Littérature générale

  • À l'été 1953, un jeune homme de 24 ans, fils de bonne famille calviniste, quitte Genève et son université, où il suit des cours de sanscrit et d'histoire médiévale puis de droit, à bord de sa Fiat Topolino. Nicolas Bouvier a déjà effectué de courts voyages ou des séjours plus long en Bourgogne, en Finlande, en Algérie, en Espagne, puis en Yougoslavie, via l'Italie et la Grèce. Cette fois, il vise plus loin : la Turquie, l'Iran, Kaboul puis la frontière avec l'Inde. Il est accompagné de son ami, Thierry Vernet, qui documentera l'expédition en dessins et croquis.Ces six mois de voyage à travers l'Anatolie, l'Iran puis l'Afghanistan donneront naissance à l'un des grands chefs-d'oeuvre de la littérature dite " de voyage ", L'Usage du monde, qui ne sera publié que dix ans plus tard - et à compte d'auteur - aux éditions Droz, avant d'être repris par René Julliard en 1964. Après avoir connu un formidable succès, le livre était resté longtemps indisponible, avant de reparaître aux éditions La Découverte en 1985.Art de l'observation et du croquis, profond intérêt et curiosité insatiable pour les autres peuples, le voyageur n'est jamais en postition dominante, mais d'accueil, d'une ville à l'autre, passant par des villages qui, à l'époque, connaissaient encore le luxe de ne pas apparaître sur les cartes, comme ballotté au gré des éléments et des événements : " Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations ", écrit-il dès les premiers jours du périple. Mais ce profond humanisme n'est pas pour autant un dilettantisme ; par son écriture serrée, toujours très retenue, d'une grande précision, économe de ses effets et ne jouant pas " à la littérature ", il a réussi à atteindre ce à quoi peu d'écrivains autoproclamés sont parvenus : un pur récit de voyage, dans la grande tradition de la découverte et de l'émerveillement, en même temps qu'une réflexion éthique et morale sur une manière d'être au monde parmi ses contemporains, sous toutes les latitudes.

  • Désorientale

    Négar Djavadi

    Si nous étions en Iran, cette salle d'attente d'hôpital ressemblerait à un caravansérail, songe Kimiâ. Un joyeux foutoir où s'enchaîneraient bavardages, confidences et anecdotes en cascade. Née à Téhéran, exilée à Paris depuis ses dix ans, Kimiâ a toujours essayé de tenir à distance son pays, sa culture, sa famille. Mais les djinns échappés du passé la rattrapent pour faire défiler l'étourdissant diaporama de l'histoire des Sadr sur trois générations: les tribulations des ancêtres, une décennie de révolution politique, les chemins de traverse de l'adolescence, l'ivresse du rock, le sourire voyou d'une bassiste blonde... Une fresque flamboyante sur la mémoire et l'identité; un grand roman sur l'Iran d'hier et la France d'aujourd'hui.

  • Un jour avant Pâques Nouv.

    Un jour avant Pâques

    Zoyâ Pirzâd

    • Zulma
    • 3 Juin 2021

    Au bord de la mer Caspienne, un jeune garçon découvre avec son amie Tahereh les prodiges minuscules de l'univers - la visite d'une coccinelle, les jeux et les joies de l'enfance. Lui est arménien. Elle, fille du concierge musulman de l'école. Dans cette petite communauté se côtoient les coutumes, les religions, les histoires d'amour et d'amitié, les crispations anciennes et les aspirations à la liberté. Pâques, c'est la fête des oeufs peints, des pensées blanches, des pâtisseries à la fleur d'oranger. Entre passé et présent, Téhéran et le village natal, la vie quotidienne se dessine avec virtuosité, un art précieux du détail et beaucoup de finesse. Arménienne d'Iran, Zoyâ Pirzâd décrit un monde au cosmopolitisme encore vivace, riche des subtilités et contrastes d'une civilisation millénaire.
    « Une incroyable grâce poétique. » L'Obs

  • PRIX GONCOURT DU PREMIER ROMAN ET PRIX ETONNANTS VOYAGEURS OUEST FRANCE.
    Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris.
    À travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l'abandon du pays, l'éloignement de sa famille, la perte de ses jouets - donnés aux enfants de Téhéran sous l'injonction de ses parents communistes -, l'effacement progressif du persan au profit du français qu'elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale.
    Dans ce récit qui peut être lu comme une fable autant que comme un journal, Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive.
    Maryam Madjidi est née en 1980 à Téhéran, et quitte l'Iran à l'âge de 6 ans pour vivre à Paris puis à Drancy. Aujourd'hui, elle enseigne le français à des mineurs étrangers isolés, après l'avoir enseigné à des collégiens et lycéens de banlieue puis des beaux quartiers, des handicapés moteur et psychiques, des étudiants chinois et turcs, et des détenus. Elle a vécu quatre ans à Pékin et deux ans à Istanbul.

  • « ... je partage l'humanité en deux catégories fondamentalement différentes : une poignée de gens qui savent ce qu'il en est des réalités et l'énorme majorité qui ne sait pas. » Retranché dans sa citadelle dominant la plaine, le grand maître Hassan Ibn Sabbâh mène, à la fin du XIe siècle, une guerre sainte en Iran. Il n´a que peu de soldats et seuls ses proches le connaissent intimement. Parti de presque rien, sans armée, sans terre et sans guère d´appuis à la cour, il dominera le monde. Des hommes seront prêts à mourir pour lui avec le sourire aux lèvres. Des foules entières se prosterneront sans combattre. Un millénaire plus tard, la manipulation des masses, telle qu´il la pratiqua, continue d´ébranler les empires modernes. Mélange d´aventures et de philosophie politique, Alamut n´évoque la violence des complots d´alors que pour mieux renvoyer aux problèmes cruciaux des civilisations modernes.

  • « Le monde se réduisait à nous deux, ma mère et moi, jusqu'à ce que je devienne une fille américaine. C'est alors qu'elle a commencé à me parler de la Bonne Fille - un sarcasme, un avertissement, un mauvais présage. La Bonne Fille vivait en Iran. Elle ne répondait pas, elle ne parlait pas tout court. Elle était un modèle de politesse et de décence. Elle ne sortait pas toute seule dans la rue. Elle se tenait aux côtés de sa mère et buvait ses paroles. Quand un homme la regardait, elle baissait les yeux. »
    Jasmin n'a que trois ans quand elle arrive aux États-Unis. De ses origines iraniennes, elle ne sait rien. Des années plus tard, à la mort de son père, Jasmin aide sa mère à déménager. Parmi de vieux documents, elle tombe sur la photo d'une femme en tenue de mariée. Elle reconnaît distinctement sa mère. À ses côtés, un homme qu'elle n'a jamais vu.
    Refusant d'abord de lui révéler le mystère de ses origines familiales, Lili envoie finalement à sa fille une série de cassettes : de déchirantes confessions sur l'histoire qui fut la sienne avant son exil. Son mariage à l'âge de treize ans, les abus dont elle a été victime, et la fille qu'elle a été contrainte d'abandonner pour avoir une chance d'échapper à l'enfer.
    « Une histoire inoubliable. » Bookpage
    « Un hommage à l'incroyable résilience des femmes iraniennes. » MS Magazine
    « Avec ce livre, Darznik signe un poignant hommage à la vie et aux combats de sa mère. » Booklist
    « Un récit édifiant, qui en dit long sur place des femmes dans la société iranienne, sur ce qu'elles endurent, mais aussi sur leur incroyable capacité à résister. » Kirkus

  • Clarisse est d'une simplicité de coeur qui la rend spontanément attachante. Autour de cette héroïne malgré elle gravite tout un petit monde : un mari ingénieur, deux adorables et malicieuses jumelles, Armen, le fils vénéré en pleine crise d'adolescence, une soeur à marier un peu revêche, et la vieille mère qui règne sur la maisonnée, dans le quartier arménien d'Abadan.

    Pourtant la très modeste Clarisse va bientôt révéler sa nature de personnage tchekhovien quand de nouveaux voisins viennent bouleverser l'équilibre affectif de notre femme invisible...

    Immense succès en Iran, le premier livre d'une romancière adulée de ses lecteurs.

    Romancière, traductrice, Zoyâ Pirzâd, née à Abadan d'un père iranien d'origine russe et d'une mère arménienne, fait partie de ces auteurs iraniens majeurs qui ouvrent sur le monde l'écriture persane sans rien céder de leur singularité. C'est moi qui éteins les lumières, immense succès en Iran, salué par de nombreux prix, dresse avec justesse et drôlerie le portrait d'une société patriarcale scellée par les usages et traditions des femmes.

  • Au XIIIe siècle, Marco Polo, marchand vénitien, se lance, en compagnie de son père et de son oncle, dans un grand voyage vers l'Orient à la recherche de nouvelles denrées et de nouvelles routes d'approvisionnement. Il traverse la Turquie, la Perse et surtout la Chine, où il séjourne une vingtaine d'années. Au service du Grand Khan, en tant qu'ambassadeur et gouverneur, il parcourt le pays. Observateur attentif, il décrit les paysages de l'Asie centrale, recueille des légendes, observe la vie quotidienne, les coutumes et les moeurs des peuples visités, et dresse le fascinant tableau d'un royaume où cohabitent pacifiquement diverses religions. Il évoque un pays dans lequel l'or et la soie abondent, mais où l'on utilise aussi un étrange minerai et une huile visqueuse, auxquels on donnera plus tard le nom de charbon et de pétrole. Et, surtout, il trace l'attachant portrait d'un empereur idéal, le Grand Khan Koubilaï.
    Emprisonné à Gênes, la cité rivale de Venise, il dicte en 1298 ses souvenirs à un codétenu, Rusticello de Pise. Le succès de son Livre des merveilles, connu en français sous différents titres (Le Devisement du monde, La Description du monde, Le Livre de Marco Polo) est immédiat.

  • Au XIIIe siècle, alors que la Perse est à feu et à sang sous les assauts des Mongols, le mystique Shams de Tabriz (1185-1248) part à la recherche d'un maître qui saura être son disciple. Après des années de quête infructueuse, il parvient à Konya en Anatolie et trouve Mowlana, cet homme vanté pour son enseignement et sa majesté mais prisonnier de sa renommée. Shams sera son libérateur. Par leur rencontre puis leur séparation, Mowlana deviendra l'un des poètes les plus vertigineux de la littérature mondiale, que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de Roumi.

  • À l'orée de leurs trente ans, Florian Coupé et sa compagne décident de quitter leur vie sédentaire et de se faire nomades durant un an pour rallier à vélo l'Océan Pacifique depuis Paris. Au fil des jours, le relief révèle la réalités des peuples, de l'histoire et de la carte : les Balkans, la Turquie, l'ancien Empire perse, les Indes, la péninsule indochinoise... à mesure que la route déroule ses kilomètres, on se débarrasse du superflu et la mémoiredes anciens prend vie en même temps que résonnent les récits des écrivains-voyageurs.
    Diplômé de Polytechnique, Florian Coupé a effectué son parcours militaire au sein des commandos parachutistes de l'air et est aujourd'hui officier de réserve au sein du 27e Bataillon de Chasseurs Alpins d'Annecy.
    Après avoir suivi une formation d'ingénieur des eaux et forêts qui lui a permis de découvrir la jungle équatoriale en Guyane, il travaille trois ans comme ingénieur d'étude pour Suez-Environnement puis décide de quitter sa vie sédentaire pour un grand voyage d'un an à vélo de Paris à Hong-Kong.
    Patrice Franceschi est aventurier et écrivain, prix Goncourt de la nouvelle 2015 pour son ouvrage Première personne du singulier.
    Il est également membre de la Société des Explorateurs Français et directeur de la collection Points Aventure.

  • L'oiseau captif

    Jasmin Darznik

    Forough Farrokhzad a grandi à Téhéran dans les années 1930, au sein d'une famille de sept enfants. Dans la maison règne une discipline de fer, et les enfants n'appellent pas leur père "papa", mais "Colonel". Très tôt, Forough manifeste un vif intérêt pour la poésie persane et dévore les recueils que ses frères étudient, eux qui ont la chance d'aller à l'école. À l'âge de seize ans, Forough épouse son amour de jeunesse, Parviz, sur décision de son père qui tient à éviter un scandale. Mais alors que beaucoup de jeunes filles n'ont pas la chance de choisir leur mari, Forough ne tarde pas à déchanter : l'homme qu'elle a épousé n'est pas exactement celui qu'elle imaginait.
    Alors elle se remet à écrire et entre ses vers se devine quelqu'un qui ne fait pas semblant de vivre. Une femme, une vraie. Et même une poétesse. Une qui, sans même s'en rendre compte, va révolutionner la scène littéraire iranienne en écrivant sur le sentiment amoureux, le désir et l'amour charnel, des thèmes traditionnels de la poésie persane, mais qui, venant d'une femme, vont provoquer un séisme sans précédent dans la société iranienne et vaudront à Forough Farrokhzad une réputation sulfureuse.

    Le portrait émouvant d'une femme qui n'a reculé devant rien pour chanter la beauté du désir féminin.

  • Cent voyages

    Saïdeh Pakravan

    • Belfond
    • 10 Janvier 2019

    Entre échecs amoureux et mésententes familiales, jusqu'à la perte absolue, Garance mène une quête, une vie d'éphémères et de fragments.
    "Je tourne les pages du passé une à une. Chaque souvenir s'étire en une toile diaphane qui très vite s'effiloche et ne correspond plus à rien. J'évite d'autoriser une senteur ou une nuance rosée dans le ciel de ce début d'été à me projeter vers une disposition semblable, à évoquer le moment où j'ai déjà vu la même teinte, un arbre de la même forme, senti le même parfum d'épices. Je change la station radio qui joue la nostalgie avec trop d'insistance. Je me défais des gens, je me défais des endroits, je me défais des sentiments qui m'ont habitée quand j'étais autre, plus jeune, plus timorée. Je tourne les pages. Et pourtant, ce livre, je l'ai lu. D'une certaine manière même, je l'ai écrit, en partie consciemment. Il se rappelle souvent à moi."



  • On découvre dans Le Chameau ivre ce qui a fait pendant plusieurs décennies le quotidien et l'horizon de la « génération brûlée », les enfants de la révolution islamique et de la guerre Iran-Irak. On y retrouve l'attachement au sol dont Henri Michaux parle dans « Mes Propriétés » (La Nuit remue).




    Une voix amie emmène le lecteur au coeur d'une réalité à laquelle il n'a, le plus souvent, pas accès. Dix-neuf récits montrent dans le désordre un Iran intime et universel, contemporain et éternel. Une fiction cousue au fil du réel, avec son lot de raccourcis et d'hyperboles.




    L'écriture visite les registres comique et tragique avec une élégance gouailleuse, une impertinence orientale faite de distance et de familiarité.





    Il y a du vin et de la violence, des guerres et du yaourt, de la technologie obsolète et plusieurs millions de poissons rouges, autant de ferments de bonnes histoires, celles qui sont vraies parce qu'elles sont faites avec les larmes et avec la joie, et le sel de la vie.

  • Dans ce recueil, Ali Erfan met en scène l'Iran où les règles deviennent loi divine - ou l'inverse - dans une terrifiante métaphore de la vie et de la mort.

    « Des nouvelles rapides, troublantes, sombres et ­ironiques qui nous viennent d'un pays dont la réputation littéraire n'est plus à faire. » Thierry Bayle, La Croix
    « Beaux, déroutants, inquiétants parfois, ces quatre contes sont une manière de découvrir un autre Iran, revivifié par la mémoire de l'exil. Ali Erfan excelle dans l'art de raconter des histoires. » Le Monde ­diplomatique

    Ali Erfan, né à Ispahan (Iran) en 1946, écrit son premier roman à 15 ans, un texte très politique qui le mènera en prison. Cinéaste et écrivain, il est réfugié en France depuis 1981. Il a publié ­plusieurs ouvrages chez le même éditeur, dont Sans ombre et Ma femme est une sainte.

  • Azadi

    Saïdeh Pakravan

    • Belfond
    • 10 Janvier 2019


    Azadi signifie liberté en persan. Il y a ceux qui la rêvent et ceux qui en paient le prix.
    Téhéran, juin 2009. Après des élections truquées et la confirmation d'Ahmadinejad à la tête de la République islamique d'Iran, une colère sourde s'empare de la jeunesse instruite de Téhéran.
    Raha manifeste chaque matin avec ses amis étudiants place Azadi malgré les mises en garde de ses aînés, malgré la répression féroce qui sévit. Jusqu'au jour où sa vie bascule. Après son arrestation, et une détention d'une violence inouïe, ses yeux prendront à jamais la couleur de l'innocence perdue. Mais comme elle s'était battue pour son pays, Raha se battra pour que justice lui soit rendue...
    Tout en levant le voile sur une psyché iranienne raffinée et moderne, sans manichéisme et avec un souffle d'une violente beauté, Azadi dit de façon magistrale le terrible supplice de celle qui cherche, telle une Antigone nouvelle, à obtenir réparation. Et à vivre aussi... dans un lieu où le sort des femmes n'a aucune importance.

  • Un prestidigitateur iranien, le mage Farzadi, est assassiné dans un grand hôtel au bord du lac Léman. Il a, peu avant sa mort, reçu dans sa chambre un mystérieux journaliste persan ainsi qu'une jeune Irano-Américaine aux très érotiques cuissardes...Farzadi a-t-il été victime de dissensions internes au régime islamique ? Ou bien a-t-il été liquidé par la CIA ?L'enquête est confiée à la DGSE et Florence Nakash, persuadée qu'une partie de la réponse se trouve dans un traité d'alchimie, aura besoin de l'aide d'un vieil ami nommé Parviz. De Paris, il lui faudra aller jusqu'à Téhéran pour démêler le vrai du faux et retracer le parcours de cet étonnant mage aux multiples existences.Une enquête rondement menée, efficace et subtile.Naïri Nahapétian est née en 1970 dans une famille arménienne à Téhéran, ville qu'elle a quittée après la révolution islamique. Journaliste, elle a depuis fait de nombreux reportages en Iran. Elle a notamment publié, chez le même éditeur, le point de départ de cette série : Un agent nommé Parviz.

  • « Nous étions aussi las de l'enfer que du paradis, de la foi, de la patrie, du supplice que du pardon. »
    Guerre Iran-Irak, chiites contre sunnites. Dès les ­premières pages, ce cadre vole en éclats. C'est de la guerre en général qu'il s'agit. Celle du souffle suspendu dans les tranchées et des membres arrachés sur le champ de bataille.
    L'écrivain a quitté l'Iran depuis longtemps. Il n'est pas certain de comprendre ce qui pousse ces jeunes à ­marcher sur des mines pour ouvrir une route, à mourir sans même la consolation d'accomplir un acte héroïque. Face au carnage, il ne sait plus si être écrivain se justifie. Alors il prête sa plume aux protagonistes, recueille leurs paroles, comme Antoine Galland a compilé les récits des Mille et une nuits. Il leur offre l'écriture comme ultime refuge, scintillante comme une apparition divine ou une bombe au phosphore.

    Ali Erfan, né à Ispahan (Iran) en 1946, écrit son premier roman à 15 ans, un texte très politique qui le mènera en prison. Cinéaste et écrivain, il est réfugié en France depuis 1981. Il a publié plusieurs ouvrages chez le même éditeur, dont Les ­damnées du paradis et Ma femme est une sainte.

  • Romina Wagner a toujours fait l'objet de rumeurs plus ou moins farfelues. Aussi, quand elle évoque auprès de son psychanalyste une drôle d'ambiance sur son lieu de ­travail, celui-ci n'y prête que peu d'attention. « Qui ­pourrait en vouloir à cette belle femme d'origine roumaine, ­ingénieure au sein de Microreva, une entreprise de haute techno­logie ? » se dit Moïni, un Iranien qui pratique des thérapies alternatives pour la clientèle huppée du quartier de la Butte-aux-Cailles, à Paris. Jusqu'à ce que l'étrange Parviz lui dérobe le dossier de sa patiente. Romina, bientôt accusée d'espionnage industriel pour le compte de puissances étrangères, plonge dans un cauchemar ­paranoïaque et ne peut plus faire confiance à personne, et surtout pas à son mari... C'est Florence Nakash, de la DGSE, qui a pour mission de tirer cette affaire au clair. Naïri Nahapétian est née dans une famille arménienne à Téhéran, ville qu'elle a quittée après la révo­lution isla­mique. Journaliste, elle est égale­ment ­l'auteure de plusieurs romans.

  • L'auteur nous plonge dans l' Iran contemporain. Il y parle de la guerre, de la mort, de la souffrance, mais aussi du désir, de l'amour. Il y a ce soldat, ce jeune garçon, tué sur le champ de bataille, qui regarde sa dépouille et attend que quelqu'un l'identifie et le rende à sa mère, il y a cet homme qui tombe amoureux de sa voisine simplement en entendant les bruits à travers la cloison, ce juge qui déteste le maire parce qu'il est le seul de la ville à posséder un bananier, ou encore cette conversation presque absurde entre deux jeunes recrues de l'armée qui montent la garde ensemble et cachent leur peur tant bien que mal.
    Ces nouvelles sont magnifiquement écrites, empreintes de poésie, et disent beaucoup de ce pays à la fois proche et lointain qu'est l'Iran.

  • Ni un roman, ni des "Mémoires", pas vraiment un reportage et encore moins une thèse de sociologie ou un testament... Juste un récit. Un récit qui tente de faire revivre l'ambiance des voyages organisés des années 80... Une époque qui semblera déjà si lointaine à certains... Où, comme cela a déjà été dit ailleurs, ...

  • Un voyage de deux semaines en Iran en 1995.
    Visite de la capitale, traversée d'un désert jusqu'à Ispahan puis remontée vers le nord jusqu'à la mer Caspienne au-delà des hautes montagnes de l'Elbourz.
    Des paysages grandioses, des palais et mosquées bleues de l'époque des Sassanides qui comblent la narratrice amoureuse des grands espaces et férue d'art islamique.
    Le passé illustre des grands architectes et des poètes côtoie un présent sur lequel pèse le poids de la charia : femmes voilées, interdiction de la musique et de la danse, relations entre les sexes réglementées, surveillance par la police religieuse...
    Le peuple soumis se rebelle à sa façon par des transgressions souterraines et beaucoup de faux-semblants.
    Partager la vie intime d'Iraniens s'avère être une expérience souvent problématique : malaise face à des codes méconnus, mais pourtant, un effort d'ouverture de part et d'autre et une sincère amitié. Des interlocuteurs souvent fascinés par l'Occident, en l'occurrence l'Amérique, mais très fiers en même temps de la grande Perse de leurs aïeux.

  • « Ziad se tait, un moment pensive... Elle retrace son exode, elle a quitté l'Asie, traversé une grande partie de l'Europe et la voici prête à se lancer vers le Nouveau Monde. Ses grands yeux noirs reflètent des sentiments contradictoires : joie de l'aventure et crainte de l'inconnu. Edward fait de son mieux pour la rassurer. » De sa province natale iranienne à sa réussite américaine, le roman de M. et S. Ghodsi déroule l'existence, peu commune, de Ziad. Une vie rythmée par l'alternance des bonheurs et des épreuves, par la plénitude et les morsures de la perte, par des allers-retours entre Orient et Occident. Des voyages indissolublement liés à un contexte sociopolitique de plus en plus tendu et dangereux, au fur et à mesure que l'Iran se bouleverse. Croisant ainsi histoire féminine et histoire de tout un pays durant le XXe siècle, ce récit est tout entier porté par un souffle romanesque tantôt paisible, tantôt violent.

  • De l'enfance magique aux exils doux-amers Mais l'enfance n'est-elle pas toujours suivie d'exil De ceux d'avant si lointains et si proches À ceux dont on voudrait réinventer la trace De paysages prison en paysages évasion De refus en sérénité Jusqu'au cercle défiant la raison Une trame ténue Une histoire entre parenthèses

  • Quand s'illumine le prunier sauvage Nouv.

    Ayant fui Téhéran pour échapper à la Révolution Islamique de 1979, Hashang, Roza et leurs trois enfants tentent de reconstruire leur vie dans le petit village de Razan, au coeur de la région montagneuse de Mazandaran. Mais personne n'échappe longtemps à la violence et au chaos... et la répression finira fatalement par les rattraper.
    Djinns, démons, sirènes et fantômes côtoient dictateurs et bourreaux dans ce texte empreint de réalisme magique à la manière d'un poème perse.

    Un voyage merveilleux et terrifiant dans l'histoire et le folklore iranien.


    Née en Iran en 1972, Shokoofeh Azar est journaliste. Arrêtée plusieurs fois pour ses articles sur les droits de l'homme critiquant le gouvernement théocratique d'Iran, elle décide de fuir le pays. Arrivée en Australie dans un camp de réfugiés, elle obtient l'asile politique en 2011. Dans les forêts de Mazandaran, son premier roman écrit en farsi, a été finaliste de plusieurs prix littéraires prestigieux.

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