• L'urgence, qui appelle l'impulsion, la fougue, la vitesse - et la patience, qui requiert la lenteur, la constance et l'effort. Mais elles sont pourtant indispensables l'une et l'autre l'criture d'un livre, dans des proportions variables, des dosages distincts, chaque crivain composant sa propre alchimie, un des deux caractres pouvant tre dominant et l'autre rcessif, comme les allles qui dterminent la couleur des yeux. Je conseille la lecture du recueil de textes de Toussaint L'Urgence et la Patience, en particulier tous ceux qui rvent d'crire. [...] Le romancier nous rvle ses manires de procder, ses rgles, ses trucs, ses manies, les contraintes qu'il s'impose, les joies qu'il connat, et, comme la lecture est insparable de l'criture, son exprience de lecteur de Proust, Kafka, Beckett, et, bien sr, de Dostoevski. (Bernard Pivot, Le Journal du dimanche) Ce recueil est initialement paru en 2012.

  • « Ce recueil d'impromptus obéit aux mêmes principes que le précédent, Impromptus, publié chez le même éditeur, il y a une vingtaine d'années : il s'agit toujours de textes brefs, écrits sur le champ et sans préparation, entre philosophie et littérature, entre pensée et mélancolie, sous la double invocation de Schubert, qui donna au genre ses lettres de noblesse musicale, et de Montaigne, philosophe "imprémédité et fortuit". Je m'y suis interdit toute technicité, toute érudition, toute systématisation. Ces douze textes, dans leur disparate, dans leur subjectivité, dans ce qu'ils ont de fragile et d'incertain, visent moins à exposer une doctrine qu'à marquer les étapes d'un cheminement. Un impromptu est un essai, au sens montanien du terme, donc le contraire d'un traité. Si vous n'aimez pas ça, n'en dégoûtez pas les autres. »

  • L'énigme Tolstoïevski

    Pierre Bayard

    • Minuit
    • 2 Novembre 2017

    Si tout grand créateur est une énigme, aucun ne l'est autant que le célèbre écrivain russe Léon-Fiodor Tolstoïevski.
    Qui mieux que cette personnalité multiple, auteur de romans aussi différents qu'Anna Karénine et Crime et châtiment, ou Les Frères Karamazov et Guerre et paix, peut nous aider, en nous entraînant dans les profondeurs de l'âme slave, à résoudre la question principale de toute réflexion sur le psychisme : pourquoi suis-je plusieurs ?

  • Dostoïevski, un écrivain dans son temps est un modèle de biographie littéraire. Parue initialement en cinq volumes, dans les années 1970, elle a été condensée par l'auteur en 2010, avec une préface inédite. Joseph Frank aborde la biographie du grand écrivain russe dans une ample vision englobant littérature et temps historique : il entreprend une « reconstruction massive » de l'époque, en y insérant l'oeuvre de Dostoïevski afin de mieux l'éclairer. Il sagit plus précisément dune expérience qui allie biographie, critique littéraire et histoire socioculturelle, tout en se concentrant sur les idées que Fiodor Dostoïevskia défendu avec vigueur durant sa vie. Trois qualités essentielles se dégagent de cette oeuvre. La première réside dans son art de brosser des grands tableaux de la Russie de Dostoïevski et d'en dégager les idées directrices. Il y a ensuite le travail des sources : à chaque moment de la vie de l'écrivain, à chaque description, à chaque analyse de l'oeuvre, Joseph Frank refait une lecture complète des sources, si bien que sa biographie devient critique et analytique. La troisième qualité du biographe est de pénétrer la psychologie profonde, l'esprit de Dostoïevski. Chez Joseph Frank le critique littéraire et le philosophe de l'esthétique cheminent au côté de l'érudit, de l'historien et du biographe. Le travail d'analyse débouche sur des éléments originaux, jamais mis en évidence auparavant. Par exemple, l'affirmation que Dostoïevski est le seul des grands écrivains russes de la première moitié du XIXe siècle qui ne soit pas issu de la noblesse terrienne ; de ce fait, il a été le plus apte à percevoir le conflit entre l'ancien et le nouveau dans la société russe. L'écriture est alerte, ferme, concise, où l'érudition n'entrave jamais la saisie profonde du mouvement de la création.

    Joseph Frank (1918-2013), professeur de littérature comparée à l'université de Princeton, a conquis ses lettres de noblesse dans la critique philosophique et esthétique. Il a consacré sa carrière à l'étude de la vie et du travail de Fiodor Dostoïevski. Les cinq volumes de sa monumentale biographie parus dans les années 1970 ont été couronnés par plusieurs prix prestigieux aux États-Unis.

  • En 1849, Dostoïevski est condamné au bagne pour ses idées. Déporté au sud-ouest de la Sibérie, dans la forteresse d'Omsk, où il passe cinq ans, il y côtoie des criminels et des hommes du peuple, des voleurs aussi bien que des condamnés politiques. De cette expérience douloureuse, où l'impossibilité d'être seul rivalise en cruauté avec les sévices et le travail forcé, l'auteur tire les Récits de la maison des morts.
    Dans ce roman largement autobiographique, qu'il fait passer pour des notes retrouvées chez un ancien forçat, Goriantchikov, Dostoïevski déploie une galerie de portraits où sont anticipés les personnages les plus marquants de ses oeuvres majeures. Son humanisme et son sens de l'observation font de ces récits consacrés au système pénitentiaire du temps des tsars un témoignage de première importance sur l'expérience concentrationnaire.

  • Texto

    Dmitri Glukhovski

    Il est des gens qui laissent une trace derrière eux, et il y a ceux dont il ne reste rien.

    Le smartphone sait tout de nous : notre quotidien, nos vices, nos amours, nos espoirs, nos secrets inavouables. Mon smartphone est moi. Si quelqu'un s'en empare, il devient moi aux yeux de tous. Le temps que l'imposture soit découverte, il est trop tard. Pour tout le monde.
    Haletant, sombre, émouvant et engagé, le nouveau roman d'un des prodiges de la nouvelle génération d'écrivains russes.
    "La star du roman post-apocalyptique dresse une radiographie de la société russe dans laquelle les uns ont tous les droits et les autres n'en ont aucun. Texto est aussi le thriller d'une catharsis, un écho contemporain à Crime et châtiment de Dostoïevski." Frankfurter Allgemeine Zeitung

  • Très marqué par Dostoïevski dont, à cette époque, il lit Les Frères Karamazov et Souvenirs de la maison des morts, Bernard-Marie Koltès écrit Procès ivre en 1971, qu'il met en scène à Strasbourg avec le Théâtre du Quai.

    Procès ivre est paru en 2001.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Dostoïevski. Dans son avant-propos, Dostoïevski, à l'époque hanté par le problème du suicide, résume lui-même "Une femme douce": "Imaginez un mari dont la femme s'est tuée en se jetant quelques heures auparavant par la fenêtre, et qui est là, étendue sur la table. Il est bouleversé et n'a pu encore rassembler ses idées. Il erre à travers les chambres et s'efforce de découvrir un sens à ce qui vient de se passer". Le monologue du mari qui revient à travers un long flashback sur l'immense malentendu de sa vie conjugale passée, faite toute entière de non-dits, d'orgueil et de haine-amour pour cette jeune femme singulière et mystérieuse, trouve une étrange force dans la traduction de Boris de Schloezer et Jacques Schiffrin. Publiée à l'origine dans le "Journal d'un écrivain" de Dostoïevski, cette longue nouvelle a été magnifiquement adaptée au cinéma par Robert Bresson avec Dominique Sanda dans le rôle principal.

  • De l'oeuvre de quatre grands romanciers des XIXe et XXe siècles - Dostoïevski, Musil, Kundera, Proust - Michel Dion tire des notions pouvant être utiles au renouvellement de la notion de « vie organisationnelle ». Partant du constat que la révolution industrielle a changé notre vision du monde, mais également notre façon d'ap¬préhender la consommation, la production, les échanges commerciaux et le milieu des affaires en général, l'auteur étudie ce changement radical de façon originale par un regard sur l'oeuvre d'écrivains qui en subissaient eux-mêmes les effets dans leur vie personnelle et sociale.
    C'est donc en se penchant sur ces oeuvres que Michel Dion analyse quatre grands défis de la vie organisationnelle : le défi esthético-spirituel et les enjeux liés à la connaissance que nous avons de notre milieu organisationnel et à la capacité d'y rechercher la vérité et le bonheur (Proust) ; le défi intellectuel - Robert Musil, fasciné par l'histoire des idées, apparaissait comme incontournable à cet égard ; le défi psychosociologique - la dynamique des rapports sociaux et l'analyse psychologique qu'elle suppose ont été parfaitement intégrées à l'oeuvre de Dostoïevski ; le défi sociopolitique - par son analyse pointue des ambiguïtés de la vie, Kundera éclaire le propos de l'auteur de multiples manières et sur des sujets que peu d'autres avant lui avaient réussi à traiter d'une façon tant littéraire que philosophique.

  • « Notre objectif est d'offrir des traversées multiples, variées et contradictoires de l'oeuvre. Dostoïevski ne se laisse pas définir. À la multiplicité des voix qui se parlent dans son oeuvre correspond la multiplicité des regards qui se posent sur elle. » Regroupés selon deux grands axes, les textes de S.

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