• État civil, compte bancaire, permis de conduire, mots de passe, etc. : nous ne cessons d'être enregistrés, numérotés, archivés. Pas d'existence sociale sans fichage : que dit, de notre désir d'appartenance, cette documentalité ? Le maître-livre dérangeant d'un grand philosophe contemporain.
    Une société privée de mémoire et d'enregistrements est inimaginable, car toute règle et tout accord reposent sur la mémoire, et tout comportement sur l'imitation : voilà pourquoi les archives et les documents sont centraux dans la vie de la société et des individus.
    La place centrale de la " documentalité " est plus évidente encore de nos jours où nous assistons à l'explosion des systèmes d'enregistrement et d'écriture, des ordinateurs et des smartphones, ainsi qu'à l'utilisation massive d'Internet. Ces nouvelles technologies ont non seulement transformé notre quotidien, mais ont également mis en lumière l'essence même de la réalité sociale : le fait de se fonder de façon non pas accidentelle mais essentielle sur des inscriptions et des enregistrements.
    Un maître ouvrage.

  • Historien de la France révolutionnaire, amoureux du vieux Paris, G. Lenotre a l'art de trousser le récit, de le rendre haletant, d'accélérer l'action en entraînant son lecteur dans les basques de son personnage. Comme dans les meilleurs romans, on entend le bruit des sabots sur le pavé humide, le cliquetis des armes, le bruissement des capes sur les épaules des conspirateurs en fuite, tout comme on sent monter la rumeur populaire, la clameur de la rue, les chants d'une foule en liesse réclamant une tête... Conteur hors pair, didacticien rusé, il sait rendre attrayante une leçon d'histoire par l'anecdote qu'on n'oubliera jamais, qu'on colportera même, en oubliant un jour qu'on la lui doit. C'est par ce sixième volume que s'achève la fameuse série des Vieilles Maisons, vieux papiers, où, aussi singulières que soient ces histoires, toutes font résonner le destin de la France révolutionnaire.

  • Ils s'appellent Ferrat, Montand, Barbara, Brel, Reggiani, Aznavour, Ferré, Gainsbourg, Gréco...
    Rien ne les rassemble, sinon la musique. Une formidable envie de chanter. Et la nécessité de s'épancher dans des cabarets de fortune, qui, dès la Libération, sortent de terre comme des champignons. Ils se croisent alors. Apprennent à se connaître. S'aiment, se fâchent, mesurent leurs talents. Et ne caressent qu'un rêve : faire entendre leur voix.
    Ils ne sont pas à la mode. Ne font ni dans la chanson de crooner, ni dans les numéros de distraction. Non : ils racontent le mal de vivre. Chantent, les poètes maudits. Fraient avec l'existentialisme. Libèrent les moeurs. Se mêlent de politique. Surtout, ont de drôles de gueules. Tout en leur défaveur ! Et pourtant, ce sont les mêmes qui vont devenir beaux, puissants de charisme, atteints par le panache. Ovationnés par des salles debout. Et bientôt intronisés de leur vivant « monstres sacrés ».
    Les Magnifiques livre le portrait de cette authentique famille, artistique autant qu'humaine.

  • Elle côtoie les champs de canne à sucre, les cactus, bananiers, caféiers et la coca, longe les déserts comme les régions côtières, et résiste encore à trois mille mètres d´altitude. La vigne est désormais cultivée dans des contrées aux conditions naturelles extrêmes.
    De la Thaïlande à Cuba, de la Patagonie au Japon, deux vieux amis sexagénaires parcourent le globe à la découverte des vignobles les plus invraisemblables. Ils nous livrent dans ce Tour du monde épicurien des vins insolites le récit d´une odyssée picaresque, ponctuée d´aventures parfois loufoques, souvent cocasses, aux antipodes d´un récit savant et doctoral. Fervents amateurs de vin, mais aussi de cigares et de gastronomie fine, les auteurs nous présentent, au-delà d´un simple exposé de leurs voyages, une véritable philosophie d´existence.

  • « Femme de gauche, ancienne inspectrice du travail, citoyenne, je suis, comme tant de Français, quels que soient leurs parcours, saisie par les bouleversements qui caractérisent le monde du travail depuis vingt ans. Et je ne me satisfais absolument pas de la manière dont il est traité aujourd´hui.
    Dès lors, surgissent des questions qui touchent à l´essentiel. Comment se fait-il que des salariés, appartenant à toutes les catégories socioprofessionnelles, se suicident sur leur lieu de travail ? Comment en est-on arrivé à un discours exclusivement comptable ou managérial sur ce sujet ? Comment reconsidérer la part qu´il joue dans la construction même de la personne ?
    Assumer une réflexion sur cet enjeu identitaire pour la gauche me semble indispensable à la veille de grandes échéances démocratiques. Penser la question du travail, sans tabous, sans concessions, en reconnaissant aussi nos erreurs ou nos approximations, en allant au fond du sujet, me paraît un exercice utile. Loin des modes ou des références à ce qui pourrait être considéré comme "moderne" ou "ringard". » Anne Hidalgo

  • « La question morale est devenue l´un des aspects, et non des moindres, de la question sociale. Pour le pire et le meilleur, on peut même s´attendre à ce que la première s´installe à la place de la seconde.
    De la même façon que la question sociale prit progressivement, au cours du XIXème siècle, les teintes chatoyantes de la politique, la question morale est en train d´absorber, sous nos yeux, toute la politique, son langage comme son horizon, ses ressorts émotionnels comme son répertoire d´actions collectives. On l´a vue surgir au centre de la dernière campagne présidentielle de 2007 durant laquelle s´affrontèrent d´ailleurs moins deux morales que deux moralismes. Porté tout à la fois par les deux adversaires du second tour, à gauche Ségolène Royal, à droite Nicolas Sarkozy, le discours sur de prétendues " valeurs ", où se mêlent dans le plus grand désordre l´égalité, la fraternité, le travail, la famille voire l´économie de marché et le contrôle des frontières, tend à éliminer les controverses d´idées.
    Faut-il s´en réjouir, faut-il le déplorer ? C´est à quoi s´emploient à répondre les pages qui suivent en s´appuyant sur l´histoire. » Un essai original et musclé, qui éclaire l´actualité par l´histoire dans une langue aussi fluide que rigoureuse.

  • Connaissez-vous une entreprise qui fait l´objet d´une lutte d´influence au plus haut sommet de l´État ? Dotée d´un actionnaire qui n´a cessé de l´affaiblir ? Dont les fournisseurs se permettent de l´insulter ou de la confondre avec une « vache à traire » ? Cette entreprise, c´est France Télévisions, le groupe qui réunit les chaînes publiques, de France 2 à RFO. En août 2010, Rémy Pflimlin a succédé à sa tête à Patrick de Carolis. C´est la première fois que son président est nommé par Nicolas Sarkozy.

    Cette enquête fouillée raconte, à l´aide de nombreux témoignages et documents inédits, comment l´État actionnaire, de gauche comme de droite, n´a cessé d´affaiblir le groupe public au profit du privé. Elle revient sur le grand partage du gâteau : des animateurs-producteurs se servent de France Télévisions comme d´un guichet de banque. Leur chiffre d´affaires est là dévoilé pour la première fois. On évolue de conflits d´intérêts en « amitiés » politiques sur fond de renvois d´ascenseurs...

    Des salariés au bord de la crise de nerfs aux conséquences catastrophiques de l´absence de stratégie, le syndrome « France Télécom » est dans toutes les têtes...

  • Naziran a 22 ans et elle n´a plus de visage. Ses traits ont fondu, sa peau est rongée, ses yeux sont aveugles. Il y a deux ans, en pleine nuit, on lui a versé de l´acide sur le visage pendant qu´elle dormait. Pour la tuer, pour se débarrasser d´elle, définitivement. Mais Naziran, laissée pour morte, a survécu.
    Un véritable parcours du combattant pour cette jeune paysanne pakistanaise, dont la vie n´a été qu´une succession de violences et d´humiliations : son père, un homme brutal et peu aimant, la marie de force à 13 ans. Son époux la frappe sous prétexte qu´elle ne lui donne pas d´héritier mâle. Après la mort de son mari, sa belle-famille l´oblige à épouser son beau-frère, un homme bien plus âgé qu´elle et déjà marié. On ordonne même à la jeune femme de donner l´un de ses enfants à une tante.
    Mais aujourd´hui, Naziran veut retrouver sa dignité de femme, d´être humain. Elle ose témoigner pour que soient reconnues toutes les victimes de la pire torture qui soit : celle de l´acide.

  • 1 mort, 2 milliards envolés, 3 secondes gravées à jamais dans ma mémoire.

    Hugues Armand-Delille n´aurait jamais dû travailler dans le milieu de la finance. À 23 ans, alors qu´il n´avait pas les diplômes requis, le destin lui fait croiser la route de Thierry de la Villehuchet, l´un des brokers les plus célèbres de la place, qui décide de le prendre sous son aile.
    De Paris à New York, le jeune homme découvre alors le monde des golden boys, son exubérance, son hystérie, ses plaisirs et ses côtés sombres. Malgré lui, Hugues devient le spectateur privilégié de l´affaire Madoff.
    Avec ce récit nerveux et captivant, l´auteur dévoile les coulisses du plus gros scandale financier de notre époque.

  • Un monde grippé

    Frédéric Keck

    Pourquoi les hommes ont-ils si peur de la grippe ? Un an après la mobilisation des pouvoirs publics autour du virus H1N1, un jeune anthropologue a tenté de comprendre les raisons de cette alerte. Il montre ainsi que la représentation catastrophique du « monde grippé » nous oblige à repenser les rapports entre les hommes et les animaux. Allant à la rencontre d´éleveurs, d´observateurs d´oiseaux, de vétérinaires, de microbiologistes, d´épidémiologistes, de médecins, de journalistes, mais également d´autorités politiques et religieuses, l´auteur retrace la vision du monde produite par les maladies émergentes. Il montre que les grippes « aviaire » et « porcine » révèlent une peur des animaux héritée des réflexions les plus anciennes sur la domestication.
    Mais cette peur ne prend pas la même forme selon les dispositifs de sécurité mis en place à Paris, New York, Hong Kong, Tokyo, Phnom Penh ou Buenos Aires... Des producteurs aux consommateurs, de l´abattage des animaux malades à la pandémie toujours possible, ce tour du monde des virus qui émergent, des animaux qui les transmettent et des humains qui s´en protègent constitue un passionnant journal de voyage.

  • Moins secrète que discrète, la franc-maçonnerie nourrit d´étonnants fantasmes. L´opinion française la connaît mal. Sait-on qu'aujourd'hui la maçonnerie comporte un nombre important de loges en activité avec un effectif record de frères et de soeurs, et ce dans toute la France? Ou encore que le Grand Orient de France, logntemps largement majoritaire, n'accueille que le tiers des initiés, aux côtés d'autres obédiences plus confidentielles?
    La franc-maçonnerie est puissante, largement répandue et témoigne d'une capacité d'évolution suprenante. Si l'Eglise romaine et la maçonnerie ont longtemps été adversaires, plusieurs entretiens récents, oraux ou écrits, très peu médiatisés, témoignent d'un évident rapprochement entre clercs et maçons... Paul Pistre dévoile ces conversations inédites dans cet ouvrage et vous y livre une définition de ce qu'est la franc-maçonnerie au XXIe siècle.

  • Elles sont entrées en politique par le coeur. Des destins d'exception pourtant happés par l'implacable violence des affaires, des scandales et de la sphère médiatico-politique. Confortées par le pouvoir et ses séductions, elles en ont découvert la face sombre. Devenues « femmes de », leur vie a basculé. Chacune a dû s'adapter, trouver sa réponse à une situation dont elle n'avait pas, au départ, mesuré les renoncements nécessaires.
    Nous avons voulu écouter ce que ces cinq femmes, qui ne sont jamais entendues, avaient vraiment à dire. Certaines nous ont ouvert grand leur porte. On découvre alors le regard que Carla Bruni porte sur son mariage avec Nicolas Sarkozy. Pourquoi, après l'affaire Clearstream, Marie-Laure de Villepin s'est éloignée de Dominique. Comment Hélène de Yougoslavie, en instance de divorce de Thierry Gaubert ? mêlé à l'affaire Takieddine ?, espère se reconstruire. Comment, aussi, Anne Sinclair relève la tête après son drame avec DSK. Les silences de Valérie Trierweiler, eux, en disent long sur ses peurs.
    Les auteurs brossent ici, avec brio, ces cinq portraits inédits.

  • « La plupart des gens ne se souviennent pas de leur naissance. Moi, si. Parce que je suis née deux fois. À huit mois les médecins ont annoncé à mes parents que j´étais atteinte d´une maladie génétique, une maladie évolutive. Je souffrais d´amyotrophie spinale, ma mort était programmée, je ne dépasserais pas l´âge de trois ans...
    Et j´ai fêté mes cinq ans. Puis sept. Puis dix. Je n´étais pas décidée à mourir. Il faut dire que, les chemins tout tracés, ça n´a jamais été mon truc. Le parcours a été difficile, il a été long, il y a eu des obstacles, il y a eu de la souffrance... Mais surtout il y a eu de la joie, il y a eu de l´amour et des rires.
    Aujourd´hui j´ai vingt-neuf ans, et de toutes ces années à ne pas pouvoir regarder vers demain, j´ai gardé l´urgence de vivre ici et maintenant et d´aller au bout de mes projets. Et des bâtons qu´on m´a mis dans les roues, des clichés qu´on m´a opposés quand j´ai eu le front de refuser de rentrer dans la case que la société avait prévue pour moi, j´ai gardé la rage de montrer qui je suis : je m´appelle Lucie Carrasco, je suis créatrice de mode, je suis folle amoureuse de l´homme avec lequel je vis, j´ai une famille et des amis fantastiques, et je suis passionnée par la vie. »

  • Portraits crachés

    Denis Jeambar

    « Le jeu et le hasard ont guidé ce livre. Le désordre des souvenirs a dicté l´entrée en scène de chacun de ses personnages. Ni chronologie, ni hiérarchie. Présidents, ministres, vedettes, artistes, capitaines d´industrie, ils ont surgi au gré de ma mémoire. » De Mitterrand et Sarkozy à Lauren Bacall et Rostropovitch, en passant par Ségolène Royal, Jacques Chirac, Lionel Jospin, Jean-Luc Lagardère, Charles Pasqua, Serge Dassault, mais aussi Jessye Norman, Leonard Bernstein, Anouk Aimée, Louis Chedid, Michel Petrucciani, et bien d´autres monstres sacrés ou monstres politiques du dernier demi-siècle, Denis Jeambar nous promène dans ses souvenirs et brosse une galerie de portraits magnifiques.
    Il nous fait partager des moments qu´il n´a jamais racontés, des scènes drolatiques, tendres ou cruelles, qui font tout le sel de ce livre.
    Avec son sens aigu du portrait, son style remarquable, et une sincérité de ton assez rare, Denis Jeambar révèle à traits de plume ces personnalités côtoyées au fil d´une riche carrière journalistique. Quelques anonymes aussi, chers à l´auteur, trouvent leur place dans ces mémoires en creux qui dévoilent l´homme autant que le journaliste. « Sur mon chemin de grande randonnée, écrit-il, je n´ai fréquenté que de belles maisons. Dans leur confort, j´ai pu à satiété me détourner de moi-même pour découvrir les autres. »

  • « Tontons », « mouchards », « aviseurs », « repentis »... une plongée exceptionnelle au coeur d'un théâtre d'ombres.
    Des « mouches » lancées dans le Paris de Louis XIV aux informateurs appointés par la police en passant par Vichy, la dénonciation est une

  • Que s´est-il passé au sein de France Télécom Orange, fleuron de la technologie française, pour que des dizaines de ses salariés choisissent de mourir ?

    Vincent Talaouit peut répondre à cette question. Durant treize ans, il a travaillé au sein de cette grande entreprise. Jeune ingénieur, il intègre une filiale du groupe en 1996 et vit avec passion cette entrée dans le monde du travail. Il se dit qu´il va pouvoir assouvir son appétit de connaître et d´inventer. Mais, en 2004, tout bascule. Vincent voit peu à peu fondre les effectifs de son service sans comprendre, puisque la hiérarchie ne donne aucune explication. Il saura plus tard que, dans une stratégie purement financière, usant de méthodes de management d´une dureté rare, les responsables de France Télécom Orange ont planifié la suppression de 22 000 emplois en trois ans.

    Parce qu´il a failli mourir, Vincent Talaouit raconte ce qu´il a subi des années durant dans une entreprise à laquelle il était si fier d´appartenir.

  • En tant que commissaire divisionnaire de police aux Renseignements Généraux, j´ai enquêté sur de nombreuses affaires dites politico-financières - Opac, Mnef, Elf, Lycées d´Île de France, GMF... - dans lesquelles tous les partis étaient cités. Et mon nom s´est trouvé jeté en pâture à la presse par plusieurs corbeaux experts en mensonges. Je sais donc quelles peuvent être les conséquences médiatiques et judiciaires de tels sujets.
    C´est pourquoi, à travers ce témoignage, j´ai voulu dire les raisons de l´apparition de mon nom dans ces dossiers sensibles, dans Clearstream et même dans les carnets d´Yves Bertrand, raconter la passion avec laquelle j´ai exercé mon métier, évoquer la peur parfois connue - n´ai-je pas reçu des menaces de mort, été agressée... ? -, ne pas taire la lassitude quelquefois éprouvée.
    Avec un seul objectif : dresser sans faux-semblant ni esprit de vengeance le bilan de tout ce dont j´ai été témoin - et aussi victime - au cours de mes vingt-sept années, passionnantes et inquiétantes, comme policier.

  • J'écris toujours devant une fenêtre et, depuis quelque temps, quand je travaille sur un livre politique, j'ai de plus en plus de mal à résister à son appel : dehors, mes oliviers me réclament pour que je les taille ou les arrose.
    Il fallait en tirer les conséquences : ceci est mon dernier livre politique au sens strict. Mon testament. Mes adieux à la scène de vieux chroniqueur ronchon. Pour raconter la dernière campagne à un moment crucial pour la France, j'ai vidé les carnets à spirale sur lesquels je note tout, depuis les années quatre-vingt, en convoquant les protagonistes de 2012, comme Hollande ou Sarkozy, ou les grands acteurs d'antan, comme Chirac ou Mitterrand. Tous si romanesques qu'avec eux, l'Histoire en devient presque picaresque...
    F.-O.G.

  • 13 février 2006, 8 h 25, Sainte-Geneviève-des-Bois. Le long de la voie de chemin de fer, une automobiliste aperçoit un corps nu et prostré. Ilan Halimi est transporté alors qu´il agonise vers l´hôpital Cochin à Paris. Brûlé à 60%, poignardé à plusieurs reprises, il meurt dans les heures qui suivent. Quelques jours plus tard, Youssouf Fofana est interpellé en Côte d´Ivoire. Il reconnaît l´enlèvement, la séquestration, puis le meurtre d´Ilan Halimi. Il explique qu´il voulait de l´argent, qu´il a choisi sa victime parce qu´elle était juive. Il se dit le « cerveau » d´une bande de « barbares ». Avec des filles, les appâts ; des gros bras, les ravisseurs ; des « petits » aux ordres, les geôliers ; un gardien d´immeuble qui met à disposition l´appartement, puis la cave où Ilan passera plus de trois semaines les yeux bandés, les membres entravés. Une affaire qui a choqué la France entière : celle d´un jeune homme torturé dans une cité de Bagneux où d´ordinaire tout se sait. Ilan Halimi est mort étouffé par cette loi du silence, alors gage d´impunité pour Youssouf Fofana, alibi des consciences pour tous ceux qui lui ont obéi.
    Comment une trentaine de personnes ont-elles pu prendre part à un tel projet criminel ?

  • « "Si ça vous amuse" : cette phrase est celle que François Mitterrand me disait lorsque, Premier ministre, j´osais aborder un sujet qu´il considérait de son domaine réservé, ou lui soumettais une idée à ses yeux incongrue.

    "Si ça vous amuse" : comme si être à Matignon, moderniser et faire progresser un pays, améliorer la vie de ses habitants, multiplier les réformes nécessaires relevait de l´amusement. Pour autant, ce "Si ça vous amuse" résume aussi, d´une certaine façon, mon propre parcours, tant j´ai eu plaisir à mener cette existence faite de combats, d´engagements et - surtout - d´actions.
    C´est cette trajectoire, passée par le scoutisme, imprégnée de la figure d´un père hors du commun, bouleversée par la découverte des rescapés des camps de la mort, engagée dans la lutte contre la guerre d´Algérie, que je raconte ici. C´est cette trajectoire, placée sous le sceau du réformisme - au PSU comme aux ministères du Plan, de l´Agriculture et évidemment à Matignon, mais encore comme député européen - que je décris dans ces pages.
    Mais comme je n´aime guère les Mémoires académiques qui compilent des petites phrases plutôt que de rendre honneur à la politique et au travail mené en son nom, qui versent dans un passé idéalisé plutôt que d´ouvrir des perspectives pour l´avenir, cet ouvrage va plus loin. De ce que j´ai réellement fait, les Français ne savent sans doute à peu près rien dans la mesure où, pour l´essentiel, cela n´a pas été raconté. Je me devais donc de réparer cette lacune à travers le récit d´une action personnelle et continue. Une manière d´extraire de mon long parcours ce qui, je l´espère, en restera. » M.R.

  • « - Rendez-nous la vraie Charlotte !
    Après un congé sabbatique, je reviens dans la série sous le nom de Carla. Les cheveux courts, la voix rauque, hyper éprouvée et schizophrène au dernier degré, mon personnage squatte dans une caravane perdue sur un terrain vague. Tout le monde m´appelle Charlotte mais il semblerait que je l´aie oublié. Dans la rue, on m´apostrophe. Je me fais engueuler.
    - Rappelez-vous ! Votre boutique... Je vais vous aider à vous souvenir, moi ! me lance un jeune homme survolté.
    - Monsieur, pardon, je m´appelle Hélène, je suis seulement actrice. Je suis désolée... C´est une fiction que vous regardez tous les soirs. » De son enfance à ses aventures au théâtre, de ses débuts au cinéma à son départ de la série Plus belle la vie, après cinq ans de tournage, Hélène Médigue revient sur les rencontres et les choix ayant marqué son parcours. Fille, mère, soeur, femme, actrice... Au-delà d´un témoignage, la comédienne tisse un lien entre ses différents rôles. Si elle revient sur le succès et les coulisses du feuilleton qui l´a fait connaître du grand public, c´est pour mieux affirmer les enjeux d´une vie qui lui résiste, la surprend, se dérobe ou la découvre.

    Le livre imprimé contient un cahier hors-texte de 8 pages en couleur, que nous n'avons pas repris dans l'édition numérique

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