• Prix des Libraires du Québec 2019 | Essai

    La vérité a souvent un goût amer. Nous ne savons comment accepter nos histoires. Faut-il s'en tenir aux faits et dire la vérité ? Cet ouvrage monumental si richement documenté est précieux, il nous tire de l'oubli et du silence. Que savons-nous de l'esclavage au Canada ? Que savons-nous de la répression exercée sur les femmes et les hommes noirs ? Que savons-nous du racisme systémique ? Que savons-nous de la détresse des Autochtones, des sans-papiers, des personnes réfugiées ? Enfin fort peu... Parce que l'État construit et déconstruit les récits à travers les institutions. Les citoyen.ne.s sont ainsi condamné.e.s à reproduire une histoire qui nous échappe.

  • La Martinique. Ce bout d'île empêtré dans sa singularité française accède à l'indépendance à la suite du mouvement de la Pwofitasyon : grève générale contre la vie chère et l'exploitation outrancière aux Antilles. L'indépendance des âmes est une fresque historique, dystopique, riche en saveurs, humours et humeurs créoles. Écriture somptueuse. Personnages fracassants. Sensualités débridées. Rien n'est épargné dans cette fable politique qui met face à face Jean-Baptiste de Négri, béké déchu de ses privilèges, et Moïse M'Adouba, leader noir devenu dictateur à vie.

  • À demi
    dans deux vies
    j'ai fini par croire
    que j'étais complète
    rapiécer tous les bouts de moi
    pour me faire un trophée.

    Il y a toujours chez l'enfant qui n'a pas le même pays de naissance que ses parents, l'instant où l'autre patrie dévoile sa fragilité et ses imperfections.
    C'est une sorte de désenchantement.
    Où l'on comprend que là-bas n'est pas mieux qu'ici. Il n'existe pas de pays refuge et nous serons toujours un peu l'autre où que l'on aille.

    Elkahna Talbi a étudié à l'Université Concordia. On la connaît surtout sous le nom de Queen Ka, artiste de littérature orale. Moi, figuier sous la neige est son premier ouvrage. Elle vit à Montréal.

  • Fiction contemporaine. Coulées de mots et de signes. Glissement d'une terre à l'autre. D'une mer à l'autre. L'errance s'enracine dans le voyage. Fable, autobiographie, poésie, qu'importe ! Le récit opère de fragment en fragment. Demeurent la scansion intérieure et la danse des mots. Jean-Claude Charles assume tous les risques, quitte à gommer conventions, genres et langues pour dire une Amérique apocalyptique : « ces roulements de tambours en amérique annoncent une ère entière de catastrophes l'amérique en péril... »

  • Quel usage faire du monde ? Jean-Claude Charles, errant aux pieds poudrés, propose dans ses récits de voyage un monde sans visa où la liberté de circuler et d'imaginer est le seul guide. Éloge du vagabondage, de l'errance et de la lecture. « Comment se balader... sans donner des nouvelles de l'état du monde, petits romans, petits portraits, choses vues et entendues, traversées d'histoires, se balader n'importe où, le nez en l'air, renifler l'air du temps [...] prendre le pouls d'une humanité qui se débat, mesurer des climats, engranger des fictions minuscules... »

  • Taximan

    Stanley Péan

    « J'essayais d'imiter le rythme d'une course de taxi.Ça devait être bref. Les chauffeurs de taxi ont une vision du Québec qui n'est pas la mienne, moi qui ai grandià Jonquière. Ils questionnent mon identité. »C'est dans ces conversations que l'auteur Stanley Péan découvre les subtilités du pays natal, Haïti. Maîtres de la réalité et de la route, philosophes à leur manière,les chauffeurs de taxi font découvrir d'étranges choses sur la vie. Un ouvrage sympathique : passion, voyage, humour,cuisine, exil, amour, espoir... Et on rit surtout.

  • L'architecture maure survivant dans la Giralda de Séville, dans la Mezquita de Cordoue et dans l'Alhambra de Grenade m'a fait découvrir l'identité andalouse à travers les fantômes qui l'habitent. L'effet hypnotique de la pénombre des mosquées et des synagogues transformées en églises m'a révélé le souffle intérieur d'un pays. La musique de la guitare de flamenco a donné un rythme à mes promenades ethnographiques à travers les allées des
    anciennes médinas arabes et les ruelles des Juderias. J'ai marché dans les pas des écrivains possédés par l'esprit d'une ville, de Walter Benjamin évoquant les «galeries et passages » du « Paris, capitale du XIXe siècle » à Italo Calvino personnifiant ses « Villes invisibles » sous la figure de femmes aimées. Comme pour Joe Christmas, personnage de Faulkner, toutes les rues où j'ai déambulé se prolongent, en se confondant, dans une seule et même rue qui est sans fin.

  • Arabe et musulman, Adel s'installe au Québec. Enthousiaste, ouvert et amoureux, il désire faire sa place dans la société malgré les nombreux obstacles rencontrés. La philosophie et la poésie l'accompagnent dans sa quête. Comment devient-on citoyen ? Doit-on effacer les traces de son parcours ? L'amour sauvera-t-il Adel ?

  • Le poème, c'est cette réponse à l'âme meurtrie d'une humanité en déroute. Ici, un monde saccagé voudrait à la fois s'épancher et trouver consolation. Attentif à l'autre, à sa fragilité, le poème fait son nid à l'endroit même où chacun de nous se sait mortel, au lieu même où nous mourons, peut-être moins seuls grâce à lui.

  • Amériquoisie

    Jean Desy

    C'est au fil de mes pérégrinations dans tout le territoire de la péninsule Québec-Labrador, dans les villes le long du Saint-Laurent, au sud, mais surtout au nord, sur la Côte-Nord / Nitassinan, à la Baie-James / Eeyou Istchee et dans le Grand Nord / Nunavik, que j'ai fini par mieux comprendre les extraordinaires qualités de la vie métisse. À n'en point douter, l'avenir harmonieux de ce pays passe par la métisserie.

    Amériquoisie rassemble des essais portant sur l'autochtonie, le nomadisme, le paysage et la nordicité. Témoin, auteur, promeneur et acteur, Jean Désy court le territoire et nous parle de cette aventure dite métisserie.

  • En 1945, Réal Benoit, trente ans, débarque sur la scène littéraire avec Nézon, un bien étrange recueil. Du jamais vu. Lyriques, caustiques, loufoques, profonds, modernes, quatorze contes consacrent cet écrivain d'avant-garde et ouvert sur le monde.
    Jusqu'à sa mort, en 1972, au fil des épreuves et des joies de son existence aussi dure que palpitante, que Marie Desjardins décrit dans les détails, Réal Benoit tracera son chemin dans la culture du Québec. Personne ne lui ressemble. Journaliste, écrivain, il signe un roman, une biographie, des critiques, des récits, des nouvelles et les premières dramatiques diffusées à la télévision. Ses sujets sont à la fois confidentiels et d'une universalité flamboyante. Il obtient des prix, déclenche admiration et polémique. Cinéaste et producteur, il tourne un film plein d'esprit et d'invention sur un héros populaire du Québec, et de nombreux documentaires sur l'architecture et la société. Sa facture, effervescente et originale, est chaque fois reconnaissable.
    Amateur d'art, surtout moderne, il rencontre Pellan, Chagall, Lemieux, fréquente Mousseau et Daudelin. Passionné de cinéma, il tient une rubrique dans le Devoir, dirige le service des émissions sur film à Radio-Canada pendant douze ans, de même qu'un ciné-club privé, projetant en primeur des films de la Nouvelle Vague, et soutenant de jeunes cinéastes doués tels que Jutra, Brault ou Labrecque.
    Réal Benoit était un esprit brillant, rêvant du meilleur pour sa société et se battant en ce sens. Ce chef de file de l'avènement de la modernité culturelle au Québec est tombé dans l'oubli. Le chaînon manquant de l'avant-garde.
    Ce portrait lui rend vie.

  • En retournant la terre de mes mains, j'ai trouvé maintes pépites de la littérature des Premières Nations. Révélées au grand jour, elles ont beaucoup de choses à nous apprendre sur la qualité de ce sol québécois, sur sa composition
    également. C'est toute la fondation symbolique du Québec, aujourd'hui dans une impasse, qu'elles nous invitent à réexaminer.
    Enfin, un parcours critique des littératures
    autochtones ! Retour à l'intérieur de nous-mêmes sur les fondations du territoire et des récits d'origine.

  • Chorbacks

    Jean Desy

    Le chorback est une étendue d'eau libre, plus ou moins grande, ouverte dans le glaciel, champ de glaces flottantes. D'inspiration nordique, Jean Désy communique l'immensité et la grandeur de la terre. Transe poétique et traversée du paysage. Le souffle est modulé en plusieurs tons, tantôt cassant et abrupt, tantôt doux et tendre, comme la nature. Chorbacks est un livre qui nomme et exalte la nordicité, cartographie du territoire dans ses principaux éléments (flore et faune). Ouvrage lumineux qui donne à réfléchir sur la meilleure manière d'habiter la terre. Un rythme sauvage et fou.

  • Trois mois après le séisme survenu en Haïti en janvier 2010, Dany Laferrière a publié la chronique Tout bouge autour de moi. Ouvrage d'urgence qui montre l'écrivain face à l'extrême. Un citoyen debout qui interroge l'existence, avec gravité, revenant sur des questions existentielles : Comment dit-on la catastrophe ? Comment imagine-t-on demain ? Comment reste-t-on en vie quand tout s'écroule ? Comment garde-t-on l'élégance dans ces situations de délabrement ? Dans Tout bouge autour de moi, Dany Laferrière a décrit comme une leçon de vie la manière d'être debout quand tout tombe aux alentours.

    C'était le séisme. Et le regard blessé d'un enfant du pays.
    Un an et trois mois après, avec la réédition de Tout bouge autour de moi, l'écrivain
    Dany Laferrière revient sur la catastrophe et intègre ce livre de circonstances à son univers familier, le retravaillant selon sa manière, en misant davantage sur l'angle serré : la famille, les visages, les rues, les paysages intimes, les rituels, les petits événements qui font le bonheur de la vie quotidienne.

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