• Tous les chevaux du roi est le premier roman de Michèle Bernstein, à l'époque membre de l'Internationale situationniste et épouse de Guy Debord. Poupée russe, ce livre est d'abord le récit - sorte de transposition moderne, ironique et distanciée des Liaisons dangereuses - des aventures de Gilles et Geneviève : leurs errances, leurs rencontres, leurs discussions, leurs amours caractéristiques de la jeunesse la plus libre des années 50. À ce titre, Tous les chevaux du roi est une illustration romanesque des théories situationnistes : comment "construire une situation" dans la vie quotidienne, en toute conscience et en contrôler l'évolution afin d'échapper aux courants dangereux qui ramènent la vie dans les cadres traditionnels. On le lira évidemment aussi comme un roman à clefs, qui offre sans doute le portrait le plus subtil et le plus sensible qu'on ait de Guy Debord et de Michèle Bernstein elle-même, avec son goût du jeu, son humour et sa lucidité. Longtemps introuvable, Tous les chevaux du roi était devenu un livre mythique.

  • La tribu

    Jean-Michel Mension

    Dans ces entretiens, Jean-Michel Mension évoque les années qui le menèrent à participer, de 1952 à 1954, à l'existence chaotique et alcoolisée de l'Internationale Situationniste. Dans un Saint-Germain-des-Prés aujourd'hui disparu, en compagnie de Guy Debord, mais aussi d'autres figures moins connues et souvent fascinantes, on découvre un Paris interdit : celui des marges, des bistrots et des truands. Dans le récit de cette avant-garde subversive, entre art, liberté sexuelle et dérèglements de tous les sens, on assiste à la naissance d'une révolte qui embrasera, plus d'une décennie plus tard, la jeunesse de Mai 68. Il paraît dans une nouvelle édition, illustrée d'une iconographie renouvelée et augmentée de documents inédits.

    Jean-Michel Mension est né le 24 septembre 1934. Issu d'une famille de militants communistes, il est le premier adhérent de l'Internationale lettriste, créée par Guy Debord. Il en sera exclu à l'été 1954. Mobilisé durant la guerre d'Algérie, il rejoint en France le Parti Communiste puis, en 1969, la LCR. Il est notamment l'auteur d'une autobiographie (Le Temps gage) ainsi que d'une célèbre inscription sur les quais de la Seine : ``ICI ON NOIE LES ALGÉRIENS''. Il décède le 6 mai 2006.

  • Le consul

    Ralph Rummey

    Le Consul, livre d'entretiens avec Gérard Berréby, retrace la vie du peintre Ralph Rumney : son enfance en Angleterre, sa découverte du marxisme, de la peinture... et ses innombrables rencontres. Dandy nomade, sa route croisera celles de Debord et des lettristes, de Marcel Duchamp, Max Ernst, Georges Bataille, Peggy Gugghenheim, William Burroughs, Cobra et l'Oulipo... Dans cette nouvelle édition abondamment illustrée, les anecdotes se mêlent aux réflexions théoriques et aux souvenirs sur Guy Debord, Asger Jorn ou Yves Klein. On retrouve intacte l'élégance d'un artiste dont le talent fut aussi de se trouver toujours là où bouillonnaient idées et agitateurs : une existence à l'image de son art, comme une expérimentation perpétuelle.

    Ralph Rumney est né à Newcastle le 05/06/34. Fils d'un vicaire issu de la classe ouvrière, il découvre adolescent Sade, Marx et les surréalistes. Il décline son admission à Oxford pour rejoindre les Beaux-Arts, qu'il abandonne. Objecteur de conscience, il fuit l'armée en partant à Paris et rencontre Debord. En 1957, il participe à la fondation de l'Internationale Situationniste, dont il sera exclu en 1958. Son oeuvre comprend peintures, photographies, moulages, montages. Il décède le 6 mars 2002.

  • Depuis le flâneur des villes jusquà lexplorateur de salon, de la dérive au détournement, la psychogéographie nous procure de nouvelles manières dappréhender notre environnement, des méthodes pour transformer les rues familières de notre expérience quotidienne en quelque chose de nouveau et dinattendu. Depuis Guy Debord et les situationnistes jusquà Jacques Réda, Iain Sinclair ou Will Self, en passant par Stevenson, Baudelaire, Léon-Paul Fargue ou Jacques Yonnet, nombreux sont les adeptes de la psychogéographie qui ont couché par écrit leurs errances et leurs explorations urbaines. Londres et Paris sont les territoires privilégiés de la psychogéographie, mais celle-ci peut se pratiquer tout aussi bien à New York ou à San Francisco, à Lisbonne ou à Bruxelles. Cet ouvrage conduit le lecteur à travers lhistoire et les processus de la psychogéographie, en offrant à la fois une explication et une définition des termes concernés, et une analyse des figures et uvres clefs de ce mouvement.
    Avec la collaboration dOlivier Bailly, Julien Bétan, David Calvo, Raphaël Colson, Guy Darol, Damien Dion, Sara Doke, Patrick Marcel, André-François Ruaud.

  • Invariablement, chez Didier Daeninckx, le travail de mémoire conduit aux parts sombres et bousculées de la mémoire collective.
    Mais elle surgit là, d'un coin presque à l'abandon en plein front de l'expansion de la ville.
    Une fille qui remonte en vélo du parc de la Villette à l'Île Saint-Denis, lieu emblématique ou croisement des fictions et de l'autobiographie de Didier Daeninckx, et tout embraye.
    Tout ? La guerre d'Algérie et ce qu'on n'en a pas encore démêlé ou reconnu. Mais ici Guy Debord, ses Hurlements en faveur de Sade et la fondation de l'Internationale Lettriste.
    Tout ? Les vielles photographies, les magouilles d'urbanisme, une infirmière dans un centre de soins en banlieue. Mais tout d'un coup cela peut percuter le monde de l'art et des galeries, Doisneau qui marche, ou une ébauche de Matisse laissée sous ce papier peint de la maison qui va disparaître. Ou les manifestations du temps de Messali Hadj et du journal L'avenir du prolétariat. Parce qu'ils seraient là à titre d'enquête ou de documentaire ? Non, parce que la poésie particulière à Daeninckx est faite de tout cela, qui est sa relation au monde, indissolublement - et c'est bien cette poésie qui d'abord emmène le récit.
    Daeninckx a toujours tissé ce fil : jamais loin de l'autobiographie (l'autobiographie intellectuelle de celui qui pense libre, et pour cela reconnaît sa dette à tous les éclaireurs), toujours au plus près des lieux, de l'affiche au coin de la rue, du tag qui reste sur le coin de mur, et toujours, dans la fiction même, dans cette croisée improbable des éléments réels. Attendez voir, il vous attend pour cela lui-même dans un étrange et fort appendice, tout à la fin du récit, sur le modèle des Je me souviens de Perec.

  • L'infra-monde

    François Bonnet

    Ce livre part d'une question : si la perception et le langage objectivent le monde, si l'imagination le structure, si le savoir l'ordonne, comment décrire, nommer ou même percevoir ce qui se fait jour quand le langage s'absente, la perception vacille l'imagination défaille et le savoir se dérobe ? Comment dire, montrer ou faire entendre ce qui mine et réfute l'ordre des choses, le réel immuable, le sensible administré ? Pour répondre à cette question, François J. Bonnet nous entraîne dans une enquête qui traverse la philosophie et les sciences humaines, mais aussi la littérature, le cinéma et les arts visuels. Car il ne suffit pas d'analyser et de comprendre la puissance ordonnatrice de nos représentations, il faut encore interroger les oeuvres et les artistes qui ont fait l'expérience de ces moments où elles se sont fissurées, laissant place à l'angoisse et au vertige. L'infra-monde dessine en creux une autre histoire, souterraine et inquiétante, une histoire où tout est brume, chaos et tourbillons.

  • Apparue dans le contexte des années 50 et 60, l'oeuvre de Debord s'est efforcée d'achever le projet à la fois artistique, éthique et politique porté par le dadaïsme et le surréalisme dans la première moitié du XXe siècle : jusqu'à affirmer la nécessité pour l'art de se supprimer en tant que tel, pour mieux se réaliser dans la vie et comme vie. Les différents articles qui composent ce recueil entendent revenir sur quelques-unes des principales expériences, ou quelques-uns des principaux concepts mis en jeu pour cela : situations, dérives, détournements. On les examinera dans leur systématicité, leur complexité voire leur ambiguïté ; on s'interrogera sur leur devenir, après le reflux y compris des mouvements révolutionnaires dans les années 70, ainsi que sur celui du programme de dépassement de l'art dont ils procédèrent. Comme autant de manières d'en questionner l'intérêt aujourd'hui encore, pour penser et agir un projet émancipateur. Qu'est-ce qu'être contemporain ? Être déphasé par rapport au donné du présent ; savoir qu'il est construit, autrement dit déconstructible et reconstructible : se le réapproprier en tant qu'il est Histoire. Au croisement de l'art et du politique, la collection « Perspectives inactuelles » propose par des reprises historiques et philosophiques précises d'y contribuer.

  • Vivons-nous à une époque où le capitalisme a une emprise totale sur les productions artistiques? Est-ce que le spectacle est synonyme d'aliénation de l'individu? Y a-t- il, en contrepartie, des aspects positifs à cette spectacularisation de la culture? Dans un dossier intitulé « Spectacle », le numéro 82 de esse se penche sur les nouvelles modalités du spectacle en observant ses différentes manifestations dans la société actuelle, et particulièrement dans le domaine de l'art contemporain où l'appel du spectaculaire se fait de plus en plus impérieux.

  • Qu'est-ce qu'une contre-culture ? Comment interpréter le sens général des contestations et des ruptures culturelles de la seconde moitié du XXe siècle ? Comment reconstituer ces tendances et ces styles d'expression qui, dès les années 1950, ont bouleversé les mentalités ?
    Les discours sur la notion de culture, sur les altérations qu'elle subit, sur la diversité des influences qui la transforment, abondent ; mais ces discours font peu de place à la notion de contre-culture.
    Il est pourtant impossible d'en ignorer les innombrables expressions : Beat Generation, pop philosophie, rock culture, révolution psychédélique, mouvement punk, new wave, black metal...
    En insistant sur la richesse et l'éclectisme de ces manifestations, cet ouvrage montre que les contre-cultures entendent porter la révolution dans la vie quotidienne.
    Une réflexion novatrice sur un phénomène pluriel, porté par le désir d'une transformation radicale de la société.

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