• Texte phare des sciences sociales, l'Essai sur le don, publié en 1925, a immédiatement suscité de nombreux commentaires. Ouvrant la sociologie durkheimienne à l'analyse ethnographique, il inscrit les sociétés du Pacifique, du potlatch amérindien à la kula mélanésienne, dans la culture occidentale.
    Dans une présentation essentielle, Florence Weber le situe dans l'histoire scientifique et politique du XXe siècle, et propose au lecteur d'explorer l'archipel des prestations sans marché.

  • Paris, capitale du XIXe siècle: texte écrit directement en français par W. Benjamin - in Das Passagen-Werk (le livre des Passages), Frankfurt am Main, Suhrkamp Verlag, 1982, pages 60 à 77.
    "Notre enquête se propose de montrer comment les formes de vie nouvelle et les nouvelles créations à base économique et technique que nous devons au siècle dernier entrent dans l'univers d'une fantasmagorie. Ces créations subissent cette "illumination" non pas seulement de manière théorique, par une transposition idéologique, mais bien dans l'immédiateté de la présence sensible. Elles se manifestent en tant que fantasmagories. Quant à la fantasmagorie de la civilisation elle-même, elle a trouvé son champion dans Haussmann, et son expression manifeste dans ses transformations de Paris." WALTER BENJAMIN
    Contenu du livre:
    Introduction
    A. Fourier ou les passages
    B. Grandville ou les expositions universelles
    C. Louis-Philippe ou l'intérieur
    D. Baudelaire ou les rues de Paris
    E. Haussmann ou les barricades
    Conclusion



  • « En entrant dans la salle de détente, le coach interpelle les quatre joueurs avec un léger sourire au coin des lèvres : "Vous êtes racistes, à rester ensemble là ?" Ils sont tous noirs de peau. Henri rétorque, provoquant le fou rire de ses trois collègues : "Non, Fabrice il n'est pas black, c'est un Bounty !" Cette expression signifiant "noir à l'extérieur, blanc à l'intérieur" souligne que Fabrice, certes né au Congo, a grandi en France. Décontenancé, le coach ressort ; mais un des entraîneurs adjoints revient aussitôt après, plus énervé : "Henri je ne rigole pas ! Ça m'énerve de vous voir comme ça, entre vous !" Et Fabrice, lui tournant le dos, de répondre en rigolant : "Nous on ne peut pas parler avec eux, ils parlent des voitures qu'ils vont acheter, des maisons... Nous on ne peut pas, on est des piétons !" »
    Loin des clichés de l'enfant gâté ou du sportif passionné, les joueurs des équipes professionnelles sont engagés dans un espace où les rapports de domination et les inégalités entre travailleurs pèsent d'un poids considérable. À partir d'une immersion de plus de trois ans dans le quotidien de footballeurs appartenant à un club professionnel français, ce livre nous fait entrer dans les coulisses d'une de ces entreprises du spectacle sportif pour y disséquer les différentes facettes du travail des footballeurs, qu'il s'agisse du poids de contrôle du « staff », de la mise à l'épreuve des corps, de la porosité des frontières entre travail et vie privée, ou bien encore des logiques de sélection avant chaque match.
    Frédéric Rasera est sociologue, enseignant à l'université Lyon 2 et membre du centre Max Weber.

  • La morale et l'éthique sont aujourd'hui invoquées dans les domaines les plus variés, qu'il s'agisse de politique ou d'économie, de guerre ou de sexualité, de justice internationale ou de recherche biologique. Si ces préoccupations ne sont pas entièrement neuves, la manière de les constituer en problèmes et d'en débattre dans l'espace public implique désormais un certain rapport aux valeurs et aux émotions qui définit ce qu'on peut appeler la question morale. Pour l'explorer, on propose ici un détour anthropologique.
    Du classique essai de Montaigne sur les cannibales aux travaux récents sur la science, la religion, l'humanitaire, la corruption ou les attentats suicides, les textes réunis, dont beaucoup sont inédits en français, présentent les grands débats contemporains autour du relativisme et de l'universalisme, du devoir moral et de la liberté éthique, de la responsabilité du chercheur et de la régulation de la recherche. Ainsi, d'horizons exotiques en rivages familiers, cette anthologie critique, la première réalisée sur ce thème, permet de penser à nouveaux frais des enjeux que nos sociétés tendent trop souvent à traiter de façon passionnelle et intuitive, au risque de la simplification et de l'ethnocentrisme.

  • La France a-t-elle peur de ses autres ? En revenant sur les discours et les pratiques qui se formalisent depuis une quinzaine d'années, Sarah Mazouz interroge les « politiques françaises de l'altérité ». À partir d'une double enquête ethnographique conduite dans les dispositifs de lutte contre les discriminations raciales et dans les bureaux de naturalisation d'une grande ville de la région parisienne, elle montre comment s'articulent dans l'espace social les questions de l'immigration, de la nation et de la racialisation. En faisant porter l'examen de manière originale sur ces deux politiques, elle interroge les processus d'inclusion et d'exclusion à l'intérieur même du groupe national (via l'examen de la lutte contre les discriminations raciales) et à l'extérieur, entre le national et étranger (via l'étude des pratiques de naturalisation). Ce faisant, elle s'attache à saisir la relation paradoxale qui lie la République à ses autres et les logiques plurielles qui concourent à la production de l'ordre national.

  • Marcel Mauss (1872-1950) est le fondateur incontesté de l'anthropologie française. Son oeuvre témoigne de l'unité de l'homme et de la multiplicité culturelle; c'est une anthropologie de l'un et du multiple. Ses principaux essais comportent toujours la double dimension d'un extrême souci de la particularité combiné à un effort théorique pour saisir l'universel humain. C'est ainsi qu'il échappe au dogmatisme : la description ethnographique, l'archive historique, le fait linguistique priment toujours dans son oeuvre sur la théorie, sans pour autant que soit abandonné l'effort de conceptualisation visant à comprendre le sacrifice, la magie, la prière, le don, les techniques du corps ou la notion de personne.
    Ce volume comporte un texte de Marcel Mauss sur Célestin Bouglé, jamais réédité depuis sa première publication en 1896. Les autres contributions sont de Francis Affergan, Simone Bateman, Philippe Chaudat, Marie-Luce Gélard, Cécile Leguy, Alain Pierrot et Bernard Valade.

  • Les cabinets « Big Four » (KPMG, Ernst and Young, PricewaterhouseCoopers et Deloitte) sont les quatre plus grands groupes de conseil et d'audit au monde, proposant une multitude de services aux entreprises. Ils occupent une place centrale dans le secteur économique et constituent une carte de visite prestigieuse permettant d'accélérer les carrières de ceux qui y travaillent. Analyser leur fonctionnement ainsi que les valeurs que partagent leurs membres offre un aperçu de l'éthique de cette élite des affaires dont le succès auprès des jeunes recrues ne se dément pas.
    Ces cabinets sont marqués par une vie courtisane très forte et les salariés les rejoignent moins par référence au métier que par attirance pour l'idée de compétition. Le passage par l'un d'eux a une fonction de distinction sociale qui donne aux individus le sentiment d'appartenir à une élite sélective : le goût du classement, la ca-pacité à résister au stress, à la fatigue, à une charge de travail colossale, sont des signes de supériorité qui définissent la valeur de l'expérience. Le travail tend donc à être vécu comme un sport où, à défaut de convic-tions personnelles sur l'utilité du métier, l'important est de gagner.

  • L'ethnométhodologie est un courant de la sociologie américaine né dans les années 1960. Il s'est d'abord installé dans les campus de Californie avant de gagner d'autres universités américaines et européennes, notamment anglaises et allemandes. Plus de vingt-cinq ans après sa parution, l'ouvrage d'Harold Garfinkel, Studies in Ethnomethodology reste fondateur.
    L'importance théorique et épistémologique de cette perspective nouvelle de recherche tient à la rupture radicale qu'elle opère avec les modes de pensée de la sociologie traditionnelle. En quoi consiste ce renversement ? Quels sont l'histoire, les penseurs, les concepts, la méthode de cette théorie selon laquelle nous sommes tous des « sociologues à l'état pratique » ?

  • Placée sous le signe de l'Utopia de Thomas More (1516) dont on vient de célébrer le demi-millénaire, cette offrande littéraire se veut un plaidoyer pour une « linguistique-fiction ». Faisant la part belle à la cryptographie (les « mots sous les mots ») ou aux glossolalies, écrivains, philosophes, linguistes voire psychiatres ont toujours rêvé, depuis la Renaissance, d'un alphabet qui organiserait aussi bien le monde des choses que l'univers des pensées, quand ils n'ont pas imaginé des hyperlangues, des langues hybrides ou encore des langues utopiques ou uglossies relevant de la fiction ethnographique. Les auteurs rassemblés dans ce volume rappellent aussi que, de l'Amérique à l'Europe orientale, un imaginaire des origines n'a cessé de vouloir démontrer la parenté entre les langues en recourant à des modèles identitaires tant bibliques que classiques. La musique n'est pas oubliée dans ce concert de fantasmagories langagières de même que les performances théâtrales de Valère Novarina.

  • Alors même que la consommation est devenue un phénomène central, dans les sociétés contemporaines, peu de place lui est encore accordée dans les publications scientifiques. Mais les choses changent - notamment dans les champs académiques de la psychologie et de la psychosociologie, de la sociologie et des sciences politiques, ou encore de l'anthropologie. Cet ouvrage s'inscrit pleinement dans ce mouvement, qui vise à appareiller conceptuellement et techniquement la pensée de la consommation. Longtemps, celle-ci a été principalement abordée, en marketing, dans la perspective de sa production : comment la générer, la stimuler, la faire évoluer et la diriger. Puis des questions nouvelles sont apparues, sur la façon dont les consommateurs donnent sens aux produits, développent eux-mêmes des pratiques de consommation, interprètent les dispositifs incitatifs - vivent la consommation.
    Cette nouvelle approche commande de nouvelles méthodes, délaissant l'approche en laboratoire de l'expérimentation pour favoriser l'immersion dans les mondes vécus. C'est alors d'ethnographie dont il est question.
    De plus en plus de monde s'y intéresse, en marketing. Dans les centres de recherche, mais aussi dans les entreprises, où l'on assiste au développement rapide d'une attention marquée à cette méthode d'investigation, diversement mobilisée en étude de marché sur des terrains très variés.
    Pour aider son appropriation, il s'agit ici d'en présenter les ressorts, théoriques et techniques. Avec un usage intensif d'illustrations, de témoignages sur sa mise en oeuvre, tirés de recherches et travaux variés qui dévoilent les ficelles de la méthode ethnographique et partagent l'expertise acquise.

  • Le terrain ethnographique plonge le chercheur dans un espace d'altérité et d'engagement qui le confronte inévitablement à des questionnements (et à des doutes) sur sa posture, ses choix méthodologiques, ses dilemmes éthiques. L'art de l'ethnographie tient dans la capacité du chercheur à s'adapter en permanence à l'imprévisibilité de son terrain grâce à l'exercice de la réflexivité (retour sur soi et sur son terrain). Cette confrontation au monde de l'autre et ces allers retours perpétuels entre le terrain et la réflexion, interpellent des expériences à la fois émotionnelles, physiques et intellectuelles qui ne peuvent se transmettre sous forme de règles ou de recettes toutes faites mais livrent une myriade de pratiques méthodologiques. La richesse de ce livre réside également dans la diversité des terrains du Maroc contemporain : du Haut-Atlas au grand Casablanca, d'El Hajeb à Tanger, de Nador à Meknès, en passant par le Rif central et par l'intimité du foyer des couples mixtes installés au Maroc. C'est autant le monde des ouvrières, des adeptes du soufisme, des résidents d'un quartier d'habitations informelles, d'une communauté berbère vivant au sein d'une montagne, de la copropriété, des phénomènes participatifs, de la gestion du patrimoine, de la mixité conjugale, de la drogue et de la précarité sociale que ce livre nous fait découvrir. Ces histoires rendues vivantes à travers les récits passionnants des auteurs nous apparaissent comme un excellent outil pédagogique permettant aux étudiants d'acquérir les « ficelles du métier », aux chercheurs de poursuivre leurs réflexions sur les questions méthodologiques inévitablement renouvelées lors de chaque terrain ; enfin, au grand public d'approcher la grande diversité sociale du Maroc d'aujourd'hui au-delà des représentations toutes faites.

  • Entre 1907 et 1930, Edward S. Curtis publie les vingt volumes de son encyclopédie pictorialiste, The North American Indian, où dialoguent des propositions iconographiques et idéologiques souvent concurrentes, oscillant entre éthos assimilationniste et primitiviste. Au carrefour de différents régimes de visibilité - l'art, la science, le patrimoine, la surveillance et le spectacle - le photographe teste les représentations de l'autochtonie héritées du XIXe siècle à l'épreuve des schémas identitaires émergents, dans des images et contre-images qui traduisent les ambivalences de la rationalité coloniale et le statut politique incertain des Amérindiens. Érigeant la disparition en enseigne rhétorique de son grand oeuvre, Curtis bâtit un monument paradoxal, entre commémoration et oubli. Le présent ouvrage propose d'interroger ces conflictualités et d'analyser les enjeux historiographiques, éditoriaux, socio-politiques, mémoriels, épistémiques et méta-photographiques du pictorialisme ethnographique de Curtis, en envisageant The North American Indian comme un laboratoire des codes et des identités, un dispositif d'(in)visibilisation des populations amérindiennes, un lieu de mémoire hanté et un trait d'union entre romantisme et modernisme.

  • « Lire les cultures propose une réflexion sur les problèmes soulevés par la fixation et la transmission de connaissances concernant des cultures différentes de la nôtre. En prenant l'exemple du texte ethnographique, l'ouvrage soulève une série d'interrogations concernant aussi bien sa rédaction que sa réception : Comment peut-on décrire une culture qui ne partage pas notre histoire, notre langue et notre vision du monde ? Avec quels mots et quels concepts ? Jusqu'à quel point notre conditionnement culturel déforme-t-il toute tentative de description ? »

    Extrait de: Lorenzo Bonoli. « Lire les cultures. » iBooks.

  • En quoi consiste le « primitif » n'est-il pas un succédané de l'enfant, du rêveur ou du criminel auxquels veulent le cantonner les défenseurs de la « civilisation » ? Comment comprendre que les Bororo puissent dire qu'ils sont des oiseaux Arara ? C'est la question que pose Lévy-Bruhl dans la Mentalité primitive en 1922. Cet historien de la philosophie, spécialiste des transferts culturels entre la France et l'Allemagne, intervient ainsi, au croisement de la philosophie, de l'anthropologie, de la psychologie et de la sociologie dans le contexte des sciences humaines alors naissantes et déjà rivales. Aujourd'hui, ses travaux continuent d'alimenter les débats entre le structuralisme, la philosophie analytique et la phénoménologie. Qu'est ce qui fonde, dans l'esprit humain, le principe de contradiction ? À quoi tiennent les sentiments et des croyances qui font percevoir un être naturel comme un être social ? Qu'est-ce qui rend possible la participation immédiate et affective au monde ? Voici enfin redécouvert un pan considérable de l'histoire de la pensée, qui lie le XIXe au XXe siècle, et qui permet de relire autrement Durkheim, Bergson, Lévi-Strauss.

  • Comment, dans un contexte marqué par la volonté politique de démocratiser les études, le Lycée Professionnel gère-t-il les élèves qu'il accueille ? Comment ces jeunes vivent-ils, dans leur diversité, leur scolarisation en Lycée Professionnel ? À partir d'une enquête par observation participante menée dans un lycée marseillais, l'auteur propose une étude en profondeur de la vie dans un établissement ordinaire dont il nous livre d'importantes clés de compréhension : le problème du respect de l'ordre scolaire et la délégation de la tâche de filtrer et de contrôler les perturbateurs à de jeunes précaires interchangeables ; les intérêts divergents qui opposent jeunes et adultes chargés de les instruire et de les encadrer ; la manière dont les différences - d'âge, de filière d'étude, de sexe - entre jeunes produisent des comportements contrastés. Cette recherche restitue une expérience sociale et sociologique vivante et originale, vécue par le chercheur, qui repose sur l'analyse des interactions et des situations qu'il a pu observer. Portant un regard neuf sur la déviance et l'ordre scolaire, ce livre met ainsi en évidence les importants compromis que l'institution scolaire concède pour satisfaire les apparences de sa mission dans un contexte de transformation des publics de l'enseignement professionnel.

  • Margaret Mead prétendait en 1928, avoir observé aux Iles Samoa que la liberté sexuelle chez les adolescents était favorisée par la culture polynésienne. En réalité M. Mead a reproduit un mythe occidental ancien, dont l'ouvrage ici révèle le mécanisme : comment le mythe a orienté la préparation puis le contenu de l'enquête de Mead. Il fournit également les résultats d'une récente enquête sur les représentations culturelles de la sexualité à Samoa.

  • Le camp de la paix israélien a longtemps su mobiliser largement sous sa bannière en revendiquant une loyauté sans faille au sionisme et à l'armée. Depuis la seconde Intifada, il a laissé la place à un ensemble de micro-mobilisations dont le caractère inédit a été d'amener militants israéliens et Palestiniens des territoires à coopérer dans une lutte non violente contre l'occupation. Réprimées par l'armée, ces manifestations contre le mur, activités de solidarité et autres actions de désobéissance civile font aussi l'objet d'une forte réprobation en Israël.
    Qui sont ces Israéliens qui prennent fait et cause contre l'occupation en passant de l'autre côté ? Qu'est-ce qui se joue dans leur rencontre avec des Palestiniens et dans leur confrontation à une armée qu'ils ont souvent considérée comme leur ? Comment expliquer que cet engagement imprègne souvent leur vie au point de devenir une part importante de ce qu'ils font, mais aussi de qui ils sont ?
    Fruit d'une immersion en Israël/Palestine, cet ouvrage propose d'apporter des pistes pour répondre à ces questions, éclairant ainsi les logiques qui président à l'entrée et au maintien dans une carrière militante à risque et stigmatisée.

  • Maxime aimerait bien revoir sa première voiture, savoir si « elle est encore en vie ». Dernièrement, Karine « a flashé » pour une petite « baroudeuse », tandis qu'Albert a privilégié « la silhouette » de son « beau cheval ». Marie a mal dormi après avoir constaté la rayure faite sur la carrosserie de son « bijou ». Claire, quant à elle, s'amuse des travers de son passionné de mari... « Mais les voitures et lui, c'est une catastrophe ! ».

    Cet ouvrage explore l'univers des pratiques et des représentations associées à l'automobile. Il se lit comme une somme de nouvelles, une série de scénettes sur l'ordinaire de la voiture et se parcourt à la manière d'un « livre dont vous êtes le héros ». Chacun peut y reconstruire son itinéraire et même y greffer d'autres récits ou anecdotes personnelles. C'est la multiplication de ces « coups d'oeil » qui donne à voir la richesse des manières de s'attacher à la voiture, voire d'être capté par l'objet. Chaque nouvelle expérience permet de tisser les liens affectifs entre le véhicule et son possesseur. Plus le maillage se densifie, plus l'attachement grandit et plus l'emprise de l'objet se fait sentir. Il se crée alors un lien subtil entre le matériel, le symbolique et l'identitaire.


    En décortiquant notre attachement à l'automobile, l'auteur rappelle ainsi l'extrême prégnance des objets de la vie quotidienne dans nos existences contemporaines.

  • La première biographie de Thérèse Rivière, ethnologue française des années 1930, partie en mission avec Germaine Tillion dans les Aurès (Algérie), oubliée de l'histoire malgré des apports scientifiques majeurs au Musée de l'Homme. Soeur de Georges Henri Rivière, fondateur de la muséographie en France, passionnée par l'ethnologie des peuples berbères, sa carrière fut entravée par de longs internements en hôpital psychiatrique. Cette biographie écrite à la première personne épouse les mouvements intimes de la personnalité d'une scientifique qui souffrait de bipolarité.

  • Alors qu'elle fait partie des premiers exportateurs mondiaux de main d'oeuvre, l'Indonésie reste en marge de la sociologie des nouvelles migrations internationales. En proposant une socio-anthropologie des migrations de travailleurs indonésiens vers la Malaisie et Singapour, cet ouvrage montre qu'elles jouent pourtant un rôle clé dans la transformation des sociétés du Sud-Est asiatique et la globalisation des économies régionales. À partir d'une approche ethnographique, Loïs Bastide saisit ces circulations au plus proche des acteurs, sans renoncer à décrire leurs contextes sociaux, politiques, culturels et historiques. Il met ainsi en lumière des espaces transnationaux liés aux pratiques de ce « précariat globalisé » : alors que les sociétés se désenclavent sous l'effet des migrations, les existences se déroulent désormais à l'échelle transnationale. Saisir ces transformations nécessite aujourd'hui de décrire différentes manières d'habiter le transnational.

  • L'anthropologie proposée dans cet ouvrage met au centre de sa réflexion le terrain ethnographique comme induisant, de fait, la mise en place de relations intersubjectives complexes qui participent à et pèsent sur l'enquête ainsi que sur la production du savoir. Les régimes d'engagement de l'anthropologue avant, pendant et après son enquête constituent alors un questionnement nécessaire et fondamental pour l'exercice du métier et la compréhension des mondes sociaux. Les auteurs évoquent tour à tour comment ils se sont trouvés pris dans des interrelations qui les ont conduits à omettre certains aspects contradictoires, dérangeants ou compromettants des situations observées. Tous ont entrepris une démarche critique et réflexive sur leurs expériences de terrain et leurs rencontres et ont cherché à comprendre comment elles ont influencé à la fois leur raisonnement anthropologique et les modalités d'écriture au moment de la restitution de leur recherche. Cette étude des situations et des relations tissées sur le terrain permet alors de comprendre comment les humains donnent sens à leur monde et décident de leurs actes. Cet ouvrage interroge ainsi, entre empirie et théorie, les modes de connaissance et les formes d'expérience au fondement du savoir anthropologique.

  • La Guía etnográfica de la alia amazonia es un proyecto editorial de largo aliento que se propone publicar monografías etnográficas referentes a diversos pueblos indígenas de la amazonia peruana a cargo de destacados especialistas de América Latina, Europa y Estados Unidos. El presente volumen reúne monografías sobre dos pueblos indígenas -los Achuar y los Candoshi- pertenecientes al conjunto jívaro-candoa, el cual ocupa un territorio más o menos continuo a ambos lados de la frontera Perú Ecuador. Los jívaros ocupan un lugar prominente tanto en el imaginario antropológico como en el popular, representando al 'indio' amazónico por antonomasia. Su antigua condición de 'cazadores de cabezas', práctica copiosamente mencionada y descrita -por lo general de manera sensacionalista- por viajeros, misioneros, etnólogos y guías de turismo, ha contribuido a popularizar su imagen exótica como el epítome de 'salvajismo'. Su habilidad guerrera -interpretada como fiereza intrínseca- y el notable éxito que tuvieron durante muchos siglos para evitar la dominación foránea, los ha convertido asimismo en símbolo de resistencia indígena y capacidad organizativa. Entre los temas tratados en las monografías que componen este volumen destacan las complejas dinámicas socio-espaciales que han experimentado estos pueblos desde la época colonial, el carácter segmentado de su organización social y la ideología de depredación que permea todos los niveles de relacionamiento social con el Otro, ya sea éste un otro interno o externo al conjunto. Estas monografías también ponen énfasis en los grandes desafíos políticos, ambientales y de salud que confrontan estos pueblos en la actualidad.

  • Ensemble numérisé complet des deux volumes constituant l'édition originale de 1854 et dont le premier s'ouvre sur une grande carte dressée par A. H. Dufour portant l'itinéraire du Père HUC.

    L'auteur, lazariste français (1813-1860), missionnaire en Chine, séjourna cinq ans en Mongolie, pénétra au Tibet et fut le premier européen à entrer à Lhassa, habillé en lama. Le récit de son expédition «Souvenirs d'un voyage dans la Tartarie et le Tibet» suivi quelques années plus tard de «L'Empire chinois», connut un grand succès. L'auteur fut également reçu par Napoléon III pour le conseiller sur la Chine. Outre d'indéniables qualités littéraires, le principal attrait de ce récit réside dans le fait qu'il s'agit véritablement d'un reportage réalisé in situ. Et Huc est un homme curieux de tout: l'environnement, les langues, les coutumes, l'histoire des différentes populations rencontrées sont ainsi ici précisément décrites, faisant de son journal une mine d'informations à la fois précises et précieuses.


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  • Citation :
    « Le contraste que présentent les trois divisions de cette ville est celui que la civilisation offre dans toutes les grandes capitales ; mais il est plus heurté à Londres que nulle autre part. On passe de cette active population de la Cité qui a pour unique mobile le désir du gain à cette aristocratie hautaine, méprisante, qui vient à Londres deux mois chaque année, pour échapper à son ennui et faire étalage d'un luxe effréné, ou pour y jouir du sentiment de sa grandeur par le spectacle de la misère du peuple ! ... Dans les lieux où habite le pauvre, on rencontre des masses d'ouvriers maigres, pâles, et dont les enfants, sales et déguenillés, ont des mines piteuses. » (Flora Tristan)

    Alors qu'en 1839 Flora Tristan vit à Londres, capitale dont elle n'apprécie pas le contexte social, elle décide néanmoins de lui consacrer un ouvrage mettant en exergue toute la force et la misère de cette mégapole. Loin des clichés des belles lettres de l'époque, Flora Tristan va promener son lectorat à travers les quartiers insalubres et miséreux de Londres à la recherche de tous ceux dont on parle peu, et dépeindre ainsi une réalité très éloignée de l'image de capitale moderne d'un État puissant et économiquement fort. Londres, ville tentaculaire apparaît comme un monstre industriel avec ses docks et ses entrepôts interminables le long desquels des navires de toutes tailles attendent leurs marchandises pour les porter à l'autre bout du monde. Londres, dont l'horizon est barré de dômes, de clochers, de cheminées d'usines crachant leurs fumées noires est une capitale résolument moderne avec ses grandes avenues éclairées au gaz et ses boutiques illuminées.
    Londres divisée en trois secteurs distincts qui ne se rencontrent jamais ou si peu ...


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