• L'anomalie

    Hervé Le Tellier

    "Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l'intelligence, et même le génie, c'est l'incompréhension."
    En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d'hommes et de femmes, tous passagers d'un vol Paris-New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte.
    Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n'imaginait à quel point c'était vrai.
    Roman virtuose où la logique rencontre le magique, L'anomalie explore cette part de nous-mêmes qui nous échappe.

  • Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele D'Annunzio, Ambassadeur de France. Tous ces voyous ne savent pas qui tu es !
    Je crois que jamais un fils n'a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là. Mais, alors que j'essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu'elle me compromettait irrémédiablement aux yeux de l'Armée de l'Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j'entendis une fois de plus la formule intolérable, devenue depuis longtemps classique dans nos rapports : Alors, tu as honte de ta vieille mère ?

  • En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire 'oui' : elle veut faire respecter son vu de s'offrir ´r Dieu, contre la décision de son pcre, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante ´r la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe...
    Loin de gagner la solitude ´r laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son pcre et ce souffle l'entraînera jusqu'en Terre sainte.
    Carole Martinez donne ici libre cours ´r la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience ´r la fois mystique et charnelle, ´r la lisicre du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, reveur et cruel, plein d'une sensualité prenante.

  • La conquête du Brésil par les Français est un des épisodes les plus extraordinaires et les plus méconnus de la Renaissance.
    Rouge Brésil raconte l'histoire de deux enfants, Just et Colombe, embarqués de force dans cette expédition pour servir d'interprètes auprès des tribus indiennes. Tout est démesuré dans cette aventure. Le cadre : la baie sauvage de Rio, encore livrée aux jungles et aux Indiens cannibales. Les personnages - et d'abord le chevalier de Villegagnon, chef de cette expédition, nostalgique des croisades, pétri de culture antique, précurseur de Cyrano ou de d'Artagnan. Les événements : le huis clos dramatique de cette France des Tropiques est une répétition générale, avec dix ans d'avance, des guerres de religion.
    Fourmillant de portraits, de paysages, d'action, Rouge Brésil, écrit dans une langue à l'ironie voltairienne, prend la forme d'un roman d'éducation et d'amour. Mais plus profondément, à travers les destins et les choix de Just et de Colombe, ce livre met en scène deux conceptions opposées de l'homme et de la nature. D'un côté, la civilisation européenne, conquérante et universelle, qui se veut libératrice et se découvre meurtrière. De l'autre, le monde indien, avec sa sensualité, son sens de l'harmonie et du sacré, le permament appel du bonheur...

  • Les racines du ciel

    Romain Gary

    "La viande ! C'était l'aspiration la plus ancienne, la plus réelle, et la plus universelle de l'humanité. Il pensa à Morel et à ses éléphants et sourit amèrement. Pour l'homme blanc, l'éléphant avait été pendant longtemps uniquement de l'ivoire et pour l'homme noir, il était uniquement de la viande, la plus abondante quantité de viande qu'un coup heureux de sagaie empoisonnée pût lui procurer. L'idée de la "beauté" de l'éléphant, de la "noblesse" de l'éléphant, c'était une idée d'homme rassasié..."

  • Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible.
    L'art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère. La force de son écriture tient à son apparente douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur sous le glacis d'une prose impeccable et raffinée, dans les méandres d'une conscience livrée à la pure violence des sentiments.

    Prix Goncourt 2009.

  • « Si toute condition humaine n'est pas renfermée dans ces pages, du moins est-il certain qu'elle ne cesse pas d'y être en question, et si tragiquement, si profondément que le livre se trouve encore accordé par ses accents aux peines les plus lourdes et aux plus grandes souffrances. C'est un sûr gage de son exceptionnelle valeur. [...] La plus grande beauté du livre - et je ne dis rien de l'intensité de certaines descriptions ou de certaines scènes qui appellent l'image de reproduction cinématographique - est dans quelques conversations terriblement lucides au cours desquelles les personnages, haussés au-dessus d'eux-mêmes par l'événement, livrent tout leur secret. C'est là qu'il faut chercher l'esprit de l'oeuvre, la définition qu'on peut tirer de notre condition.
    Nous sommes seuls, d'une solitude que rien ne peut guérir, contre laquelle nous ne cessons pas de lutter. » Jean Guéhenno.

  • Pour Ludo le narrateur, l'unique amour de sa vie commence à l'âge de dix ans, en 1930, lorsqu'il aperçoit dans la forêt de sa Normandie natale la petite Lila Bronicka, aristocrate polonaise passant ses vacances avec ses parents. Depuis la mort des siens, le jeune garçon a pour tuteur son oncle Ambroise Fleury dit 'le facteur timbré' parce qu'il fabrique de merveilleux cerfs-volants connus dans le monde entier. Doué de l'exceptionnelle mémoire 'historique' de tous les siens, fidèle aux valeurs de 'l'enseignement public obligatoire', le petit Normand n'oubliera jamais Lila. Il essai de s'en rendre digne, étudie, souffre de jalousie à cause du bel Allemand Hans von Schwede, devient le secrétaire du comte Bronicki avant le départ de la famille en Pologne, où il les rejoint au mois de juin 1939, juste avant l'explosion de la Seconde Guerre mondiale qui l'oblige à rentrer en France.
    Alors la séparation commence pour les très jeunes amants... Pour traverser les épreuves, défendre son pays et les valeurs humaines, pour retrouver son amour, Ludo sera toujours soutenu par l'image des grands cerfs-volants, leur symbole d'audace, de poésie et de liberté inscrit dans le ciel.

  • Qui pousse un certain Guy Roland, employé d'une agence de police privée que dirige un baron balte, à partir à la recherche d'un inconnu, disparu depuis longtemps ? Le besoin de se retrouver lui-même après des années d'amnésie ?
    Au cours de sa recherche, il recueille des bribes de la vie de cet homme qui était peut-être lui et à qui, de toute façon, il finit par s'identifier. Comme dans un dernier tour de manège, passent les témoins de la jeunesse de ce Pedro Mc Evoy, les seuls qui pourraient le reconnaître : Hélène Coudreuse, Fredy Howard de Luz, Gay Orlow, Dédé Wildmer, Scouffi, Rubirosa, Sonachitzé, d'autres encore, aux noms et aux passeports compliqués, qui font que ce livre pourrait être l'intrusion des âmes errantes dans le roman policier.

  • Le roi des Aulnes

    Michel Tournier

    3 janvier 1938. Tu es un ogre, me disait parfois Rachel. Un Ogre ? C'est-à-dire un monstre féerique, émergeant de la nuit des temps ? Je crois, oui, à ma nature féerique, je veux dire à cette connivence secrète qui mêle en profondeur mon aventure personnelle au cours des choses, et lui permet de l'incliner dans son sens. [...]Je relis ces lignes. Je m'appelle Abel Tiffauges, je tiens un garage place de la Porte-des-Ternes, et je ne suis pas fou. Et pourtant ce que je viens d'écrire doit être envisagé avec un sérieux total. Alors ? Alors l'avenir aura pour fonction essentielle de démontrer - ou plus exactement d'illustrer - le sérieux des lignes qui précèdent.

  • PRIX GONCOURT DU PREMIER ROMAN ET PRIX ETONNANTS VOYAGEURS OUEST FRANCE.
    Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris.
    À travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l'abandon du pays, l'éloignement de sa famille, la perte de ses jouets - donnés aux enfants de Téhéran sous l'injonction de ses parents communistes -, l'effacement progressif du persan au profit du français qu'elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale.
    Dans ce récit qui peut être lu comme une fable autant que comme un journal, Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive.
    Maryam Madjidi est née en 1980 à Téhéran, et quitte l'Iran à l'âge de 6 ans pour vivre à Paris puis à Drancy. Aujourd'hui, elle enseigne le français à des mineurs étrangers isolés, après l'avoir enseigné à des collégiens et lycéens de banlieue puis des beaux quartiers, des handicapés moteur et psychiques, des étudiants chinois et turcs, et des détenus. Elle a vécu quatre ans à Pékin et deux ans à Istanbul.

  • «En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien : j'ai fait mon travail, voilà tout ; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi ; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif.» Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait : l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.

  • "J'allais mal ; tout va mal ; j'attendais la fin. Quand j'ai rencontré Victorien Salagnon, il ne pouvait être pire, il l'avait faite la guerre de vingt ans qui nous obsède, qui n'arrive pas à finir, il avait parcouru le monde avec sa bande armée, il devait avoir du sang jusqu'aux coudes. Mais il m'a appris à peindre. Il devait être le seul peintre de toute l'armée coloniale, mais là-bas on ne faisait pas attention à ces détails.
    Il m'apprit à peindre, et en échange je lui écrivis son histoire. Il dit, et je pus montrer, et je vis le fleuve de sang qui traverse ma ville si paisible, je vis l'art français de la guerre qui ne change pas, et je vis l'émeute qui vient toujours pour les mêmes raisons, des raisons françaises qui ne changent pas. Victorien Salagnon me rendit le temps tout entier, à travers la guerre qui hante notre langue." Alexis Jenni.

    Prix Goncourt

  • Ce violent pamphlet, repris par Lydie Salvayre dans Pas pleurer, fit scandale en France à sa parution en 1938. Il condamne la répression franquiste lors de la guerre civile espagnole. Les attitudes politiques de Georges Bernanos évoluent radicalement et il va prendre en horreur cette droite dont il semblait jusque-là figurer l'enfant turbulent. Pourtant chrétien, monarchiste et individualiste, révolté, il prend fait et cause pour les républicains et dénonce les atrocités d'un crime irrémédiable : le ralliement de l'Église espagnole au coup de force nationaliste de Franco.
    Georges Bernanos (1888-1948), a écrit quelques-unes des oeuvres majeures de la France littéraire du XXe siècle. On lui doit Sous le soleil de Satan, Monsieur Ouine ou encore La France contre les robots.
    /> « Vous êtes royaliste, disciple de Drumont - que m'importe ? Vous m'êtes plus proche, sans comparaison, que mes camarades des milices d'Aragon - ces camarades que, pourtant, j'aimais. » - Simone Weil
    « Bernanos est un écrivain deux fois trahi. Si les hommes de droite le répudient pour avoir écrit que les assassins de Franco lui soulèvent le coeur, les partis de gauche l'acclament quand il ne veut pas l'être par eux. Il faut respecter l'homme tout entier et ne pas tenter de l'annexer. » - Albert Camus
    « Un livre de prophète » - Emmanuel Mounier

  • Inventeur génial dès son plus jeune âge, amoureux de la nature, grand marcheur, il sillonna le monde à pied et fut le premier à percevoir les dangers de l'exploitation de la nature. John Muir aurait pu être millionnaire, il a choisi d'être vagabond. Il a inspiré Alexis Jenni (prix Goncourt 2011).
    " C'est l'homme le plus libre que j'ai jamais rencontré " disait de lui Theodore Roosevelt.
    Né en Écosse, débarqué à 10 ans aux États-Unis avec son frère et son père, installé dans la région des grands lacs, il travaille sans cesse dans les champs et lève parfois la tête pour regarder la nature environnante qui l'émerveille. Le soir il invente des objets mécaniques qu'il présente ensuite en ville comme, par exemple, cet appareil qui le sort automatiquement du lit à l'heure du lever.
    Très vite John Muir s'interroge sur le sens de cette vie de forçat, alors qu'il pourrait vivre en autonomie dans la nature. Il quitte le Wisconsin et sillonne les États-Unis à pied jusqu'en Californie. Dès lors, il parcourra le monde.
    Figure mythique aux États-Unis, créateur des parcs nationaux, John Muir posa clairement la question du sens de la vie dans la nouvelle société industrielle et industrieuse et il y a répondu, par son mode de vie.
    Prix Goncourt 2011 pour
    L'Art français de la guerre (Gallimard).
    Ce livre a reçu le prix du Livre Lumexplore 2020

  • Texaco

    Patrick Chamoiseau

    'Une vieille femme câpresse, très grande, très maigre, avec un visage grave, solennel, et des yeux immmobiles. Je n'avais jamais perçu autant d'autorité profonde irradier de quelqu'un... Elle mélangeait le créole et le français, le mot vulgaire, le mot p

  • Les mandarins t.2

    Simone de Beauvoir

    - Qu'est-ce qui ne va pas ?
    - Rien, tout va très bien, dis-je d'un ton dégagé.
    - Allons ! Allons ! je sais ce que ça veut dire quand tu prends ta voix de dame du monde, dit Robert. Je suis sûr qu'en ce moment ça tourne dur dans cette tête. Combien de verres de punch as-tu bus ?
    - Sûrement moins que vous, et le punch n'y est pour rien.
    - Ah ! tu avoues ! dit Robert d'un ton triomphant ; il y a quelque chose et le punch n'y est pour rien ; quoi donc ?
    - C'est Scriassine, dis-je en riant ; il m'a expliqué que les intellectuels français étaient foutus.

    Prix Goncourt

  • Edmond et Jules de Goncourt sont comme écrasés par leur nom. Si nul n'ignore le prix qu'ils ont fondé, l'oubli a frappé la vie et l'oeuvre de ces deux frères qui se sont attaqués pendant près d'un demi-siècle à tous les genres littéraires, et plus encore au genre humain.

    Suivre les Goncourt, c'est courtiser la princesse Mathilde, dîner avec Zola, survivre à la Commune, passer des salons des Rothschild aux soupentes sordides et recevoir toute l'avant-garde artistique dans leur Grenier de la Villa Montmorency.

    Pamphlétaires incisifs, romanciers fondateurs du naturalisme, dramaturges à scandale, collectionneurs impénitents , ces langues de vipère ont légué à la postérité un cadeau empoisonné : un Journal secret qui fait d'eux les meilleurs chroniqueurs du XIXe siècle.

    Seule la méchanceté est gratuite , aussi les deux écrivains la dépensent-ils sans compter. Chaque page laisse éclater leur détestation des femmes, des parvenus, des Juifs, des artistes et de leurs familiers. On découvre Baudelaire ouvrant sa porte pour offrir aux voisins le spectacle du génie au travail, Flaubert invitant ses amis à déguster des « cervelles de bourgeois », les demi-mondaines étalant un luxe tapageur ou Napoléon III entouré d'une cour servile qui met en bouteilles l'eau de son bain...

    Réactionnaires ne jurant que par la révolution en art, aristocrates se piquant de faire entrer le bas peuple dans la littérature, les Goncourt offrent un regard aiguisé sur un monde en plein bouleversement, où, de guerres en révolutions, le paysan fait place à l'ouvrier, la bougie à l'ampoule et le cheval à l'automobile.

  • Surgissant au Nord de la France, la maladie bleue s'attaque aux métaux qu'elle détruit impitoyablement et se répand dans l'Europe avant de gagner le monde entier. Engendrant un chaos sans nom qui révèle les pires penchants de l'espèce humaine, cette apocalypse inattendue va réveiller une humanité endormie, la pire qui se déchaîne, et la meilleure qui va trouver une occasion de rédemption. Politique, satirique, saisisant dans sa peinture des moeurs et des comportements, La mort du fer impressionne par sa capacité à nous emporter dans une fable réaliste et sa volonté de nous édifier sans cesser d'être littéraire. Un petit chef-d'oeuvre inconnu du roman d'anticipation.

    Serge Simon Held (S.S.Held) est un illustre inconnu qui ne s'est pas remis de l'échec de son premier roman La mort du fer, paru chez Fayard en 1931. Appartenant au petit monde des ingénieurs, il se fera tout de même remarquer par des critiques et sélectioner par le jury du prix Goncourt, ce qui n'est pas banal pour un esprit a priori peu enclin aux songeries. Son livre fut traduit en anglais puis disparut des mémoires, connu des seuls spécialistes pointus du roman d'anticipation.

  • La littérature assure un rôle essentiel dans la constitution d'une pensée critique de la culture matérielle de l'âge industriel. Avant les sciences sociales et la philosophie, les textes littéraires, à partir des années 1830, problématisent les mutations d'une culture matérielle en expansion et l'ébranlement que celle-ci provoque dans l'ordre des catégories existentielles et esthétiques.
    Comment la littérature pense les objets présente l'avènement au XIXe siècle d'une véritable culture des objets et la redéfinition majeure des fonctions et des champs d'action de la littérature et des arts qui en découle. En observant les objets sous toutes leurs coutures (sociologique, esthétique, ontologique) le livre pose les bases d'une théorie générale et actuelle des objets, instituée par la fiction.

    Marta Caraion est professeure de littérature française à l'Université de Lausanne où elle dirige un projet de recherche sur les rapports entre littérature et culture matérielle du XIXe au XXIe siècle. Elle a dirigé le volume collectif Usages de l'objet. Littérature, histoire, arts et techniques, XIXe-XXe siècles (Champ Vallon, 2014) et publié Pour fixer la trace. Photographie, littérature et voyage au milieu du XIXe siècle (Droz, 2003).

  • Les meilleurs bons mots, maximes et fulgurances glanés dans le Journal des Goncourt par Rodolphe Trouilleux et illustrés par Boll. Les deux frères y prennent alors un autre visage : gouailleurs, acerbes, érotomanes, voyous...
    Ces perles, accompagnées d'un appareil critique pertinent, nous offrent le portrait sensationnel de deux des plus grands acteurs de la littérature française du XIXe siècle.
    Rodolphe Trouilleux sélectionne ici le plus piquant du fameux Journal et nous plonge dans le Paris XIXe siècle.
    Boll quant à lui, est dessinateur de presse (Livres Hebdo, Les Échos, Paris-Match) et auteur de plusieurs livres publiés chez Grasset, le Tripode, Larousse ou le Seuil.

  • Le Rhin coule comme la mémoire. Sylvain Tesson nous offre ici deux nouvelles pleines de l'écho du fleuve, son roulis majestueux, la vie grouillante de ses berges, l'imaginaire fantastique de ses légendes et l'histoire réelle des hommes qui vivent sur ses bords. Tendez l'oreille, écoutez dans la brume le pas d'un promeneur ou la course d'une ondine... Amours, disparitions, crimes et secrets, c'est tout un fleuve de petites et grandes histoires qui traverse ces pages.

  • En 1913, Marc Elder succédait à André Savignon au palmarès du prix Goncourt. L'île de Noirmoutier prenait, en quelque sorte, la suite de l'île d'Ouessant en tant qu'héros principal du roman primé...
    Situé au port de l'Herbaudière, face à l'îlot du Pilier, au nord-ouest de l'île de Noirmoutier, Le Peuple de la Mer se présente en trois séquences liées (la Barque, la Femme, la Mer) ; y est mis en scène le petit peuple noirmoutrin des marins, des pêcheurs, des employé(e)s des conserveries ou de l'administration et leur vie quotidienne faite tout à la fois de rudesse et de cruauté, de pauvreté, de dignité et de fierté, de fidélité et d'amour ; et où le destin des protagonistes semble inexorablement tout tracé.
    Une plongée quasi ethnologique au coeur d'une île vendéenne, transcendée par le talent romanesque de Marc Elder, au style à la fois littéraire et populaire, grâce à une connaissance intime et charnelle du pays, de ses gens, de leurs mentalités.
    La présente édition est enrichie des lithographies d'André Michel (édition de 1946) et d'une préface d'Eric Auphan.
    Marc Elder (de son vrai nom Marcel Tendron) est né à Nantes (1884-1933) ; il fut romancier, historien et, en son temps, conservateur du château des ducs de Bretagne à Nantes.

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