• Napoléon et la dernière campagne constitue le troisième et dernier opus de Jacques-Olivier Boudon relatif à l'épopée napoléonienne sur le front après Napoléon et la campagne de Russie, 1812 et Napoléon et la campagne de France, 1814. L'annonce du débarquement de Napoléon à Golfe-Juan le 1er mars 1815 retentit comme un coup de tonnerre dans une Europe pétrifiée par l'audace de l'homme qui a dominé le monde pendant quinze ans. Acclamé à son retour, Napoléon retrouve en vingt jours ses habits d'empereur et s'engage dans une série de réformes libérales qui marqueront d'un sceau nouveau l'Empire des Cent-Jours. Mais il est très vite confronté à l'opposition irréductible des puissances européennes hostiles à ce retour. Dès lors la guerre est inévitable. Napoléon repart en campagne, mais il ne parvient pas à souder autour de sa personne une nation lasse de la guerre. Ce sera sa dernière campagne, une campagne courte ponctuée par la bataille de Waterloo, toujours controversée. À partir d'archives et de mémoires du temps, l'auteur met en scène cette dernière campagne de Napoléon, à la fois héroïque et tragique.

  • « Bérézina ! » Ce mot aujourd'hui passé dans le langage courant illustre à lui seul combien l'expérience de la campagne de Russie est ancrée dans la mémoire nationale. Cette mémoire est, du reste, partagée par les Russes qui font de 1812 un élément fondateur de leur histoire. 
    L'affrontement des deux empires, alliés depuis 1807, qui se déroule dans la démesure avant de tourner au désastre, offre une dramaturgie qui se prête au récit : phase de préparation, début de la campagne jusqu'à son apothéose lors de l'entrée dans Moscou, bientôt en flammes, puis chute, avec cette lente retraite dramatique effectuée pour l'essentiel à pied, dans le froid glacial de l'hiver russe. 
    Au-delà de la narration des principaux épisodes de cette expédition, une réflexion s'impose sur le traumatisme qu'a représenté cette tragique campagne. À travers des sources nombreuses, une littérature riche, Jacques-Olivier Boudon s'attache à croiser les approches pour nous aider à comprendre le rôle majeur de cet épisode dans la construction des mémoires européennes. 
    Jacques-Olivier Boudon, grand spécialiste et auteur de nombreux ouvrages sur l'époque napoléonienne, professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris IV-Sorbonne, est président de l'Institut Napoléon.
    "Un ouvrage documenté qui porte un nouveau regard sur la plus grande défaite française, et ce qu'il en reste."  HISTORIA

  • Grâce à une série étonnante de victoires (Champaubert, Montmirail, Montereau ou Craonne...), Napoléon a inscrit la campagne de France au coeur de son épopée. Même si elle s'achève par l'abdication de l'Empereur, elle est comparable aux actions d'éclat qu'il a pu conduire en Italie, en Autriche ou en Prusse. Napoléon, chef de guerre, n'a rien perdu de sa superbe. Il parvient toujours à galvaniser ses hommes et à donner l'impression à ses adversaires d'être à la tête d'une armée innombrable. Sans avoir été vaincu en une bataille décisive, l'Empereur doit cependant se résoudre à abdiquer, après la chute de Paris et la défection de ses proches. La campagne de France marque ainsi la fin de l'Empire.
    La France est lasse de dix ans de guerre et de quinze ans de pouvoir autoritaire. Le charisme de Napoléon ne suffit plus à entraîner les foules derrière lui. La population subit aussi pour la première fois les effets de la guerre, les violences qu'elle engendre, l'occupation du territoire, et aspire à la paix. Dernier épisode de l'affrontement qui a opposé les Européens à la France issue de la Révolution, la campagne de France scelle enfin le sort de l'Europe pour le siècle à venir.

  • Jamais peut-être les sciences se rapportant à l'univers biblique n'auront suscité autant de recherches, de débats et de polémiques, touchant un très large public à travers le monde. L'archéologie, notamment, a fait des progrès considérables, apportant sans cesse de nouveaux éclairages sur le monde et le peuple qui ont produit - et qu'a produit - la Bible. 
    Mais toutes ces perspectives ouvrent de nouvelles réflexions, bien plus larges, sur le sens même du message biblique : qu'en reste-t-il sous les fourches caudines de la Science ? La Bible ne risque-t-elle pas de se figer ou de s'assécher lorsqu'on la coupe trop radicalement de la tradition, pour en faire un simple sujet d'étude ? Au-delà de la Bible, que savons-nous réellement de la civilisation qui l'a fait naître ? Sur quels socles historiques et identitaires les Hébreux se sont-ils constitués en nation ? Comment ont-ils surmonté les défaites militaires et les processus d'acculturation ? 
    Par une vision autant chronologique que thématique, en élargissant le champ aux voisins, partenaires ou ennemis du peuple d'Israël, et en repoussant bien des a priori, cette étude replace cette civilisation dans son temps, en dégageant ce qu'elle a à apporter au nôtre.

  • Marcel Proust a disparu à l'âge de 51 ans, en 1922. Depuis de nombreuses années, il vivait reclus dans une chambre capitonnée de liège pour nous offrir l'oeuvre d'une vie : A la recherche du Temps perdu. Mais qui était Proust? Pourquoi sa somme romanesque est-elle considérée comme le chef-d'oeuvre de la littérature du 20e siècle? A travers les épisodes marquants d'une existence devenue mythique et qui s'est bientôt confondue avec son oeuvre, le présent ouvrage proposera des clés pour apprendre la vie d'un homme et des clés pour comprendre son style, parmi les plus remarquables et singuliers de la littérature.
    L'écrivain possède, par sa notoriété, la qualité remarquable de susciter l'actualité en dehors même de toute actualité tant il est un élément incontournable de la culture française : son symbole même.

  • Personnage froid et calculateur, monstre dénué de tout sentiment allant jusqu'à sacrifier ses amis d'hier, dictateur aux pleins pouvoirs, voire précurseur « des totalitarismes » du XXe siècle... où bien l'un des plus grands hommes d'État de l'histoire de France, protagoniste majeur de la Révolution, « Incorruptible », héros maltraité par deux siècles d'une légende noire tenace ?
    Maximilien Robespierre ne laisse point indifférent, loin s'en faut, et les querelles historiographiques sont légion à son propos, si prégnantes que l'historien Marc Bloch eut ce mot : « Robespierristes, antirobespierristes, nous vous crions grâce ; par pitié, dites-nous simplement : quel fut Robespierre ? ».
    Mais comment dire simplement ce qui, par nature, se compose d'évolutions, de contradictions, de tensions, de combats ? Comment autrement qu'en réinterrogeant en permanence l'homme et l'oeuvre pour mieux les appréhender, à la lumière tant des archives que de l'historiographie ?
    Loin du panégyrique tout autant que du rejet brutal, le présent ouvrage propose aux lecteurs des réflexions synthétiques, consacrées à quinze thèmes essentiels, qui aideront chacune et chacun à construire, enrichir ou nuancer son opinion.
     

  • Tel un sphinx, le premier empereur romain Auguste reste  une figure historique énigmatique qui a toujours excellé  dans l'art du camouflage et de la dissimulation. Il a légué  à la postérité une image protéiforme qui met face à face  la détermination froide d'un homme prêt à tout pour  s'emparer du pouvoir et son statut de fondateur d'empire  divinisé. Il fut tout d'abord le fils adoptif de César, qui sut  tirer parti de sa filiation pour créer un nouveau régime sur  les ruines de la République. Chaotique, la réalité historique  contraste avec la figure du prince sage et vertueux  patiemment construite par Auguste.
    Cette biographie entend concilier l'histoire, la mémoire  et le mythe auquel un homme donna naissance et qui ne  cessa d'évoluer depuis son décès jusqu'à son exploitation  par l'Italie fasciste de Mussolini au XXe siècle en passant  par Charlemagne et les Lumières. La clé de l'interprétation  du personnage réside dans l'ambiguïté foncière qui  s'attache à toute forme de pouvoir et qu'Auguste porta  à son paroxysme. C'est ce qui explique qu'en fonction  des époques et des contextes, il ait été perçu comme  un monarque absolu à l'image de Louis XIV ou comme  un prince républicain, voire comme le restaurateur de la  République.

  • Première femme de lettres de la modernité, Colette s'impose comme l'une des romancières les plus célèbres en France et à l'étranger. Symbole des années folles et de l'écriture au féminin, elle incarne aussi bien la libération des moeurs que la conquête du monde des lettres par les femmes.
    Cet ouvrage offre les clés pour comprendre son univers. A la fois populaire et exigeante, Colette est l'un des rares écrivains à offrir une oeuvre à la croisée d'une siècle et d'un destin. De Claudine à Gigi, de Sido à la fin de Chéri, elle invente une écriture de conquête et d'indépendance : temps du souvenir et amour de la littérature.

  • Jérusalem n'a pas toujours été un champ de bataille. À l'orée du XXe siècle, une autre histoire se dessine, portée par l'émergence d'une identité citadine partagée, loin des dérives communautaristes qui semblent aujourd'hui l'emporter. 
    Cette histoire a longtemps été oubliée et mérite à elle seule d'être racontée. On y croise un maire arabe polyglotte, un député ottoman franc-maçon, des Juifs levantins, mais aussi des archéologues occidentaux occupés à creuser le sous-sol pour faire ressurgir les lieux saints de la « Jérusalem biblique ». Vincent Lemire restitue cette période exceptionnelle en s'appuyant sur les recherches les plus récentes et sur de nombreuses sources inédites, notamment les archives de la municipalité ottomane de Jérusalem. 
    Alors que la ville sainte est aujourd'hui à un nouveau tournant de son histoire et que la question de son partage se pose une fois encore, il faut se souvenir de cet « âge des possibles » qui peut livrer quelques clés pour mieux comprendre le présent et envisager l'avenir.
    Vincent Lemire, ancien élève de l'ENS Fontenay-Saint-Cloud, est maître de conférences à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée. Il est actuellement en délégation CNRS au Centre de recherche français à Jérusalem. Spécialiste d'histoire urbaine, il a notamment publié La soif de Jérusalem. Essai d'hydrohistoire, 1840-1948 (2011).

  • La vie de John Fitzgerald Kennedy n'a été qu'ombres et lumières ; des lumières d'un incroyable éclat et des ombres d'une noirceur inquiétante, comme autant de signes d'une destinée tragique.
    Véritable caméléon, JFK aura toute sa vie admirablement joué le rôle que d'autres lui ont attribué, et en premier lieu son père. Un père à l'ambition dévorante qui, tel un démiurge, façonne les garçons du clan en hommes de pouvoir.
    Mais JFK n'est pas qu'une simple marionnette, il est doté d'une grande intelligence et d'un charisme hors du commun, rien ni personne ne lui résiste, surtout pas les femmes. Il transforme le médiocre en excellence, un corps malade en un corps triomphant...
    Grâce à de nouveaux éléments peu connus du public français et refusant tout autant l'idolâtrie que le sensationnalisme, Thomas Snégaroff dresse le portrait sensible d'un homme dont le destin continue, un demi-siècle après sa mort, de nous fasciner.

  • Malgré une reconnaissance croissante, Jean Zay, le très jeune ministre de l'Éducation nationale et des beaux-arts de Léon Blum, reste un homme politique méconnu, une figure républicaine inconnue. 
    Pourtant, son oeuvre de réformateur est exceptionnelle (démocratisation scolaire, ENA, CNRS, festival de Cannes...), et fait de lui le Jules Ferry du Front populaire. Quant à son emprisonnement dès 1940 puis son assassinat par des miliciens en 1944, ils en font le Dreyfus de Vichy. 
    Ce livre s'attache à combler l'écart entre une vie remarquable et une mémoire partielle, afin de donner à lire et à comprendre un parcours de républicain emblématique par son action et par la haine qu'il suscita. 
    Aujourd'hui, alors que la référence aux « valeurs républicaines » est fréquente, mais ne dépasse souvent pas le stade de l'invocation, Jean Zay permet de répondre, historiquement, à la question dont dépend notre avenir : « Que signifie vivre en République ? Rien, sans engagement républicain. » 
    Olivier Loubes, historien de l'enseignement et de l'imaginaire politique de la société française, est un spécialiste des rapports entre l'école et la nation au XXe siècle et travaille sur Jean Zay depuis 1991. Il est professeur de chaire supérieure au lycée saint-Sernin de Toulouse.

  • Et si nous étions devenus, sans le savoir, les principaux acteurs de l'économie numérique ? Si nos vies, nos inter-actions, nos créations étaient la source déterminante de la valeur et de la croissance ?
    Un monde nouveau, né de la révolution numérique, consacre le règne de milliards d'individus désormais instruits, équipés et connectés. Ensemble, ils forment une puissante multitude qui bouleverse l'ancien ordre économique et social. Loin d'être l'affaire des seules entreprises technologiques, l'économie numérique est au contraire dominée par ceux - entreprises, administrations, associations - qui ont su s'allier à cette multitude. Après la révolution numérique, l'enjeu stratégique est de susciter, de recueillir et de valoriser la créativité des individus.
    Tel est le sens de cet essai, souvent radical et décapant, qui invite entrepreneurs et politiques à comprendre et à utiliser la valeur considérable créée par chacun d'entre nous.
    Cette deuxième édition révisée est précédée d'une nouvelle préface.

  • Entre les XVe et XVIIIe siècles, la Chasse aux sorciers et sorcières a fait des dizaines de milliers de morts en Europe. Accusées de pacte avec le diable, de crimes abominables et de maléfices, les victimes, essentiellement des femmes, ont dû endosser la responsabilité des malheurs de toute sorte frappant individus et communautés.
    Expié sur les bûchers, ce crime imaginaire a été largement théorisé par les juristes et les théologiens, souvent tenaillés par l'obsession diabolique et animés par une volonté d'uniformité sociale. Mais il a d'abord été nourri des peurs et croyances collectives, des failles béantes de la nature humaine et des machineries des administrations alors en construction.
    Si les pouvoirs civils, prenant le relais de l'Église, ont très vite traqué les adeptes de Satan, « déviants » devenus criminels absolus, ce sont également eux qui ont progressivement éteint les feux d'une répression devenue destructrice de l'ordre social.
    Sorcières ! est une plongée dans les abysses de la culture occidentale, dans le bouillonnement d'où a émergé notre Modernité.

  • N'en déplaise à quelques « climato-sceptiques » isolés, l'écrasante majorité des scientifiques s'accorde sur la réalité du réchauffement climatique. L'heure n'est plus aux doutes : il faut combattre le mal. Mais comment ? Les scénarios divergent. 
    Certains militent de longue date pour la conclusion d'un accord mondial, juridiquement contraignant, sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. D'autres balayent cette option d'un revers de main. Il serait trop tard selon eux - ou trop coûteux - pour compter sur la simple réduction des émissions afin d'atténuer les bouleversements qui nous attendent. 
    Leur solution ? Provoquer un refroidissement artificiel à l'échelle du globe, en saupoudrant, par exemple, l'atmosphère de particules de sulfates. Comme le montrent les auteurs, si ces options de « géoingénierie » sont parfois crédibles, elles portent en elles de lourdes menaces climatiques, environnementales et géopolitiques. Elles permettraient aussi à quelques entreprises de réaliser, sur la planète, la plus gigantesque OPA de tous les temps. 
    Bertrand Guillaume est maître de conférences à l'Université de technologie de Troyes, professeur associé à l'Université de Sherbrooke (Canada). 
    Spécialiste des questions climatiques, Valéry Laramée de Tannenberg est rédacteur en chef du Journal de l'Environnement, journaliste à L'Usine à GES.

  • Le football, sport conquérant, a érigé un empire qui ne connaît ni frontières, ni limites.
    Saviez-vous que la FIFA compte davantage de membres que l'ONU ?
    En tant qu'acteur international devenu majeur,  il n'échappe pas aux  réalités géopolitiques, sociologiques, économiques et stratégiques qui sont autant d'enjeux cruciaux, partout sur la planète.
    Pascal Boniface nous livre les ingrédients qui ont fait du football une industrie,  un objet de vénération, presqu'une religion.  Tout en montrant en quoi il contribue positivement à l'histoire des hommes,  il n'oublie pas de recenser et dénoncer les maux et inepties qui gangrènent cet univers : chauvinisme, replis identitaires, racisme, violence...

  • Info, intox ? Complot, rumeur ? La désinformation serait partout, et la vérité nulle part. Ces questions obsèdent nos sociétés où il semble qu'en ligne tous puissent s'exprimer et que rien ne doive rester caché. Pourtant, la désinformation a une histoire. Elle s'exprime pendant la guerre froide et accompagne la mondialisation, avant que le web et les réseaux sociaux ne lui ouvrent de nouveaux horizons.
    En explorant les mécanismes de ce qui nous abuse et que nous refusons parfois de croire, des systèmes de pouvoir apparaissent et de nouvelles formes d'idéologies se manifestent. Quand la vérité des faits devient l'objet central de nos luttes, la désinformation n'est plus qu'une question morale : elle est un enjeu stratégique.
     
      

  • La Terre est dans un état critique. Surexploitée, spoliée, sa finitude est niée par l'appropriation productiviste qui domine notre temps et qui accroît les inégalités au sein des sociétés et entre les parties du monde. La Terre n'est pas simplement le globe terrestre, elle est aussi et fondamentalement le monde habitable. En la détruisant continuellement, l'homme s'autodétruit. Il devient urgent de nous reprendre si l'humanité souhaite rester libre de son destin et transmettre un monde habitable aux générations futures.
    Beaucoup de choses ont été dites ou écrites sur les autres développements possibles, mais il manquait un principe susceptible de rendre compte du sens philosophique du tournant que nous devons prendre.
    Tel est l'enjeu de ce livre qui entend repenser, par le concept d'inappropriabilité, notre être dans son rapport aux autres, à l'humanité et au monde vivant. Cette refondation repose sur trois piliers (cosmopolitique, politique et éthique) et vient revisiter la manière dont nous vivons et agissons, individuellement et collectivement. Elle doit, au final, permettre de surmonter le nihilisme contemporain et restaurer l'espoir en un avenir qui ne soit pas hanté par le spectre de la catastrophe.

  • Il peut sembler paradoxal de consacrer un ouvrage aux grands débats parlementaires de la Cinquième République, un régime précisément fondé pour en finir avec les excès du parlementarisme.
    Mais le paradoxe n'est qu'apparent, tant il est vrai que le général de Gaulle et Michel Debré n'ont jamais remis en question la nécessité d'un dialogue fécond et animé entre les pouvoirs. Si le parlementarisme a été rationalisé, il n'en a pas moins conservé sa capacité de produire discours, débats, incidents et polémiques. En dépit de la présidentialisation du régime, en dépit de la discipline de parti, de la médiatisation réductrice et de la technocratisation des enjeux, la scène parlementaire est restée l'un des lieux essentiels du politique.
    Outre les déclarations de politique générale, certains discours semblent incontournables: celui de Michel Debré défendant en décembre 1959 sa loi de financement de l'enseignement privé; celui d'Edgar Faure, ministre de l'Éducation nationale, présentant en juillet 1968 sa réforme de l'enseignement supérieur; celui de Robert Badinter, ministre de la Justice, sur l'abolition de la peine de mort en septembre 1981... Mais la prépondérance de l'exécutif ne doit pas faire oublier la part de l'initiative parlementaire, comme l'illustrent les discours de Lucien Neuwirth en faveur de la contraception, en juillet 1967, ou de Christiane Taubira visant à faire reconnaître l'esclavage comme un crime contre l'humanité, en février 1999.
    C'est encore dans la critique, voire dans la polémique, que peut s'exprimer la créativité rhétorique des parlementaires. Parmi ces grands discours d'opposants, citons celui de Paul Reynaud contre la révision constitutionnelle d'octobre 1962, celui de Pierre Mendès France condamnant la politique économique et sociale du gaullisme en mai 1967, celui de François Mitterrand contre Jacques Chirac en octobre 1976, celui de Jacques Chirac contre le projet Savary en mai 1984, ou encore le réquisitoire de Philippe Séguin contre le traité de Maastricht en mai 1992.
    Si la technicité et l'expertise ont tendance à prendre le pas sur l'escrime oratoire et sur le plaisir de la délibération, les discours sélectionnés dans ce recueil recèlent une qualité littéraire intrinsèque.

  • Dans l'histoire des hommes, quelques dates marquent des ruptures indélébiles. 1914 est de celles-là. On donna par la suite - à tort - le nom de Première Guerre mondiale à ce conflit, dont on connaît le terrible bilan : 10 millions de morts, un désastre économique et culturel, et l'avènement des régimes totalitaires.
    Cette guerre était-elle évitable ? La Grande Guerre aurait-elle pu ne pas avoir lieu et le XXe siècle en être totalement transformé ? Quels furent les objectifs et les arrière-pensées des acteurs, au jour le jour, dans les capitales européennes ? Quel était, au-delà de l'image d'Épinal, l'état d'esprit des populations ? Autant de questions auxquelles répond ce livre, dans un récit au quotidien des premiers mois du drame.

  • Le monde arabe est encore trop souvent perçu, en Occident, comme un bloc homogène et figé. Les clichés sont fortement ancrés dans les imaginaires collectifs. On assimile arabe et musulman et l'on ignore trop la diversité des peuples répartis de la Mauritanie au sultanat d'Oman. Malgré un patrimoine linguistique et historico-culturel commun, le monde arabe reste un espace fragmenté renfermant des sociétés mosaïques formées de minorités ethniques, religieuses et linguistiques.
    Si le mythe de l'unité arabe n'a pas résisté à la force des particularismes nationaux, les peuples arabes sont encore mus par une conscience collective et un sentiment de solidarité incarnés par la « cause » palestinienne. À défaut de destin commun, ce lien immatériel est perceptible dans le mouvement de mobilisations et de soulèvements populaires déclenché depuis 2011. Phénomène marquant de ce début de xxie siècle, ce « réveil » ouvre des perspectives nouvelles pour des Arabes appelés à repenser leur propre mode de développement politique, économique et social. De leur capacité à se redéfinir dépendra aussi la place des Arabes dans le nouvel ordre mondial.

  • Depuis ses origines, l'histoire de l'alimentation se profile comme une impressionnante succession de découvertes et de révolutions, depuis la maîtrise du feu jusqu'à l'ère moderne marquée par la transformation physico-chimique de la nourriture. Porteuse d'interdits, de croyances, de rites ou même de manipulations, l'alimentation s'est chargée, au fil du temps, de symboles et de morale, confirmant son rôle dans la construction identitaire des hommes.
    Véritable exploration culturelle, sociétale et historique, cet ouvrage nous livre tous ses ingrédients en gros comme au détail, et fait de l'alimentation une véritable saga entremêlant grandes histoires et petites anecdotes. Avec ses emblèmes, ses idoles, ses goinfres illustres et ses martyrs comme le fut l'infortuné Vatel, ses commis, mitons et marmitons, ses coqs et maîtres queux, ses rebondissements, ses aventures et même ses fables, cet ouvrage nous emmène des gargotes populaires jusqu'aux plus belles enseignes de la gastronomie.
    En nutritionnistes avisés, Jean-Louis Schlienger et Louis Monnier nous offrent aussi un nouveau regard sur la nourriture dans notre société : entre normes et discours, entre peurs et fantasmes, ils démêlent le vrai du faux et imaginent ce à quoi elle pourrait ressembler demain.

  • Le génocide des Arméniens. Un siècle de recherche (1915-2015) est publié à l'occasion de la tenue à Paris, du 25 au 28 mars 2015, du colloque international « Le génocide des Arméniens de l'Empire ottoman dans la Grande Guerre. 1915-2015 : cent ans de recherche ». Il réunit les contributions scientifiques présentées à la Sorbonne, au Mémorial de la Shoah, à l'École des hautes études en sciences sociales et à la Bibliothèque nationale de France. Ce colloque introduit par le président de la République est organisé par le Conseil scientifique international pour l'étude du génocide des Arméniens (CSI), avec le soutien de la Mission du centenaire 2015 et de nombreuses institutions savantes. 
    Un siècle après le déclenchement à Constantinople, le 24 avril 1915, de l'extermination des Arméniens ottomans par l'État unioniste, la recherche internationale démontre par cette publication l'étendue de la connaissance scientifique sur le premier génocide contemporain. Cet ouvrage s'inscrit dans le mouvement des études sur les génocides, en plein développement en France comme dans le monde. Le centenaire de 1915 marque un tournant dans la résonnance publique des savoirs scientifiques les plus élevés et l'affirmation d'une conscience internationale de prévention des génocides.
    Annette Becker est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris-Ouest Nanterre-La Défense, membre du comité scientifique du Mémorial de la Shoah et membre de l'Institut universitaire de France.Hamit Bozarslan est directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS).Vincent Duclert est historien, enseignant-chercheur au Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron (EHESS).Raymond Kévorkian est directeur émérite de recherche à l'Institut français de géopolitique, Université de Paris VIII.Gaïdz Minassian est docteur en sciences politiques, enseignant à Sciences Po Paris et chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique.Claire Mouradian est directrice de recherche au CNRS.Mikaël Nichanian est conservateur à  la bibliothèque nationale.Yves Ternon est historien et membre du conseil scientifique du Mémorial de la Shoah, président du Conseil scientifique international pour l'étude du génocide des Arméniens.Satenig Toufanian est secrétaire scientifique du Conseil scientifique international pour l'étude du génocide des Arméniens.

  • Le théâtre du XVIIIe siècle, derrière des apparences légères, se révèle très contestataire. Au nom de la liberté individuelle et de l'égale dignité de chacun, il dénonce sans relâche le pouvoir arbitraire, la soumission des filles et des femmes, l'autorité du père et celle du maître, l'argent roi. Il a été un instrument majeur de la diffusion des idées nouvelles qui ont entraîné la France entière dans un vaste élan révolutionnaire. Pour l'auteur, les philosophes n'ont fait que mettre en forme des idées qui étaient dans l'air du temps.
    Car ce sont des milliers de pièces, sur des centaines de théâtres - à la foire, dans les châteaux, dans les salons, dans l'arrière-boutique de l'artisan -, qui ont propagé ces idées dans toute la société ; le théâtre a joué le rôle de la télévision aujourd'hui et le phénomène a duré un siècle. 
    Ce travail novateur est exemplaire de la convergence de plus en plus appréciée entre la réflexion en histoire, qui s'intéresse à la dimension politique des phénomènes culturels, et la recherche en littérature qui propose de nouvelles lectures, plus sociologiques et politiques des oeuvres. L'auteure apporte de nombreux éléments au débat actuel sur les voies et modalités de conquête de la société d'Ancien Régime par les idées nouvelles. Sans le théâtre, qui sait si la Révolution eut rencontré d'emblée l'accueil favorable qu'elle reçut dans les premiers temps... 
    Marie Laurence Netter, chercheur au Centre de Recherches Historiques -EHESS/CNRS est historienne des XVIIIe et XIXe siècles. Après une thèse sur l'alphabétisation en France, elle s'est intéressée à la vie culturelle et politique et à la manière dont les deux pouvaient se croiser et entrer en résonnance avec des interrogations contemporaines.

  • Globalisation du capitalisme, accélération et diffusion des échanges, uniformisation des modes de vie, internationalisation de la gouvernance, abolition des frontières grâce aux nouvelles technologies... la mondialisation est au coeur des mutations qui bouleversent la planète. Tantôt haïe, tantôt prônée, mal du siècle ou destin de l'humanité, la notion même semble être devenue dans la sphère publique l'unique clé de compréhension des enjeux du monde contemporain. 
    Et pourtant, derrière ce terme, quelle(s) réalité(s) ? 
    Revenir sur les mots, les concepts et les processus qui définissent la mondialisation dans toute sa complexité, son caractère multidimensionnel et sa perpétuelle évolution : telle est l'ambition de ce dictionnaire. Loin de toute vision doctrinale ou caricaturale, une soixantaine d'auteurs (géographes, sociologues, historiens, économistes, anthropologues, architectes...) livrent leur expertise et leurs analyses, volontairement critiques, pour rendre accessible au plus grand nombre des phénomènes encore méconnus et mal compris. 
    Une source d'information et un outil de réflexion incomparables. 
    o 235 entrées pour appréhender les différentes facettes de la mondialisation 
    o De courts essais d'auteur pour alimenter le débat 
    o Un réseau de renvois signifiants pour comprendre et mettre en perspective 
    o Des bibliographies et sitographies pour prolonger la réflexion 
    Dictionnaire dirigé par Cynthia Ghorra-Gobin, géographe, directeur de recherche au CNRS (CREDA) et coordonné en équipe par Martine Azuelos, Catherine Distler et Christian Grataloup.

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