Editions Allia

  • Quand les uns ont des difficultés dans leur couple, les autres ont décidé de risquer leur vie pour bousculer la politique d'un Etat. Le narrateur vient squatter chez une copine dont il a les clefs... mais d'autres sont déjà là, de vrais squatters qui n'ont peur de rien : ils ont déjà peint un phallus géant sur le pont face au bureau du KGB à Saint-Pétersbourg et ont déjà pendu des immigrés et des Juifs dans un supermarché. Ce groupe d'artistes anarchiste n'est autre que Voïna, mot russe qui signifie Guerre, une guerre qu'ils livrent depuis 2007 à un Etat fascisant.
    Le narrateur évoque avec brio cette nuit partagée avec la branche la plus radicale de l'art actuel. Un thriller à la fois drôle et haletant, avec des personnages interlopes, dont l'Inspecteur en charge du dossier. Guerre.

  • Dans ce récit intime, la narratrice se tutoie et, par la même occasion, tutoie le lecteur. Elle nous met à sa place, devant l'évidence de notre propre trouble identitaire. C'est à nous qu'est reproché d'avoir trahi notre clan ou nos origines. C'est nous, encore, qui sommes devenus étrangers à notre ville natale. Belge ayant choisi de s'exiler à Paris, la narratrice dénoue avec un humour cinglant les liens complexes avec sa famille, notamment sa mère, qui n'a de cesse de relever les indices du fossé qui s'est creusé entre elles : perte de l'accent, style vestimentaire... Preuves que sa fille mène à Paris une vie mondaine.
    Pour les Liégeois, Paris, "c'est l'bout du monde". Or, l'on est partout étranger. Mais une réconciliation est encore possible...

  • Il Pondre vient passer des vacances en Californie, chez son vieil ami Larsen, ancien taulard exilé. Larsen passe son temps à la déchetterie, à l'affût de moteurs et de ferraille pour satisfaire son goût de la mécanique. Un autre de la bande, Bragg, vit entre ses pétards et son pitbull. Il y a aussi Michael, onaniste inassouvi. Ces personnages interlopes vivent au jour le jour, dans l'éternel retour du même. Les propos encyclopédiques de Larsen se mêlent au récit du quotidien et aux passages de Amuleto de Bolano que lit le narrateur.
    Bonvin joue de la mécanique littéraire pour défaire le mythe de l'Amérique. L'oisiveté est de mise, mais moins par choix que par fatalité économique. Occasion d'assister à un récital de poésie en fumant un joint...

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