• Sombre dimanche

    Alice Zeniter

    Les Mandy habitent de génération en génération la même maison en bois posée au bord des rails près de la gare Nyugati à Budapest. Le jeune Imre grandit dans un univers mélancolique de non-dits et de secrets où Staline est toujours tenu pour responsable des malheurs de la famille. Même après l´effondrement de l´URSS, qui fait entrer dans la vie d´Imre les sex shops, une jeune Allemande et une certaine idée de l´Ouest et d´un bonheur qui n´est pas pour lui.
    Roman à la poétique singulière, tout en dégradés de lumière et de nostalgie, Sombre dimanche confirme le talent d´Alice Zeniter, révélée par Jusque dans nos bras.

  • Dans le 95, qui va de la place Clichy à la porte de Vanves, je me suis souvenue de ce qui m'avait enchaînée à Igor Lorrain. Non pas l'amour, ou n'importe lequel des noms qu'on donne au sentiment, mais la sauvagerie. Il s'est penché et il a dit, tu me reconnais ? J'ai dit, oui et non. Il a souri. Je me suis souvenue aussi qu'autrefois je n'arrivais jamais à lui répondre avec netteté. ? Tu t'appelles toujours Hélène Barnèche ? ? Oui. ? Tu es toujours mariée avec Raoul Barnèche ? ? Oui. J'aurais voulu faire une phrase plus longue, mais je n'étais pas capable de le tutoyer. Il avait des cheveux longs poivre et sel, mis en arrière d'une curieuse façon, et un cou empâté. Dans ses yeux, je retrouvais la graine de folie sombre qui m'avait aspirée. Je me suis passée en revue mentalement. Ma coiffure, ma robe et mon gilet, mes mains. Il s'est penché encore pour dire, tu es heureuse ? J'ai dit, oui, et j'ai pensé, quel culot. Il a hoché la tête et pris un petit air attendri, tu es heureuse, bravo.

    Portrait de Yasmina Reza © Pascal Victor/ArtComArt

  • Kim, la narratrice, grandit dans le sud de la France, au bord de la mer ? qu'on voit danser de temps en temps dans ce roman. Elle est entourée d'adultes immatures, cruels et déraisonnables : affligée d'un bec-de-lièvre, sa mère se lance sur le tard dans une carrière de stripteaseuse ; son père, qui a tatoué ses cinq enfants d'une étoile bleue sur l'occiput, brille par sa faiblesse et son insignifiance ; son grand-père est un insupportable fanfaron, et sa grand-mère sombre peu à peu dans la folie avant de regagner l'Algérie fantasmatique de son enfance.
    Heureusement, pour l'aider à survivre à une enfance calamiteuse, Kim a l'amour inconditionnel de ses petits frères, la gymnastique rythmique, la lecture de Baudelaire, et ses nuits fauves avec son prince ardent. Sans compter qu'elle ne va pas tarder à rencontrer sa sorcière bien-aimée en la personne d'une sage-femme à la retraite ? à moins qu'il ne s'agisse d'une vieille pute sur le retour ? En fait de retour, on assiste aussi à celui de Charonne (déjà présente dans Hymen et surtout dans Une fille du feu) qui fait basculer (in extremis) cette histoire du côté de la beauté et de l'énergie vitale.

    Comme les précédents livres d'Emmanuelle Bayamack-Tam, celui-ci se propose d'illustrer quelques unes des lois ineptes de l'existence. Le titre est emprunté aux Métamorphoses d'Ovide : comme Philomèle, Kim survit aux outrages, mais contrairement à elle, on ne lui a pas coupé la langue, ce qui fait qu'elle raconte, dans une langue qu'Emmanuelle Bayamack-Tam a voulue à la fois triviale et sophistiquée, comment l'esprit vient aux filles. Or, on sait depuis longtemps qu'il leur vient par les chemins à la fois balisés et inextricables du désir charnel. Pour Kim, il empruntera aussi ceux de la poésie du XIXe, ce qui fait que Si tout n'a pas péri avec mon innocence se veut aussi récit d'une vocation d'écrivain.

  • Dépassée par les sombres secrets de Christian Grey, Ana Steele a mis un terme à leur relation pour se consacrer à sa carrière d´éditrice. Mais son désir pour Grey occupe toujours toutes ses pensées et lorsqu´il lui propose un nouvel accord, elle ne peut y résister.  Peu à peu, elle en apprend davantage sur le douloureux passé de son ténébreux M. Cinquante Nuances, toujours aussi passionné. Tandis que Christian lutte contre ses démons intérieurs, Ana doit prendre la décision la plus importante de sa vie. 

  • J'ai longtemps laissé croire que ma mère était encore en vie. Je m'évertue désormais à rétablir la vérité dans l'espoir de me départir de ce mensonge qui ne m'aura permis jusqu'alors que d'atermoyer le deuil.

    Après vingt-trois ans d'absence, Alain Maban

  • Une femme aimée

    Andreï Makine

    Oleg Erdmann, cinéaste, voue une passion à Catherine II de Russie. Héroïne de son film, l'impératrice offre de multiples visages : cruelle nymphomane, tsarine républicaine, séductrice des philosophes... De son premier amour brisé à un incroyable voyage secret en Europe, Oleg traque la vérité de la Grande Catherine. Sous le vernis de l'Histoire, il découvre le drame d'une femme qui ne cherchait qu'à aimer.

  • « Pendant des années, j'ai eu une vie sociale et la facilité avec laquelle je rencontrais les gens ou je leur parlais se reflétait dans mes livres. Jusqu'à ce que je connaisse un homme, et peu à peu, toute cette mondanité a disparu. C'était un amour violent, très érotique, plus fort que moi, pour la première fois. J'ai même eu envie de me tuer, et ça a changé ma façon même de faire de la littérature : c'était comme de découvrir les vides, les trous que j'avais en moi, et de trouver le courage de les dire. La femme de Moderato Cantabile et celle de Hiroshima mon amour, c'était moi : exténuée par cette passion que, ne pouvant me confier par la parole, j'ai décidé d'écrire, presque avec froideur. » Entre 1987 et 1989, après le succès foudroyant de L'Amant qui fait d'elle un écrivain mondialement reconnu, Marguerite Duras se confie en toute liberté à une jeune journaliste italienne sur sa vie, son oeuvre, son obscurité, puis sa gloire, la politique, la passion. Ce dialogue a paru une fois en langue italienne et avait disparu, ignoré des admirateurs de Duras qui vont ici réentendre sa voix.

  • A l'université de Brown, au début des années 1980, une fille et deux garçons découvrent avec exaltation la littérature, le sexe, Roland Barthes et les Talking Heads. Mitchell tombe sous le charme de Madeleine, qui lui préfère Leonard... Tel un personnage de Jane Austen, la jeune femme se retrouve au coeur d'un dilemme amoureux. Mais les temps ont bien changé depuis l'époque d'Orgueil et Préjugés...

  • Adèle et moi

    Julie Wolkenstein

    Après la mort de mon père, j'ai trouvé en rangeant ses papiers des documents sur sa grandmère dont j'ignorais tout et qui révélaient un secret de famille. Je ne me suis jamais intéressée aux ancêtres de personne : les gens que je ne connais pas, surtout s'ils sont morts, me sont cent fois plus étrangers, même s'ils me sont apparentés, que les personnages de romans.
    Mais il y avait dans ce que je découvrais sur cette arrière-grand-mère des choses qui me plaisaient, d'autres que j'aurais voulu savoir. J'ai hésité à enquêter. Ce livre est le résultat de mes hésitations.

  • Elle n'a que lui et elle l'adore, mais lui ne pense qu'à s'enfuir au plus vite.. Elle dort à ses côtés, et lui, « les yeux grand ouverts dans la nuit », rêve à une autre... Elle attend depuis toujours qu'il s'engage, et lui ne peut attendre de lui révéler sa nouvelle existence... L'amour à sens unique, l'amour trahi, la vie qui se fendille en une seule phrase, négligemment glissée dans la conversation : dans ces six nouvelles composées entre 1922 et 1932, Vita Sackville-West montre une fois de plus à quel point elle excelle dans le tableau doux-amer des sentiments inexprimés.

    « La reine de l'élégance acide et d'un cynisme sans égal » (S. Des Horts, Valeurs actuelles).
    />

  • Les lettres au mystérieux Lucilius de Lutèce qui ouvrent ce livre donnent le ton : intime, allègre et érudit. S´il évoque toujours ce qui lui tient à coeur, l´histoire et la philosophie chez les Grecs, les Romains et les Premiers chrétiens, ou les contre-vérités qui ont fait long feu, Lucien Jerphagnon nous parle aussi avec brio et profondeur de sujets plus personnels - ses amis, ses affections, et ses conversations avec les dieux. Le Maître nous rappelle alors, avec son accent inimitable, que le présent doit se conjuguer avec la plus divine des obligations, dont les dieux d´Homère ont donné l´exemple : « rire ».

  • Calum Maclean aime le travail bien fait. Et son job de tueur à gages n'a pas l'air de lui poser le moindre problème de conscience. En revanche, il est très attaché à son statut de freelance, un statut qui ne le lie à aucun gang en particulier. Aussi, quand Jamieson, un boss de la mafia locale, lui demande d'éliminer un dealer sans envergure du nom de Lewis Winter, la seule chose qui lui importe c'est de sauvegarder cette liberté. Il le prend en filature avant de passer à l'action pour mener à bien sa mission. Malheureusement pour lui, Winter a récemment fait affaire avec un autre boss de Glasgow et son meurtre pourrait bien déclencher une guerre des gangs, dont Calum serait la première victime... Tandis que Zara Cope, petite amie de Lewis Winter et croqueuse de diamants intelligente et ambitieuse, a décidé de se servir du meurtre pour grimper les échelons, Calum devient lui-même une cible. Quant à la police, il lui sera difficile de démêler l'embrouille.
    Un thriller au ton distancié et ironique, au rythme soutenu et à la prose acérée, qui se joue des lois du genre et de la morale pour dérouter le lecteur, et donne vie à des personnages très convaincants.

  • La maison familiale au Maroc, lieu de l'enfance et des souvenirs, elle n'y passait plus que des vacances... Rosa l'a quittée il y a vingt ans, pour faire un beau mariage en métropole, au milieu des années cinquante, au moment où l'Histoire a changé la donne. Alors quand Egon, son second père, meurt, ce retour aux sources ne peut être que bouleversant. Chaque objet effleuré, chaque tiroir ouvert, chaque propos échangé avec sa vieille nourrice ou sa volubile marraine, réveille un nouveau fantôme. Face au passé, à ce deuil qui fait écho à d'autres deuils, à la transmission inattendue de secrets de famille, ce sont ses propres choix de vie qu'elle va comprendre peu à peu et remettre en question.
    />

  • Cela fait sept ans que le corps de Teddy, le jeune fils de l'écrivain voyageur George Gates, a été repêché dans la rivière. Le meurtrier ravisseur n'a jamais été retrouvé. Depuis, Gates rédige des portraits de personnalités locales pour le journal de la petite ville de Winthrop où il s'est retiré. Quand un flic à la retraite, jadis spécialisé dans les personnes disparues, lui parle de Katherine Carr, poétesse vue pour la dernière fois, vingt ans plus tôt, près d'une grotte au bord de la rivière, il sort de sa torpeur. La lecture d'un texte où Katherine Carr raconte l'histoire d'une femme qui disparaît va le renvoyer à celle de son fils et à ses propres interrogations.

  • Corky

    Joyce Carol Oates

    • Stock
    • 3 Janvier 2013

    Jerome Corcoran, Corky, a huit ans lorsque son père est assassiné sous ses yeux. Trente ans plus tard, Corky est l´exemple même de l´homme à qui tout sourit. Promoteur immobilier fl orissant, conseiller municipal à l´avenir politique prometteur, il laisse toujours de larges pourboires qui lui assurent une certaine renommée dans la ville de Union City. Bel appartement, les femmes lui tombent dans les bras. Mais il n´y en a qu´une qui compte, Thalia, la fille de son ex-femme. Elle a disparu et semble impliquée dans un scandale politico-fi nancier des plus envahissants.
    Joyce Carol Oates parvient à se glisser admirablement dans la peau d´un homme, dans ses forces et ses faiblesses et bien sûr sa libido.Traduit de l´anglais (États-Unis) par Claude Seban

  • Un père et une mère parlent de leur fille : Alexandrine, seize ans. Ce pourrait être une conversation normale, mais Alexandrine ne l'est pas et il se peut que le couple parental ne l'ait jamais été non plus. Leurs inquiétudes portent essentiellement sur la vie sexuelle future d'Alexandrin... Le dénouement, comme toujours, est un escamotage qui dérobe heureusement à nos yeux les protagonistes de la farce.

    Mon Père m'a donné un mari reprend, en le caricaturant, l'argument des comédies classiques : des parents prennent en main la vie amoureuse de leur fille. Sauf qu'il ne s'agit plus d'arranger un mariage mais d'organiser un dépucelage. Comme la fille est autiste, elle consent à cette prise en main. Elle autorise même ses parents à assister à sa défloration, conçue comme l'aboutissement spectaculaire de cette pièce.

  • Londres, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Lady Sophia Garfield rêve de devenir une belle espionne. Ne pouvant cependant passer son temps à démasquer des ennemis, Sophia exerce son sens patriotique dans les bureaux de l'hôpital Ste Anne... tout en conservant ses loisirs aristocratiques. Elle va ainsi régulièrement prendre le thé au Ritz, échafaude avec malice des plans pour séduire le fringant Rudolph Jocelyn et en éloigner sa rivale, la princesse Olga Gogothsky.

    Dans la lignée de Charivari, Nancy Mitford déploie un humour décalé et percutant, qu'elle distille savamment tout au long de cette fantaisie loufoque, qui accorde aussi toute sa place aux développements politiques internationaux cruciaux de l'époque.

  • Dans le village sarde de Crabas, le jeune Maurizio grandit paisiblement au sein de la communauté avec ses amis Giulio et Franco Spanu. Ensemble, ils multiplient les aventures rocambolesques et ne se calment que le soir pour écouter les contes fantastiques des vieillards. Mais lorsqu'on annonce la fondation d'une nouvelle paroisse, un terrible conflit éclate. Enfants de choeur, les trois amis verront leur amitié mise à rude épreuve lors de la procession de Pâques, à l'apogée de cette querelle de clocher.

  • 61 heures

    Lee Child

    Dakota du Sud, plein hiver, température polaire et blizzard infernal. Perdu dans ce désert d´un blanc aveuglant, un bus rempli de seniors tente de rallier la bourgade de Bolton. Mais après avoir évité une collision, le chauffeur, pourtant expérimenté, ne peut redresser son véhicule qui fi nit encastré dans une congère. L´ex-policier de la marine Jack Reacher, qui se trouvait lui aussi dans le bus, propose son aide aux autorités locales pour évacuer ses vieux copassagers dépassés par l´accident. Sauf que Bolton abrite l´une des plus grandes prisons des États-Unis et que la révolte y gronde. Et qu´un chef de gang de motards, arrêté pour trafi c de drogue, attend son procès avec ses bikers menaçant d´enlever le seul témoin du deal, la bibliothécaire Janet Salter.
    Encore une fois, Jack Reacher propose son aide... et se retrouve embarqué dans une histoire où gangsters, policiers corrompus, trafi c de drogue international et tueur en liberté cachent une réalité d´une violence grandissante. Un problème pour Reacher ? Pas sûr...

  • Rappeler Roland

    Frédéric Boyer

    Le thème de la bataille et de ses représentations dans notre culture est au coeur de la proposition de Frédéric Boyer.
    Il s'est intéressé à l'écriture de cette épopée, la Chanson de Roland, la première en langue française, le premier grand texte français qui s'éprend de la défaite pour chanter la gloire d'un empire fantasmé (celui de Charlemagne), 350 ans après les faits, et au moment où l'Europe médiévale se lance dans les croisades. Frédéric Boyer va jusqu'à interroger la lente déformation de la légende médiévale dans l'Europe de la Renaissance. Le fantôme de Roland est partout présent. Il semble gêner jusqu'au merveilleux Don Quichotte qui en fait un de ses modèles certes, mais avec difficulté devant la folie, la fureur qu'on lui prête alors.
    Quelles blessures, quel trauma cherche-t-on à exorciser avec une telle création ?
    Raconter la bataille (ou la représenter), au-delà de ses fonctions politiques, religieuses, idéologiques, a d'autres effets et sans doute d'autres origines.

    Rappeler Roland est un triptyque composé d'un texte original, « Rappeler Roland », monologue écrit pour la scène dont la création se fera en deux temps, à l'auditorium du musée du Louvre le 19 janvier 2012 et à la Comédie de Reims en mars 2013 ; d'une nouvelle traduction intégrale de la Chanson de Roland (version du manuscrit d'Oxford qui date du XIIe siècle) qui tente d'offrir en français contemporain une version en décasyllabes avec respect de la césure épique (4 + 6) ; et d'un essai, « Cahier Roland » (se battre est une fête), consacré au thème de la bataille et du combat dans notre culture, à partir de l'histoire mystérieuse de la Chanson de Roland.
    Aujourd'hui Frédéric Boyer veut rappeler Roland... Dans les mots et dans les défaites contemporaines. Dans les guerres que nous n'avons pas connues et les batailles que d'autres livrent pour nous aux confins d'un monde déchiré.

  • Le lauréat du prestigieux Premio Campiello nous entraîne sous les feux de la guerre et de la passion, dans la veine des chefs-d´oeuvre de Luchino Visconti (Le Guépard, Les Damnés). Novembre 1917. L´armée italienne recule face à l´offensive autrichienne. Les Spada habitent un domaine près du Piave, dans le nord de l´Italie, qui se voit réquisitionner par des soldats ennemis. Le viol de jeunes villageoises déclenche chez eux un sentiment de révolte patriotique. Tous les membres de la maisonnée résisteront à leur manière : le narrateur, Paolo, orphelin de dix-sept ans élevé par ses grands-parents paternels ; le grand-père original et désabusé et son épouse, grande dame qui refuse de se laisser impressionner par la soldatesque ennemie ; Teresa la fidèle cuisinière femme du peuple, et sa fille de vingt ans Loretta la simplette ; le gardien du domaine Renato qui se révèle vite être un agent des services de renseignement de l´armée italienne ; la tante Maria, belle femme émancipée et décidée ; et enfin Giulia, vingt-cinq ans, libre, à la réputation sulfureuse, et dont la beauté provocante fascine le narrateur. Derrière la chronique de cette occupation, des vexations et abus de pouvoirs petits et grands, Andrea Molesini raconte aussi les intrigues amoureuses qui se nouent entre les personnages. Action et psychologie se mêlent dans ce formidable portrait de famille. Un récit de guerre et une quête initiatique qui concilient l´universel et le personnel dans un style d´écriture résolument littéraire.

  • Zanzibar

    Thibault de Montaigu

    • Fayard
    • 3 Janvier 2013

    Klein et Vasconcelos sont deux journalistes ratés. L'un photographe aux ambitions frustrées, l'autre pigiste payé au lance-pierres. Tous deux mènent une existence misérable jusqu'au jour où une idée de génie les traverse : vivre uniquement en voyage de presse ; ne plus débourser un seul centime ; squatter les plus beaux hôtels du monde quitte à se faire passer pour de faux reporters. C'est le début d'une folle cavale qui les mènera de l'île de Jura à Dubaï en passant par Bakou, Bogota ou encore Zanzibar, où la police retrouvera les deux complices échoués sur une plage, morts. Que leur est-il arrivé ? Comment se débrouillaient-ils pour arnaquer leurs hôtes ? Sont-ils de simples escrocs ou des artistes d´un genre nouveau, de minables voyous ou de géniaux dénonciateurs d'une société fondée sur le luxe et les apparences ? Autant de questions qui alimentent cette enquête rétrospective sur l'énigme Klein et Vasconcelos. Odyssée délirante, satire d'un certain milieu journalistique, réflexion sur l'absurdité de nos existences et la nécessité de les transformer en récit.

  • La pleine lune n'en fait qu'à sa tête ! Macario, grand navigateur solitaire sur Internet, en ressent les effets jusque dans sa chair. Ses canines et ses ongles semblent s'allonger. Macario se transformerait-il en loup-garou ? Situation des plus inquiétantes lorsque l'on se retrouve, à la nuit tombée, bloqué dans un abribus pour cause de foulure au pied, au bord d'un chemin désert. Depuis la lande s'élève cependant une autre voix. Ismael, un assureur, également égaré, rencontre en effet les mêmes difficultés cinquante mètres plus loin. Désarroi en miroir, abribus, blessure, tout est pareil et tout différent. Et la peur étant mère de parole, un dialogue se tisse entre les deux solitudes. Une passerelle verbale, instable et fantasque, les conduits à se dévoiler l'un à l'autre le fond de leur coeur craintif et de leur âme minuscule. Le froid pique, le ciel tourne au-dessus des têtes, les constellations prennent des formes inattendues, la lune joue avec les hommes trop sensibles, comme toujours chez Javier Tomeo, quand le dérisoire flirte avec le sublime.

  • Un des meilleurs livres de l'année selon The New York Times, prix du meilleur premier roman du Los Angeles Times devant L'Art du jeu de Chad Harbach, une oeuvre coup de poing, qui insuffle un grain de folie à la Kusturica dans un témoignage aussi poignant que Le Journal d´Anne Franck. L´incroyable odyssée d´un jeune comédien bosniaque qui rêvait de Californie...



    Trois secondes. Quand il entend le bruit d´un tir au canon, Ismet sait qu´il a exactement trois secondes pour se mettre à l´abri. Et à 18 ans, cela fait longtemps qu´il sait reconnaître le bruit des bombardements. Mais Ismet a trouvé un moyen pour fuir les horreurs de la guerre : le théâtre. Et quand sa troupe est invitée en Écosse, il quitte le pays. Destination finale : la Californie.

    Là-bas, Ismet devient Izzy, pourtant il reste hanté par ceux qu´il a laissés. Le jeune homme se met alors àécrire, à tout écrire : de ses jeux d´enfant obsédé par les ninjas au cheddar offert à son arrivée sur le sol américain, de la visite médicale où il croise un certain Mustafa au destin qu´il imagine à ce jeune Bosniaque, envoyé au front et blessé...

    Déchiré entre sa face A(méricaine) et sa face B(osniaque), Ismet porte un roman aussi beau que bouleversant sur la jeunesse en temps de guerre et la douleur de l´exil.

empty