Institut Français des Relations Internationales (IFRI)

  • La crise du COVID-19 a durement frappé les pays membres de l'Union européenne. Analysant ses premiers effets sur les grands équilibres mondiaux, Josep Borrell, son haut représentant pour la politique étrangère, propose six grands choix politiques pour conforter la résilience de l'Union et la doter d'une véritable autonomie stratégique. Thomas Gomart relève quant à lui que la crise a produit une véritable inversion des représentations : hier, l'Occident entendait exporter ses valeurs universelles ; aujourd'hui, il est récepteur des recettes techno-politiques venues d'Asie. En tout état de cause, entre les mastodontes américain et chinois, l'Europe est à l'heure des choix.
    La mise en scène de la rivalité sino-américaine, au-delà des intérêts divergents, doit beaucoup à la campagne présidentielle américaine. L'occasion d'un bilan : Trump est-il une erreur historique, ou traduit-il, avec son style, la réalité de l'Amérique ? Ses actes, ses décisions économiques et diplomatiques sont-ils erratiques ou suivent-ils la logique de ses promesses électorales ? Jusqu'où s'inscrivent-ils en rupture avec les choix des administrations précédentes ? Bref, le trumpisme existe-t-il, au-delà des effets de communication ? Et le retour d'une administration démocrate bouleverserait-il la politique étrangère du pays ?

    Et l'agenda du monde continue, avec des échéances toujours présentes : les négociations post-Brexit, la réforme de la zone franc d'Afrique, le problématique démantèlement du nucléaire au Japon...



  • Le Moyen-Orient décomposé redevient-il le centre d'un nouveau « Grand Jeu » ?... S'y réinscrivent les puissances globales : des États-Unis faussement tentés par l'éloignement, une Russie qui s'impose sur un échiquier inattendu, une France secouée par les contradictions de ses politiques... Et s'y affrontent les candidats à l'hégémonie régionale : Iran, Turquie, Arabie Saoudite. La cartographie d'un espace sans doute déterminant pour les futurs du monde se redessine radicalement autour de la Syrie et de l'Irak.
    Absente du nouveau « Grand Jeu » : l'Union européenne. Une UE engluée dans ses crises, dont l'assaut des populismes de toutes natures, et les divisions ravivées par les dérives autoritaires de l'Europe centrale, constituent les signes politiques les plus inquiétants. L'Union européenne serait-elle en train de se défaire par les peuples ?

    La planète mondialisée s'organise aussi autour des négociations commerciales internationales : approche globale de l'OMC, approches régionales avec les zones de libre-échange, approche plurilatérale. Quelle dynamique l'emportera, dessinant les systèmes d'échanges de demain ?


    Moyen-Orient, crises européennes, échanges internationaux : Politique étrangère se penche sur trois dimensions du désordre international pour lesquels les développements des mois prochains seront sans doute décisifs.


  • Comment sort-on des guerres ? Cent ans après 1918, le dossier de Politique étrangère reprend la question sous plusieurs éclairages, selon les conflits auxquels, volens nolens, les armées occidentales sont parties prenantes. Quelle place pour les négociations multilatérales ? Avec quels objectifs politiques ? Quel est le sens de la victoire militaire au xxie siècle ? Et si nous ne pouvions pas penser la sortie de certains affrontements - par exemple en Afrique -, simplement parce que nous ne les comprenons pas ?
    La rubrique Contrechamps ébauche quelques futurs possibles pour l'Iran, tant sur le plan interne que sur celui de ses relations avec les grands partenaires internationaux après la sortie des États-Unis de l'accord nucléaire de 2015. Le régime survivra-t-il à la crise économique et aux contestations internes qui l'accompagneront ? Le pays basculera-t-il vers ces acteurs très actifs que sont Moscou et Pékin ? Avec quelles conséquences pour une région en ébullition ?
    La crise Arabie Saoudite/Qatar un an après ; le virage politique de l'Italie ; l'avenir d'un marché pétrolier incertain ; la fragmentation croissante de la société israélienne ; Boko Haram au Nigeria : autant de thèmes également présents dans ce numéro.
    Quant à l'Intelligence artificielle, au-delà des bouleversements qu'elle dicte à nos vies quotidiennes, elle annonce peut-être une vaste recomposition des grands équilibres internationaux, autour de nouvelles définitions de la puissance : il est plus que temps de s'en préoccuper...

  • L'Amérique latine incarnait hier une démocratisation politique irrépressible, une tension des sociétés vers la réduction de violentes inégalités, l'insertion croissante dans une économie mondialisée. Le rêve se défait. Au Brésil, l'expérience du Parti des Travailleurs butte sur des inégalités persistantes, une croissance qui marque le pas, un système politique décrédibilisé. L'Argentine a, elle, fait l'expérience de deux mandats « kirchnéristes », difficiles à analyser, et dont la postérité apparaît incertaine. Quant à la Colombie ou au Mexique, les logiques de sortie des violences des rébellions ou du narcotrafic y apparaissent toujours aussi complexes, voire dangereuses. L'Amérique latine témoigne-t-elle désormais d'autre chose que de sa diversité, de son échec provisoire à consolider ses propres choix démocratiques ? Crise de l'Europe comme continent, crise du processus de construction européenne, crise des institutions de l'Union européenne : l'espérance européenne lutte pour sa survie. Guy Verhofstadt et Dominique Moïsi réfléchissent dans ce numéro aux chemins qui restent ouverts : faut-il aux Européens un saut fédéraliste ou un renforcement des Nations ? Faut-il aller de l'avant au risque d'une rupture entre opinions et institutions ? Faut-il plus écouter les Nations au risque de dérapages nationalistes ? Les mois qui viennent et la négociation sur le Brexit nous en diront plus, mais l'heure est sans nul doute aux débats décisifs.

  • La Chine est une nouvelle et lourde puissance, c'est entendu. Mais avec quel effet sur le système international, ses ententes, ses structures ? Le poids de Pékin détraque-t-il, en soi ou par une stratégie délibérée, les organismes qu'elle intègre ? La Chine semble se couler, sauf exception, dans les procédures qui fonctionnent, ...

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