu qu'avant, c'est elle qui rangeait tout. D'ailleurs, vide, la maison ne l'est plus tellement. Hortense et Enid ont ramené leur tante Jupitère. Les DBB ont ramené leur voisin de camping pour le remercier de leur avoir sauvé la vie. Geneviève est revenue de la plage et de quelques illusions. Alors, cette maison soudain pleine d'hôtes, forcément, ça donne des idées à Charlie...

  • Lucie est persuadée qu'au xxe siècle, les demoiselles de la bonne bourgeoisie parisienne auront le droit de courir toutes nues, d'aller à la messe en cheveux, de parler à table et même, qui sait ? de s'instruire et de ne pas se marier. À quoi bon vieillir, sinon ? Le problème, c'est que nous ne sommes qu'en 1885 et qu'à treize ans, la seule éducation qu'une jeune fille comme Lucie est censée recevoir consiste à savoir tenir une maison pour devenir une épouse accomplie. Hygiène, lessive, cuisine : Lucie est envoyée faire son apprentissage avec Annette, Fanny et Marceline. Si ses parents savaient... Il se passe parfois des choses étranges, dans les communs des maisons bourgeoises. Les domestiques peuvent s'y révéler plus passionnants et subversifs que des livres. On y fait des révolutions en secret. On y organise des expéditions aux Halles au petit matin, ce Ventre de Paris peint par Monsieur Zola d'où sortiront bientôt tant d'idées neuves, socialisme, anarchisme, féminisme...

  • L'Iliade

    Homère

    BnF collection ebooks - "Chante, Déesse, du Pèlèiade Akhilleus la colère désastreuse, qui de maux infinis accabla les Akhaiens, et précipita chez Aidès tant de fortes âmes de héros, livrés eux-mêmes en pâture aux chiens et à tous les oiseaux carnassiers."

  • Debout-payé Nouv.

    Debout-payé

    Gauz

    Debout-Payé est le roman d'Ossiri, étudiant ivoirien devenu vigile après avoir atterri sans papier en France en 1990.

    C'est un chant en l'honneur d'une famille où, de père en fils, on devient vigile à Paris, en l'honneur d'une mère et plus globalement en l'honneur de la communauté africaine à Paris, avec ses travers, ses souffrances et ses différences. C'est aussi l'histoire politique d'un immigré et du regard qu'il porte sur notre pays, à travers l'évolution du métier de vigile depuis les années 1960 - la Françafrique triomphante - à l'après 11-Septembre.
    Cette épopée familiale est ponctuée par des interludes : les choses vues et entendues par l'auteur lorsqu'il travaillait comme vigile au Camaïeu de Bastille et au Sephora des Champs-Élysées. Gauz est un fin satiriste, tant à l'endroit des patrons que des client(e)s, avec une fibre sociale et un regard très aigu sur les dérives du monde marchand contemporain, saisies dans ce qu'elles ont de plus anodin - mais aussi de plus universel.
    Un portrait drôle, riche et sans concession des sociétés française et africaine, et un témoignage inédit de ce que voient vraiment les vigiles sous leur carapace.

  • Une ombre rôde dans l'Opéra. Une présence singulière, une apparence douteuse et une voix lugubre... Un machiniste est retrouvé pendu, un grand lustre se détache en pleine représentation. On parle du fantôme de la loge n°5. Mais a-t-on véritablement affaire à un fantôme ?

  • Edition enrichie (Introduction, notes et bibliographie)Un jeune aristocrate désargenté et désespéré, Raphaël de Valentin, reçoit d'un vieil antiquaire une peau d'onagre miraculeuse et maléfique : elle satisfait tous ses désirs, mais sa superficie, liée par un charme mystérieux à la durée de la vie de son possesseur, rétrécit à chaque souhait exaucé. Raphaël, qui rêvait de conquérir le monde, découvre ainsi, au prix de sa propre existence, que « Vouloir nous brûle et Pouvoir nous détruit ». Seul face à sa mort, dont il peut chaque jour calculer l'échéance, il délaisse la société des hommes, renonce à la jouissance du monde : en vain, même l'amour pur et partagé ne pourra le sauver.
    Dans le décor très réaliste des années 1830, La Peau de chagrin plonge le lecteur dans un univers proprement fantastique, un univers de l'étrange qui illustre l'une des théories philosophiques fondamentales de l'oeuvre balzacienne : l'énergie vitale.
    Introduction et notes de Jacques Martineau. 

  • Claire, fille de paysans du Cantal, est née dans un monde qui disparaît. Son père le dit et le répète depuis son enfance : ils sont les derniers. Très tôt, elle comprend que le salut viendra des études et des livres et s'engage dans ce travail avec énergie et acharnement. Elle doit être la meilleure. Grâce à la bourse obtenue, elle monte à Paris, étudie en Sorbonne et découvre un univers inconnu. Elle n'oubliera rien du pays premier, et apprendra la ville où elle fera sa vie. Les Pays raconte ces années de passage.

  • Quel est celui de nous qui n'a pas, dans ses jours d'ambition, rêvé le miracle d'une prose poëtique, musicale sans rhythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s'adapter aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience ? C'est surtout de la fréquentation des villes énormes, c'est du croisement de leurs innombrables rapports que naît cet idéal obsédant.

    Le passage est célèbre, mais il a servi de programme à toute la littérature moderne après lui, et pas qu'en France, pour l'irruption de la ville dans le roman.
    Le chantier essentiel de Baudelaire, rythme, syncope, perversité, retournement de la poésie sur elle-même, c'est les Fleurs du Mal. Chantier vie.
    /> En même temps, c'est comme s'il se savait, après Hugo, le dernier poète : qui pour utiliser après lui le sonnet ? Rimbaud et Mallarmé ne feront qu'ajouter un codicille, et savent leur dette. L'enjeu, c'est la prose. Celle que probablement accompliront Rimbaud et Lautréamont, tout pétris de Baudelaire.
    La prose qui résonne si magiquement dans les traductions d'Edgar Poe. C'est sur cette piste que part à l'assaut Baudelaire. Avec une matière immense et neuve : Paris.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Rainer Maria Rilke. Carnet de notes métaphysique et journal intime de Rilke lui-même, Les cahiers de Malte Laurids Brigge sont composées d'une mosaïque de fragments sur la solitude, l'enfance, la peur, la misère, l'écriture, la poésie et la mort. Malte, transfiguration du poète, est un jeune intellectuel descendant d'une noble famille danoise déchue. Solitaire, il vit dans une petite chambre au cinquième étage et erre dans Paris où il croise des êtres misérables, des fous, des malades. Il médite sur l'existence humaine, observe le monde étrange dans lequel il vit, se remémore ses souvenirs d'enfance, songe à Abelone, la jeune soeur de sa mère, évoque des oeuvres et des personnalités littéraires, note ses états d'âme, ses rêves, ses angoisses et ses joies. L'ouvrage se termine sur une sorte de parabole de l'enfant prodigue racontant l'histoire d'un enfant qui abandonne sa famille parce qu'il ne veut pas être aimé. Pour l'auteur des Lettres à un jeune poète, à l'époque secrétaire particulier d'Auguste Rodin, tout phénomène vécu par les hommes possède un secret aussi insaisissable qu'indicible. "J'apprends à voir...".


  • Édition enrichie (Préface, notes, appendice, commentaires sur l'oeuvre et biobibliographie)Elle l'aimait, elle en était aimée mais la bienséance et la mort la séparèrent de lui.
    Ce roman, dont Alexandre Dumas fils tira aussi un drame, est inspiré de l'existence authentique de Marie Duplessis. Merveilleusement belle et intelligente, cette courtisane fut adorée du Tout-Paris et de l'auteur lui-même. Il dut renoncer à elle, car il n'était pas assez riche. Verdi fit de ce drame un opéra sublime, La Traviata, que Franco Zeffirelli filma avec grand art.
    Armand et Marguerite vivent un amour immense qui survit à tous les obstacles et à toutes les tromperies. Le père d'Armand interdit cet amour inconvenant. Mais rien n'aura empêché le bonheur d'aimer, la virginité retrouvée, l'argent et les conventions dédaignés. L'amour véritable, c'était pour Marguerite l'espoir, le rêve et le pardon de sa vie. Tout lui fut donné, mais à quel prix !
    Présentation et notes d'Antoine Livio. 

  • Édition enrichie (Introduction, notes, commentaires sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)C'est dans les Halles centrales de Paris récemment construites par Baltard que Zola situe le troisième épisode des Rougon-Macquart. Après « la course aux millions » décrite dans La curée, ce sera la fête breughelienne du Ventre de Paris, tourbillonnante et bigarrée, ses amoncellements de victuailles, ses flamboiements de couleurs, ses odeurs puissantes de fermes, de jardins et de marées.
    Florent, arrêté par erreur après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, s'est évadé du bagne de Cayenne au bout de sept ans
    d'épreuves. Il retrouve à Paris son demi-frère qui, marié à la belle Lisa Macquart, fait prospérer l'opulente charcuterie Quenu Gradelle. Mais la place de Florent est-elle à leurs côtés ? A-t-il renoncé à ses rêves de justice ? Car si l'Empire a su procurer au
    « ventre boutiquier, au ventre de l'honnête moyenne... le consentement large et solide de la bête broyant le foin au râtelier », il n'a guère contenté les affamés. Et la grande kermesse flamande va réveiller bientôt l'éternel affrontement des Maigres et des Gras.
    Nulle part peut-être, mieux que dans Le Ventre de Paris, n'éclate ce don épique qui s'appuie sur le réel pour le déborder bientôt et le transfigurer dans une lumière nouvelle. [...] Pour la première fois ici, un écrivain a discerné et pris en charge la beauté du paysage urbain moderne. Balzac l'avait pressentie, Baudelaire l'avait exaltée, mais c'est Emile Zola qui en a compris la vraie force et qui, avant tout autre, l'a placée au coeur d'un univers romanesque, lui donnant enfin ses lettres de noblesse littéraire.
    Robert Abirached.
    Introduction de Robert Abirached.
    Commentaires et notes de Philippe Hamon et Marie-France Azéma. 

  • Le plus difficile n'est pas de rencontrer l'amour,
    c'est de savoir le garder.
    Un soir d'hiver en plein coeur de Broadway, Juliette, jolie Française de vingt-huit ans, croise la route de Sam, un jeune pédiatre new-yorkais.
    Par crainte de le décevoir, elle lui cache qu'elle multiplie les petits boulots en nourrissant des rêves d'actrice.
    Par peur de s'attacher, il prétend qu'il est marié alors que sa femme vient de mourir.
    Malgré ce double mensonge, ils vont s'aimer le temps d'un week-end. Mais Juliette doit retourner à Paris et Sam ne sait pas trouver les mots pour la garder à ses côtés.
    À peine l'avion de la jeune femme a-t-il décollé, qu'il explose en plein ciel.
    Pourtant, leur histoire est loin d'être terminée...

  • La Curée

    Emile Zola

    La France de Napoléon III vue par Zola : 'À cette heure, Paris offrait, pour un homme comme Aristide Saccard, le plus intéressant des spectacles. L'Empire venait d'être proclamé... Le silence s'était fait à la tribune et dans les journaux. La société, sauvée encore une fois, se félicitait, se reposait, faisait la grasse matinée, maintenant qu'un gouvernement fort la protégeait et lui ôtait jusqu'au souci de penser et de régler ses affaires. La grande préoccupation de la société était de savoir à quels amusements elle allait tuer le temps. Selon l'heureuse expression d'Eugène Rougon, Paris se mettait à table et rêvait gaudriole au dessert... L'Empire allait faire de Paris le mauvais lieu de l'Europe.'

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