• Entre 1987 et 1994, Pierre Soulages réalise les 104 vitraux de l'église abbatiale Sainte-Foy-de-Conques, en créant un verre non coloré et translucide, qui respecte les variations de la lumière naturelle.
    Dans un texte inédit, Bruno Duborgel porte un regard nouveau sur le travail de recherche de l'artiste qui a réalisé plus de 700 tentatives avant de parvenir au résultat espéré !
    En mettant en dialogue la réflexion de Pierre Soulages avec des vues intérieures et extérieures des vitraux de l'église, le texte révèle la longue aventure créatrice de l'artiste, traversée de questions esthétiques, spirituelles et technologiques.
    Les vitraux de Pierre Soulages expriment ainsi le passage du temps. Leur nature «physique» est un tremplin pour une expérience poétique, une méditation d'ordre métaphysique.
    Elle révèle une lumière qui, selon les mots de l'artiste, «propose de la contemplation, du silence, de la concentration, de l'intériorité».

  • Zao

    Richard Texier

    Sur un ton à la fois vif et tendre, Richard Texier dévoile son amitié de vingt ans avec Zao Wou-ki : depuis leur rencontre au Maroc, au début des années quatre-vingt-dix, jusqu'à la mort du peintre chinois en 2013. Les anecdotes légères se mêlent à l'évocation de moments
    profonds où les deux hommes dialoguent sur l'art, peignent ensemble parfois, toujours dans ce mouvement joyeux qui caractérise les oeuvres de l'un comme de l'autre. Avec ce récit à la fois touchant et gai de leur amitié, Richard Texier offre à son ami un beau cadeau
    d'adieu, habité par la dimension charnelle et sensuelle du geste artistique.

  • Une Renaissance est amorcée. Elle apparaît comme une réponse aux problématiques environnementales, sociétales et éthiques brûlantes qui posent à notre époque la question de la survie de l'espèce humaine. Artistique, philosophique, politique, elle prend acte des révolutions scientifiques des dernières décennies et se positionne face aux promesses technoscientifiques et transhumanistes. La Renaissance sauvage répond à l'urgence des problématiques environnementales et sociétales actuelles, et aux aspirations de plus en plus fortes à l'adoption de nouveaux modes de vie sur Terre. L'homme ne se comporte plus en maître et possesseur, imposant ses volontés à une nature passive et sans finalité. Il se met à l'écoute d'un nouveau partenaire : le monde qui l'entoure. Il découvre le potentiel de ses forces, le sollicite, s'y implique et les conjugue avec les siennes. Une nouvelle ère se dessine, rendant l'homme à sa dignité « sauvage » et donnant sens, joie et ambition à son existence. L'art d'aujourd'hui sert d'esquisse à ce nouveau projet de société.

  • Rétine

    Théo Casciani

    Les lumières de la salle d'exposition avaient imprimé quelques taches sombres sur ma rétine, et lorsque je finis par dévier le regard en découvrant une silhouette en fuite, j'eus le temps d'apercevoir l'image de ses yeux vairons qui pleuraient.

  • Huit ans après la parution de son dernier livre, Nicolas Bourriaud brise son silence avec L'Exforme, une méditation étonnante sur notre condition à l'âge de la multiplication des déchets - déchets du capitalisme, de la consommation, de l'industrialisation, des rêves nucléaires. Comment apprendre à vivre dans un monde de déchets ? Pour Nicolas Bourriaud, la réponse est claire : un tel apprentissage ne peut se penser sans le secours des oeuvres de l'art d'aujourd'hui - oeuvres qui ont fait du déchet leur préoccupation, leur constitution ou leur forme même. Ce dont nous avons besoin, c'est d'inventer des formes de vie qui soient des « exformes », qui acceptent de se confronter au fait qu'elles sont elles-mêmes en train de se transformer en déchets. Inspiré par les écrits de Karl Marx, Walter Benjamin et Louis Althusser, Nicolas Bourriaud propose une ronde à l'intérieur d'une nouvelle « fantasmagorie du capital » : la ronde de ce qui est rejeté, et qui, d'être rejeté, ne cesse de faire retour et de réclamer sa place. À la fois panorama remarquable de l'art contemporain, méditation puissante sur la condition politique d'aujourd'hui et essai de définir les coordonnées existentielles du présent, L'Exforme est un livre majeur.

  • Peut-on enseigner les arts plastiques ? Une didactique des arts plastiques est-elle possible ? Est-elle seulement pensable ?
    La présente contribution tente de mettre au jour l'« ailleurs didactique » qui caractérise probablement l'enseignement des arts plastiques en France. Eu égard à la fluidité permanente et au caractère désormais inévident des objets dont elle a à connaître, elle envisage l'hypothèse de concevoir cette pratique comme une conduite, elle aussi, plastique et artistique.
    Face à la supposée « crise » de l'art contemporain, comment opèrent les enseignants pour donner accès à la compréhension de l'art ? Ce livre s'adresse à tous ceux qui veulent mieux comprendre la radicale mutation de l'enseignement des arts plastiques durant ces trente dernières années. Plus particulièrement destiné aux professeurs d'arts plastiques et aux candidats aux concours de recrutement, fondé sur un vaste ensemble de situations d'enseignement, l'ouvrage réunit :
    - un rappel des principales références conceptuelles qui ont contribué à définir la discipline ;
    - l'avancée de quelques modèles théoriques permettant de penser la spécificité didactique des arts plastiques ;
    - une mise en débat des principaux enjeux de cet enseignement si particulier.

  • Gerhard Richter est un immense artiste. C'est surtout un grand peintre d'Histoire dont l'oeuvre, déjà si accomplie, sort régénérée de la lecture de ce livre. Soit une enquête au coeur du système nazi de stérilisation et d'euthanasie des « faibles d'esprit » : une entreprise criminelle épouvantable dont sera victime la jeune tante du peintre. Celle-là même avec qui il figure, à l'âge de quatre mois, dans son célèbre tableau Tante Marianne peint en 1965 à partir d'une photographie prise en juin 1932, déclarée schizophrène et à l'élimination de laquelle participera comme médecin accoucheur et SS-Obersturmbannfürher le futur beau-père de Richter, Heinrich Eufinger, dont il épousera la fille Ema en 1957 - sans conscience ou connaissance de l'extraordinaire entrelacement des faits que relate l'ouvrage.
    Voilà Richter rattrapé aussi par l'histoire : songeons à l'exil forcé de David ou à la fuite économique contrainte de Courbet, l'homme des allégories réelles, à qui l'on facture abusivement le rétablissement de la colonne Vendôme. Le premier est déclaré régicide, le second est un actif sympathisant de la Commune : c'est leur personne et la fin de leur carrière artistique qui sont concernées. Alors qu'avec Richter, à qui l'on doit en 1988 le fulgurant cycle pictural chroniquant à distance la fin des chefs de la Fraction Armée Rouge à la prison de Stammheim, c'est sa production de tableaux du milieu des années 1960 qui se voit reprise, obligeant salutairement à revoir l'approche de la totalité d'un travail qui n'est sûrement pas réductible à un discours conceptuel sur les styles ou à la seule délectation formelle.



  • - Les politiciens ne remarquent les pauvres que quand les ghettos brûlent. Brûle le drapeau, brûle les églises. Brûle !
    - Brûlons, mais ça réchauffera l'atmosphère !
    - Saviez-vous que, au début du processus de l'Anéantissement, Soupier était un homme d'affaires, et même un des premiers investisseurs de la World Bank ?
    - Tant pis.
    - Vous êtes sans doute un des tenants de l'anticulture ?
    - L'esprit coercitif de l'anticulture me dérange.
    Érudit et pince-sans-rire, disert et culotté, John Culard truffe d'anecdotes le panorama de l'art qu'il brosse, des intentionnistes au mouvement Dodo en passant par le Programme des projeteurs. Il aborde les thèmes de société, chamboule la bourse des valeurs, met en lumière les paradoxes de l'époque et ses points de non-retour.
    L'humour belge dans toute sa finesse.

  • Bien que Richter se soit exprimé à maintes reprises par la parole et l'écrit, jusqu'à présent il s'est toujours montré réservé quant à la publication de ses textes. Hormis de nombreuses interviews, seuls quelques fragments de textes isolés ont été publiés ici et là.
    Outre ses notes et extraits de journal écrits au fil des mots, trouvera-t-on des essais, des lettres, prises de positions et déclarations, manifestes, entretiens, conversations et dialogues.
    Les notes écrites de Richter accompagnent l'acte de peindre, elles le mettent en question et subissent même son correctif. Au lieu d'un texte anticipatoire et explicite, apparaissent une pensée synchrone et une réflexion ultérieure, raisonnée au sens le plus littéral du terme, où le réfléchir sur soi-même est le prolongement du doute.
    Comme nul autre artiste contemporain, Richter s'interroge sur le possible et l'impossible, sur la fonction et l'autonomie de l'art actuel.

  • Les mutations récentes de l'art contemporain conduisent à l'apparition d'un nouveau personnage sur la scène de l'art, le curateur, dont les champs d'intervention et les modes d'action se distinguent de ceux traditionnellement attribués aux commissaires d'exposition. Le curateur ne se contente pas d'être au service des artistes ou des institutions culturelles : il entend participer à la création et à l'extension de cette scène artistique au-delà des limites qui lui sont habituellement assignées. Le curateur peut de ce fait occuper différents rôles, parfois simultanément : artiste, activiste, programmateur, critique, conservateur... Il incarne ainsi un « travailleur culturel » d'un nouveau genre, qui n'est pas entièrement du côté de la création et pas non plus complètement du côté de la réception ou de la transmission de l'art. S'intéressant davantage à des processus, dispositifs ou relations qu'à des objets autonomisés, sa responsabilité ne se limite plus au domaine de l'art et cherche à s'inscrire dans l'espace public.

  • Voici le récit, par son ami Francesco Bonami, du parcours de l'artiste italien, une des plus grandes figures du monde de l'art. De ses débuts dans les milieux populaires de Padoue, dans les années 1960, à l'annonce de la fin de sa carrière d'artiste, associée à la rétrospective qui lui a été consacrée en 2011 au Guggenheim, à New York, sont évoquées la genèse de ses grandes oeuvres et sa propre réaction au monde de l'art, et aux exigences liées à l'identité d'artiste.
    « Je suis Maurizio Cattelan » a déjà eu de multiples occurrences, quand tel ou tel endossait, pour des entretiens ou des conférences, la « personna » de cet artiste italien abonné des magazines, des collectionneurs et des rumeurs les plus enthousiastes du monde de l'art.
    Francesco Bonami a pris les commandes - comme un pirate qui détourne l'avion en vol - du jet(set) de la Cattelan Air, pour une autobiographie non autorisée, où le rusé commissaire d'exposition tient le « je » de l'artiste en haute estime au point d'écrire sans filet ses faits et gestes depuis l'enfance à Padoue jusqu'à sa récente démission de l'art après une rétrospective magistrale au musée Gugenheim de New York.
    à 52 ans, Cattelan met un point final (?) à une carrière brillante, ponctuée d'oeuvres dérangeantes, polémiques et poétiques à la fois.
    Bonami, son ami, le considère pour ce qu'il est ; un artiste né pauvre dont la success story est restée sous contrôle - hinterland italien aidant.
    « J'ai été Maurizio Cattelan » le temps d'un court livre qui dévoile des moments furieux quand j'ai dû faire le choix du gendarme ou du voleur, de la maman ou de la putain, du clown blanc ou de l'amuseur public, quand j'ai eu l'idée de devenir artiste d'art contemporain - cette discipline qui permet tout et son contraire, qui autorise, parfois, tout un chacun à frôler les sommets sans périr foudroyé, qui a su, il y a si longtemps, créer les conditions d'un bouleversement du monde, et qui a échoué en fin de compte.
    Heureusement...
    « Je deviendrai Maurizio Cattelan » si Dieu le veut et si Francesco Bonami le souhaite encore. Le reste est déjà une légende urbaine qui s'étudie dans les classes propédeutiques.
    Il aurait pu s'endormir dans les délices de Padoue, il en a juré autrement ; aujourd'hui, Maurizio Cattelan, qui a repris son nom véritable, officie incognito aux commandes de la plus belle boutique de la ville ; un magasin général.

  • Stéphane Couturier

    Stephane Couturier

    • Naima
    • 4 Octobre 2017

    Le travail de Stéphane Couturier débuté dans les années 90 à Paris a acquis une envergure internationale tant par ses sujets que son exposition.

  • À New York New York, deux jeunes artistes au chômage se grisent de vernissages underground, de soirées drague et de poésie sonore. On reconnaîtra peut-être, derrière ces personnages, l'image réinventée d'Andy Warhol et de John Giorno, l'unique acteur du film Sleep. Mais ce n'est qu'un détail dans cette histoire de sommeil, d'art plastique et de poésie.
    Une épopée comique où s'entend, en sourdine, une inquiétude sur le devenir de l'art et de la littérature.

  • Penser à ne pas voir réunit les principaux textes consacrés par Jacques Derrida à la question des arts depuis la parution, en 1978, de La Vérité en peinture.
    À travers ces interventions de facture diverse (études, conférences, entretiens) s'échelonnant sur vingt-cinq ans et portant autant sur le dessin et la peinture, la photographie, que le cinéma, la vidéo et le théâtre, le lecteur pourra suivre les concepts issus de la déconstruction, mieux saisir toute la cohérence de la critique de la représentation et de la visibilité à l'oeuvre dans le travail de Derrida et, surtout, prendre la mesure de ses axiomes les plus inventifs en ce qui concerne l'oeuvre d'art et son commentaire.
    /> Une bibliographie détaillée et une filmographie complètent l'ouvrage.

  • Dans cette première pièce de théâtre audacieuse, Christophe Dupuis nous emmène sur les pas d'un spécialiste de la biologie arctique et d'une artiste contemporaine reconnue, embarquant ensemble pour une expédition d'observation des ours polaires. Tout les oppose et pourtant, ils seront confrontés l'un à l'autre dans un huis clos passionnant, où un événement tragique de leur passé les reliera contre toute attente... et au péril de leur propre vie.
    Rêver à de vastes étendues alors que l'on doit s'enfermer en raison d'une pandémie, qui ne l'a fait ? L'auteur a transformé ce désir en un texte qui nous emporte dans les paysages et les mystères du Svalbard.
    La forme dramatique s'est naturellement imposée à Christophe Dupuis qui, depuis une quinzaine d'années, participe à l'aventure d'une troupe de théâtre en amateur.

  • Première édition critique des écrits de Lucio Fontana (1899-1968), figure incontournable de l'art italien des années 1950 et 1960, fondateur du spatialisme et auteur des Concetti spaziali (Concepts spatiaux), cette anthologie inédite réunit les manifestes, textes et entretiens de l'artiste. Chaque écrit est contextualisé par une introduction et annoté afin de donner au lecteur des clefs de compréhension.
    Cette édition est précédée d'un essai qui s'attache à analyser et à relire l'oeuvre de Lucio Fontana en mettant en dialogue sa part textuelle et ses réalisations plastiques dans la perspective de saisir la diversité de ses modes d'expression (peinture, sculpture, céramique, environnement) dans le contexte de la création européenne et américaine de la seconde moitié du XXe siècle.

  • Neufs patients des unités psychiatriques, trois soignants et un animateur de l'hôpital Albert Chenevrier de Créteil, ainsi qu'une dizaine d'intervenants extérieurs-un écrivain, un danseur, des étudiants des Beaux-Arts de Paris et leur enseignant Marc Pataut-,ont mené une activité artistique collective, de septembre 2014 à juin 2015. Celle ci a donné lieu à une chorégraphie et à une exposition présentée à l'été 2015 à Créteil et à cet ouvrage, conçu entre 2016 et 2018. Ce livre vise à rendre compte, à travers un montage de documents mêlé à un récit du mouvement de cette activité, de l'esprit d'expérimentation qui l'a conduite, de l'imaginaire et des formes auxquels elle a donnée corps.

  • Ce catalogue un brin extravagant est une manière ludique de pénétrer l'histoire de l'art contemporain. Des actions réalisées dans le champ de l'art y sont décrites comme de petits synopsis parlant à chacun selon sa sensibilité, ou encore comme des partitions interprétables par tous. Leurs auteurs peuvent être identifiés en allant au répertoire situé en fin d'ouvrage. Les initiés pourront ici reconnaître et contrôler le bien-fondé de leurs connaissances, et les non-spécialistes découvrir ce qu'ils croyaient auparavant impossible ou déraisonnable.
    Les mille interventions qui constituent cet ouvrage, apparaissant politiques, absurdes, philosophiques, obscènes, voire poétiques, ne manquent pas de nous questionner sur ce qu'est ou ce que prétend être l'art aujourd'hui, tant dans les motivations des créateurs, dans leurs pratiques, que dans leurs conceptions du beau, du bien ou de la vérité.
    Cette version numérique propose un véritable système de lecture interactif vous permettant de naviguer entre les actions présentées et leurs auteurs facilement et rapidement, de retrouver aisément parmi tous les artistes présentés un artiste en particulier...

  • Après un séjour à New York où triomphe l'expressionnisme abstrait, Jean Clair regagne Paris où le climat intellectuel depuis mai 68 est propice à s'ouvrir à « l'avant-garde ». Temps des premières « installations », des premiers « concepts » et des premiers « happenings »...

    Jean Clair est de ceux qui écrivent, avant les autres, sur la nouvelle génération d'artistes, les Buren, Boltanski, Sarkis, Le Gac, Viallat, dans une revue que venait de fonder Aimé Maeght, Les Chroniques de l'art vivant, et qu'il dirigea de 1969 à 1975. Cette revue, qui vit le jour avant Art Press (1972) était un lieu d'observation privilégié pour rendre compte des mutations qui agitaient le milieu de l'art, tant dans les arts plastiques, que dans la musique, le cinéma et la danse.Parallèlement, il écrit dans la NRF à propos des grandes manifestations internationales, Biennale de Venise et Documenta et, à mesure, prend de plus en plus ses distances par rapport à cette avant-garde qui s'institutionnalise avant de devenir, à ses yeux, sous le nom d'« art contemporain » ce qu'avait été l'art pompier pour les amateurs fortunés du XIXe siècle.

    Les chroniques consignées dans ce livre témoignent d'une époque où, sous l'influence des États-Unis qui promeuvent et vendent un art autochtone qui balaie l'art ancien, essentiellement européen, un nouveau marché se crée, de plus en plus spéculatif, qui ne cessera de s'étendre de New York à Moscou et de Venise à Pékin, destiné à une riche oligarchie internationale.

  • L'art contemporain doit être interrogé dans sa logique globale, au-delà de la pluralité de ses productions. Il peut ainsi être envisagé comme un style artistique homogène, dont les déclinaisons s'effectuent sur un fonds mythologique, qui ne saurait être compris indépendamment des transformations sociales et culturelles des sociétés dans lesquelles il s'inscrit.
    Plus qu'une histoire de l'art, ce livre propose donc une genèse de l'art contemporain, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à nos jours. Il s'articule en deux parties, l'une historique, l'autre esthétique, pour envisager la question d'un point de vue à la fois extérieur (celui de l'historien et du philosophe) et intérieur (celui du critique d'art et de l'esthéticien).
    Il propose ainsi une reconstitution du monde de l'art dans lequel l'oeuvre n'est qu'une étape, dans le cadre plus vaste d'une dynamique sociale, économique et politique. L'analyse de la symbolique des pièces, des actes qui les valorisent et des discours qui les soutiennent, permet de poser les bases d'une sociologie de l'esprit du monde de l'art, en perspective avec l'évolution générale des sociétés occidentales. L'enjeu de cet ouvrage consiste alors à penser l'esthétique de l'art contemporain dans sa relation avec le devenir d'une économie politique globalisée.

  • La revue expérimentale et subjective dédiée à l'exploration des scènes artistiques à travers le monde fait escale à Paris et dresse un portrait décalé et distancié de la scène parisienne et française, à travers la restitution de groupes de travail et grâce aux contributions de 70 intervenants (artistes, collectifs, écrivains, curateurs, enseignants, étudiants, sociologues ou encore urbanistes), qui interrogent la notion d'auteur, d'expertise et la légitimité d'une scène artistique, du marché de l'art et d'initiatives plus audacieuses. Numéro intégralement bilingue français / anglais.

    Ce quatrième numéro de la revue Peeping Tom's Digest a pour particularité de prendre pour point de départ Paris, ville de résidence des membres de Peeping Tom. Pour conserver une distance nécessaire à l'égard d'une scène qui lui était familière, le collectif a privilégié les initiatives et les acteurs pour qui un certain recul (géographique, temporel, émotionnel, économique, idéologique, etc.) était choisi ou subi : étrangers vivant à Paris ou en résidence, Français basés à l'étranger, nomades et dromomanes de passage, initiatives situées en banlieue parisienne ou en province, le milieu étudiant, acteurs ayant quitté la scène artistique ou ayant une autonomie financière en dehors du monde de l'art, regard d'autres professions, pratiques isolées, transversales, inclassables, etc. L'ensemble des contributions questionne les notions de territorialité, d'appartenance et de cloisonnement et dresse un portrait, majoritairement en creux, de « la scène artistique parisienne ».
    La résidence du collectif au Cneai (Centre National Edition Art Image à Chatou en banlieue parisienne) entre 2014 et 2015, a permis la mise en place de cinq groupes de travail autour d'évènements, privés ou publics, venant alimenter la conception éditoriale du livre : diners, performance, table ronde, etc.
    Entièrement bilingue français / anglais, ce numéro réunit plus de 70 intervenants autour d'une quarantaine de textes et de contributions artistiques. Il est accompagné d'un poster rendant visible la généalogie et le fil conducteur de son élaboration ainsi que d'un supplément RURAL, spécial Limousin. Une extension en ligne présentera des contributions inédites.

  • Depuis 1979, les critiques d'art chinois ont accompagné le développement de l'art contemporain, participant à la renaissance de la vie intellectuelle durement éprouvée sous le règne de Mao. Cet ouvrage présente d'une part le paysage intellectuel dans lequel s'est construite la discipline, et d'autre part les textes théoriques et leur réception dans le milieu académique. Attirés au départ par la pensée occidentale, un champ référentiel qui s'étend de Platon à Danto, les critiques chinois se sont tournés ensuite vers le corpus classique, pour forger des outils « propres à la Chine » afin de ré-écrire une histoire de l'art contemporain chinois délivrée du carcan post-colonial, mais au risque de se prendre au piège d'un nationalisme insidieux encouragé par le Parti communiste. Que ce soit Gao Minglu, Li Xianting, Wang Lin ou encore Wang Nanming, tous questionnent la méta-critique, le sort et l'essor de la modernité et du postmodernisme, les discours historiques ou l'art abstrait et ses liens avec la calligraphie.Qu'ils récusent les concepts occidentaux jugés inaptes pour interpréter l'art chinois ou recourent aux concepts classiques, qu'ils défendent une démarche universelle et condamnent les artistes et les critiques qui brandissent leur identité chinoise, ils aspirent à un art « au service du peuple », produit par des artistes intégrés à la société. Leurs écrits attestent de la vitalité de la critique d'art contemporaine chinoise.

  • Publié pour la première fois en 1997, cet ouvrage, déjà réédité cinq fois dans la collection « Intervention philosophique », est paru dans un contexte de polémique virulente sur la « valeur » de l'art contemporain en France. L'auteur reprend, dans une préface inédite, les arguments en présence, la réception du livre ayant favorisé, pour le public, une prise de conscience générale et le fait « que les idées (puissent) être discutées et analysées... Le débat a eu un effet positif, ne serait-ce qu'en dédramatisant les choses », car nous avons vécu « la fin de l'utopie de l'art et (...) nous sommes entrés dans un autre paradigme de production et de représentation ».

  • L'automne 2014, à Paris, fut marqué d'un événement artistique qui créa des débats à travers le monde : la Chocolate Factory, exposition de l'artiste californien Paul McCarthy, à la Monnaie de Paris, accompagnée, pendant quelques jours, de l'érection d'une sculpture gonflable sur la place Vendôme, Tree.

    On prit alors position, pour et contre cette oeuvre puissante, qui remettait en cause notre conception de l'espace public ; l'artiste fut attaqué physiquement ; et ce fut la question de la liberté de l'art, et de la liberté en elle-même, qui se trouva en jeu. Une oeuvre d'art avait ébranlé notre existence.

    En contrepoint des réactions qu'elle avait provoquée, l'exposition s'était aussi accompagnée d'une invitation faite au philologue Donatien Grau à concevoir, en dialogue avec l'artiste, un programme de conversations où certaines des figures les plus éminentes et les plus créatives de la vie de l'esprit français vinrent évoquer, à la Monnaie de Paris, leurs travaux, et inscrire cette oeuvre dans leur horizon.

    Ce livre rassemble ces paroles, à la fois réponses de pensées libres à une oeuvre exemplaire, et manifestations accessibles des recherches menées, de la numismatique à la sociologie, de l'histoire de l'art à la poésie, de la chocolaterie à la philosophie, par toutes ces figures qui vinrent ainsi s'exprimer. On y entend leurs voix, et on découvre, avec Paul McCarthy, l'extraordinaire ouverture actuelle des horizons de la pensée, en France.

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