• Élise Boghossian a toujours su qu'elle consacrerait sa vie aux autres. Bouleversée par les images des réfugiés au début du conflit syrien, cette mère de trois enfants, spécialiste de la médecine chinoise et du traitement de la douleur, décide de se rendre sur le terrain et d'agir. En Jordanie, puis en Irak, ses deux bus-dispensaires vont aller à la rencontre des populations en souffrance, au coeur des zones de guerre.
    Témoin de l'injustice, de la barbarie, des traumatismes subis par les victimes, Élise Boghossian raconte son combat, et décrit l'innommable avec autant de colère que d'espoir. Parce que, dit-elle, il tient à chacun de nous de refuser que le monde soit un lieu de malheur et de destruction.

  • Wadi stationnait aux pieds du Christ-roi, tenant d'une main une valise fatiguée, de l'autre un journal avec lequel il tentait de se protéger de la férocité du soleil tropical. Tout autour s'agitaient marchandes de légumes, débardeurs, djobeurs poussant leurs charrettes à bras hétéroclites, chauffeurs de taxi-pays qui jargouinaient sans arrêt dans une langue pour lui incompréhensible. Il s'étonnait qu'ils fussent pour la plupart d'un noir d'ébène, hormis quelques visages couleur de miel. Soudain, un gamin rieur le tira par la manche : 'La Syrie, tu vas fondre sur toi-même, oui! Ha-ha-ha!' À la fin du XIXe siècle, des centaines de milliers d'habitants issus des pays du Levant ? Syrie, Palestine, Liban et Jordanie ? émigrèrent en Amérique du Sud et dans l'archipel des Antilles. Ils furent désignés sous le nom générique de 'Syriens'. Wadi est l'un d'eux. Quand il débarque à Fort-de-France dans les années 1920, le dépaysement est total. Il est à la recherche de son oncle Bachar, qui l'a précédé en Martinique au début du siècle. Wadi a tout à construire dans ce nouveau pays où il va vivre de multiples aventures et croiser de nombreux personnages : Fanotte la superbe et fantasque revendeuse, Bec-en-Or le crieur de magasin, Ti Momo le fier-à-bras amateur de combats de coqs, des maîtres en sorcellerie, un boutiquier chinois, un prêtre hindou, et bien d'autres encore, caractéristiques du melting-pot antillais...
    En célébrant l'épopée des Levantins à la Martinique, Rue des Syriens est aussi un grand roman sur l'intégration qui plaide pour une identité mosaïque.

  • De Tombouctou à La Mecque Le désert appartient à des peuples qui se moquent des frontières, des nouvelles comme des anciennes. De Ouarzazate à Bagdad, de l'Azawad au Rub al-Khali. ils ont troqué le dromadaire contre le 4X4 et le sabre contre la Kalachnikov, mais ils restent imprévisibles, rebelles à toute ingérence. Pour mieux les connaître, pour mieux les comprendre, il faut lire les voyageurs partis à leur rencontre, des voyageurs qui étaient aussi le plus souvent des agents secrets - ainsi Lascaris, l'espion de Napoléon, qui s'enfonça jusqu'à Riyad pour soulever les tribus arabes contre les Ottomans, un siècle avant Lawrence d'Arabie.
    Leurs témoignages, ici réunis, sont autant de clés pour décrypter le mélange de fascination et de crainte qu'exercent sur l'Europe les seigneurs du désert.
    Un siècle de témoignages vécus Onze récits d'aventures extrêmes

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