• Flaubert

    Marie-Hélène Lafon

    Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part : lectures inaugurales, compagnons de tous les jours, sources auxquelles on revient. La collection « Les auteurs de ma vie » invite de grands écrivains d'aujourd'hui à partager leur admiration pour un classique, dont la lecture a particulièrement compté pour eux.
    « Flaubert à cheval.

    Flaubert fut beau.


    Flaubert fut jeune.


    Jeune. Glorieux. Blond, bouclé. Grand et bien fait.


    Flaubert eut mal aux dents.


    Il fut foudroyé à dix-sept ans sur le chemin de Pont-l'Évêque ; on ne sait pas bien par quoi il fut foudroyé ; il le fut et il échappa au Droit et il put commencer à devenir.


    Flaubert est inépuisable.

    Flaubert for ever. » Marie-Hélène Lafon

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Léon Bloy. L'"Exégèse des Lieux Communs", livre terrible sous son apparente cocasserie, se présente sous la forme de quelque trois cents textes en deux séries où sont analysées, interprétées et commentées une à une les expressions toutes faites par quoi se traduit la "sottise bourgeoise". Comme Flaubert avec son "Dictionnaire des idées reçues", Bloy s'attaque férocement à l'homme "qui ne fait aucun usage de la faculté de penser" et se contente d'un répertoire limité à quelques formules toutes faites. L'énumération des lieux comuns fait ressortir la prédominance des préoccupations d'argent: "Les affaires sont les affaires, Qui paie ses dettes s'enrichit, Les bons comptes font les bons amis, etc." D'autres expriment avant tout la bonne conscience et l'assurance qu'il n'est besoin d'être ni un héros ni un saint pour mériter considération: "On ne se refait pas, Je m'en lave les mains, Être à cheval sur les principes, etc." Bloy s'empare à chaque fois d'une expression, et la poussant au terme de sa logique secrète, en déduit magistralement l'imbécillité ou la perversité cachée du petit bourgeois qui l'emploie. Mais ce n'est là qu'un artifice de méthode pour laisser entendre que sous chacune de ces paroles mortes subsiste la vertu inchangée de la Parole sacrée. Bloy interprète avant tout les lieux communs à la lumière de l'Écriture et le mot "Exégèse" doit être entendu ici dans son sens précis. Ce qu'il tente, c'est de tirer de l'absurdité même, ou de la pesanteur humaine, ce qui peut s'y dissimuler qui appartient à la révélation de Dieu aux hommes. Toute parole, selon lui, est "réellement dérobée à la Toute-Puissance créatrice", si bien que "les plus inanes bourgeois sont, à leur insu, d'effrayants prophètes". Dès lors, le sens le plus mystérieux réapparaît sous les pires platitudes, et le génie contemplatif et verbal de Bloy parvient sans cesse à tirer du plus pauvre langage la solennelle attestation du mystère de notre humaine nature.




  • Pascal

    Michel Schneider

    Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part : lectures inaugurales, compagnons de tous les jours, sources auxquelles on revient. La collection « Les auteurs de ma vie » invite de grands écrivains d'aujourd'hui à partager leur admiration pour un classique, dont la lecture a particulièrement compté pour eux. De Pascal, Michel Schneider a choisi de faire le portrait, non d'un visage, mais d'une écriture ; non d'un croyant, mais d'un auteur. Il fait entendre les mots de la dramaturgie pascalienne, repris et entrelacés, dans des motifs presque musicaux : ordre, vérité, coeur, figure, preuve, Dieu. « Pascal n'est personne. Il est celui qui ne sait pas qui il est mais qui le sait mieux que personne. Il est chacun de nous. Écrites pour lui seul, amères, sévères, les Pensées parlent à tous ceux qui ont souffert, désiré, perdu. » Psychanalyste et écrivain, Michel Schneider a notamment publié Glenn Gould piano solo (1988), Musiques de nuit (2001), Schumann, les voix intérieures (2006) et Prima Donna (2001).

  • "Visage rimbaldien, destin romantique, culture sur les marges, écriture de l'affrontement : tout a prêté, en un temps «fin de siècle» de réaction, de démenti et de disparition, à cette édification soudaine d'un mythe dont un homme et une oeuvre, surtout, éprouvent d'infinies difficultés à se démettre. Brutalement, sous les diverses formes de l'indexation au répertoire, de l'héritage, du recyclage, l'oeuvre fut récupérée au nom édulcoré de sa révolte même. Curieusement, alors qu'il est ainsi adulé par le public théâtral, les comédiens et les metteurs en scène, les étudiants, les jeunes, en France et encore davantage à l'étranger, l'auteur reste plutôt ignoré du milieu proprement littéraire. L'étonnante étanchéité contemporaine de la pensée et de la scène n'explique pas tout. De ce clivage entre le mythe et l'ignorance, il importe de finir rapidement. Contrer la rareté du livre critique et l'abondance spectaculaire des revues (leur côté parade), désenclaver l'oeuvre de Koltès d'une analyse presque exclusivement dramaturgique (ou d'une approche outrancièrement testimoniale), en élargir le champ référentiel, en faire valoir la tension poétique et la portée philosophique, permettre ainsi une ouverture de la lecture, toujours propice à la diversification des créations scéniques, telle est donc l'ambition avouée de cet essai.

    Christophe Bident"

  • « 'Nous travaillons dans les ténèbres, nous faisons ce que nous pouvons, nous donnons ce que nous avons. Notre doute est notre passion, et notre passion est notre devoir. Le reste est la folie de l'art.' C'est ce que Henry James fait dire à Dencombe, écrivain célèbre, dans la nouvelle Entre deux âges. Dans The Ghost Writer, roman de Philip Roth, cette phrase est épinglée au-dessus du bureau où écrit Lonoff, écrivain fantôme, l'un de ses doubles. Elle était aussi collée au-dessus du pupitre de Roth, le 5 septembre 2012, lorsqu'au cours d'un entretien il m'annonça qu'il n'écrirait plus jamais.
    Cette devise de l'écrivain tel que je le vois ou que je me vois, quand il m'arrive de croire que je le suis, m'a poursuivi de livre en livre et d'auteur en auteur durant mes séjours chez Melville, Kafka, Musil, Flaubert, Baudelaire...
    Dans ces essais sur la littérature, la psychanalyse s'est souvent invitée entre les lignes, mais non comme une série de clefs ouvrant les portes du mystère de la création. Ce n'est pas elle qui éclaire la littérature, mais l'inverse. »
    Après Baudelaire, les années profondes (1994), Maman (1999), Morts imaginaires (2003), Lu et entendu (2013) et L'auteur, l'autre, Proust et son double (2014), Michel Schneider poursuit son voyage au bout de la nuit des écrivains. Il rassemble, écrits dans le noir, des essais littéraires dispersés et publiés en revues depuis trente ans.

  • Jacqueline Lévi-Valensi, présidente de la Société des Études Camusiennes disparue en 2004, ne cessait de souligner l'actualité et la force de la pensée d'Albert Camus, «pensée qui refuse la démesure et qui, n'oubliant jamais l'exigence morale, en fait le principe de toute action.» Pour lui rendre hommage, des penseurs et des chercheurs interrogent cette pensée et le mode de rapport au monde, à l'homme et à l'Histoire qu'elle implique. Visitez le site web Albert Camus: www.webcamus.free.fr

  • Une conférence et une journée d´études internationale, intitulée « Alla fine... una riga si potrà salvare ». Dino Buzzati (1906-1972) quarante ans après, ont été organisées par l´Université de Lorraine en novembre 2012.
    Le présent volume est né comme le

  • Bernard Lazare est surtout connu comme le "premier Dreyfusard" ; il est plutôt méconnu comme journaliste, poète symboliste, écrivain libertaire et philosophe engagé. L'ouvrage nous dévoile ici le journaliste, plus exactement le critique littéraire, qui a défendu et éreinté les gens de lettres pendant cinq années, de décembre 1890 à juillet 1896, dans tous les grands journaux (la Nation, l'Événement, le Figaro, etc.), et les petites revues littéraires de l'époque. Cinq années pleines et engagées. Blum écrivait de Lazare ; "M. Lazare est né critique : il aime juger, blâmer et détruire". Pour autant, sa plume sera censurée à la suite de la publication à Bruxelles de sa brochure sur la vérité de l'affaire Dreyfus : il n'a alors et définitivement plus accès aux grands journaux. L'édition reproduit le seul ouvrage de critique littéraire de Lazare, constitué des médaillons qu'il avait publiés au Figaro en 1894, Figures contemporaines. Ceux d'aujourd'hui, ceux de demain croquent les Zola, les Lorrain, les Jean Aicard, les Joséphin Peladan et bien d'autres encore dans un style bref, concis et souvent grinçant.

  • N examine ici les paradoxes exprimés par le voisinage d'un titre poétique, Le Rouge et le Noir, avec deux sous-titres renvoyant à l'histoire contemporaine, Chronique du XIXe siècle et même Chronique de 1830. Le premier n'a certainement pas délivré encore tous ses mystères, tandis que les seconds semblent limpides, et leur coexistence intrigue.

  • La partie thématique de ce dixième numéro de la Revue Fontenelle (« Le siècle pastoral ») est consacrée au « moment Fontenelle » dans l'histoire de la pastorale, réévalué et replacé dans un temps long allant du XVIe au XVIIIe siècle: quelle cohérence construisent les oeuvres apparemment contradictoires que lui ont inspirées les débats sur l'églogue et le changement de goût de la société de son temps? quelles problématiques nouvelles et quels nouveaux débats initient-elles ?

  • La découverte du Barbier d'Ingouville ou Le retour du Barbier de Séville fait partie des bonheurs du chercheur. Pièce inédite, cette comédie alerte et ingénieuse est déjà en soi une belle trouvaille dont la lecture se savoure. Mais son cousinage revendiqué avec la célèbre pièce de Beaumarchais redouble encore son intérêt, pour l'historien de la littérature notamment, à qui s'offre ici la trop rare occasion d'approcher une de ces nombreuses parodies bien souvent introuvables. Il convient donc d'offrir à ce barbier havrais la place qu'il mérite. La pièce est accompagnée de commentaires permettant de la resituer à la fois dans l'histoire théâtrale et dans l'histoire du Havre.

  • Outil de travail inestimable et souvent mal employé, la psychanalyse, dans le domaine littéraire, après avoir frayé tant de nouvelles voies, a encore à trouver la sienne. D'abord psychobiographie, à l'origine freudienne, lecture symptomale tâchant à remonter du texte à l'auteur ; puis mythographie, archétypale et jungienne ; plus récemment, psychocritique, avec Mauron, poursuivant l'étude structurale et, en grande partie, autonome, des oeuvres, - dans quelle direction pousser l'analyse ? Pour ma part, j'ai essayé de tenir compte de l'objection, réitérée à son encontre, qu'elle est trop souvent critique du signifié psychique et non du signifiant littéraire. Cette littérarité du signe, toutefois, n'est nullement inscrite dans un espace neutre ; d'emblée, son symbolisme est tout entier engagé dans un « destin de pulsion » : celle d'écrire. La « place de la madeleine » me paraît ce lieu privilégié, chez Proust, où se narre la naissance de l'écriture, son émergence dans les divers ordres du désir où elle s'étale et s'étale, en son originaire et féroce naïveté. Écoute du fantasme ouvrant le texte, dépistage de ses réseaux, de ses détours, de ses spirales, l'approche est ici clinique : mais clinique de la « névrose d'écriture », non des « complexes » de l'écrivain. Constituée ainsi en véritable logique du fantasme, dans laquelle elle est elle-même, d'ailleurs, prise et comprise, la critique psychanalytique, portant sur le fondement pulsionnel du texte, fonctionnerait, en sa limite idéale, comme poétique de l'inconscient.

  • Déclenchée le 14 août 1919 par un article confidentiel de Louis de Robert, la polémique sur le style de Flaubert prit en quelques mois une ampleur inattendue. L'essentiel du propos de Robert tenait en une anecdote : il avait demandé à un professeur d'université de relire Madame Bovary et d'en relever les fautes ; celui-ci n'en avait trouvé aucune. Robert lui avait alors soumis une série de phrases de Flaubert en les présentant comme d'un de ses amis, et le professeur avait conseillé à l'écrivaillon de se remettre d'urgence à la grammaire et d'avaler un traité de style. Louis de Robert en concluait qu'on pouvait être grand écrivain et pécher par la forme. Quelques jours plus tard, Paul Souday - le très célèbre et très puriste critique du Temps - vint défendre Flaubert et rappeler vivement que la bonne littérature impliquait le bien écrire. Le débat était lancé. L'affaire prit une tout autre dimension en novembre de la même année, quand Albert Thibaudet donna dans la NRF une version savante des thèses de Robert et sembla affirmer que la grammaire n'était qu'un ensemble de règles non ouvert au jeu littéraire. Le postulat parut bien spécieux à Proust, qui le contesta bientôt et célébra le « génie grammatical » de Flaubert. En de longs articles, écrivains et critiques prirent alors position sur ce qui définissait in fine une nouvelle conception de la littérature.

  • La sociocritique est une théorie ouverte en raison de son caractère syncrétique. La variabilité des sociolectes d'un espace à l'autre fait d'elle un lieu d'élaboration d'outils méthodologiques. Ses ressources insuffisamment exploitées, de nombreuses zones d'ombre échappent à la critique. Le projet de cet ouvrage est par conséquent d'entreprendre un travail de réévaluation méthodologique, mais aussi et surtout de lancer un appel à l'élaboration d'une école de sociocritique en Afrique, afin de valoriser la particularité du jeu textuel africain, de montrer sa socialité et son discours historique exceptionnel.

  • Les articles rassemblés ici pour la première fois, datent pour la plupart de l'époque où le structuralisme régnait sur la critique française et européenne. Serge Doubrovsky s'est, quant à lui, toujours méfié des philosophies qui, à la suite de Foucault ou de Barthes, proclamaient la mort de l'auteur. Pour lui, l'homme, toujours, précédera son texte. Critique, Serge Doubrovsky reste d'abord un écrivain, qui ne se contente nullement du brio de ses analyses ni de sa virtuosité, mais se confronte, avec une perspicacité d'agent double, à l'auteur et à ses textes. Sans immoler ni l'un ni les autres, il cherche, tel un amoureux, sous la fine peau du texte, la veine battante qui trahit l'émoi d'un auteur.

  • Ce livre numérique présente "Bibliographie cornélienne: Description raisonnée de toutes les éditions des oeuvres de Pierre Corneille (Édition intégrale)" avec une table des matières dynamique et détaillée. Notre édition a été spécialement conçue pour votre tablette/liseuse et le texte a été relu et corrigé soigneusement.


    Bibliographie cornélienne, ou Description raisonnée de toutes les éditions des oeuvres de Pierre Corneille, des imitations ou traductions qui en ont été faites, et des ouvrages relatifs à Corneille et à ses écrits, est publiée à Paris 1876.


    Émile Picot (1844-1918) est un linguiste et Romancier français.


    Table des matières:


    Éditions des pièces de théatre de Corneille Pièces de théatre écrites par divers auteurs Éditions collectives du théatre de Corneille Éditions des ouvrages de piété de Corneille OEuvres diverses de Corneille Éditions des pièces de théatre de Corneille Éditions collectives du théatre de Corneille Éditions des ouvrages de piété de Corneille Éditions des pièces de théatre de Corneille Éditions des OEuvres de Corneille Éditions des ouvrages de piété de Corneille Extraits des ouvrages de Corneille Pièces de Corneille remaniées ou retouchées par divers auteurs Traductions ou Imitations des ouvrages de Corneille, en diverses langues.


    Opéras et Ballets, tirés des pièces de Corneille Histoire de Corneille et de sa famille Discours, Éloges, Critiques, Parallèles, relatifs à Corneille Dissertations, Critiques, Pièces de théatre et Parodies, relatives aux ouvrages séparés de Corneille Pièces de vers en l'honneur de Corneille Pièces de théatre, Scènes dramatiques et Cantates, relatives à Corneille

  • En septembre 1839, Sainte-Beuve publie dans la "Revue des Deux Mondes" un article qui n´a pas fini de faire parler de lui tant il semble avoir été écrit pour notre époque où la confusion la plus totale règne entre l´auteur, ses livres, sa notoriété, ses frasques, et mettez tout cela dans le désordre vous obtiendrez une image certes peu claire mais assez ressemblante de l´état de la librairie, au sens large. "De la littérature industrielle" occupe dix-sept pages de la "Revue". Il répond à une lettre que Balzac avait publiée le 18 août dans "La Presse". Nous donnons en annexe la lettre, rarement jointe dans ce contexte, car sur elle reposent bien des arguments de Sainte-Beuve. Il déborde cependant d'une simple réponse. Le critique se plaint de ce qu´on écrit trop, et trop mal, sans se soucier de faire oeuvre. Et les journaux qui acceptent les annonces payantes pour les nouveautés font naître le soupçon sur leurs articles littéraires, si bien qu´à la fin, au lieu de prospérer, le commerce du livre s´étiole puisque les lecteurs n´ont plus confiance dans la qualité de ce qu´ils achètent. La littérature industrielle est, selon Sainte-Beuve, un mal qu´il est nécessaire de contenir dans des proportions raisonnables, tâche difficile dans la mesure où tout semble fait pour qu´elle prenne le dessus. On se croirait presque deux siècles plus tard. Sinon qu´on cherche le Sainte-Beuve d´aujourd´hui.

  • Along with the theoretical or traditionally historical question "What is literature?", the critical and political question "What can literature do?" begs an answer. What value do contemporary society and culture ascribe to literature? What utility? What role? "My confidence in the future of literature", wrote Italo Calvino, consists in the knowledge that there are things that only literature can give us, by means specific to it". Is this still relevant to us today?

  • Ce petit essai, composé entre juin et août 2008, ne se pose qu´un seul défi : faire court. Dès lors, il faut taper plus fort sur la tête du clou. Quitte à se faire mal aux doigts et écraser le bois dont on prétend s´échauffer. On dira que les Lumières se prêtent d´elles-mêmes au jeu. Ne l´ont-elles pas presque inventé, dans la plus célèbre bataille entre idées ? Peut-être. Mais elles n´ont pas tiré les premières. Elles répondent aux noires soutanes, toujours là et bien là. Qu´est-ce pourtant que les Lumières qui, parties d´Europe au tournant du Moyen Âge, entendent rayonner sur le monde et délivrer l´Humanité de ses fables, la raison de ses erreurs, la société de ses malheurs ? On se l´est souvent demandé, et il faut continuer. Faire bref ne signifie pas à tout coup faire simple. Aufklärung, Enlightenment disent mieux un procès historique croissant et multipliant. Lumières désigne plus clairement la pluralité des options, des moments, des pays, des groupes et individus. Par la force des choses, il est beaucoup question de la France. C´est la faute à ma langue, à mes goûts, à la concision, tout autant qu´au lecteur visé. Mais si la France se distingue d´autres pays, elle va dans le même sens, et ne se prive pas de commercer. Lumières veut dire débats et combats. Donc, je débats et me bats, sans oser trop tremper la plume dans l´eau froide.

  • De quel sublime sommes-nous capables ? Voici peut-être une des questions que Cinna et Polyeucte nous adressent. Plus obscures à nos temps modernes que la légitimation du crime et l'aspiration à la perdition, la clémence et la grâce offrent un mystère auquel Corneille donne toute sa force d'inouï. Non pas modernes mais contemporaines, intempestives, ces deux tragédies nous invitent avec éclat, mais aussi avec une douceur inattendue, à explorer cette « obscure clarté » qui peut propulser chacun à une altitude insoupçonnée, sans le séparer néanmoins de la commune humanité. Douceur et clarté des fins heureuses où les liens humains se trouvent refondés dans Cinna, transcendés dans Polyeucte. Douceur et clarté d'une dramaturgie qui, tout en transportant le spectateur par l'extraordinaire d'une action vraie, lui offre tous les moyens d'apprécier l'art avec lequel elle est représentée, et de s'en divertir.

  • Ce livre veut rendre à Sartre la place qui lui revient dans la critique littéraire du xxe siècle. Une place paradoxale. Il renia l'héritage de Taine et Lanson, mais ne fut pas toujours contre Sainte-Beuve. Il s'appuya sur des sciences humaines comme la psychanalyse ou le marxisme, mais au prix de leur détournement. Sartre a publié au début de sa carrière des articles de « vraie » critique commandés par des revues littéraires aussi prestigieuses que La NRF. Ils offrent, entre autres aperçus, une poétique complète du roman nouveau, bien avant les manifestes du Nouveau Roman. On y trouve un éreintement programmé de Mauriac, un compte rendu ambigu de L'Étranger de Camus, une complice référence à l'ami Paul Nizan. Dans les écrits intimes de la même période (lettres et carnets), on voit aussi à quel point Sartre fut un lecteur insatiable. Dans Qu'est-ce que la littérature ? il analysera en philosophe cet acte de lecture, préfigurant l'esthétique de la réception d'après 1970. Les manuscrits des Mots témoignent de la culture de leur auteur, et de la lutte qu'il mena pour ne pas se laisser aliéner par cet héritage livresque, obstacle au monde réel. À propos des autres ou de lui-même, Sartre s'est toujours demandé : comment devient-on écrivain au lieu de rêver d'être un « chef » ? Son rapport à De Gaulle donne un début de réponse, dans des textes où la critique tourne à la polémique politique, composante incontournable de l'oeuvre après la guerre.

  • La dissertation possède une réputation redoutable.
    C'est un exercice incontournable en France, que l'on juge difficile, et pour lequel on propose quantité de méthodologies, largement plus difficiles, et en tout cas longues et compliquées. Ce n'est pas la bonne manière de faire, car de cette façon, on ne vient à bout ni des méthodologies, ni de l'exercice. Le postulat de cet ouvrage est original : il faut d'abord comprendre ce qu'est une dissertation avant d'apprendre à en faire une.
    Cette idée toute simple n'avait pas encore été mise en application. Si l'on a bien compris la nature de l'exercice, la méthodologie se réduit à un petit nombre de règles efficaces. Cet ouvrage vous expose tout ce qu'il faut savoir pour faire enfin une bonne dissertation : qu'est-ce qu'une dissertation ?; une méthodologie claire et efficace ; quatre dissertations complètes, avec analyse du sujet. Il n'est pas nécessaire de savoir quoi que ce soit sur la dissertation pour aborder ce livre ; nous reprenons le problème à la racine.
    Suivez le guide.

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