• Depuis la Cité antique de Fustel de Coulanges (1864), la cité grecque a donné lieu à de multiples traditions de recherches. « Ce sont les hommes qui font la cité », notaient Alcée et Thucydide. Assimilant fermement la polis à une communauté d'individus, l'ouvrage vise à repenser l'histoire de la cité grecque préclassique en s'intéressant aux mécanismes sociaux et politiques à l'oeuvre dans la constitution et le maintien des solidarités civiques. Construire la cité porte donc sur la société et sa structure. Comment ces communautés se sont-elles formées ? Comment ses membres se reconnaissaient-ils entre eux ? Et comment ces communautés se sont-elles perpétuées ou reconfigurées au fil des siècles ? À travers ces trois questions aux ressorts sociologiques évidents, la cité grecque apparaît comme le produit de mécanismes complexes d'inclusion des uns et d'exclusion des autres, où les règles du vivre ensemble et du maintien des formes sociales étaient constamment reformulées.

  • Dès les temps les plus anciens, le métal a été utilisé comme un moyen d'échange. Mais la monnaie proprement dite fut créée à une date relativement récente, lorsque l'on eut l'idée d'apposer sur des pastilles de métal une marque qui en garantissait la valeur. On tend aujourd'hui à considérer que cette initiative est due à des banquiers et à des commerçants installés dans les cités côtières de l'Asie Mineure. Mais ce monnayage privé dut disparaître progressivement, au fur et à mesure que les États se réservèrent le privilège de frapper le numéraire, d'en régler la valeur et d'en assurer la circulation. Au viie siècle avant J.-C., la monnaie, dont l'usage s'était répandu dans le bassin de la mer Égée et dans certaines régions de l'Asie Mineure, était déjà, comme de nos jours, un instrument indispensable à la vie économique et un des signes essentiels de l'autonomie politique. Les premières monnaies étaient sans doute marquées d'un simple poinçonnage. Bientôt, cependant, on dut éprouver le besoin de mettre sur les pièces des motifs plus caractéristiques et d'augmenter le prestige du numéraire en lui donnant un aspect plus séduisant. Le type monétaire s'inscrivit au début sur une face de la pièce, mais la monnaie s'enrichit par la suite d'un second type qui en occupa l'autre face. En Grèce, la monnaie a trouvé un milieu particulièrement favorable à son développement artistique. Les problèmes techniques et esthétiques que posaient la fabrication et la décoration des flans monétaires ont été résolus par le génie grec avec cette orginalité et cette puissance d'invention qui le caractérisent. Là, comme dans beaucoup d'autres domaines, les Grecs ont trouvé la solution définitive, celle qui satisfaisait toutes les exigences de l'esprit et du goût.

  • L'ouvrage présenté ici réunit les communications entendues lors des XVIes Journées d'Études du Centre de Recherches Archéologiques de l'Université de Lille, qui étaient consacrées à une réflexion sur les sanctuaires d'Héra. Notre objectif a été de favoriser un dialogue entre les historiens des religions et les archéologues qui explorent les espaces sacrés d'Héra d'une rive à l'autre de la Méditerranée.

empty