• « Jocelyn Brouillard avait appris à aimer le brouillard. Pas facile quand, à la moindre nébulosité météorologique, les copains d'école vous appellent Jocelyn Purée-de-Pois. Mais ça, c'était en France. À New York, personne ne blaguait jamais son nom. Après tout, il n'était pas Jocelyn Fog. Il slaloma dans l'affluence de l'avenue, déjà accoutumé aux étrangetés de cette ville devenue son quotidien. Le détail qui le surprenait encore était le gris rayé des pigeons, si aimablement pareils qu'à Paris. »

  • Jocelyn Brouillard, 16 ans et demi, boursier, français, débarque un soir d'automne de 1948 à la pension Giboulée. C'est une erreur, un parfait malentendu. Il est à New-York et on l'a pris pour une demoiselle à cause de son prénom.
    Car la Pension Giboulée est une de ces boarding houses exclusivement réservées aux jeunes filles qui veulent demeurer à l'abri des loups de Wall street et de la 42ème Rue.
    La gente masculine y est résolument interdite.
    Heureusement, Jocelyn joue très bien du piano...
    Venues de tous les coins d'Amérique, ces jeunes filles rêvent de conquérir la grande ville, de voir leurs noms en haut des théâtres de Broadway.

    A Giboulée, elles sont au nombre de 6.
    Il y a Chic qui fait des publicités pour du shampooing aux oeufs très rose, ou pour des soupes Campbell's avec de la tomate très rouge qu'elle déteste, et qui se fait offrir des chausse-pieds par ses nombreux soupirants...
    Il y a la baroque Ursula, qui chante à la radio, Etchika qui conduit une voiture au prénom de femme fatale...
    Et comme si ce n'était pas assez, dans la maison juste à côté habite Dido, une collégienne qui a des problèmes avec le FBI.
    Et que diraient leurs logeuses, la respectable Mrs Merle et son dragon de soeur, si elles apprenaient que, derrière ses lunettes de fille sérieuse, l'énigmatique Manhattan donne de mystérieux rendez-vous à des messieurs dans les bars à Greenwich Village, ou que Page aux charmantes tresses blondes est amoureuse de celui qu'il ne faut pas ?
    Enfin, il y a Hadley, qui vend des doughnuts le jour et des allumettes le soir, et qui est peut-être la plus insaisissable de toutes. Hadley est la fille chanceuse qui a un jour dansé avec Fred Astaire...
    Oui, l'immense Fred Astaire ! Mais alors pourquoi a-t-elle subitement arrêté la danse ?

    Ce diptyque doit son titre au Broadway Limited, le train fabuleux et mythique qui reliait Chicago à Pennsylvania Station au centre de New York... Car ce roman prend aussi le train.

    BROADWAY LIMITED conte la découverte, par un jeune Français, de l'american way of life dans le New-York de l'immédiat après-guerre, sa vitalité, son énergie, le jazz, le swing, Broadway, la pizza, la radio, ses tempêtes de neige renversantes, le base ball...
    Mais aussi ses phobies, le début de la guerre froide, la chasse aux sorcières, la ségrégation...

  • 1941. Rachel étudie à l'internat de la maison de Sèvres, où ses parents l'ont placée par sécurité. Elle y noue de belles amitiés mais y découvre surtout sa passion, la photographie. Bientôt, les lois contre les Juifs s'intensifient, il n'y a plus de sécurité nulle part en zone occupée. Un réseau de résistants organise la fuite des enfants juifs. Du jour au lendemain, ils quittent tout et doivent oublier, le temps de la guerre, tout de leur vie d'avant, à commencer par leurs prénoms.Rachel devient Catherine. Raconte, lui intiment ses professeurs en l'envoyant sur les routes de la zone libre, un appareil photo à la main. C'est ainsi que nous découvrons le quotidien d'une adolescente juive dans la guerre, ses rencontres, ses peurs mais aussi les quelques moments de répit et de grâce que lui offrira son art.

  • P'Tit Trois, Eddie, Min et Julie ne pourraient pas être plus différents, et en même temps plus amis. Ils partagent un catalogue de vente par correspondance, trois dollars à dépenser et un grand désir de découvrir le monde. Et quand, au lieu du revolver qu'ils ont commandé arrive une vieille montre qui ne fonctionne même pas, les quatre n'hésitent pas une seconde et partent vers Chicago pour récupérer leur revolver.
    Au cours de leur voyage, ils rencontreront des tricheurs professionnels, des flics véreux, des méchants qui semblent gentils et des gentils qui ne le sont pas du tout... un crime non résolu et beaucoup, beaucoup d'argent...

  • De retour à la Maison des enfants de Sèvres, Catherine se lance dans le monde. Poussée par Goéland et Pingouin, elle commence une carrière de photographe-reporter. Mais, au début des années 50, il ne fait pas bon être une femme dans ce milieu exclusivement masculin. Et si la guerre est finie, les combats, eux, ne manquent pas. À commencer par le féminisme, que Catherine découvre avec Simone de Beauvoir. Sa rencontre avec Mavis, chanteuse noire américaine qui a fui les États-Unis pour s'installer en France, la pousse à réaliser un vieux rêve. La voilà embarquée pour trois mois dans cette Amérique de l'après-guerre, où le meilleur côtoie le pire. À sa façon, Catherine lutte. Et peut-être que cette lutte lui permettra de faire la paix avec celle qu'elle était avant la guerre, cette jeune adolescente qu'on appelait « Rachel Cohen ».

  • Voyage à Pitchipoï raconte la tragédie d'une famille juive, en France, pendant la guerre, une tragédie qui fut celle de millions d'autres familles. En 1942, l'auteur de ce livre avait six ans. Sa famille fut arrêtée, par des gendarmes allemands et français, et dispersée. Le narrateur et sa petite soeur furent d'abord confiés à des voisins jusqu'à ce que le maire du village fasse appliquer la décision du capitaine S-S, Commandeur de la région et responsable des mesures de répression antisémite : L'accueil d'enfants juifs dans des familles françaises est indésirable et ne sera autorisé en aucun cas. Les deux enfants furent alors enfermés dans une prison, puis transférés au camp de Drancy, où la petite fille tomba malade, par malnutrition. Pendant toute cette période, ils restèrent sans nouvelles de leur mère, qui avait miraculeusement réussi à s'échapper et n'avait pas été reprise, malgré les portes qui s'étaient souvent fermées lorsqu'elle avait demandé de l'aide. Après des mois de vie clandestine, à la Libération, ils retrouvèrent leur maison. Ils ne devaient jamais revoir leur père.

  • Regina vient d'Ouzbékistan. Sur la place d'une ville allemande, dans la nuit et le froid, elle attend, seule. Son père a été assassiné sous ses yeux, sa mère a fui précipitamment en Europe. Mais la jeune réfugiée veut croire au pouvoir de la mémoire, croire en un monde meilleur. Pour sublimer l'attente, elle se rappelle sa vie passée et les gens qu'elle a aimés...

  • Hier, mon père est rentré de son cabinet à l'heure du dîner, a rassemblé toute la famille dans son bureau et nous a annoncé, funèbre, que Paris était à feu et à sang . Des échauffourées entre étudiants et CRS avaient lieu dans le Quartier Latin. Un après-midi, j'étais monté jusqu'à la rue Soufflot et à la rue Gay-Lussac. Où avais-je le plus de chance de tomber sur elle, sinon là, au coeur des événements...

  • Perry Anderson, Edward Palmer Thompson, David Harvey, Moishe ­Postone, Derek Sayer, Simon Clarke, Robert Brenner, Ellen Meiksins Wood et David McNally : neuf penseurs importants dont l'influence grandissante marque un renouveau de l'apport de ­l'oeuvre de Marx et de ses successeurs au champ des sciences sociales. Chaque chapitre décrit le parcours intellectuel de l'une de ces figures.

  • De l'asile à la psychiatrie en secteur, voici un récit de voyage en terre de psychiatrie, contrée semée d'embûches, de mensonges et de lâchetés « trop humaines » où se joue le vrai drame de la folie.

    Tout au long de son parcours de psychiatre, l'auteur voulut avec beaucoup de conviction faire évoluer les soins proposés aux patients, guidé par un attachement profond à la psychanalyse. Son témoignage croise l'histoire de la psychiatrie strasbourgeoise et de ses acteurs (Théophile Kammerer, René Ebtinger, Lucien Israël notamment) et interroge le devenir de cette spécialité.

  • Roger Gentis (né en 1928) est l'un des psychiatres les plus représentatifs de sa génération, celle qui s'est élevée contre l'enfermement asilaire et une pratique psychiatrique aussi pauvre que répressive ; qui, bénéficiant de l'ouverture qu'offrait la psychanalyse et de l'effervescence de la pensée qui s'ensuivit, a expérimenté, mis en oeuvre dans le cadre de la psychiatrie publique, de nouvelles pratiques de soin (psychothérapie institutionnelle notamment) et a contribué à une nouvelle considération de l'homme souffrant. La rencontre avec ce psychiatre inventif, brillant pamphlétaire et homme d'écriture, permet non seulement d'avoir une vision précise des enjeux de la psychiatrie contemporaine mais aussi d'entendre que la clinique n'est pas concevable sans un extrême souci de l'autre.
    Patrick Faugeras est psychanalyste, traducteur, directeur de collection aux Editions Erès.

  • La « saga lacanienne » vue depuis Nice et Monaco, Toulon, Aix-Marseille, Montpellier, Toulouse... : une autre histoire de la psychanalyse, une géo-histoire.

    Ce livre resitue les débuts de Lacan dans le contexte de la guerre et des collectifs qu'il côtoyait dans le Midi à cette époque : le phalanstère surréaliste d'Air-Bel, les Cahiers du Sud de Jean Ballard, la campagne Pastré, les Croque-fruits d'Itkine, l'hôpital de Saint-Alban... Il raconte l'implantation fulgurante des lacaniens dans le Midi à partir des années 1960 sur la base d'une centaine d'entretiens inédits réalisés avec les pionniers de cette aventure. Se former, exercer loin de Paris : quelle différence, quels enjeux ? Quelle logique ? L'ouvrage propose enfin des éléments de réflexion sur les rapports entre psychanalyse et invention d'un nouveau lien social.

     

  • Lire l'entretien avec l'auteur (propos recueillis par Audrey Minart)

    Peut-on considérer les fous, non plus comme des personnes à part, mais comme des personnes à part entière ? Aujourd'hui, le mouvement des usagers en santé mentale revendique de faire entendre sa voix, à l'égal d'autres publics défavorisés. Au sein du mouvement des personnes handicapées qui proclame  « Rien à notre sujet sans nous », le mouvement Advocacy France a pour devise : «  Le jour où des personnes peu habituées à parler seront entendues par des personnes peu habituées à écouter, de grandes choses pourront arriver. » L'ambition de l'ouvrage est de dépasser la pétition de principe pour interroger les fondements de la démarche.

    L'auteur analyse le chemin parcouru par les intéressés eux-mêmes entre la disqualification des « fous » et la prise de parole des « usagers » afin d'éclairer les concepts en oeuvre dans le mouvement d'émancipation des personnes en souffrance psychique. S'appuyant sur leurs témoignages et sur une recherche historique et philosophique, l'ouvrage s'inscrit dans le mouvement des madstudies qui reste, en France, à développer. Si la disqualification a longtemps été le sort des « fous », comment la comprendre pour mieux la contester ?

  • À qui profitent les ressources du Québec ? Qui contrôle nos forêts, nos mines et les produits de nos terres agricoles ? Qui choisit la voie qu'empruntera notre développement hydro-électrique ? Qui décide du sort de nos réserves d'eau potable ? Si, depuis la Révolution tranquille, nous sommes vraiment «maîtres chez nous», d'où vient ce sentiment que nos ressources sont encore pillées?

    Dépossession répond à ces questions persistantes, attaquant l'idée - chère à l'imaginaire québécois - selon laquelle le projet de souveraineté économique des années 1960-1970 est accompli. L'histoire ici retracée est celle d'une perversion, d'une corruption au sens propre du terme. Est-il en effet possible que la Révolution tranquille ait contenu en germes le néolibéralisme que l'on connaît aujourd'hui ?

    Parcourant l'histoire de l'agriculture, de la forêt, des mines, de l'énergie et de l'eau, cet ouvrage met à nu les racines du malaise profond qui perdure depuis plus de quarante ans lorsqu'il est question de nos ressources naturelles. Il sera suivi d'un deuxième tome sur les services publics.

  • Dans l'intimité des enfants des grands dictateurs de l'histoire du XXe siècle Dans l'intimité des enfants des grands dictateurs de l'histoire du XXe siècle Acteurs involontaires d'un scénario dont ils n'étaient pas maîtres, certains ont dû offrir leur innocence à un régime qui voyait en eux une continuité dynastique. D'autres, au contraire, ne furent pas mieux traités que le reste de la population : mis en avant pour servir une propagande dogmatique ou dissimulés, exilés, niés pour ne pas faire d'ombre à un père inaccessible.
    Cet ouvrage collectif vous propose ainsi de pénétrer dans l'intimité de ces " enfants de ", découvrir et expliquer le contexte de leur enfance, leur rapport au père et au combat pour le pouvoir.
    Une fois adulte, comment ces enfants ont-ils vécu leur filiation ? Ont-ils prolongé l'action paternelle ou au contraire s'en sont-ils vivement détournés ? Si certains de ces enfants assument et même revendiquent l'héritage paternel, pour d'autres, c'est un poids trop considérable.
    Ils s'appellent Carmen, Svetlana, Li Na, Alina, Aleksandar... Fils et filles de Staline, Mussolini, Franco, Mao, Ceausescu, Castro, Duvalier, le Chah d'Iran, Kim Il-sung, Bokassa, Mobutu, Pinochet, Hussein, Kadhafi, Moubarak, Loukachenko et el-Assad, c'est leur histoire qui va vous être contée ici avec passion par des historiens et journalistes spécialisés.

  • Pionnier au Portugal, son pays d'origine, Amadeo de Souza-Cardoso (1887-1918), fut aussi bien in fluencé par l'impressionnisme que par le fauvisme, l'expressionnisme et le futurisme. C'est en côtoyant des artistes tels qu'Amedeo Modigliani, Diego Rivera et Gaudí avec qui il se lia d'amitié qu'il développa son propre style, mêlant tradition et modernité. Emporté prématurément par la maladie, cet artiste avant- gardiste encore peu connu laissa quelque cent-cinquante toiles et reste considéré comme l'un des plus grands artistes portugais de sa génération.

  • Du haïku au poème narratif, de la poésie religieuse à la posture politique désabusée, du désir intense de beauté au désir frénétique de mettre le feu au monde, du vécu quotidien à sa transmutation en parole poétique, du ludique, de l'ironique et du plaisir des mots à l'engagement sociopolitique et à la dénonciation violente des injustices - les poèmes rassemblés ici reflètent toute la gamme des préoccupations des poètes acadiennes des 20e et 21e siècles.

  • Comment l'idéologie économique dominante fait-elle pour s'emparer des esprits ? L'évolution comportementaliste et scientiste (neurobiologique et génétique) de la psychiatrie contemporaine, répond aux intérêts du néolibéralisme. Elle autorise ainsi une dérive gestionnaire et sécuritaire visant à renforcer la conformité de chacun et de tous aux normes dominantes. Cette instrumentalisation de la psychiatrie par le sarkozisme, au mépris de la santé mentale, légitime la sélection eugénique des individus les plus performants , aptes à s'adapter aux impératifs insensés de la croissance de l'économie de marché et de consommation.

    Olivier Labouret est médecin-psychiatre à Auch (32). Il est vice-président de l'Union syndicale de la psychiatrie, membre de la commission santé nationale des Verts et secrétaire d'Attac (comité local du Gers)

  • Après avoir fait connaître l'incroyable histoire de son ancêtre et de sa lignée, dans «L'étonnant destin de René Plourde» et «Le clan Plourde», Anne-Marie Couturier raconte celle de Flavie, fière descendante du pionnier René.
    Née au début du siècle dernier dans le New Hampshire, Flavie Plourde va passer sa vie au Madawaska. Aînée d'une famille nombreuse, elle devient rapidement le bras droit de ses parents. À cinq ans, elle pétrit déjà le pain. L'école ne sera pas pour elle, ou si peu. En 1918, elle se marie avec Benjamin, son ami d'enfance, et va s'établir avec lui chez sa mère, dite Mémé, pour s'occuper d'elle et de la ferme. Les relations entre Flavie et sa belle-mère acariâtre s'avèrent pour le moins difficiles. Bientôt, la situation deviendra intolérable et Flavie devra faire des choix douloureux pour elle et ses nombreux enfants.

    À travers le portrait de Flavie, Anne-Marie Couturier rend hommage à toutes ces femmes de caractère qui ont bravé les difficultés de la première moitié du XXe siècle et vécu les premiers balbutiements du féminisme qui ont mené notamment à l'obtention du droit de vote.

  • « J'ai commencé ce livre à l'été 2014, à l'heure d'une .épidémie d'Ebola entraînant le retour sur le devant de la scène d'anxiétés collectives fortes. Cet été fut aussi saturé de discussions polarisées autour des refus du vaccin contre la rougeole dans plusieurs États américains et du décès du comédien Robin Williams, mort volontairement de sa dépression, le "cancer de son âme" ont dit certains. La métaphore du cancer, populaire auprès des médias toujours en quête de sensations fortes, est devenue un outil pour frapper les esprits et appeler à la lutte contre une kyrielle d'organismes pathogènes, que ce soit Ebola ou le terrorisme. La médecine et la santé sont au coeur de nos vies et de nos discours, certes, mais les interrogations entourant le rôle de la première dans la seconde restent nombreuses. C'est de cette relation qu'il sera fait état dans ce livre.

    Cette petite histoire de la médecine se penche à la fois sur la construction de sysèmes de santé, la médicalisation des corps féminins, la (sur)consommation de médicaments et l'éradication des maladies infectieuses ici et ailleurs dans le monde. Elle veut répondre à des questions d'une actualité brûlante : Pourquoi qualifie-t-on de "scientifique" (et moderne) notre médecine ? Qui définit la "bonne santé" et selon quels critères ? Pourquoi le "Sud" est-il en moins bonne santé que le "Nord" ? Comment expliquer l'engouement récent pour les médecines "douces" ? Peut-on être en bonne santé sans le concours d'un médecin ? » - Laurence Monnais

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