Robert Laffont

  • Gardienne et témoin de l´histoire familiale - une histoire de femmes, de soeurs, de mères -, Blanche va en retisser tous les fils pour tenter de réparer le lien brisé avec sa propre fille, Violette...
    Un matin, très tôt. Le téléphone sonne. Blanche n´aime pas ça : les coups de fil au petit matin n´annoncent jamais rien de bon. Cette fois, pourtant, c´est une bonne nouvelle : Violette a accouché dans la nuit d´un petit garçon. Blanche est bouleversée : elle ne savait même pas que sa fille était enceinte. Et puis un garçon, le premier au bout de cette lignée de filles, quelle histoire... Dans le train qui la mène de Toulouse vers Paris, le trac au coeur, Blanche relit les carnets de moleskine destinés à Violette où, remontant le temps, elle a essayé de se souvenir de tout, tout ce qu´elle peut lui dire d´elles. Mais Violette l´attend-elle encore au bout de ce chemin à la fois heureux et cabossé ?

    Portés par une écriture ultrasensible, où sous l´apparente douceur du cocon familial gronde la violence des sentiments, on est entraînés dans l´histoire de Blanche, celle de quatre générations de femmes, des années 1950 à nos jours. De la minuscule bicoque d´un petit village des Pyrénées aux ateliers de la maison Balaguère, haute couture, à Toulouse, Blanche recrée ce petit monde que les accidents de la vie, et certains choix, ont rendu presque exclusivement féminin. Il y a d´abord Anna, la grand-mère, qui a élevé ses trois petites-filles, Angèle, Justine et Babé, tôt privées de mère. Angèle, la mère de Blanche, la magnifique, brillante et si fragile Angèle, journaliste àLa Dépêche du Midi ; Justine l´indépendante, la féministe, la couturière aux doigts de fée qui, partie de rien, va créer sa propre maison et devenir la coqueluche des élégantes Toulousaines ; la douce et vaillante Babé, pilier de cette famille bien peu conventionnelle dans laquelle grandit Blanche. Sans père (il est mort avant sa naissance) mais avec trois mères, avant de devenir, à son tour, la mère sans homme de Violette...

    Chaleureux et coloré comme une promenade dans la Ville rose (ou comme une collection de Justine...), le roman de cette tribu de femmes émancipées avant l´heure explore avec autant de tendresse que d´acuité toute la complexité des liens maternels.

  • Le silence

    Jean-Guy Soumy

    Le monde de Jessica s´effondre le jour où son mari, Alexandre Leroy, mathématicien franco-américain de renommée internationale, se tire une balle dans la tête. Comment a-t-il pu la trahir aussi lâchement, décevoir leurs deux fils, détruire ce bonheur qu´ils ont mis trente ans à construire ? L´acte est d´autant plus incompréhensible qu´il ne ressemble pas à l´homme qu´elle a connu. Mais l´a-t-elle vraiment connu ? Elle reçoit de plein fouet un premier coup quand elle comprend que la photo de ses beaux-parents a été trafiquée et qu´ils ne sont pas morts dans les bombardements en France, comme elle l´a toujours cru. Alexandre a menti ! Il a toujours menti. Il a changé son nom et falsifié son identité, il s´est inventé un passé, il a caché l´existence d´un frère et a même réussi à mystifier la communauté scientifique.

    Comment supporter une telle découverte ? Phil, son fils aîné, également mathématicien, ne peut pas dévoiler une telle forfaiture, qui ruinerait sa propre carrière. Il convainc sa mère de détruire toutes les preuves. Mais Jessica ne supporte pas d´avoir accompli un tel geste. L´aide vient bizarrement de son fils cadet, Lewis, atteint d´une forme particulière d´autisme et dont les intuitions fulgurantes l´obligent à réagir. Il veut connaître son oncle. Il veut aller en France.

    Pour Jessica, se retrouver au fin fond de la Creuse en face de ce beau-frère dont elle ignorait l´existence est une terrible épreuve. Comment pourrait-elle accepter l´existence de cet homme qu´elle accuse d´avoir provoqué la mort de son mari ? Pourtant, il lui faut comprendre, dénouer la complexe pelote de raisons qui, des décennies auparavant, ont poussé Alexandre à s´amputer d´une partie de lui-même.

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