• « Calme. Apaisement. Paix. Plénitude. Je comprends tardivement pourquoi je ressens cette intense sensation de bien-être qui frise la vibration transcendantale, l'éveil de la kundalini, le nirvana : il n'y a pas d'être humain à proximité. Cioran aurait écrit ce soir-là, que "l'homme est ma bête noire". Il faut quand même se méfi er de la pensée de l'instant. » En vers comme en prose, les écrits poétiques de Robert Orango-Berre donnent à entendre des pensées inspirées et sensibles. Outre leur intérêt substantiel, chaque texte réserve de belles envolées lyriques. Nous suivons le poète au gré de ses pérégrinations dans la capitale parisienne ou ailleurs, mué en observateur attentif des moeurs locales. La musique joue un rôle important dans sa vie, rythmant chaque souvenir des époques révolues. L'oeuvre de cet auteur gabonais prône des valeurs humanistes par-delà les frontières et mérite d'être découverte par un large public.

  • « Un élargissement des frontières herméneutiques de la spatialité littéraire et
    cinématographique en francophonie constitue un important et nécessaire moment de réflexion que les études réunies dans ce volume veulent marquer. »

    Cet ouvrage est l'un des premiers travaux scientifiques consacrés aux littératures et aux cinémas francophones sous l'angle d'une géocritique postcoloniale. Développée au début des années 2000 autour des travaux de Bertrand Westphal, la géocritique est un nouveau champ d'étude de la représentation des espaces référentiels dans les narrations littéraires et non littéraires. Cet ouvrage en analyse les potentialités
    sémantiques dans les textes et les films francophones contemporains et montre comment des villes comme Dakar, Bizerte, Paris, Port-au-Prince, Libreville, Cyrthe ou le Cap révèlent de nouvelles topographies
    urbaines dont les formes architecturales et les histoires humaines sont reconstruites de manière surprenante dans les romans et les films francophones.

    Collaborateurs : Françoise Naudillon, Mbaye Diouf, Sihem Sidaoui, Obed Nkunzimana, Sada Niang, Whitney Bevill, Mouhamadou Cissé, Morgan Faulkner, Srilata Ravi, Josias Semujanga, Vincent Simédoh, Désiré Nyela, Kodjo Attikpoé, Lamia Mecheri.

  • L´hôpital : normalement, un endroit où l´on vainc les désordres du corps, où l´on s´occupe d´autrui, où on l´assiste dans les moments critiques de son existence. Un espace à part, où l´on s´attache à repousser ces maux qui touchent l´humanité, où l´on panse les plaies, où l´on accueille les nouveau-nés. Un lieu entièrement dédié au bien-être. Pas au Gabon, pas à Libreville, où ce sanctuaire n´a d´hôpital que le nom, où le chaos est maître, où les moyens sont insuffisants, où les parturientes doivent elles-mêmes fournir les outils médicaux à leur accouchement. Où encore rien ne fonctionne correctement, où l´on meurt bien avant d´avoir vu un médecin, où les bâtiments tombent en ruines, où la veulerie de certains n´a pas de limite...

  • Capitale du Gabon et port de l'okoumé, Libreville retient l'attention par son cachet « vieux colonial ». Dans la jeune AEF, elle fait figure d'ancienne ville. L'imbrication des quartiers africains dans la ville européenne, le plan désordonné des « villages » noirs, les bâtiments en robuste maçonnerie et les cases démodées, disent l'ancienneté de la ville. Le contraste est saisissant entre la capitale du Gabon et les autres villes d'AEF qui se placent résolument sous le signe du modernisme. Le problème de l'insertion d'une cité européenne en milieu africain a été au coeur des préoccupations de l'auteur. Comment une ville-comptoir, née des besoins de la civilisation occidentale, s'est-elle intégrée à un milieu économique et social qui n'avait que faire d'un organisme urbain ? Quels bouleversements a-t-elle introduits, et quelle est l'exacte valeur de cette influence novatrice ? Inversement, quelles limitations le milieu géographique gabonais a-t-il imposées à l'essor et aux activités de la ville ? De quelle empreinte a-t-il marqué la physionomie de l'agglomération actuelle ? C'est avec une attention particulière que M. Guy Lasserre a étudié les actions réciproques entre la ville et sa région : d'où le sous-titre de son ouvrage. Une telle attitude en face du sujet justifie l'élargissement des investigations géographiques à la région de l'estuaire, voire à l'ensemble du territoire gabonais. Cette étude de géographie urbaine pose des problèmes qui dépassent largement le cadre de cette agglomération, puisqu'ils se posent en termes presque identiques dans toutes les villes d'Afrique noire nées de la colonisation.

  • Loin de douter de la possibilité d'une émergence du Gabon à court terme, cet ouvrage tente plutôt d'opposer au messianisme en vigueur depuis 2009, un doute méthodique quant à la capacité des initiateurs de ce patchwork qu'est le plan stratégique Gabon émergent (PSGE), de réaliser une telle performance du seul fait de posséder un plan stratégique. En effet, depuis qu'ils ont accédé à la magistrature suprême, les successeurs d'Omar Bongo font croire aux Gabonais qu'ils possèdent une potion magique qui leur permettrait de réaliser en 16 ans, de façon mécanique, ce que le «?créateur du Gabon?» n'a pu amorcer en 42 ans de paix et de prospérité. Cela, indépendamment du climat socio-politique délétère et de la situation économique catastrophique du moment. Tout semble donc se passer pour les stratèges de l'émergence comme si le fait de disposer d'un plan stratégique clé en main suffit à elle seule, pour sortir le pays de la paupérisation et du sous-équipement chroniques. Devant une telle incongruité, il s'impose comme une obligation patriotique pour chaque Gabonais de s'interroger sur la capacité réelle pour le Gabon de relever un tel défi. Une telle attitude pourrait ainsi permettre aux stratèges attitrés de l'émergence de faire un effort de confrontation de leur noble ambition pour le Gabon à la réalité observable. L'auteur tente donc de confronter le projet gabonais d'émergence à l'épreuve des réalités socio-économiques du pays, des velléités sectaires et réactionnaires des initiateurs et exécuteurs de ce leurre, mais surtout de la gouvernance atypique et controversée d'Ali Bongo Ondimba.

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