• Des larmes sous la pluie Nouv.

    États Unis de la Terre, 2109. Les réplicants meurent dans des crises de folie meurtrière tandis qu'une main anonyme corrige les Archives Centrales de la Terre pour réécrire l'histoire de l'humanité et la rendre manipulable.
    Bruna Husky, une réplicante guerrière, seule et inadaptée, décide de comprendre ce qui se passe et mène une enquête à la fois sur les meurtres et sur elle-même. Aux prises avec le compte à rebours de sa mort programmée, elle n'a d'alliés que marginaux ou aliens, dans ce tourbillon répressif de vertige paranoïaque. Rosa Montero choisit un avenir lointain, hérité de Philip K. Dick et de Blade Runner, pour nous parler de ce qui fait notre humanité, , la certitude de notre mort et de celle de ceux que nous aimons. Ses personnages sont des survivants qui s'accrochent à la morale politique, à l'éthique individuelle, à l'amitié et à l'amour.
    Elle construit pour nous un futur cohérent, une intrigue vertigineuse et prenante pour nous parler de notre mort et de l'usage que nous faisons du temps qui nous est imparti. Elle écrit avec passion et humour, les outils essentiels pour comprendre le monde.

  • Habituée à manier la fiction et à dominer le réel, une romancière part travailler en Italie sans imaginer que des accidents vont venir bouleverser le cours de son existence et l´obliger à s´interroger sur ses choix, ses renoncements, ses attentes.
    Louise, 40 ans, part s´installer dans une villa en Toscane pour écrire son roman. Elle abandonne à Paris son mari, François, meurtri mais résigné. À Livourne, ville portuaire où règne une chaleur écrasante, tout l'enchante : la qualité du silence, la mer partout présente, l´incessant ballet des ferries vers les îles. Et cette parfaite solitude que seule vient déranger la présence discrète et dévouée de Graziella, la gouvernante qui s´occupe de la maison. Louise n´a jamais connu un tel sentiment de plénitude. Elle écrit l´histoire d´une femme qui doit réapprendre à vivre après la disparition de son mari. Les mots viennent à elle tout naturellement.

    Un jour, un jeune homme sonne à sa porte. C´est Luca, le fils de Graziella. Élève à l´Académie navale, il porte ses vingt et un ans avec une grâce insolente. Jamais Louise n´aurait pu envisager d´être troublée par un garçon de cet âge. Tenter de résister au charme de Luca serait pourtant aussi vain que de vouloir échapper à la moiteur de l´été. Au moment où elle cède à la sensualité de ce corps qui l´attire, elle apprend qu´un accident de voiture a grièvement blessé son mari. Fiction, fantasme et réalité se télescopent, mais dans quel but ? Louise doit se rendre au chevet de François, plus vulnérable que jamais. Forte de cette ferveur inattendue qui lui a ouvert les yeux, elle sait que l´instant est venu d´affronter tous les mensonges accumulés avec les années, quelles qu´en soient les conséquences...

    Il y a des paysages dont la simplicité peut éclipser tout ce qu´on avait contemplé jusque-là, des retranchements volontaires qui vous révèlent à vous-mêmes, des rencontres qui ne peuvent se produire que lorsqu´on a fait le vide autour de soi. Roman sur la solitude nécessaire de l´écrivain, une solitude ni oppressante ni douloureuse, mais émancipatrice, De là, on voit la mer est une ode à la liberté, celle qui implique de faire des choix, de sacrifier ce qui n´a plus de raison d´être, liberté sans concession, qui peut sembler brutale, égoïste et déterminée, mais qui permet seule de créer, d´aimer à sa guise, de tenir la barre de son existence sans se soucier des préjugés ni des vents contraires... Un magnifique portrait de femme, tranchante et résolue, larguant progressivement les amarres, s´affranchissant de tous ses liens pour voguer sereinement vers une destination connue d´elle seule.

  • "J'ai commencé à éprouver un sentiment, je veux dire un vrai, à ce moment-là. En sortant de la voiture, à Wandermines, sous la pluie. On ne parle pas assez de l'influence des lieux sur l'affect. Certaines nostalgies remontent à la surface sans prévenir. Les êtres changent de nature, comme dans les contes. Au milieu de cette confrérie en habits du dimanche, se pressant vers la mairie pour échapper aux gouttes, tenant le bras d'Odile pour l'aider sur le parvis glissant, j'ai éprouvé la catastrophe du sentiment." Glissant de la mélancolie à l'humour, Yasmina Reza dessine avec Heureux les heureux une constellation moderne de personnages confrontés à l'impasse sentimentale. Grand prix du roman "Marie-Claire" 2013 Prix littéraire "Le Monde" 2013

  • Après Cinquante nuances de Grey, découvrez Cinquante nuances plus sombres...
    Dépassée par les sombres secrets de Christian Grey, Ana Steele a mis un terme à leur relation pour se consacrer à sa carrière d'éditrice. Mais son désir pour Grey occupe toujours toutes ses pensées et lorsqu'il lui propose un nouvel accord, elle ne peut y résister.
    Peu à peu, elle en apprend davantage sur le douloureux passé de son ténébreux Mr Cinquante Nuances...
    Pendant que Christian tente de vaincre ses démons intérieurs, Anastasia est confrontée à des tourments inédits de jalousie, qui la conduiront à prendre la plus importante décision de sa vie.
    La petite musique distillée par la voix de Séverine Cayron accentue le trouble et les ambiguïtés de ce roman plongeant au plus intime du désir.
    Durée : 19 h 24

  • Défendre cette femme... Effacer les clichés qui la défigurent. Briser le masque que le mépris a scellé sur son visage. Aimer cette femme dont tant d'hommes n'ont su que convoiter le corps et envier le pouvoir. C'est cette passion qui anime le cinéaste russe Oleg Erdmann, désireux de sonder le mystère de la Grande Catherine. L'effervescence du XVIIIe siècle européen se trouve confrontée à la violente vitalité de la Russie moderne. La quête d'Erdmann révèle ainsi la véritable liberté d'être et d'aimer.

  • Gardienne et témoin de l´histoire familiale - une histoire de femmes, de soeurs, de mères -, Blanche va en retisser tous les fils pour tenter de réparer le lien brisé avec sa propre fille, Violette...
    Un matin, très tôt. Le téléphone sonne. Blanche n´aime pas ça : les coups de fil au petit matin n´annoncent jamais rien de bon. Cette fois, pourtant, c´est une bonne nouvelle : Violette a accouché dans la nuit d´un petit garçon. Blanche est bouleversée : elle ne savait même pas que sa fille était enceinte. Et puis un garçon, le premier au bout de cette lignée de filles, quelle histoire... Dans le train qui la mène de Toulouse vers Paris, le trac au coeur, Blanche relit les carnets de moleskine destinés à Violette où, remontant le temps, elle a essayé de se souvenir de tout, tout ce qu´elle peut lui dire d´elles. Mais Violette l´attend-elle encore au bout de ce chemin à la fois heureux et cabossé ?

    Portés par une écriture ultrasensible, où sous l´apparente douceur du cocon familial gronde la violence des sentiments, on est entraînés dans l´histoire de Blanche, celle de quatre générations de femmes, des années 1950 à nos jours. De la minuscule bicoque d´un petit village des Pyrénées aux ateliers de la maison Balaguère, haute couture, à Toulouse, Blanche recrée ce petit monde que les accidents de la vie, et certains choix, ont rendu presque exclusivement féminin. Il y a d´abord Anna, la grand-mère, qui a élevé ses trois petites-filles, Angèle, Justine et Babé, tôt privées de mère. Angèle, la mère de Blanche, la magnifique, brillante et si fragile Angèle, journaliste àLa Dépêche du Midi ; Justine l´indépendante, la féministe, la couturière aux doigts de fée qui, partie de rien, va créer sa propre maison et devenir la coqueluche des élégantes Toulousaines ; la douce et vaillante Babé, pilier de cette famille bien peu conventionnelle dans laquelle grandit Blanche. Sans père (il est mort avant sa naissance) mais avec trois mères, avant de devenir, à son tour, la mère sans homme de Violette...

    Chaleureux et coloré comme une promenade dans la Ville rose (ou comme une collection de Justine...), le roman de cette tribu de femmes émancipées avant l´heure explore avec autant de tendresse que d´acuité toute la complexité des liens maternels.

  • Opium poppy

    Hubert Haddad

    Encore et encore, on lui demande comment il s'appelle. La première fois, des gens lui avaient psalmodié tous les prénoms commençant par la lettre A. Sans motif, ils s'étaient arrêtés sur Alam. Pour leur faire plaisir, il avait répété après eux les deux syllabes. C'était au tout début, à Paris. On venait de l'attraper sur un quai de gare, à la descente d'un train...
    Au fil de cette traque à l'enfant, se dessine l'histoire d'Alam. Celle d'un petit paysan afghan, pris entre la guerre et le trafic d'opium, entre son désir d'apprendre et les intimidations de toute sorte, entre son admiration pour un frère tête brûlée et l'amour éperdu qu'il porte à une trop belle voisine... Ce magnifique roman à la précipitation dramatique haletante éclaire la folle tragédie des enfants de la guerre. « Qui aura le courage d'adopter le petit taliban ? » semble nous demander avec une causticité tendre l'auteur d'Opium Poppy. Tout à la fois poète, romancier, historien d'art, dramaturge et essayiste, Hubert Haddad, né à Tunis en 1947, est l'auteur d'une oeuvre vaste et diverse, d'une forte unité d'inspiration, portée par une attention de tous les instants aux ressources prodigieuses de l'imaginaire. Depuis Un rêve de glace, jusqu'aux interventions borgésiennes de l'Univers, premier roman-dictionnaire, et l'onirisme échevelé de Géométrie d'un rêve ou les rivières d'histoires de ses Nouvelles du jour et de la nuit, Hubert Haddad nous implique magnifiquement dans son engagement d'artiste et d'homme libre.

  • 39 rue de Berne

    Max Lobe

    A 16 ans, la mère de Dipita atterrit du Cameroun en Europe, où elle est brutalement plongée dans le monde de la prostitution. Depuis, elle se débrouille. Sa naïveté, sa générosité et sa beauté lui permettent de survivre, malgré un «camion de haine dans son ventre ».

    Elle raconte sa vie à Dipita, qui aime autant l'écouter que lui couper la parole pour continuer l'histoire lui-même. Dipita aime aussi son oncle et sa manière de vitupérer à longueur de journée les huiles de son pays, même si c'est lui qui a jeté sa mère dans les filets des « Philantropes-Bienfaiteurs ». Dipita aime encore celles qu'il appelle « ses mères » ; elles participent à son éducation, aux commérages et aux réunions de l'AFP (association des filles des Pâquis) et elles accepteront de manière déconcertante que leur petit Dipita devienne comme ça.

    Dans une langue haute en couleurs et inventive, le narrateur décrit avec finesse aussi bien la réalité des Africains sans papier que les paradoxes et les souffrances d'un tout jeune homme noir et homosexuel.

    Max Lobe, né en 1986 à Douala au Cameroun, vit en Suisse depuis 8 ans, où il a fait des études de communication et de management. Il travaille à Genève.

  • Yamada se montre résolument original dans cette réécriture d'un roman rédigé au 19è siècle par Bakin et illustré par Hokusai nous faisant passer du monde de fiction à celui de la réalité. Dans le monde fictif : le clan Satomi s'est réfugié dans son château encerclé par l'armée ennemie. Imprudemment, le seigneur, pour éviter la chute de son clan fait une promesse inconsidérée au chien Yatsufusa : « Si tu m'apportes la tête de mon ennemi, tu auras ma fille Fusehime en mariage ». Yatsufusa rapporte la tête du général ennemi et épouse Fusehime. Mortifiée d'attendre un enfant de son époux-chien, elle se suicide. De son corps, sortent huit pierres précieuses. Dans le monde « réel » : on suit la vie de Bakin.
    Un jour, il dévoile à son ami Hokusai, le plan des Huit Chiens des Satomi.

  • Lorsqu'il est chargé par Samuel Beckett de classer ses papiers, un jeune doctorant en anthropologie décide de tenir le journal de cette expérience. C'est un Beckett inattendu qu'il découvre chaque jour : grand amateur de chocolat chaud à la garde-robe extravagante, joueur de bowling et apiculteur passionné. Une drôle de relation se noue entre les deux hommes, tandis qu'en filigrane un metteur en scène demande à Beckett l'autorisation de monter une de ses pièces dans une prison.

  • Un peu d'obésité chez un honnête homme israélien est loin d'être une disgrâce. Sauf s'il décide de maigrir à tout prix. Malgré les moqueries affectueuses de son épouse et des grands-parents, notre homme multiplie en vain les régimes : tout fruit, tout viande, ou tout carotte. Une diététicienne de renom lui recommande le tout olive. Il finit par avaler un noyau qui se fiche dans l'épigastre. Et voilà qu'un beau jour quelque chose bourgeonne de son oreille gauche, une pousse d'olivier dirait-on, phénomène qui sera à l'origine d'un véritable big-bang local...
    À partir d'un événement pour le moins insolite, traité à la manière positive du conteur, Benny Barbash nous offre une fable à mourir de rire, d'une pertinence abrasive. Après My First Sony (Prix Grand Public du Salon du livre 2008), Benny Barbash poursuit une oeuvre romanesque en forme de fresque familiale qu'alimente une ample réflexion sur la société israélienne contemporaine. Avec Little Big Bang, il révèle les tensions et les contradictions qui hantent cette génération d'après la Shoah, déchirée entre ses mythes fondateurs et la nécessité impérieuse de s'inscrire dans le mouvement de l'Histoire.
    Dramaturge, écrivain, scénariste pour la télévision et le cinéma, Benny Barbash est né à Beer-Sheva en 1951. Il est l'un des fondateurs du mouvement La Paix Maintenant. Il vit à Tel-Aviv.

  • Quand les uns ont des difficultés dans leur couple, les autres ont décidé de risquer leur vie pour bousculer la politique d'un Etat. Le narrateur vient squatter chez une copine dont il a les clefs... mais d'autres sont déjà là, de vrais squatters qui n'ont peur de rien : ils ont déjà peint un phallus géant sur le pont face au bureau du KGB à Saint-Pétersbourg et ont déjà pendu des immigrés et des Juifs dans un supermarché. Ce groupe d'artistes anarchiste n'est autre que Voïna, mot russe qui signifie Guerre, une guerre qu'ils livrent depuis 2007 à un Etat fascisant.
    Le narrateur évoque avec brio cette nuit partagée avec la branche la plus radicale de l'art actuel. Un thriller à la fois drôle et haletant, avec des personnages interlopes, dont l'Inspecteur en charge du dossier. Guerre.

  • Mariée à 16 ans et violée le lendemain de ses noces par un ivrogne ayant le double de son âge, le destin de la jeune Rosa, paysanne normande du début du XXe siècle, semblait tout tracé : subir et se taire. Les hommes ont tout, peuvent tout, décident de tout. Sauf lorsque leurs passions les emportent au-delà du raisonnable et que la petite Rosa, devenue femme, les prend au piège de leurs rêves et de leurs vices. La grande Rosa tiendra alors le monde des hommes dans sa main...

  • Comment fait-on à 18, 30, 40 ou 50 ans, pour changer le cours de sa vie insatisfaisante, et conquérir lapaisement, peut-être même le bonheur et lamour ? Avec grande maîtrise, lauteur nous entraîne dans la "ronde" dune petite dizaine de personnages parisiens, dâges et de conditions sociales et raciales différentes, tous saisis à un moment de questionnement et de basculement. vers un avenir meilleur. Cinquième roman très contemporain de Pascal Morin, optimiste et convaincant, sur la force des rencontres qui nous amènent à devenir autres.

  • Lieux secrets, lieux uniques, les maisons que nous avons aimées, puis perdues, ne cessent de hanter nos rêves. Que nous disent-elles ? Et se pourrait-il que le murmure de ces lieux de mémoire, si personnels, trouve un écho en nous tous ?
    Explorant minutieusement cette topographie intime et ses résonances familiales, amicales, amoureuses, Nathalie Heinich ne restitue pas seulement sa propre histoire : elle dessine en creux la forme que prennent les âges de la vie, le passage des générations, les fantômes de l'Histoire, le paysage intérieur et sentimental de notre époque.
    Une « autobiographie par les toits », donc, des années 1950 à nos jours, qui rend justice à la grâce des maisons et à la douleur de leur perte.

  • Paralysée par son propre génie, asociable, trop originale et trop angoissée pour la petite ville où elle a atterri, Bernadette se sent de plus en plus enfermée. Alors elle fuit Seattle et ses mères de famille proprettes jamais à court de muffins, son mari gourou chez Microsoft dont l´esprit trop cartésien ne parvient plus à la comprendre, et son passé glorieux d´architecte visionnaire montée trop haut trop vite et que la chute a laissée bancale. Tout a commencé quand Bee, brandissant son bulletin de notes, a réclamé la récompense qu´on lui avait promise : un voyage en famille en Antarctique ! Mais, au moment de partir, les névroses de Bernadette la rattrapent. Au pied du mur, elle disparaît. Sur les traces de sa mère, Bee découvre dans son courrier une montagne de secrets. La part d´ombre que toute mère cache à sa fille. À chaque page, Bee la découvre un peu plus géniale et imparfaite.

    Rythmé, plein d´esprit, d´humour et de tendresse, et absolument impossible à lâcher, Bernadette a disparu est un bijou satirique à la composition parfaite.

  • Fabien mène une existence paisible jusqu'au jour où sa femme décède dans un accident de voiture. Un drame n'arrivant jamais seul, il découvre qu'elle était accompagnée de son amant. Fabien, désarçonné mais déterminé, décide de se venger : « Il a piqué ma femme, je lui piquerai sa veuve. » Mais ce désir si légitime va l'entraîner dans une situation abominable.

  • Que Tal, la beauté féline, le corps souple, chat magnifique, fut l´amour de son maître. C´est une histoire peu commune et c´est aussi un questionnement troublant sur la part animale présente en chacun de nous.

  • Sidónio Rosa est tombé éperdument amoureux de Deolinda, une jeune Mozambicaine, au cours d'un congrès médical à Lisbonne, ils se sont aimés puis elle est repartie chez elle. Il part à sa recherche et s'installe comme coopérant à Villa Cacimba. Il y rencontre les parents de sa bien-aimée, entame des relations ambiguës avec son père et attend patiemment qu'elle revienne de son stage. Mais reviendra-t-elle un jour ?
    Là, dans la brume qui envahit paysage et âmes, il découvre les secrets et les mystères de la petite ville, la famille des Sozihno, Munda et Bartolomeo, le vieux marin. L'Administrateur et sa Petite Épouse, la messagère mystérieuse à la robe grise qui répand les fleurs de l'oubli. Les femmes désirantes et abandonnées. L'absence dont on ne guérit jamais.
    Un roman au charme inquiétant écrit dans une langue unique.

  • Dans ce récit intime, la narratrice se tutoie et, par la même occasion, tutoie le lecteur. Elle nous met à sa place, devant l'évidence de notre propre trouble identitaire. C'est à nous qu'est reproché d'avoir trahi notre clan ou nos origines. C'est nous, encore, qui sommes devenus étrangers à notre ville natale. Belge ayant choisi de s'exiler à Paris, la narratrice dénoue avec un humour cinglant les liens complexes avec sa famille, notamment sa mère, qui n'a de cesse de relever les indices du fossé qui s'est creusé entre elles : perte de l'accent, style vestimentaire... Preuves que sa fille mène à Paris une vie mondaine.
    Pour les Liégeois, Paris, "c'est l'bout du monde". Or, l'on est partout étranger. Mais une réconciliation est encore possible...

  • Il Pondre vient passer des vacances en Californie, chez son vieil ami Larsen, ancien taulard exilé. Larsen passe son temps à la déchetterie, à l'affût de moteurs et de ferraille pour satisfaire son goût de la mécanique. Un autre de la bande, Bragg, vit entre ses pétards et son pitbull. Il y a aussi Michael, onaniste inassouvi. Ces personnages interlopes vivent au jour le jour, dans l'éternel retour du même. Les propos encyclopédiques de Larsen se mêlent au récit du quotidien et aux passages de Amuleto de Bolano que lit le narrateur.
    Bonvin joue de la mécanique littéraire pour défaire le mythe de l'Amérique. L'oisiveté est de mise, mais moins par choix que par fatalité économique. Occasion d'assister à un récital de poésie en fumant un joint...

  • Onze nouvelles, pour la plupart inédites, unies dans une même sensualité, venant éclairer les racines de luvre romanesque et poétique dHubert Nyssen. Comme une boîte de Pandore ouverte en complicité, pour retrouver son art des dialogues ciselés et son goût des échanges insolents, sa pensée virevoltante servie par une écriture savante et rieuse.

  • À dix ans, David vit dans l'Ouest de la France, « à Maulévrier, 4 saisons, une zone industrielle et deux terrains de foot ». Autour de lui, une mère mélancolique et distante, un père ouvrier, qu'il idolâtre et attend chaque soir, une banlieue de pavillons tristes, une grand-tante despotique, une voisine légèrement dépravée. Et puis il y a Dieu, certes muet, mais seul rempart face à la solitude et aux questions enfouies dans le silence des sentiments. À travers les yeux d'un enfant ordinaire prêt à basculer dans l'adolescence, seul et précoce, gauche et attachant, Loin du monde nous dit en peu de mots beaucoup de la vie, ses injustices fondamentales, mais aussi sa joie, ses premiers émois, ses premières déceptions : « On appelle ça l'existence. »

  • « Laissez votre surf dehors, ici il n'y a pas de place pour des réalités aussi subjectives. » Trois trentenaires turinois se retrouvent embarqués dans un voyage improbable du nord au sud de l'Italie : Vittorio, violoncelliste torturé et hypocondriaque ; Francesca, sa fiancée de toujours au bord de la rupture ; Manuela, leur amie loufoque, gogo-danseuse et monitrice d'auto-école à ses heures perdues (ou l'inverse)... Rapidement, avec l'ex de cette dernière aux trousses, le voyage dans la poussive Baronne à doubles commandes devient une course-poursuite, une épopée déjantée et douce-amère où chacun se révèle. Au fil des kilomètres et des rencontres, les liens se nouent et se dénouent, les événements prennent une dimension initiatique, les choix s'expliquent et les masques tombent.

    Dans ce récit à trois voix, servi par une écriture inventive, Enrico Remmert brosse avec justesse le tableau d'une jeunesse déboussolée mais avide de rêves. Entre humour et gravité, ironie mordante et poésie, il signe un roman réjouissant.

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