Langue française

  • À l'été 1953, un jeune homme de 24 ans, fils de bonne famille calviniste, quitte Genève et son université, où il suit des cours de sanscrit et d'histoire médiévale puis de droit, à bord de sa Fiat Topolino. Nicolas Bouvier a déjà effectué de courts voyages ou des séjours plus long en Bourgogne, en Finlande, en Algérie, en Espagne, puis en Yougoslavie, via l'Italie et la Grèce. Cette fois, il vise plus loin : la Turquie, l'Iran, Kaboul puis la frontière avec l'Inde. Il est accompagné de son ami, Thierry Vernet, qui documentera l'expédition en dessins et croquis.Ces six mois de voyage à travers l'Anatolie, l'Iran puis l'Afghanistan donneront naissance à l'un des grands chefs-d'oeuvre de la littérature dite " de voyage ", L'Usage du monde, qui ne sera publié que dix ans plus tard - et à compte d'auteur - aux éditions Droz, avant d'être repris par René Julliard en 1964. Après avoir connu un formidable succès, le livre était resté longtemps indisponible, avant de reparaître aux éditions La Découverte en 1985.Art de l'observation et du croquis, profond intérêt et curiosité insatiable pour les autres peuples, le voyageur n'est jamais en postition dominante, mais d'accueil, d'une ville à l'autre, passant par des villages qui, à l'époque, connaissaient encore le luxe de ne pas apparaître sur les cartes, comme ballotté au gré des éléments et des événements : " Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations ", écrit-il dès les premiers jours du périple. Mais ce profond humanisme n'est pas pour autant un dilettantisme ; par son écriture serrée, toujours très retenue, d'une grande précision, économe de ses effets et ne jouant pas " à la littérature ", il a réussi à atteindre ce à quoi peu d'écrivains autoproclamés sont parvenus : un pur récit de voyage, dans la grande tradition de la découverte et de l'émerveillement, en même temps qu'une réflexion éthique et morale sur une manière d'être au monde parmi ses contemporains, sous toutes les latitudes.

  • Désorientale

    Négar Djavadi

    Si nous étions en Iran, cette salle d'attente d'hôpital ressemblerait à un caravansérail, songe Kimiâ. Un joyeux foutoir où s'enchaîneraient bavardages, confidences et anecdotes en cascade. Née à Téhéran, exilée à Paris depuis ses dix ans, Kimiâ a toujours essayé de tenir à distance son pays, sa culture, sa famille. Mais les djinns échappés du passé la rattrapent pour faire défiler l'étourdissant diaporama de l'histoire des Sadr sur trois générations: les tribulations des ancêtres, une décennie de révolution politique, les chemins de traverse de l'adolescence, l'ivresse du rock, le sourire voyou d'une bassiste blonde... Une fresque flamboyante sur la mémoire et l'identité; un grand roman sur l'Iran d'hier et la France d'aujourd'hui.

  • PRIX GONCOURT DU PREMIER ROMAN ET PRIX ETONNANTS VOYAGEURS OUEST FRANCE.
    Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris.
    À travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l'abandon du pays, l'éloignement de sa famille, la perte de ses jouets - donnés aux enfants de Téhéran sous l'injonction de ses parents communistes -, l'effacement progressif du persan au profit du français qu'elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale.
    Dans ce récit qui peut être lu comme une fable autant que comme un journal, Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive.
    Maryam Madjidi est née en 1980 à Téhéran, et quitte l'Iran à l'âge de 6 ans pour vivre à Paris puis à Drancy. Aujourd'hui, elle enseigne le français à des mineurs étrangers isolés, après l'avoir enseigné à des collégiens et lycéens de banlieue puis des beaux quartiers, des handicapés moteur et psychiques, des étudiants chinois et turcs, et des détenus. Elle a vécu quatre ans à Pékin et deux ans à Istanbul.

  • Échange entre spécialistes ou controverse souvent stérile entre tenants et opposants, un débat sur le nucléaire est toujours passionné. De fait, quel rôle cette énergie joue-t-elle dans la souveraineté nationale ? Quels sont ses atouts dans la lutte contre le réchauffement climatique ? Dix ans après Fukushima, il est intéressant de donner des clefs de lecture, objectives et accessibles, d'un sujet complexe et polémique. Après un historique de la radioactivité pendant la première moitié du XXe siècle et de ses développements industriels, Cédric Lewandowski offre un panorama de l'énergie nucléaire dans le monde en 2021. Coût du nucléaire, sûreté des centrales, démantèlement des installations, gestion des déchets... Autant d'aspects essentiels ici abordés pour mieux appréhender le nucléaire aujourd'hui.

  • « Qui mène le monde ? Cette interrogation en soulève une autre : quels principes et quelles valeurs mènent le monde ? Cette question devrait préoccuper en premier lieu les citoyens des pays riches et puissants. Ceux-ci jouissent en effet d'une liberté, de privilèges et de possibilités considérables, fruits des luttes de leurs prédécesseurs, et se trouvent devant des choix décisifs quant à la manière de répondre à des enjeux d'une importance cruciale pour l'humanité. »

    Dans cet ouvrage, achevé au lendemain de l'élection de Donald Trump, Noam Chomsky offre une vue d'ensemble de la géopolitique actuelle et une synthèse des rouages politiques qui la sous-tendent : des sanctions américaines contre l'Iran à la politique de torture que pratique l'armée des États-Unis, en passant par la montée en puissance de la Chine et ses conséquences sur les États-Unis et l'« ordre mondial », sans oublier la nouvelle guerre froide qui couve en Europe de l'Est et la guerre planétaire contre le terrorisme.

    De moins en moins contraintes par la structure que l'on dit encore démocratique, les puissances mondiales d'aujourd'hui ont un tel potentiel destructeur qu'il est plus urgent que jamais de prêter attention à leurs détracteurs.

  • Au XIIIe siècle, Marco Polo, marchand vénitien, se lance, en compagnie de son père et de son oncle, dans un grand voyage vers l'Orient à la recherche de nouvelles denrées et de nouvelles routes d'approvisionnement. Il traverse la Turquie, la Perse et surtout la Chine, où il séjourne une vingtaine d'années. Au service du Grand Khan, en tant qu'ambassadeur et gouverneur, il parcourt le pays. Observateur attentif, il décrit les paysages de l'Asie centrale, recueille des légendes, observe la vie quotidienne, les coutumes et les moeurs des peuples visités, et dresse le fascinant tableau d'un royaume où cohabitent pacifiquement diverses religions. Il évoque un pays dans lequel l'or et la soie abondent, mais où l'on utilise aussi un étrange minerai et une huile visqueuse, auxquels on donnera plus tard le nom de charbon et de pétrole. Et, surtout, il trace l'attachant portrait d'un empereur idéal, le Grand Khan Koubilaï.
    Emprisonné à Gênes, la cité rivale de Venise, il dicte en 1298 ses souvenirs à un codétenu, Rusticello de Pise. Le succès de son Livre des merveilles, connu en français sous différents titres (Le Devisement du monde, La Description du monde, Le Livre de Marco Polo) est immédiat.

  • Au XIIIe siècle, alors que la Perse est à feu et à sang sous les assauts des Mongols, le mystique Shams de Tabriz (1185-1248) part à la recherche d'un maître qui saura être son disciple. Après des années de quête infructueuse, il parvient à Konya en Anatolie et trouve Mowlana, cet homme vanté pour son enseignement et sa majesté mais prisonnier de sa renommée. Shams sera son libérateur. Par leur rencontre puis leur séparation, Mowlana deviendra l'un des poètes les plus vertigineux de la littérature mondiale, que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de Roumi.

  • L'Iran, 4 000 ans d'Histoire à portée de main.Depuis les antiques civilisations du plateau iranien jusqu'à l'actuelle République islamique née de la révolution de 1979, ce pays-continent, creuset bouillonnant au coeur d'un Moyen-Orient turbulent, a vu naître des religions et des systèmes aussi novateurs que le zoroastrisme, la quête d'un empire universel, l'émergence du modèle du despote éclairé, en même temps que des courants philosophiques et artistiques majeurs.
    Avec cette fresque se déroulant sur plus de 4 000 ans, puisant dans les récits historiques, les travaux les plus récents et les anecdotes issues de chroniques persanes, Houchang Nahavandi et Yves Bomati ravivent également le destin d'illustres personnages tels Cyrus, Darius, Avicenne, Reza Shah, Alexandre le Grand et, moins connus du lecteur occidental, ceux d'Hassan Sabbah l'Assassin, de Tâhéreh Qorrat ol-'Eyn la poétesse et d'Amir Kabir le réformateur.
    Croisant leurs regards, ils montrent combien l'actualité la plus récente et parfois la plus controversée plonge ses racines dans un passé marqué par la double emprise du rêve impérial et du sens religieux. Un livre essentiel pour connaître et comprendre un pays charnière et matrice de siècles de civilisations.

  • De l'ascèse au libertinage : les champs de la poésie mystique persane Nouv.

    Il n'y a pas que l'islam des lumières spirituelles. Il y a aussi celui des sens corporels. La grande poésie chiite est le carrefour des effusions de l'âme et des extases de la chair. Une étude sublime qui force à réviser les préjugés et les faux-procès.
    Sana'i et 'Attar fondent, aux XIe et XIIe siècles, la poésie mystique persane. Si on leur connaît quelques prédécesseurs dans le domaine de la poésie ascétique, ils innovent en empruntant à la poésie profane les thèmes de l'amour, du vin et du " libertinage ", qu'ils vouent à l'expression d'une geste spirituelle. Ils élèvent ainsi la poésie au rang d'une " révélation seconde ", éclairant le sens de cette Révélation première qu'est le Coran.
    /> D'une part, ils développent une poésie didactique, mêlant pensée ascétique, vulgarisation théologique et philosophique, soufisme et théosophie, au service d'une vision du monde, d'une anthropologie et d'une voie spirituelle originales. D'autre part, ils célèbrent l'Amour comme expérience théophanique et composent des poèmes subversifs menant paradoxalement à l'éveil par le scandale et l'inversion des valeurs.
    Au plus proche des sources, Ève Feuillebois-Pierunek décrypte ici avec talent les contours de cette doctrine mystique audacieuse qui imprègne profondément la littérature persane avant d'investir les littératures turque et indo-persane, les inspirant jusqu'à nos jours.
    Une étude sublime, à rebours des préjugés et des faux-procès.

  • À l'orée de leurs trente ans, Florian Coupé et sa compagne décident de quitter leur vie sédentaire et de se faire nomades durant un an pour rallier à vélo l'Océan Pacifique depuis Paris. Au fil des jours, le relief révèle la réalités des peuples, de l'histoire et de la carte : les Balkans, la Turquie, l'ancien Empire perse, les Indes, la péninsule indochinoise... à mesure que la route déroule ses kilomètres, on se débarrasse du superflu et la mémoiredes anciens prend vie en même temps que résonnent les récits des écrivains-voyageurs.
    Diplômé de Polytechnique, Florian Coupé a effectué son parcours militaire au sein des commandos parachutistes de l'air et est aujourd'hui officier de réserve au sein du 27e Bataillon de Chasseurs Alpins d'Annecy.
    Après avoir suivi une formation d'ingénieur des eaux et forêts qui lui a permis de découvrir la jungle équatoriale en Guyane, il travaille trois ans comme ingénieur d'étude pour Suez-Environnement puis décide de quitter sa vie sédentaire pour un grand voyage d'un an à vélo de Paris à Hong-Kong.
    Patrice Franceschi est aventurier et écrivain, prix Goncourt de la nouvelle 2015 pour son ouvrage Première personne du singulier.
    Il est également membre de la Société des Explorateurs Français et directeur de la collection Points Aventure.

  • L'oiseau captif

    Jasmin Darznik

    Forough Farrokhzad a grandi à Téhéran dans les années 1930, au sein d'une famille de sept enfants. Dans la maison règne une discipline de fer, et les enfants n'appellent pas leur père "papa", mais "Colonel". Très tôt, Forough manifeste un vif intérêt pour la poésie persane et dévore les recueils que ses frères étudient, eux qui ont la chance d'aller à l'école. À l'âge de seize ans, Forough épouse son amour de jeunesse, Parviz, sur décision de son père qui tient à éviter un scandale. Mais alors que beaucoup de jeunes filles n'ont pas la chance de choisir leur mari, Forough ne tarde pas à déchanter : l'homme qu'elle a épousé n'est pas exactement celui qu'elle imaginait.
    Alors elle se remet à écrire et entre ses vers se devine quelqu'un qui ne fait pas semblant de vivre. Une femme, une vraie. Et même une poétesse. Une qui, sans même s'en rendre compte, va révolutionner la scène littéraire iranienne en écrivant sur le sentiment amoureux, le désir et l'amour charnel, des thèmes traditionnels de la poésie persane, mais qui, venant d'une femme, vont provoquer un séisme sans précédent dans la société iranienne et vaudront à Forough Farrokhzad une réputation sulfureuse.

    Le portrait émouvant d'une femme qui n'a reculé devant rien pour chanter la beauté du désir féminin.

  • Ispahan, Boukhara, Samarcande... Un rêve d'Orient. La Perse médiévale de l'islamisation à l'invasion mongole, du VIIe au XIIIe siècle. Un territoire beaucoup plus vaste que l'Iran actuel, une civilisation déjà millénaire entre monde méditerranéen et Asie. Rapidement, la Perse fut bien plus qu'une simple province de l'Empire musulman : elle aussi conquit son farouche vainqueur. Ce guide culturel met en lumière ce que lui doit la civilisation musulmane, des institutions aux productions intellectuelles et artistiques. Ce qui ne fut pas sans conséquences, y compris sur la géopolitique contemporaine.

  • La première véritable biographie de Mohammad Réza Pahlavi, le dernier shah d'Iran." Laissons à l'histoire le soin de juger Mohammad Réza Pahlavi en tant que gouvernant ", a déclaré le président Sadate lors des obsèques de son ami, en Égypte. Le dernier shah d'Iran (1919-1980) est en effet un des monarques les plus controversés du XXe siècle. Défendu âprement par les uns, qualifié de dictateur par les autres, cet homme réservé qui a succédé à son père en pleine Seconde Guerre mondiale a modernisé à marche forcée son pays, s'aliénant les tenants de la tradition et les puissances étrangères jusqu'à ce que la révolution islamique de 1979 provoque sa chute et le contraigne à l'exil.
    Forts de leur connaissance des événements et des acteurs, Houchang Nahavandi et Yves Bomati livrent un portrait lumineux et dépassionné de cet empereur au destin hors du commun.
    " La première vraie biographie du shah, remarquable tant par l'art du récit que par la pertinence des jugements sur une personnalité secrète, complexe, paradoxale à certains égards. "
    Éric Roussel,
    Le Figaro littéraire

  • Babylone, les Mille et Une Nuits, Saladin... Histoire et légendes se confondent dans la Mésopotamie antique. Ce berceau de l'humanité a connu une série de ruptures violentes : dictature du Baas, guerre contre l'Iran, débâcle au Koweït en 1990, embargo dévastateur, occupation étrangère aussi meurtrière qu'imprévisible et plus récemment la barbarie de l'État islamique...
    Quiconque se penche sur le cas irakien, des spécialistes les plus chevronnés aux simples observateurs, rencontre la plus grande difficulté à comprendre les dynamiques sociales et politiques à l'oeuvre : défaite militaire américaine ? démocratie naissante ? retour à l'autoritarisme ? chaos jihadiste ?...
    Myriam Benraad, l'une des meilleurs spécialistes de l'Irak, analyse et éclaire les différentes facettes de ce pays que l'on connaît principalement au travers des clichés qui entourent son histoire et du prisme déformant des raccourcis médiatiques sur l'époque récente.

  • Région mouvante, le Moyen-Orient est le terrain de recompositions incessantes. Des accords Sykes-Picot au conflit israélo-palestinien, en passant par la rivalité entre sunnites et chiites et les guerres du pétrole, Jean-Paul Chagnollaud et Pierre Blanc proposent une analyse critique des représentations du Moyen-Orient.
    Un ouvrage essentiel pour comprendre les dynamiques en présence, les enjeux et les défis auxquels sont confrontés les acteurs de cette région fracturée en constante mutation.

  • Cent voyages

    Saïdeh Pakravan

    • Belfond
    • 10 Janvier 2019

    Entre échecs amoureux et mésententes familiales, jusqu'à la perte absolue, Garance mène une quête, une vie d'éphémères et de fragments.
    "Je tourne les pages du passé une à une. Chaque souvenir s'étire en une toile diaphane qui très vite s'effiloche et ne correspond plus à rien. J'évite d'autoriser une senteur ou une nuance rosée dans le ciel de ce début d'été à me projeter vers une disposition semblable, à évoquer le moment où j'ai déjà vu la même teinte, un arbre de la même forme, senti le même parfum d'épices. Je change la station radio qui joue la nostalgie avec trop d'insistance. Je me défais des gens, je me défais des endroits, je me défais des sentiments qui m'ont habitée quand j'étais autre, plus jeune, plus timorée. Je tourne les pages. Et pourtant, ce livre, je l'ai lu. D'une certaine manière même, je l'ai écrit, en partie consciemment. Il se rappelle souvent à moi."



  • On découvre dans Le Chameau ivre ce qui a fait pendant plusieurs décennies le quotidien et l'horizon de la « génération brûlée », les enfants de la révolution islamique et de la guerre Iran-Irak. On y retrouve l'attachement au sol dont Henri Michaux parle dans « Mes Propriétés » (La Nuit remue).




    Une voix amie emmène le lecteur au coeur d'une réalité à laquelle il n'a, le plus souvent, pas accès. Dix-neuf récits montrent dans le désordre un Iran intime et universel, contemporain et éternel. Une fiction cousue au fil du réel, avec son lot de raccourcis et d'hyperboles.




    L'écriture visite les registres comique et tragique avec une élégance gouailleuse, une impertinence orientale faite de distance et de familiarité.





    Il y a du vin et de la violence, des guerres et du yaourt, de la technologie obsolète et plusieurs millions de poissons rouges, autant de ferments de bonnes histoires, celles qui sont vraies parce qu'elles sont faites avec les larmes et avec la joie, et le sel de la vie.

  • Un printemps à Téheran

    Armin Arefi

    • Plon
    • 7 Février 2019

    Ancien correspondant à Téhéran pour la presse française, Armin Arefi a été contraint de quitter l'Iran en 2007. De retour en République islamique en 2016, le journaliste franco-iranien, reporter au Point, décrit ses pérégrinations dans un pays devenu fréquentable après la signature de l'accord sur le nucléaire iranien, aujourd'hui menacé." Neuf ans. Voilà le temps durant lequel j'ai été tenu écarté d'Iran en raison de mes articles critiques. Pourtant, contre toute attente, un appel de Téhéran m'annonce un beau matin que je suis autorisé à remettre les pieds en République islamique pour y exercer mon métier de journaliste. Oubliées, les années noires du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, depuis l'élection du " modéré " Hassan Rohani, le pays des mollahs aurait changé. Il est même devenu une destination prisée. Dans les rues de Téhéran, les touristes apparaissent, les miliciens se font plus rares et le voile des Iraniennes tombe. Pendant deux ans, je vais sillonner ce " nouvel Iran " à la rencontre de sa population - femme ingénieur et étudiante en tchador noir, chômeur dragueur et volontaire islamiste, directeur de start-up et fils de dirigeant - pour me rendre compte de la réalité de ce pays au-delà des gros titres de la presse internationale. Neuf ans après, je vais retrouver ma famille, mes amis, mes amours...Oserez-vous me suivre lors de soirées torrides ? M'accompagner chez le fondateur des Gardiens de la révolution ? Participer au tournez manège iranien ? Ou m'aider à échapper aux griffes de ma grand-mère ? Au-delà des clichés sur ce pays aussi fascinant qu'inquiétant, je vous invite à vous plonger dans le quotidien en République islamique. Vous n'en sortirez pas indemnes."
    Dans un récit mêlant reportages et histoires plus personnelles, l'auteur nous décrit, entre rires et larmes, la vie dans l'Iran des mollahs, bouleversée depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

  • Azadi

    Saïdeh Pakravan

    • Belfond
    • 10 Janvier 2019


    Azadi signifie liberté en persan. Il y a ceux qui la rêvent et ceux qui en paient le prix.
    Téhéran, juin 2009. Après des élections truquées et la confirmation d'Ahmadinejad à la tête de la République islamique d'Iran, une colère sourde s'empare de la jeunesse instruite de Téhéran.
    Raha manifeste chaque matin avec ses amis étudiants place Azadi malgré les mises en garde de ses aînés, malgré la répression féroce qui sévit. Jusqu'au jour où sa vie bascule. Après son arrestation, et une détention d'une violence inouïe, ses yeux prendront à jamais la couleur de l'innocence perdue. Mais comme elle s'était battue pour son pays, Raha se battra pour que justice lui soit rendue...
    Tout en levant le voile sur une psyché iranienne raffinée et moderne, sans manichéisme et avec un souffle d'une violente beauté, Azadi dit de façon magistrale le terrible supplice de celle qui cherche, telle une Antigone nouvelle, à obtenir réparation. Et à vivre aussi... dans un lieu où le sort des femmes n'a aucune importance.

  • Elles n'étaient pas faites pour se rencontrer mais ont tant de choses à se dire.
    Comment se voient-elles ? Comment se rêvent-elles ? Comment regardent-elles l'autre ? Quels sont les idées, les mets, les personnages, les canons de beauté les plus emblématiques de leur pays ? Et d'après elles ceux de la société d'« en face » ? Qu'est-ce qui les sépare vraiment ? Y aura-t-il conflit entre leurs deux pays ? Qu'en pensent-elles ? Qu'est ce qui peut mettre le feu aux poudres ? Comment stopper cette folie ?
    Lorsque les citoyennes parlent cela sonne toujours plus vrai que les leaders politiques.
    Ce petit livre nous offre une représentation croisée qui nous en dit plus sur l'issue de ce conflit que la plupart des traités de géopolitique.

  • L'islam offre deux visages : celui d'un monothéisme abstrait, où domine la transcendance de Dieu, au risque d'engendrer le fanatisme. Mais aussi, et surtout, celui, plus discret, mais non moins insistant, d'un monothéisme concret, qui valorise la manifestation visible de l'essence de Dieu dans l'apparition sensible des actions divines. Dans cette étude pionnière qui surprendra par sa liberté de ton, Souâd Ayada renouvelle en profondeur notre connaissance des systèmes de pensée qui ont fondé l'islam des théophanies. Un modèle de sagesse aux antipodes de l'austérité coranique, selon lequel Dieu se donne à voir par l'entremise de l'« homme parfait » et par toutes les formes de beauté qui révèlent sa majesté. Réconciliant l'amour, l'intelligence et la connaissance, cette conception de la révélation, notamment portée par le soufisme, préserve l'islam de toute dérive juridique et politique, et accorde à l'art toute sa place. Elle constitue l'antidote que l'islam a lui-même produit pour guérir le mal du dogmatisme et l'intolérance. Dévoilant les impasses et les contradictions du fondamentalisme, dialoguant avec les sources juives et chrétiennes, confrontant le message du soufisme à la philosophie de Hegel ou à la pensée d'Emmanuel Levinas, Souâd Ayada signe un livre essentiel, en forme de plaidoyer pour une approche audacieuse, exigeante et ouverte de l'islam.

  • Un prestidigitateur iranien, le mage Farzadi, est assassiné dans un grand hôtel au bord du lac Léman. Il a, peu avant sa mort, reçu dans sa chambre un mystérieux journaliste persan ainsi qu'une jeune Irano-Américaine aux très érotiques cuissardes...Farzadi a-t-il été victime de dissensions internes au régime islamique ? Ou bien a-t-il été liquidé par la CIA ?L'enquête est confiée à la DGSE et Florence Nakash, persuadée qu'une partie de la réponse se trouve dans un traité d'alchimie, aura besoin de l'aide d'un vieil ami nommé Parviz. De Paris, il lui faudra aller jusqu'à Téhéran pour démêler le vrai du faux et retracer le parcours de cet étonnant mage aux multiples existences.Une enquête rondement menée, efficace et subtile.Naïri Nahapétian est née en 1970 dans une famille arménienne à Téhéran, ville qu'elle a quittée après la révolution islamique. Journaliste, elle a depuis fait de nombreux reportages en Iran. Elle a notamment publié, chez le même éditeur, le point de départ de cette série : Un agent nommé Parviz.

  • À la veille du 8 Mars 1979, Khomeiny appelle les femmes à se voiler dans les lieux publics. En signe de protestation, les Iraniennes envahissent par milliers les rues de Téhéran et d'autres grandes villes du pays : elles refusent de renoncer à leur liberté. En France, Simone de Beauvoir prend position en leur faveur au nom de l'universalité des droits des femmes.

    Dès les années 1960, l'écrivaine est connue des milieux iraniens francophones. Dans les années 1970, ses écrits commencent à être traduits en persan. Pourtant, sa pensée reste confidentielle. Aujourd'hui, les choses ont bien changé. Son image sert de médium à une jeunesse éprise de liberté pour dire à la fois son vécu, ses rêves et ses désirs.

    Dans notre voyage en Iran, sur les traces de Simone de Beauvoir, nous plongerons au coeur des questions que l'islamisme nous pose sur l'identité culturelle et religieuse dans son rapport au social et au politique. Questions brûlantes de notre époque où les mouvements néoconservateurs puisent leur force dans l'exacerbation des appartenances identitaires.

    La diabolisation de la liberté et de l'égalité est au centre de leur propagande.

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