• Une femme s'apprête à faire un voyage. Elle n'a pas besoin de bagage, elle ne part que pour une nuit. Une seule chose l'obsède : emmener Ida, sa fille de 18 mois, à la mer. C'est nécessaire, vital presque. Ida n'existe pas, Ida n'a jamais existé. Des voix ne cessent de le lui répéter. Pourtant, elle l'a porté ce bébé, serré contre elle, changé, nourri au sein. Elle l'aime d'un amour animal. Un amour comme ça, on n'y est pas préparé. C'est trop puissant un amour comme ça. Ida n'existe pas est une plongée dans la psychologie trouble d'une mère prête à commettre l'irréparable, mais aussi l'histoire d'un corps féminin qui cherche à se libérer de ses démons, d'une féminité complexe en quête d'apaisement.

    Adeline Fleury a été reporter pour le Journal du Dimanche et cheffe du service culture du Parisien Week-end. Ida n'existe pas est son sixième livre. Elle est notamment l'auteure, aux Éditions François Bourin, du roman Je, tu, elle (2018).

  • Flic à Libreville, Jean-Marc a perdu sa mère et sa soeur dans un accident de la route alors qu'il avait douze ans. Le chauffard, fils d'un ministre, n'a jamais été poursuivi. Il est entré dans la police à cause de ce drame. Chaque soir, il s'arrête devant la villa du chauffard, en attendant le jour où il pourra se venger. Pour le moment, tel un Dexter à la mode gabonaise, il nettoie les rues de Libreville des voyous, violeurs, politiciens véreux et génocidaires rwandais qui y sont planqués... Flic à Libreville, Jean-Marc a perdu sa mère et sa soeur dans un accident de la circulation alors qu'il avait douze ans. Le chauffard, fils d'un ministre, n'a jamais été poursuivi. Jean-Marc est entré dans la police à cause de ce drame. Pour se venger, se faire justice lui-même, condamner à sa manière ce meurtrier. Mais, fatigué des magouilles de ses collègues de la PJ et des crimes, viols et disparitions quotidiens, il a demandé à être muté à la Sûreté urbaine de Libreville. Un service pas plus reluisant, mais où il a le temps de préparer une vengeance qui le fait tenir au quotidien. Chaque soir, il s'arrête devant la villa du chauffard, en attendant le jour où il fondra sur lui comme un prédateur. Mais pour le moment, tel un Dexter à la mode gabonaise, il nettoie les rues de Libreville des voyous, violeurs, politiciens véreux et génocidaires rwandais qui y sont planqués... Janis Otsiemi a reçu le prix du roman gabonais en 2010 pour son premier roman, La vie est un sale boulot.



  • Réunis une première fois il y a dix ans pour partager leurs points de vue sur l'expérience des plantes sacrées, les trois auteurs se retrouvent aujourd'hui pour confronter leurs impressions face à l'évolution de ces pratiques.

    En dix ans, les connaissances sur les initiations et les états modifiés de conscience ont évolué. Les pratiques aussi. Jan Kounen, Jeremy Narby et Vincent Ravalec font le point sur les bénéfices et les risques que leur développement a pu apporter au monde occidental.Tout cela dans la bonne humeur, et avec le respect de l'approche singulière de chacun.

    Les auteurs
    Jan Kounen est cinéaste. Il a réalisé, entre autres, Dobermann, Blueberry, 99 Francs, Coco Chanel & Igor Stravinsky, ainsi que plusieurs documentaires. Il est aussi l'auteur des livres Visions : regards sur le chamanisme et Carnets de voyages intérieurs, Ayahuasca medicina, un manuel.
    Jeremy Narby est anthropologue. Il a notamment écrit Le Serpent cosmique, l'ADN et les origines du savoir (publié en une quinzaine de langues), Chamanes au fil du temps (coécrit avec Francis Huxley) et Intelligence dans la nature, en quête du savoir.
    Vincent Ravalec est écrivain et cinéaste. Il a publié, entre autres, Cantique de la racaille (prix de Flore), Un pur moment de rock'n'roll, Pour une nouvelle sorcellerie artistique et Sainte-Croix-les-Vaches : Le seigneur des Causses. Il est également coauteur de Bois sacré, Initiation à l'iboga.

    1 autre édition :

  • Le client qui embauche le jeune détective Jules Meyer, en ce printemps 1924, n'est pas n'importe qui : il s'appelle Albert Schweitzer. Le médecin, pasteur, musicien et philosophe, à 48 ans, vient de retourner à Lambaréné, au Gabon. Avec une petite équipe, il tente d'y relancer l'hôpital, fondé en 1913, qu'il avait dû abandonner pendant la Grande Guerre.
    L'affaire qu'il confie à Jules est elle-même extraordinaire : un colon, qui travaillait pour les négociants de bois au bord du fleuve Ogooué, est mort de façon mystérieuse. Dans sa maison fermée à clef, il a été carbonisé, sans que l'incendie se propage. Le village crie à la sorcellerie. La gendarmerie locale piétine.
    Jules, qui découvre l'Afrique-Équatoriale Française, va enquêter autour de Lambaréné. Il ne pourra pas empêcher deux autres morts par le feu. Avec Noël, le jeune étudiant anglais, Mukanga, le gendarme gabonais, Luvuma, l'attachante infirmière, et l'aide du Dr Schweitzer, le disciple de Sherlock Holmes va affronter une de ses enquêtes les plus troublantes.

    Sa rationalité sera mise à rude épreuve dans l'énigmatique et fascinante Afrique noire, à l'orée de la forêt vierge.

  • Depuis la fin des années 1980, le rap est devenu, au Gabon comme dans d'autres États du continent africain, le levier de constructions identitaires, de reconfigurations des rapports au politique et de transformations culturelles majeures. À l'inverse des discours abordant ce genre musical globalisé comme emblème de l'« occidentalisation » ou de l'homogénéisation culturelle, l'appropriation du rap a donné lieu, à Libreville, à des formes variées de réinventions de particularismes et de revendications de la localité, se déclinant dans le registre du genre, du religieux, du rapport à la nation, à l'ethni­cité ou à l'africanité. Née d'une immersion de plus de huit années dans les réseaux du hip-hop gabonais et africain, l'ethnographie multisituée proposée dans cet ouvrage éclaire les entrelacements des pratiques musicales, des dynamiques identitaires et des rapports au pouvoir, en décrivant comment les rappeurs du Gabon se sont progressivement imposés comme des acteurs politiques majeurs d'un régime semi-autoritaire en mutation. Par le biais de l'anthropologie des pratiques musicales, cet ouvrage offre un axe de compréhension novateur à propos de l'histoire politique et culturelle du Gabon, et des scènes musicales qui contribuent à mettre en mouvement les villes africaines contemporaines.

  • Comme l´indoeuropéen et l´austronésien, le domaine bantu est un exemple réussi d´application de la méthode comparative. On est en effet parvenu à restituer le berceau originel de la famille des langues bantu, à reconstruire la proto-langue ou à esquisser

  • Mwegni

    Dominique Douma

    « C'est pendant une nuit étoilée de l'année 1963 que le cargo des réfugiés à bord duquel j'avais embarqué quittait le port de Pointe-Noire pour Libreville après les émeutes. Un an après, la barge Louis Vincent quitte Mayumba avec des passagers parmi lesquels je me trouve. Après la traversée nocturne de l'océan Atlantique en 24 heures, l'aurore éclaircit à l'horizon le port de Pointe-Noire. Ce matin de l'an 1964 annonce un autre épisode de mon destin. Debout près de la cabine de pilotage, je contemple l'apparition pittoresque du port. Nous y accédons au même rythme que nous l'avions quitté avec le grand cargo. La mélancolie du souvenir de l'embarquement des réfugiés me fait frissonner lorsque le Louis Vincent, qui rentre dans le port pour accoster à son quai, passe à proximité de celui où jadis fut amarré le cargo des réfugiés. » 1962. Une guerre civile éclate à Pointe-Noire suite à un match de football, les tensions entre Congolais et Gabonais explosent. Dominique a alors une dizaine d'années. Membre de l'ethnie Vili, né de parents gabonais, il va échapper de peu à des représailles. L'année suivante, il est contraint de fuir et de se réfugier au Gabon. Là, la musique et le théâtre scolaire vont jouer un rôle déterminant dans ses futurs choix professionnels... Entre le Congo, le Gabon et la France, l'auteur revient sur une trajectoire singulière indissociable des troubles de l'époque, entremêlant chronique sociopolitique et peinture d'une vocation artistique qui ne l'a jamais quitté.

  • S'il est une partie du monde qui suscite un grand intérêt aussi bien dans la géostratégie mondiale que dans la préservation de la biodiversité universelle, c'est bien le golfe de Guinée. Du fait de la montée du terrorisme et de l'instabilité du Moyen-Orient, cette partie de l'espace monde est devenue une zone hautement stratégique, d'autant qu'elle est considérée aujourd'hui comme la seconde province pétrolière mondiale. Ce livre s'attache ainsi à analyser la question du différend frontalier de l'îlot de Mbanié en rapport avec les revendications de souveraineté maritime, principalement entre deux pays de la région spéci?que qu'est le golfe de Guinée : le Gabon et la Guinée Équatoriale. Mais le cas de São Tomé-et-Principe n'est pas en reste. Après la politique intérieure gabonaise, Patrice Moundounga Mouity élargit son champ d'analyse à la géopolitique maritime. Espace nourricier et stratégique caractérisé par une grande diversité de richesses, dont des ressources halieutiques, minières et énergétiques, le Gabon bleu ne cesse d'attirer les convoitises. En abordant les enjeux maritimes autour du Gabon et ses voisins, l'ouvrage entend situer le contexte de crise dont le golfe de Guinée a été le théâtre au cours de ces dernières décennies, traduisant ainsi l'urgence d'une prise en compte véritable des questions maritimes dans la sous-région d'Afrique centrale.

  • La naissance des Églises en Afrique date du milieu du XIXe siècle. Au Gabon, ce privilège revient au Père Jean Rémi Bessieux qui fonde la Mission Sainte Marie le 29 septembre 1844, marquant ainsi le début d'un long processus d'évangélisation. Ainsi, à court, moyen ou long terme, la Mission devait progressivement laisser la place à une organisation autochtone. Cependant, une lecture attentive de ce passage de flambeau entre Mission et Église autochtone laisse entrevoir que cette obligation de souveraineté était beaucoup plus évidente dans les dires que dans les faits. Après 1955, date de la fin de l'ère missionnaire, l'ordination d'évêques locaux marque les débuts de cette émancipation et l'Église locale connaît dès lors une rapide progression matérialisée par un certain nombre de facteurs tels que l'augmentation du nombre de circonscriptions ecclésiastiques, la croissance du nombre de personnes appelées au sacerdoce, l'extension du réseau des catéchistes ainsi que la présence de nombreux laïcs qui participent tous à cet effort. Malgré la fin de cette tutelle, l'Église locale doit faire face à des problèmes et défis majeurs survenus essentiellement au début des années 1970. Elle doit aussi, au lendemain des problèmes sociopolitiques que connaît le pays dès 1980, répondre à des préoccupations internes. C'est dans cette ambivalence que la jeune Église du Gabon reçoit la visite du Pape Jean-Paul II en février 1982. C'est cet arrière-plan historique global que cet ouvrage s'efforce de rendre compte de manière chronologique.

  • Le Politiste souhaite privilégier autant des approches fondées sur des travaux empiriques originaux que des démarches proposant des synthèses conceptuelles et théoriques, des comparaisons et des mises en perspective historique. Il est attendu un effort particulier sur l'écriture et un style qui mette suffisamment en perspective les enjeux de l'article pour qu'il puisse susciter un intérêt au-delà d'un cercle restreint de spécialistes. *** Pour la revue, les intentions de contributions s'adressent en priorité aux chercheur.e.s et enseignant.e.s en poste à Libreville mais il peut également concerner des collègues externes. Elles doivent comprendre le titre, un résumé de deux pages et une bibliographie à envoyer au GREPOD. Les articles, d'une longueur maximale de 60 000 signes (bibliographie comprise), devront parvenir au comité scientifique de lecture au plus tard à la date indiquée (délai de rigueur). Les appels à contribution s'adressent en priorité aux chercheur.e.s et enseignant.e.s, doctorant.e.s, jeunes docteur.e.s, postdoctorant.e.s, mais il peut également concerner des personnes externes à la communauté savante (professionnels de la vie politique, acteurs de la « société civile », institutionnels, etc). Les contributions attendues peuvent répondre à un ou plusieurs des axes proposés, mais également reprendre des problématiques transversales à ces axes. Les propositions d'articles doivent être adressées simultanément aux courriels suivant : adjombadinga@gmail.com et patricemm2000@yahoo.fr. Mentions obligatoires : Nom, prénom, établissement, laboratoire, fonction, e-mail.

  • La RIRSH est une revue thématique et généraliste à comité de lecture. Elle évalue aussi les textes rédigés en anglais et en espagnol. Chaque numéro s'efforcera désormais de rassembler autour d'un thème des travaux significatifs du domaine, offrant ainsi au lecteur un panorama des questions de recherche, des investigations auxquelles elles peuvent donner lieu et des résultats qui ont été atteints. Revue d'étude et de réflexion, la RIRSH cherche à promouvoir les Lettres, les Arts, les Sciences Humaines et Sociales. Les textes publiés dans la RIRSH expriment les opinions de leurs auteurs et n'engagent pas la responsabilité de la rédaction. La revue se réserve le droit de modifier les articles pour des raisons éditoriales. Les propositions de contributions doivent être adressées aux dates indiquées simultanément à faured@yahoo.fr et patricemm2000@yahoo.fr afin de permettre aux Lecteurs et Lectrices de travailler sur les textes. Mentions obligatoires : nom, prénom, établissement, Laboratoire, fonction, email. Consigne : il est impératif de respecter la Feuille de style de la RIRSH. Tout article ne respectant pas celle-ci ne sera pas expertisé. Le Secrétaire de rédaction Patrice MOUNDOUNGA MOUITY FDSE/UOB Maître-Assistant

  • Le Politiste souhaite privilégier autant des approches fondées sur des travaux empiriques originaux que des démarches proposant des synthèses conceptuelles et théoriques, des comparaisons et des mises en perspective historique. Il est attendu un effort particulier sur l'écriture et un style qui mette suffisamment en perspective les enjeux de l'article pour qu'il puisse susciter un intérêt au-delà d'un cercle restreint de spécialistes. *** Pour la revue, les intentions de contributions s'adressent en priorité aux chercheur.e.s et enseignant.e.s en poste à Libreville mais il peut également concerner des collègues externes. Elles doivent comprendre le titre, un résumé de deux pages et une bibliographie à envoyer au GREPOD. Les articles, d'une longueur maximale de 60 000 signes (bibliographie comprise), devront parvenir au comité scientifique de lecture au plus tard à la date indiquée (délai de rigueur). Les appels à contribution s'adressent en priorité aux chercheur.e.s et enseignant.e.s, doctorant.e.s, jeunes docteur.e.s, postdoctorant.e.s, mais il peut également concerner des personnes externes à la communauté savante (professionnels de la vie politique, acteurs de la « société civile », institutionnels, etc). Les contributions attendues peuvent répondre à un ou plusieurs des axes proposés, mais également reprendre des problématiques transversales à ces axes. Les propositions d'articles doivent être adressées simultanément aux courriels suivant : adjombadinga@gmail.com et patricemm2000@yahoo.fr. Mentions obligatoires : Nom, prénom, établissement, laboratoire, fonction, e-mail.

  • « Depuis [1990], la libéralisation des médias a entraîné une floraison des journaux privés très virulents à l'égard du pouvoir. Même si les difficultés structurelles que connaissent ces journaux empêchent en pratique une réelle diversité et révèlent les limites de l'indépendance des journalistes vis-à-vis des responsables politiques, elle se trouve néanmoins confrontée à trois défis : politique d'abord, la liberté d'expression n'est pas complète ; économique ensuite, la rentabilité n'est pas au rendez-vous ; enfin, la professionnalisation des rédactions est encore incertaine. Très influencé par le cadre politique, juridique et économique, le changement que représente l'apparition d'une presse indépendante est lié à la crise qui sévit dans la plupart des pays africains, et celle de la presse est à la fois une conséquence de la crise générale et un miroir grossissant de celle-ci. Elle se traduit ainsi dans une crise de légitimité avec notamment le soutien univoque qu'elle donnait aux dirigeants en place. » Comment la presse gabonaise s'est-elle historiquement construite ? De ses très lointaines origines « missionnaires » à sa situation contemporaine, quelles phases a-t-elle traversées ? Et, réciproquement, comment a-t-elle accompagné les bouleversements politiques du Gabon ? Soumission au pouvoir ou impertinence, musellement ou critique des élites : comment a-t-elle balancé entre ces divers pôles ? Et qui sont les acteurs majeurs et incontournables de son évolution ? Ces problématiques, dont certaines sont d'actualité, A. Sabi Djaboudi les expose et tente de les résoudre tout au long de cette étude qui sonde le passé et le présent pour mieux penser la presse gabonaise de demain. Un essai indispensable.

  • Avec la même verve que Mimbara dans la tradition mystico-spirituelle bwitiste, Maître Mulema, initié et initiateur bwitiste au Gabon, nous revient cette fois avec Les Forces rebelles aux lois divines. Toujours animé du souci de conduire l'homme à se découvrir et à comprendre l'environnement dans lequel il évolue, l'auteur nous entraîne ici dans les mystères de l'univers de la sorcellerie. Mais au-delà de cette découverte, de cette mise à nue des forces obscures, le but de ce livre est de faire comprendre aux lecteurs que le sorcier a recours à Dieu pour obtenir l'autorisation de manipuler les énergies nécessaires aux opérations qu'il doit effectuer. Les principes sont donc les mêmes, selon qu'il s'agisse de faire le bien ou le mal. Ce livre nous enseigne que le bien et le mal ne sont que les deux faces d'une seule et même force et que le monde repose sur leur parfait équilibre.

  • La société est aux adultes ce que la balançoire est aux enfants. Sous le jeu se cache la souffrance. Et les adultes sont les enfants d'une société supérieure et inconnue. Autour de cette balançoire, des conflits - a posteriori puérils - nés de l'ignorance des plans divins, font rage et déchirent le coeur des enfants, à l'insu des parents. Ces souffrances inconnues ont marqué l'enfant Hamidou Okaba, et nous tous, finalement. La balançoire a beau changer de forme, c'est un lieu de souffrance où la haine naît de l'amour contrarié ou disputé.
    Ce recueil de poèmes, qui chante la mélancolie née de l'absence et de l'éloignement, enseigne que l'amour ne rend pas heureux, mais qu'il prépare simplement au bonheur : si la souffrance n'existait pas, à quoi serviraient nos coeurs et nos larmes ?


    Hamidou Okaba est né en 1967, à Etéké, une cité minière du Gabon central, dans le massif du Chaillu, au sein d'une communauté régie par les valeurs du Bwété. Il est Ancien étudiant de la Faculté des Sciences de l'Université de Masuku et Ancien élève de l'École des Ingénieurs de Franceville. Il oeuvre aujourd'hui à la promotion d'une écriture de soi dénuée de toute pudeur.

  • Tout en prolongeant les réflexions déjà entamées sur l'action publique en contexte africain subsaharien, cet ouvrage, qui croise différentes lectures historiques, géographiques et philosophiques, constitue une première présentation des résultats du projet de recherche « l'action publique dans tous les sens en Afrique Noire et dans le reste du monde ». Initié en 2013 au sein de l'Observatoire des dynamiques historiques et l'analyse des institutions et politiques publiques (ODHAIP), l'objectif dudit projet est de comprendre comment l'État se construit, se met en oeuvre et évolue en Afrique subsaharienne. Le tome 1, qui ouvre la série, mobilise les contributions qui décryptent l'action publique en interrogeant la pertinence, l'efficacité, mais également les carences des institutions administratives, économiques et politiques. Il est également question d'observer la conception et la matérialisation des activités ou des projets socioéconomiques menés sous le sceau de l'État ou engageant directement, voire indirectement, sa responsabilité. Ont contribué à cet ouvrage : Fred-Paulin Abessolo Mewono, Éric-Damien Biyoghé-Bi-Ella, Aristide Edzengue Mendame, Judicaël Etsila, Rodrigue Lékoulékissa, Jérôme Mabika, Guy Merlo Madoungou Ndjeuda, Stéphane William Mehyong, Robert Edgard Ndong et Aaron Septime Nzengui.

  • Ce que l'opinion au Gabon considère confusément comme "le" crime rituel : une dépouille humaine mutilée, n'est qu'un exemple, au même titre que l'anthropophagie, de ce phénomène social bien plus multiforme et multidimensionnel. Il caractériserait plutôt un acte criminel odieux, commis par un ou plusieurs individus et condamnable par la loi, visant à porter atteinte à l'intégrité physique et/ou morale d'une autre personne vivante ou décédée, dont le corps ou quelques organes serviraient dans une opération fétichiste. Le crime rituel a mué et évolué dans le temps et l'espace, pour atteindre, en Afrique et au Gabon notamment, sa forme la plus cynique : le meurtre. Il repose sur plusieurs fondements (social, ontologique et mystique), qui déclinent en même temps ses origines. De nombreuses raisons, aussi terribles les unes que les autres, expliquent ce fléau social, sans le justifier nécessairement. Aussi le crime rituel suscite-t-il des réactions nombreuses et diverses en Afrique subsaharienne et dans le monde en général, telles que celle de Kierkegaard qui tient à éveiller les consciences sur l'imposture des prêtres danois accusés d'anthropophagie, parce que se servant du christianisme pour servir leurs intérêts personnels égoïstes, au lieu de servir Dieu. Face au crime rituel, des esquisses de solutions sont proposées : la prévention, la dissuasion et la répression. Toutefois, toutes ces actions, visant à le juguler, seraient vaines si la société tout entière ne s'y attaque pas résolument.

  • La scène se passe au coeur d'une nuit gabonaise. Au corps de garde, un homme est assis devant un miroir qu'il scrute, les yeux fixes. Il prend la parole et raconte des scènes étranges, apparitions fantastiques ou sombres histoires de famille. Il les raconte à d'autres hommes qui l'écoutent avec attention, massés autour de lui. Il s'agit là d'une initiation au Bwete Misoko, rituel masculin originaire du Gabon central mais aujourd'hui répandu dans la majorité du pays. Ce livre en retrace le parcours initiatique complexe : depuis les rites de passage centrés autour de l'absorption de la plante hallucinogène eboga à des fins visionnaires et thérapeutiques, jusqu'à la dernière étape rituelle au terme de laquelle l'impétrant pourra à son tour initier des novices et exercer le métier de devin-guérisseur. À partir d'une approche pragmatiste centrée sur la logique interactionnelle du rituel, l'auteur montre comment le Bwete Misoko permet de mettre en scène l'ordre des relations sociales en les rejouant dans le miroir initiatique. L'initiation instaure en effet un autre type de rapport à soi et à autrui par le biais d'une série de pièges qui opèrent une recomposition de la relation aux sorciers, aux femmes et aux ancêtres. En déplaçant ainsi le regard des structures symboliques vers les dynamiques d'interaction, ce livre invite à un renouvellement théorique de l'anthropologie du rituel : le rituel est moins une affaire de croyance et de symboles que de contextes et de relations ; et son efficacité propre repose moins sur la métaphore que sur l'ironie.

  • L'ancienne Afrique Équatoriale Française (AEF), que recouvrent actuellement les territoires du Gabon, du Congo-Brazzaville et de la République Centrafricaine, est passée en trente ans d'un état de type traditionnel à une situation d'économie coloniale. Son évolution économique et sociale ne s'est pas faite sans heurt ni difficulté. Les quarante décrets de concession de 1899-1900 devaient permettre l'établissement des compagnies à monopole d'exploitation des « produits riches » (ivoire et caoutchouc) destinées, en principe, à assumer en trente ans les investissements dont l'État refusait la charge. Mais le refus durable des capitaux nécessaires, aussi bien de la part de l'État que du secteur privé, dans un pays apparemment dépourvu de ressources appréciables et tragiquement dénué de force de travail, condamnait l'entreprise à la faillite. [...] Cependant l'AEF sortit lentement de la stagnation après la guerre, à mesure que l'économie concurrentielle prenait le pas sur le monopole concessionnaire. [...] Outre l'essor de l'okoumé au Gabon, on vit émerger les grandes firmes à venir, se constituer les premières plantations, entrer en exploitation les richesses minières, enfin se mettre en place les principaux travaux d'infrastructure (routes et voies ferrées). Mais ce « décollage » fut payé chèrement. Les salaires ne suivirent ni la hausse de l'impôt, ni l'inflation des prix à l'importation. Le fragile équilibre vivrier traditionnellement établi entre l'homme et la nature fut rompu ; d'où des famines redoutables, et les révoltes les plus sérieuses qu'aient connues le territoire (1928-1932). Le bilan fut d'aggraver encore, pour un temps, un dépeuplement nocif au développement ultérieur du pays.

  • L´hôpital : normalement, un endroit où l´on vainc les désordres du corps, où l´on s´occupe d´autrui, où on l´assiste dans les moments critiques de son existence. Un espace à part, où l´on s´attache à repousser ces maux qui touchent l´humanité, où l´on panse les plaies, où l´on accueille les nouveau-nés. Un lieu entièrement dédié au bien-être. Pas au Gabon, pas à Libreville, où ce sanctuaire n´a d´hôpital que le nom, où le chaos est maître, où les moyens sont insuffisants, où les parturientes doivent elles-mêmes fournir les outils médicaux à leur accouchement. Où encore rien ne fonctionne correctement, où l´on meurt bien avant d´avoir vu un médecin, où les bâtiments tombent en ruines, où la veulerie de certains n´a pas de limite...

  • Capitale du Gabon et port de l'okoumé, Libreville retient l'attention par son cachet « vieux colonial ». Dans la jeune AEF, elle fait figure d'ancienne ville. L'imbrication des quartiers africains dans la ville européenne, le plan désordonné des « villages » noirs, les bâtiments en robuste maçonnerie et les cases démodées, disent l'ancienneté de la ville. Le contraste est saisissant entre la capitale du Gabon et les autres villes d'AEF qui se placent résolument sous le signe du modernisme. Le problème de l'insertion d'une cité européenne en milieu africain a été au coeur des préoccupations de l'auteur. Comment une ville-comptoir, née des besoins de la civilisation occidentale, s'est-elle intégrée à un milieu économique et social qui n'avait que faire d'un organisme urbain ? Quels bouleversements a-t-elle introduits, et quelle est l'exacte valeur de cette influence novatrice ? Inversement, quelles limitations le milieu géographique gabonais a-t-il imposées à l'essor et aux activités de la ville ? De quelle empreinte a-t-il marqué la physionomie de l'agglomération actuelle ? C'est avec une attention particulière que M. Guy Lasserre a étudié les actions réciproques entre la ville et sa région : d'où le sous-titre de son ouvrage. Une telle attitude en face du sujet justifie l'élargissement des investigations géographiques à la région de l'estuaire, voire à l'ensemble du territoire gabonais. Cette étude de géographie urbaine pose des problèmes qui dépassent largement le cadre de cette agglomération, puisqu'ils se posent en termes presque identiques dans toutes les villes d'Afrique noire nées de la colonisation.

  • À mesure que devient ainsi plus évidente la nécessité stratégique d'une optimisation de la dépense publique, il devient aussi nécessaire de procéder à une rationalisation de la décision publique. Les territoires constituent à cet égard des cadres d'action publique à «?réinvestir?». En effet, la déterritorialisation observée des compétences d'action publique et les déséquilibres structurels constatés tant sur le plan organisationnel que sur le plan fonctionnel freinent la reconstruction d'une administration déconcentrée, emblématique de la post-modernité. Mais une réforme s'impose et se pose avec acuité, en raison de la centralité ankylosante. L'État central ne peut plus être différant, il ne peut plus surseoir à moderniser son rapport au territoire. De points d'application et instruments de diffusion de politiques définies depuis le niveau central, conception devenue archaïque et improductive, la voie de l'avenir consiste à doter désormais les autorités déconcentrées (essentiellement le Préfet et le gouverneur) de pouvoirs étendus de décision et à faire un choix clair entre une départementalisation et une provincialisation de l'action territorialisée de l'État et in fine lever cet écueil pour la subsidiarité. La reterritorialisation ainsi opérée des compétences d'action publique pourrait dès lors permettre une transformation du métier et de la fonction des autorités déconcentrées, et particulièrement du Préfet. Ce dernier, libéré de la tutelle du gouverneur, doté d'un exécutif propre, disposant de compétences générales, deviendrait un acteur majeur des institutions locales. Préfet et gouverneur rénovés, autorités complémentaires et non concurrentes deviendraient des acteurs privilégiés d'exercice des compétences étatiques. Ainsi, l'État gabonais «?ajusté?» et réaménagé qui doit tendre à améliorer les lignes horizontales en luttant contre le cloisonnement vertical deviendra un État territorial. Un voyage dans cet univers du Préfet et du gouverneur s'imposait pour dégager les grandes lignes. Descriptif, prescriptif, voire normatif, le présent ouvrage de stratégie sera utile aux Hommes d'État, aux réformateurs convaincus que l'État change et qu'il doit continuer à changer pour mieux servir et concourir utilement à la sauvegarde de l'intérêt général. C'est pour le réformateur, un guide indispensable sur le chemin du renouveau.

  • Que recouvre le droit d'auteur ? De quelle manière protège-t-il l'oeuvre et son créateur ? Qu'implique-t-il en termes de reproduction, diffusion ou suite ? Quelles sont ses limites ? Quels problèmes posent aujourd'hui les activités de documentation ou de recherches ? Ainsi posées, ces interrogations révèlent la grande méconnaissance de chacun dans un domaine qui touche pourtant au coeur même de nos sociétés où se multiplient les médias. Un droit auquel nous introduit aujourd'hui J.-J. Medzegue M'Akue avec cet ouvrage concis, pratique et éclairant, croisant à la fois les législations gabonaise et française.

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