• Une édition de référence d'Eugénie Grandet de Honoré de Balzac, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « En toute situation, les femmes ont plus de causes de douleur que n'en a l'homme, et souffrent plus que lui. L'homme a sa force, et l'exercice de sa puissance : il agit, il va, il s'occupe, il pense, il embrasse l'avenir et y trouve des consolations. Ainsi faisait Charles. Mais la femme demeure, elle reste face à face avec le chagrin dont rien ne la distrait, elle descend jusqu'au fond de l'abîme qu'il a ouvert, le mesure et souvent le comble de ses voeux et de ses larmes. Ainsi faisait Eugénie. »
    (Extrait du chapitre Le cousin de Paris).

  • "Classiques & Patrimoine", la seule collection de classiques pédagogiques avec un rabat Histoire des arts et un rabat Repères chronologiques !
    En 1819, dans un Paris en pleine mutation, tiraillé entre le respect des traditions et le pouvoir cynique de l'argent, Rastignac, pauvre mais ambitieux, va affronter les épreuves de son initiation.
    Notions littéraires : la decription, la littérature en feuilleton et la caricature au XIXe siècle, la comédie humaine : le retour des personnagesHistoire des arts : Paris dans la première moitié du XIXe siècle, romantisme et réalisme, le temps romanesque
     
     

  • Illusions perdues

    Honore De Balzac

    L'avarice commence où la pauvreté cesse. Le jour où l'imprimeur entrevit la possibilité de se faire une fortune, l'intérêt développa chez lui une intelligence matérielle de son état, mais avide, soupçonneuse et pénétrante. Sa pratique narguait la théorie. Il avait fini par toiser d'un coup d'oeil le prix d'une page et d'une feuille selon chaque espèce de caractère. Il prouvait à ses ignares chalands que les grosses lettres coûtaient plus cher à remuer que les fines ; s'agissait-il des petites, il disait qu'elles étaient plus difficiles à manier. La composition étant la partie typographique à laquelle il ne comprenait rien, il avait si peur de se tromper qu'il ne faisait jamais que des marchés léonins. Si ses compositeurs travaillaient à l'heure, son oeil ne les quittait jamais. S'il savait un fabricant dans la gêne, il achetait ses papiers à vil prix et les emmagasinait. Aussi dès ce temps possédait-il déjà la maison où l'imprimerie était logée depuis un temps immémorial. Il eut toute espèce de bonheur : il devint veuf et n'eut qu'un fils ; il le mit au lycée de la ville, moins pour lui donner de l'éducation que pour se préparer un successeur ; il le traitait sévèrement afin de prolonger la durée de son pouvoir paternel ; aussi les jours de congé le faisait-il travailler à la casse en lui disant d'apprendre à gagner sa vie pour pouvoir un jour récompenser son pauvre père, qui se saignait pour l'élever.

  • Récit fantastique, La Peau de chagrin raconte l'histoire d'un jeune homme pauvre, idéaliste et désespéré qui a signé un pacte avec une puissance maléfique.
    Comment échapper à son destin désormais ?
    Ni la richesse, ni l'amour ne sauveront Raphaël, marquis de Valentin d'une mort programmée.
    C'est avec réalisme que Balzac, sur les traces du héros, met en scène la société parisienne de 1830.

  • Édition enrichie (Introduction, notes, appendice, commentaires sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)« Les femmes les plus vertueuses ont en elles quelque chose qui n'est jamais chaste. » Cette remarque de Balzac peut s'appliquer à Mme de Mortsauf, lys blanc et pavot rouge. Félix de Vandenesse souffre de la réserve d'Henriette de Mortsauf à qui il voue depuis son adolescence un amour total ; il tue pourtant cette femme en l'idéalisant, en lui imposant une pureté contre laquelle elle se révolte au moment de son agonie. Le Lys dans la vallée est le roman des désirs qui se croisent et des lettres qui ne parviennent pas à créer un véritable échange.
    Dans une longue confession épistolaire - qui constitue la plus grande partie du roman - destinée à sa fiancée Natalie, Félix fait le récit de cet amour. L'ironique réponse de Natalie consacrera la rupture des fiançailles.
    Le Lys dans la vallée est le roman de toutes les ambiguïtés. La blanche Henriette est aussi un stratège politique machiavélique qui apprend à Félix l'art du pouvoir. Alors qu'elle est monarchiste et légitimiste, elle ne peut s'empêcher d'admirer Napoléon. Roman écrit sous la Monarchie de Juillet, par un auteur qui prône une réforme de l'aristocratie tout en la défendant, Le Lys dans la vallée laisse entrevoir la critique de la Restauration dans une scène de la vie privée.
    Edition de Gisèle Séginger. 

  • Édition enrichie (Présentation, notes et bibliographie)A Paris, au début du xviie siècle, trois peintres devisent de leur art. L'un est un jeune inconnu, promis à la gloire : Nicolas Poussin. Le deuxième, Franz Porbus, portraitiste officiel de feu le roi Henri IV, est, lui, dans la plénitude de son talent et au faîte de la renommée. Le troisième, maître Frenhofer, personnage plein de mystère qui a côtoyé les plus grands maîtres et assimilé leurs leçons, met la dernière main dans le plus grand secret à un bien mystérieux «chef-d'oeuvre». Il faudra que Gillette, la compagne de Poussin, en qui Frenhofer espère trouver le modèle idéal cherché en vain depuis des années, soit admise dans l'atelier du peintre pour que, y pénétrant derrière elle, Porbus et Poussin découvrent le tableau dont Frenhofer gardait jalousement le secret. Et cette découverte les plongera dans la stupéfaction.
    Ce «conte fantastique» à la manière d'Hoffmann est aussi une méditation sur le pouvoir de l'esprit dans le domaine de l'art. Il prend naturellement sa place parmi les Etudes philosophiques de La Comédie humaine. 

  • Édition enrichie (Introduction, notes, documents, commentaires sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Lorsque, en 1846, Balzac publie La Cousine Bette, le roman doit constituer avec Le Cousin Pons le diptyque des Parents pauvres, l'unet l'autre accablés d'injures. Mais à la diffé-rence de Pons, qui sera le vieux musicien plein de coeur, dès l'origine La Cousine Bette devait voir la vieille fille disgraciée se venger de ses douleurs, ce qu'elle fera jusqu'à la ruine des siens.
    Le premier projet s'est cependant élargi. Non seulement parce que les amours du baron Hulot vieillissant font de La Cousine Bette un roman érotique, et la dénonciation des affairistes dans le Paris de la monarchie de Juillet un roman de l'argent, mais parce que Balzac, renouvelant ses habitudes narratives pour mieux rivaliser avec les feuilletonistes, écrit là un livre d'action - un livre sombre, aussi, et qui n'écarte ni les ressorts ni les rebondissements du roman noir.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stefan Zweig. Biographie d'Honoré de Balzac. "C'est seulement à son oeuvre que l'on peut juger la vie réelle de Balzac. Celui qui parut un fou à ses contemporains fut en réalité l'intelligence artistique la plus disciplinée de l'époque; l'homme que l'on raillait comme le pire des prodigues fut un ascète avec la persévérance inflexible d'un anachorète, le plus grand travailleur de la littérature moderne. Le hâbleur dont ils se moquent, eux les gens normaux, bien équilibrés, parce qu'il jette de la poudre aux yeux et fait le malin en public, a, en réalité, fait surgir de son cerveau plus de choses que tous ses confrères parisiens pris ensemble; c'est le seul homme peut-être dont on peut dire sans exagération qu'il s'est tué au travail. Jamais le calendrier de Balzac n'a été d'accord avec celui de son temps: quand pour les autres c'était le jour c'était pour lui la nuit, quand c'était la nuit pour les autres c'était le jour pour lui. Son existence ne se déroule pas dans le monde vulgaire, mais dans le sien propre, celui qu'il a créé; le vrai Balzac, seuls les quatre murs de sa cellule de travail l'ont connu, observé et étudié. Aucun contemporain ne pouvait écrire sa biographie, ses oeuvres l'ont écrite pour lui." - Stefan Zweig.

  • 1842. La Comédie humaine - Études de moeurs. Premier livre, Scènes de la vie privée - Tome III. Troisième volume de l'édition Furne 1842. Comment un mariage, même souhaité et même socialement brillant, peut conduire une jeune fille au malheur. Comment une jeune mère résiste à une passion adultère, mais sombre dans le chagrin. Comment une jeune femme dans tout l'éclat de sa maturité retrouve le goût de l'amour puis se trouve punie dans le destin tragique de ses propres enfants. Voilà la trame du roman. Extrait : La marquise, laissée à elle-même, put donc rester parfaitement silencieuse au milieu du silence qu'elle avait établi autour d'elle, et n'eut aucune occasion de quitter la chambre tendue de tapisseries où mourut sa grand'mère, et où elle était venue pour y mourir doucement, sans témoins, sans importunités, sans subir les fausses démonstrations des égoïsmes fardés d'affection qui, dans les villes, donnent aux mourants une double agonie. Cette femme avait vingt six ans. A cet âge, une âme encore pleine de poétiques illusions aime à savourer la mort, quand elle lui semble bienfaisante. Mais la mort a de la coquetterie pour les jeunes gens ; pour eux, elle s'avance et se retire, se montre et se cache ; sa lenteur les désenchante d'elle, et l'incertitude que leur cause son lendemain finit par les rejeter dans le monde où ils rencontreront la douleur, qui, plus impitoyable que ne l'est la mort, les frappera sans se laisser attendre. Or, cette femme qui se refusait à vivre allait éprouver l'amertume de ces retardements au fond de sa solitude, et y faire, dans une agonie morale que la mort ne terminerait pas, un terrible apprentissage d'égoïsme qui devait lui déflorer le coeur et le façonner au monde.

  • Paris, juillet 1815. Ginevra di Piombo, beauté altière de vingt-cinq ans, étudie la peinture dans le réputé atelier Servin. Jalousée par les autres élèves, constamment épiée, elle est quant à elle tout entière à son chevalet. Un bruit, un jour, dans le cabinet adjacent, retient pourtant son attention. Un jeune proscrit, Luigi, napoléonien et corse comme elle, y est caché. S'ouvre alors une histoire passionnelle où se mêlera à leur amour fou l'ombre d'une terrible vendetta.
    "Ginevra était entière dans ses volontés, vindicative, emportée comme Bartholoméo l'avait été pendant sa jeunesse. Le Corse se complut à développer ces sentiments sauvages dans le coeur
    de sa fille, absolument comme un lion apprend à ses lionceaux à fondre sur leur proie."

  • « Splendeurs et misères des courtisanes » est un roman d'Honoré de Balzac écrit et publié sur une période de neuf ans, avant de prendre sa forme actuelle et finale, celle d'un roman fleuve, sorte de mini- Comédie Humaine, commençant comme un roman d'une facture balzacienne classique, et se métamorphosant en roman judiciaire, avant de se conclure avec le dernier coup d'archet de Jacques Collin, alias Vautrin, alias Carlos Herrera, alias Trompe-la-mort, qui triomphe une nouvelle fois de ses ennemis, et devient chef de la Police. Balzac n'a jamais dissimulé la parenté entre le personnage de Vautrin et Vidocq->aut160], qu'il rencontre dès 1822, dont il découvre les Mémoires en 1828, et qu'il continue à « fréquenter » par la suite. Comme dans Une ténébreuse affaire->art405], Balzac nous fait aussi la démonstration de son excellente connaissance du système pénal, de l'Instruction, il nous fait visiter les recoins les plus sombres du Palais de Justice. Esther, Rubempré, Sérizy, Rastignac, Nucingen, et évidemment Vautrin, tous apparaissent dans ce long roman, un roman charnière dans l'oeuvre de Balzac-, un de ses plus grands romans. Précédé d'une préface détaillée et d'une biographie originales. A lire !

  • Edition enrichie (préface, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Lorsque Gide découvrit Le Cousin Pons, ce fut, dit-il, "dans le ravissement, dans l'extase, ivre, perdu..."; "... c'est peut-être, de tant de chefs-d'oeuvre de Balzac, celui que je préfère : c'est en tout cas celui que j'ai le plus souvent relu".
    Et le livre, en effet, suscite la compassion aussi bien que l'effroi. Quand en 1847 Balzac le fait paraître, il constitue, après La Cousine Bette, le second volet des Parents pauvres où résonne le destin de grands coeurs injuriés. Vieux musicien gourmand, collectionneur d'oeuvres d'art bientôt cerné par la haine des plus vils intrigants d'en haut comme d'en bas, guetté par la mort mais lié à Schumcke d'une indéfectible amitié - un moment le livre eut pour titre Les Deux Musiciens -, le cousin Pons est la figure finalement sublime d'un roman sombre, travaillé par la dérision et l'angoisse, mais que l'humour et la drôlerie éclairent pour en faire également - le mot est de Balzac - une "comédie terrible".

  • Édition enrichie (Préface, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)De retour de la bataille de Solférino, le Provençal Jean Macquart s'est installé dans un village de la Beauce où il est devenu le valet du fermier Hourdequin. Mais quoiqu'il s'éprenne bientôt de Françoise, la nièce du vieux père Fouan, Jean reste ici un étranger à la communauté villageoise : car le vrai drame qui va se jouer est celui de la terre que Louis Fouan a décidé de partager entre ses trois enfants.
    Qu'il s'agisse en effet de la terre ou de la sexualité, c'est le désir de possession brutale qui est au coeur de ce quinzième roman des Rougon-Macquart. Mais ce que souhaite surtout Zola, lorsqu'il fait paraître son livre en 1887, c'est brosser aussi complètement que possible un tableau de la campagne et de la paysannerie, décrite comme une sorte d'humanité primitive. Et parce qu'il n'écarte pas les formes les plus vives ni les plus frustes de cette vitalité élémentaire, son roman a heurté la critique. Mais le public ne l'a pas écoutée et, à la mort de l'écrivain, La Terre demeurait l'un de ses romans les plus lus.
    Edition de Roger Ripoll. 

  • Édition enrichie (Introduction, notes, documents et bibliographie)Drame historique, récit d'aventures, tragédie d'amour, Les Chouans, ou la Bretagne en 1799 forment le prologue de La Comédie humaine. Nous sommes à la veille du 18 Brumaire. Bientôt va sortir des limbes cette société nouvelle que Balzac a pour ambition de peindre. Mais, aux confins de la Bretagne et de la Normandie, c'est encore l'affrontement sans merci des " manants du roi " et des soldats de la République. Sous la conduite d'un chef intrépide et juvénile, le marquis de Montauran, les Chouans pillent, rançonnent et terrorisent les patriotes.
    Cinq ans après l'insurrection de la Vendée, cette nouvelle guerre des partisans est une affaire d'Etat. Comment abattre Montauran et disperser ses hordes de pillards insaisissables, vite engloutis par la brume ou les chemins creux du bocage normand, après chaque coup de main ? Le génie ténébreux du meilleur espion de Fouché y suffirait-il s'il n'avait su placer dans son jeu la sublime figure de Marie de Verneuil ? Des douves sanglantes de la Vivetière à la redoute du Nid-aux-Crocs, nous suivons Montauran et ses terribles lieutenants - Marche-à-terre, Pille-miche, Galope-chopine - jusqu'à l'ultime assaut où se jouera leur destin.

  • Dans une auberge au bord du Rhin sont réunis par le hasard deux jeunes Français et un riche négociant allemand qui passent une agréable soirée avant d'aller se coucher. Au petit matin, on retrouve le négociant décapité...
    Dans les brumes de l'Allemagne romantique, l'inspecteur Balzac mène l'enquête !

  • 'Une analyse politique supérieure à tout ce qu'on peut citer dans la littérature' (Alain), 'l'histoire en déshabillé' du Consulat et de l'Empire, un complot de Fouché, Napoléon à Iéna et le premier roman policier de la littérature française.

  • Un soir à l'Opéra. Un jeune homme candide - ou feignant l'innocence - est entraîné chez une certaine Mme de T... qui occupe la loge voisine. S'ouvre une nuit où la jouissance des corps ne va pas sans l'accomplissement d'un plan finement orchestré. Car son initiatrice, manipulatrice hors pair, conforte aussi, grâce à ce troisième homme, mari et amant régulier...

    Une pièce majeure - en deux versions - de la littérature libertine.

  • Édition enrichie (Introduction, notes, annexe, chronologie et bibliographie)Lors d'une brillante soirée parisienne, tandis que les invités dansent et conversent dans des salons splendides, une jeune femme s'épouvante à la vue d'un étrange petit vieillard décharné et pareil à un spectre. La jeune femme supplie alors le narrateur de lever pour elle le mystère de cet inconnu. Le lendemain du bal, il lui raconte longuement l'histoire du sculpteur Sarrasine et de la dangereuse passion que, dans sa jeunesse, il éprouva pour la mystérieuse Zambinella aussitôt qu'il l'eut entendue chanter à Rome.
    Dès la première page, c'est sous le double signe de la danse des morts et de la danse des vivants, de la sensualité et de la déchéance, que le jeune Balzac place ce récit publié par la Revue de Paris en 1830. Et Sarrasine est doublement énigmatique aussi : parce que la narration tient le lecteur captif jusqu'au mot de la fin - et parce qu'elle met en scène les ambiguïtés d'un désir dont  l'écrivain ne cherche pas à dissiper les ombres.
    Présentation et notes d'Eric Bordas. 

  • À la fin de l'automne 1908, Proust rentre de Cabourg épuisé. Depuis longtemps, il a renoncé à son oeuvre. Profitant d'un répit que lui laisse sa maladie, il commence un article pour Le Figaro : "Contre Sainte-Beuve". Six mois plus tard, l'article est devenu un essai de trois cents pages. Conversant librement avec sa mère, l'auteur entrelace, autour d'une réflexion sur Sainte-Beuve les souvenirs personnels, les portraits d'amis, les impressions de lecture. Voici le château de Guermantes : voici M. de Quercy et Mme de Cardaillac, grands lecteurs de Balzac, mais qui ressemblent à s'y méprendre à Charlus et à Gilberte. Sans le savoir, Proust venait de libérer son génie.
    Proust ne voulait pas qu'on mît des idées dans un roman. Toutes les analyses qu'il a écartées d'À la recherche du temps perdu, on les trouvera ici. Elles confirment que Proust, le plus grand romancier de son siècle, pourrait en être aussi le plus grand critique.

  • "- Oh! je ne souffrirai jamais cela. Un coup frappé sur Flore m'atteindrait au coeur.
    - Mais c'est pourtant la seule manière de gouverner les femmes et les chevaux...
    Je connais les femmes, j'en ai payé une qui m'a coûté plus cher que Flore ne vous coûtera jamais !... Aussi m'a-t-elle appris à me conduire comme il faut pour le reste de mes jours avec le beau sexe. Les femmes sont des enfants méchants, c'est des bêtes inférieures à l'homme, et il faut s'en faire craindre, car la pire condition pour nous est d'être gouvernés par ces brutes-là !"

  • Edition enrichie (Introduction, notes, biographie, bibliographie et dossier) 
    Après avoir travaillé plusieurs années comme employé chez le parfumeur Ragon, César Birotteau reprend la direction de sa boutique. Ce commerçant doué invente des lotions qui font fureur et accroît rapidement sa fortune. Mais il voit plus loin et rêve d'intégrer la plus haute société. Alors, quand on lui propose d'acheter des terrains à bâtir vers le quartier de la Madeleine, il ne résiste pas. C'est le début de la chute : l'argent avancé disparaît, les banques lui tournent le dos, poussant César à la faillite et sa famille aux plus dures privations...
    Écrit en 1837, ce roman fait partie des «  Scènes de la vie parisienne  » de la célèbre Comédie humaine. Balzac nous offre une brillante description du Paris affairiste au début du xixe  siècle, mais aussi un fascinant documentaire sur les habitudes de vie de la bourgeoisie parisienne et les débuts du capitalisme moderne.
    Édition établie par Stéphane Vachon.

  • Edition enrichie (Introduction, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)A l'égal de la princesse de Clèves et de la Sanseverina, la duchesse de Langeais est l'une des grandes divinités féminines de notre littérature. Elle réunit en sa personne le triple prestige de la beauté, de la naissance et du malheur. Issue d'un sang illustre, Antoinette de Navarreins voit le jour en 1794, sous la Terreur, une bien sombre étoile qui sera pour elle la marque du destin. Quelque vingt ans plus tard, séparée de son mari abhorré que lui avait imposé un père indifférent, c'est l'une des gloires mondaines du Faubourg Saint-Germain. Mais que dissimule la coquetterie glacée de cette aristocratique Célimène ? Et par quel étrange sortilège l'incandescente passion d'Armand de Montriveau va-t-elle à son tour la consumer ? Comme tout vrai chef-d'oeuvre, ce «roman noir» - primitivement intitulé «Ne touchez pas à la hache» - est pour partie une autobiographie sublimée, c'est-à-dire le contraire d'un roman à clefs. «Moi seul sais ce qu'il y a d'horrible dans La Duchesse de Langeais», confiait Balzac à l'un de ses proches. C'est pourquoi l'oeuvre conserve, depuis plus d'un siècle et demi, son mystère et sa force de séduction.
    Edition de Constance Cagnat-Deboeuf.

  • Édition enrichie (Notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)« Assez, Balthazar ; tu m'épouvantes, tu commets des sacrilèges. Quoi ! mon amour serait...
    - De la matière éthérée qui se dégage, dit Claës, et qui sans doute est le mot de l'Absolu. Songe donc que si moi, moi le premier ! si je trouve, si je trouve, si je trouve ! » En disant ces mots sur trois tons différents, son visage monta par degrés à l'expression de l'inspiré. « Je fais les métaux, je fais les diamants, je répète la nature, s'écria-t-il.
    - En seras-tu plus heureux ? cria-t-elle avec désespoir. Maudite Science, maudit démon ! tu oublies, Claës, que tu commets le péché d'orgueil dont fut coupable Satan. Tu entreprends sur Dieu. »
    Scène de la vie privée lorsqu'il paraît en 1834, Etude philosophique quand Balzac le republie en 1846, le livre superpose les deux dimensions car cette histoire d'une famille où le génie dévore tout jusqu'à la folie, où la passion provoque les plus grands malheurs domestiques, est aussi le roman de
    l'aventure scientifique et de la rêverie métaphysique d'un Grand Tout. Parce que l'Absolu, pour Claës, est la « substance commune à toutes les créations », il n'est pas l'alchimiste qu'a voulu voir Sainte-Beuve, mais ce savant solitaire qui, de l'alchimie, précisément, à la chimie, entend bien opérer le passage des temps anciens aux temps nouveaux - et la science moderne devient balzacienne.
    Edition présentée et annotée par Eric Bordas.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Octave Mirbeau. En novembre 1907, Octave Mirbeau publie "La 628-E 8", récit d'un voyage en automobile, où Marinetti salue les prémices du futurisme. Une partie du livre contient trois sous-chapitres sur la mort d'Honoré de Balzac, survenue dans sa maison de la rue Fortunée, à Paris, le 18 août 1850. En des termes très crus, le journaliste-romancier y raconte l'agonie de l'auteur de "La Comédie humaine" alors que Mme Hanska, son épouse, reçoit dans une chambre voisine un amant. C'est de ce dernier, le peintre Jean Gigoux, qu'Octave Mirbeau prétend détenir le récit de cette scène éminemment balzacienne peuplée de personnalités littéraires et artistiques de l'époque (Théophile Gautier, Victor Hugo, Auguste Rodin, Léon Gozlan, Laurent Jan,...). Choquée, la fille de la comtesse Hanska demande le retrait du livre et l'auteur du "Journal d'une Femme de chambre" se résout à faire débrocher les volumes déjà imprimés pour supprimer les pages scandaleuses consacrées à Balzac. Le texte ne reparaîtra qu'en 1918, publié "aux dépens d'un amateur".

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