• Le syndrôme de Beyrouth Nouv.

    Le syndrôme de Beyrouth

    Alexandre Najjar

    • Plon
    • 2 Septembre 2021

    Rentrée littéraire 2021." Je n'ai pas fui, je me suis sauvée. "
    Confinée dans un hôtel à Saint-Malo, Amira Mitri, ancienne combattante devenue reporter au quotidien libanais An-Nahar, rescapée de l'explosion du port de Beyrouth, rassemble ses souvenirs, depuis son retour au Liban en l'an 2000, à l'orée d'un nouveau siècle, jusqu'à la tragédie du 4 août 2020. Durant cette période de vingt années, les événements se sont succédé : bien des vicissitudes ont secoué le pays du Cèdre, et sa vie amoureuse a connu de multiples rebondissements. Avec lucidité et franchise, elle se confie, sans mâcher ses mots.
    Un livre foisonnant, dans la veine du
    Roman de Beyrouth, où se mêlent habilement fiction et réalité, aventures et réflexions politiques, héros imaginaires et personnages célèbres, pour nous dévoiler l'âme d'une femme et celle d'une ville, Beyrouth, sans cesse malmenée, mais toujours debout.

  • " Rappelez-vous ! J'ai été une enfant à l'identité trouble et vacillante. J'ai été une fille masquée par la volonté d'un père qui se sentait diminué, humilié parce qu'il n'avait pas eu de fils. Comme vous le savez, j'ai été ce fils dont il rêvait. Le reste, certains d'entre vous le connaissent ; les autres en ont entendu des bribes ici ou là. Ceux qui se sont risqués à raconter la vie de cet enfant de sable et de vent ont eu quelques ennuis : certains ont été frappés d'amnésie ; d'autres ont failli perdre leur âme. On vous a raconté des histoires. Elles ne sont pas vraiment les miennes. Même enfermée et isolée, les nouvelles me parvenaient. Je n'étais ni étonnée ni troublée. Je savais qu'en disparaissant je laissais derrière moi de quoi alimenter les contes les plus extravagants. Mais, comme ma vie n'est pas un conte, j'ai tenu à rétablir les faits et vous livrer le secret gardé sous une pierre noire dans une maison aux murs hauts au fond d'une ruelle fermée par sept portes. "
    Ahmed, " l'enfant de sable ", a grandi. Il (ou elle) a vieilli et prend, à son tour la parole. Dans cette Nuit sacrée, Tahar Ben Jelloun livre peut-être la clé de l'un de ses romans les plus troublants de ces dernières années. L'Enfant de sable avait été salué par toute la critique et lu par des dizaines de milliers de lecteurs.
    Prix Goncourt en 1987

  • La grande maison

    Mohammed Dib

    Omar, jeune garçon algérien, vit avec sa famille dans la " grande maison ", une habitation collective où s'entassent les pauvres de la ville. À la recherche permanente d'un morceau de pain, l'enfant passe tout son temps dans la rue. Il découvre le monde : la mystérieuse vie de son voisin, le pouvoir des femmes, la misère et l'injustice, la rumeur de la guerre qui s'annonce.
    Né en Algérie, Mohammed Dib (1920-2003) a été instituteur, puis journaliste, avant de se consacrer à l'écriture de poèmes et de romans. Son également disponibles en Points : Cours sur la rive sauvage, La Grande Maison, L'Incendie, Un été africain, Le Métier à tisser et Le Maître de chasse.
    " De tous les écrivains africains, il est celui qui risque de nous toucher le plus. "
    Maurice Nadeau
    Prix Fénéon 1952

  • Formulaires

    Mohammed Dib

    Soleil derrière. Soleil devant. Des soleils. Soleils émergeant sans cesse du bleu de l'être. Ils réchauffent, ils brûlent, ils aveuglent, ils diluent le monde. Et reviennent sans cesse. Sans cesse et à seule fin de cacher une ombre, l'inlassable image allant de la noirceur à la blancheur clémente, de la ravir à la vue sitôt qu'elle commence à poindre. Elle ne peut pourtant m'apparaître que si je fixe, soutiens du regard et fixe encore pour l'immobiliser, toute cette lumière qui se refuse sans cesser d'être autour de moi, traçant un cercle de peur, d'ombre, de silence. La présence est là dans ce présent approché avec soin, car le sang peut jaillir comme les souvenirs. Une vie d'homme est en jeu.
    /> Né en Algérie, Mohammed Dib (1920-2003) est le premier écrivain maghrébin à recevoir, en 1994, le Grand Prix de la Francophonie. Il est notamment l'auteur de La Grande Maison, Le Métier à tisser et Un été africain.

  • Tout sourit à Skandar Hayek. À la tête d'un négoce de tissu, il règne sur son usine, sur ses terres et sur son clan, malgré les nuages qui s'amoncellent sur le Liban en ce milieu des années 1960, malgré aussi les disputes incessantes entre Mado, son acariâtre de sœur, Marie, son épouse, et Karine, sa fille chérie. Quant au successeur, il sera bien temps, le moment venu, de le choisir, entre Noula, ce fils aîné qui ne doute de rien et surtout pas de lui-même, et Hareth, le cadet, épris de livres et d'aventures.
    Depuis la terrasse ensoleillée de la villa familiale où il passe le plus clair de son temps, le narrateur, qui est aussi le chauffeur et le confident du vieux Skandar, observe et raconte un âge d'or que rien ne semble devoir vraiment ternir. Mais les aléas de la vie vont bouleverser cet ordre que tous croyaient immuable et pousser les femmes à prendre les rênes du domaine. Seul Hareth pourrait leur prêter main-forte. Mais Hareth est loin, il voyage de par le monde.
    Charif Majdalani est né au Liban en 1960. Il enseigne les lettres françaises à l'université Saint-Joseph de Beyrouth. Il est l'auteur, notamment, d' Histoire de la Grande Maison (2005), Caravansérail (2007) et Le Dernier Seigneur de Marsad (2013), tous parus au Seuil.

  • 1969 : les Américains débarquent sur la Lune et Mehdi atterrit au lycée Lyautey de Casablanca. L'instituteur, impressionné par l'intelligence et la boulimie de lecture de son jeune élève, lui a obtenu une bourse dans le prestigieux établissement français. Avec cet humour corrosif qu'on lui connaît, Fouad Laroui raconte le choc culturel que représente pour le petit Marocain la découverte du mode de vie des Français : ces gens qui vivent dans le luxe, mangent des choses incomestibles, parlent sans pudeur et lui manifestent un intérêt qu'il ne comprend absolument pas. Entre Le Petit Chose et Le Petit Nicolas, l'histoire émouvante et cocasse d'un enfant propulsé dans un univers aux antipodes de celui de sa famille.

  • Chaque après-midi, Fatima quitte Molenbeek vêtue de noir et d'un hijab, se dirige à pied vers la Porte de Flandre, franchit le canal, se faufile discrètement dans un immeuble et en ressort habillée à l'occidentale, robe légère et cheveux au vent. Puis, toujours en flânant, elle rejoint le quartier malfamé de l'Alhambra où Dieu sait quel démon l'attire... Depuis plusieurs semaines, cet étrange rituel se répète inlassablement. Jusqu'au jour où Fawzi, un voisin inquisiteur et secrètement amoureux, décide de suivre Fatima... Teinté d'un humour féroce, ce nouveau roman de Fouad Laroui décrit les métamorphoses d'une femme bien décidée à se jouer des préceptes comme des étiquettes. Tandis que tous les stigmates et les fantasmes glissent sur son corps, Fatima, elle, n'aspire qu'à une seule chose : la liberté.

  • Ahmed, 40 ans, est marocain. Il vit à Paris.
    Il écrit à sa mère, morte cinq ans auparavant, pour régler enfin ses comptes avec elle et lui raconter par la même occasion sa vie ratée d'homosexuel.
    Il envoie une lettre de rupture violente à Emmanuel, qui a changé son existence, pour le meilleur et pour le pire, en le ramenant en France.
    Par ailleurs, Ahmed reçoit des lettres de Vincent et de Lahbib.
    Un roman épistolaire pour remonter le temps jusqu'aux origines du mal.
    Un livre sur le colonialisme français qui perdure dans la vie amoureuse et sexuelle d'un jeune Marocain homosexuel.
    Abdellah Taïa est né en 1973 à Rabat. Il a publié au Seuil cinq romans, traduits en Europe et aux USA, dont Le Jour du Roi (prix de Flore 2010), Infidèles (2012) et Un pays pour mourir (2015). Il a réalisé en 2014 un long métrage à partir de son roman L'Armée du Salut.

  • L'auteur de L'Enfant de sable et de La Nuit sacrée est un grand familier de la tradition des contes et légendes, lui qui puise dans les rites et les mythes ancestraux une bonne partie de sa matière romanesque. Et c'est avec une évidente gourmandise qu'il a entrepris de réécrire dix contes de Perrault (Riquet à la houppe, Le Petit Poucet, Barbe-Bleue, La Belle au bois dormant, Les Fées, Le Chat botté, Peau d'Âne, Le Petit Chaperon rouge, Les Souhaits ridicules et Cendrillon) en les installant dans un contexte " arabe et musulman ", en les orientalisant dans le style des Mille et Une Nuits.
    La réussite est totale. Surprises en tous genres, clins d'œil et savoureux rebondissements sont au rendez-vous. Sans doute le livre le plus enchanté de Tahar Ben Jelloun.
    Tahar Ben Jelloun est né à Fès (Maroc) en 1944. Il a obtenu le prix Goncourt pour La Nuit sacrée, au Seuil, en 1987. Son dernier livre est un récit, L'Ablation, paru chez Gallimard en janvier 2014.

  • Assis à la terrasse d'un café parisien, Ali et Malika bavardent paisiblement. À les voir ainsi, jeunes et amoureux, un avenir radieux devant eux, qui pourrait croire que leur existence va bientôt basculer dans l'enfer ?Ce vain combat que tu livres au monde met en scène quatre personnages aux prises avec l'Histoire. La dérive mortelle d'un jeune Franco-Marocain de Paris à Raqqa, les réactions de son entourage, le dilemme qu'affronte sa compagne et, en arrière-plan, les événements tragiques qui ont récemment secoué l'Europe constituent la trame du récit. Fustigeant tous les fondamentalismes, mais ouvert aux points de vue les plus divers, l'auteur nous livre avec ce roman humaniste et engagé un regard indispensable sur notre temps.

  • Salé, près de Rabat. Milieu des années 80. Un adolescent pauvre court à perdre haleine. Vers son rêve, devenir metteur en scène de cinéma, vers sa star égyptienne : Souad Hosni, ailleurs, loin de son quartier, qu'il aime et déteste à la fois, qui veut le fixer dans une identité-cliché, dans la honte à jamais : le garçon efféminé. Un futur fou. Alors, il court...
    C'est sa seule force, sa seule façon d'affronter la violence de son Maroc. Détourner le regard. Dans cette course, il rencontre une bande de jeunes hommes qui essaient de le violer. La voix du muezzin appelant à la prière le sauve. Quelques instants après, il s'accroche à un poteau électrique, rencontre la mort.
    Une mélancolie arabe donne à voir et à sentir le corps possédé et poétique de ce jeune Marocain qui tombe quatre fois. À Salé. À Marrakech. À Paris. Au Caire. Il meurt. Il ressuscite. Avec ses propres images, il construit pas à pas son destin : sa vocation de créateur, son amour pour les hommes, le mystère des origines.
    Décrivant les désarrois d'un " je " en pleine bataille, Abdellah Taïa invite aussi à regarder différemment la culture d'un monde arabe qui comme lui, tombe et renaît.

  • Dans le Liban de la fin du XIXe siècle, un homme doit fuir son village à la suite d'une obscure querelle. Repartant de rien, Wakim Nassar, le proscrit, va créer dans les environs de Beyrouth, à force d'audace et de volonté, des plantations d'orangers, fonder une nombreuse famille, devenir un chef de clan, un " zaïm " craint et respecté. La Grande Maison qu'il fait construire au centre des vergers, que les gens admirent de loin, à Ayn Chir, est le symbole de sa gloire. Puis la Première Guerre mondiale, la maladie, les frasques d'un de ses fils auront raison de son éphémère empire. Les descendants de Wakim devront quitter, un à un, la Grande Maison qui menace ruine, et prendre les chemins de l'exil.
    C'est l'ascension, la grandeur puis la décadence du clan Nassar que conte ce roman haute en couleur, fertile en rebondissements, traversé de caractères hors du commun. En toile de fond défile une partie de l'histoire du pays, de l'Empire ottoman au mandat français. Un destin libanais.

  • Beyrouth, quartier de Marsad, 1964. Simone, la fille cadette de Chakib Khattar, un notable chrétien issu d'une lignée d'industriels du marbre, est enlevée par Hamid Chahine, bras droit de son père à l'usine. Ce rapt amoureux tombe au plus mal pour Chakib, obsédé par la transmission de son patrimoine et qui, face à l'incapacité ou à l'indifférence de ses héritiers légitimes, a fait de Hamid plus que son homme de confiance : une sorte de fils spirituel. Mais l'enlèvement tourne court, après que les deux amants ont tenté de se marier clandestinement. Contraint de chasser Hamid, Khattar voit progressivement se transformer le monde autour de lui. Durant les années suivantes, le Liban s'enfonce dans la guerre, entre 1975 et la fin des années 1980. Isolé, abandonné par les siens, le dernier seigneur de Marsad est désormais au cœur des convulsions d'un pays livré aux milices et au chaos.
    Le vent de l'Histoire anime cette fresque romanesque, qui est aussi une fable sur la vanité de la puissance et du pouvoir.
    Charif Majdalani est né au Liban en 1960. Depuis 1993, il enseigne les lettres françaises à l'université Saint-Joseph de Beyrouth. Il est l'auteur d' Histoire de la grande maison (Seuil, 2005), Caravansérail (Seuil, 2007) et Nos si brèves années de gloire (Seuil, 2011).

  • L'incendie

    Mohammed Dib

    Dans les montagnes apparemment paisibles de la région de Tlemcen, l'incendie fait des ravages, dans les gourbis agricoles et dans le cœur des hommes. En vacances dans sa famille, le petit Omar, effaré, assiste à cet embrasement. Les fellahs s'insurgent, se révoltent et décrètent la grève pour protester contre leur condition misérable. Pour les colons, ils deviennent des " incendiaires " tout désignés. Les arrestations commencent...
    Né en Algérie, Mohammed Dib (1920-2003) a été instituteur, puis journaliste avant de se consacrer à sa carrière littéraire. Il a obtenu le Grand Prix de la Francophonie (1994). Ses ouvrages, dont La Grande Maison, Le Métier à tisser, Un été africain, sont disponibles en Points.
    " L'audace de Mohammed Dib, c'est d'avoir entrepris comme si tout était résolu, l'aventure du roman national de l'Algérie. "
    Louis Aragon

  • L'armée du salut

    Abdellah Taïa

    Dans la maison où il est né, au Maroc, le père a sa chambre, le frère aîné la sienne. Lui dort avec sa mère et ses soeurs. Cocon familial chaleureux et sensuel. Les enfants savent tout des amours de leurs parents. Mais, par pudeur, on n'en parle pas.
    Il est adolescent lorsque son grand frère l'emmène à Tanger. Premier voyage qui lui révèle la vraie nature de ses désirs. Il se prend de passion pour cet aîné qu'il vénère et qui, tombant amoureux d'une femme, l'abandonne à son désespoir.
    Il a vingt ans. Il débarque à Genève pour poursuivre ses brillantes études. Il a tant rêvé d'Europe, de livres, de cinéma, de liberté ! C'est la solitude qu'il découvre, loin des siens. Il est séduisant, il en joue. Dès lors, comment échapper à l'image d'objet sexuel que lui renvoient les hommes qu'il rencontre, y compris ceux qui veulent son bien ?
    Abdellah Taïa a écrit l'itinéraire d'un enfant de notre siècle, en recherche d'équilibre entre la tradition marocaine et la culture occidentale, entre le désarroi et l'ambition de réussir. Il brave les hypocrisies, à la fois cru et délicat, naïf et malin, drôle et émouvant.

  • Caravansérail

    Charif Majdalani

    Au début du vingtième siècle, la rencontre d'un colonel anglais excentrique transforme Samuel Ayyad, un jeune Libanais aventureux, en une sorte de condottiere guerroyant au Darfour et au Kordofan, aux confins du Soudan et du Tchad. Un jour, sa route croise celle d'un compatriote qui transporte à travers déserts et savanes, démonté et chargé à dos de chameau, un petit palais arabe qu'il espère vendre à quelque roitelet africain épris de faste. Samuel lui achète son encombrant bagage, avec l'idée de le ramener à Beyrouth. Mais entre-temps, la Première Guerre mondiale a éclaté, et avant de revoir son Ithaque, notre moderne Ulysse vivra une Odyssée qui le mènera, à la tête de la caravane portant son palais en pièces détachées, entre pillards et patrouilles ottomanes, le long du Nil puis à travers l'Arabie et la Syrie soulevées par Fayçal et Lawrence, jusqu'aux neiges du Mont Liban.
    Ce roman s'est vu décerner le prix Tropiques 2008 de l'Agence française de développement.
    Charif Majdalani est né en 1960 à Beyrouth. Directeur, en cette ville, du département de Lettres françaises de l'Université Saint-Joseph, il avoue un goût prononcé pour le baroque et le métissage des cultures. Il est l'auteur d'un premier roman remarqué, Histoire de la Grande Maison paru en 2005 au Seuil.

  • Paris, été 2010. Zahira, une prostituée marocaine en fin de carrière, est une femme généreuse malgré les humiliations et la misère. Son ami Aziz, sur le point de changer de sexe, est dans le doute. Mojtaba, un révolutionnaire iranien homosexuel qui a fui son pays, croise son chemin et loge chez elle durant le mois du ramadan. Allal, son premier amour, va quitter le Maroc pour la retrouver.
    À travers des fragments de vie qui s'entrechoquent violemment les uns contre les autres, Un pays pour mourir suit ces émigrés, rêveurs et invisibles, dans leur dernier combat. Des destins fracassés au cœur d'un monde postcolonial où trouver sa vraie place, avoir une deuxième chance s'avère impossible.
    Abdellah Taïa est né en 1973 à Rabat. Il a publié quatre romans au Seuil, traduits en Europe et aux USA, dont Le Jour du Roi (prix de Flore, 2010) et Infidèles (2012). Il a réalisé en 2014 un long métrage à partir de son roman L'Armée du Salut.

  • Un mariage " forcé " a-t-il la moindre chance de devenir un mariage heureux ? Les catcheurs doivent-ils " tuer le père " ? Peut-on réduire l'amour à une formule mathématique ? Les sangliers sont-ils moins superstitieux que les hommes ? Avec sa verve inimitable, son imagination foisonnante et son humour décapant, qui lui valent un public toujours plus fervent, Fouad Laroui nous livre ici un recueil de cinq nouvelles drôles et poétiques autour des thèmes du mensonge et de l'absurde.

  • Dans un petit village oublié au cœur du Haut-Atlas marocain, deux policiers tentent de mener une enquête et se heurtent à la rudesse du paysage et du climat autant qu'à la simplicité frustre des habitants.
    A la fois hymne sensuel à la terre natale et vision du Maroc de l'après-décolonisation, Une enquête au pays mêle l'humour et la réflexion en confrontant deux sociétés et deux époques qui ont bien du mal à dialoguer entre elles.
    Et c'est aussi, pour Driss Chraïbi, l'occasion de dénoncer, non sans ironie, la crétinisation par la "chefferie" et les dangers d'un "progrès" occidental importé qui a tendance à détruire les valeurs traditionnelles de la société arabo-berbère.
    Driss Chraïbi (1926-2007) est né sur la côte Atlantique du Maroc. Il est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands écrivains marocains de langue française et a reçu de nombreux prix littéraires.

  • Infidèles

    Abdellah Taïa

    Slima est une prostituée marocaine. Son fils Jallal est très attaché à elle. Il l'aide à attraper les hommes, les clients, les soldats d'une base militaire. Il parle et se bat à sa place. Ensemble, ils découvrent à la télévision Marilyn Monroe, en tombent amoureux et en font leur déesse protectrice. Des années 80 à aujourd'hui, nous suivons leurs deux destins en parallèle, de la ville de Salé jusqu'au Caire, de Bruxelles à Casablanca. Purs et impurs, cette mère et son fils réinventent continuellement le sens profond de leur vie mouvementée et de leur attachement pour le Maroc, fait d'amour et de haine. Etape après étape, ils redécouvrent leur religion, l'islam, et la vivent d'une manière inédite. Ils iront jusqu'au bout de cette voie. La tombe du prophète Mohammed à Médine pour elle. L'explosion sublime pour lui.
    Réécoutez l'entretien d'Abdellah Taïa par Jean-Marie Félix dans l'émission " Entre les lignes "

  • Affamé et malmené, le jeune Omar fait l'apprentissage de la vie dans un atelier de tisserands en Algérie. Faute de jouir d'une liberté absolue et de la lumière du soleil, il écoute les interminables discussions de ses collègues, toujours à l'affût de la moindre amélioration. Comme les siens, Omar souffre de sa condition misérable, mais peut-on vraiment lui interdire d'espérer ?
    Né en Algérie (1920-2003), Mohammed Dib a été instituteur, puis journaliste, avant de se consacrer à l'écriture de poèmes et de romans. Son également disponibles en Points : Cours sur la rive sauvage, La Grande Maisons, L'Incendie, Le Maître de chasse et Un été africain.
    " Cet homme d'un pays qui n'a rien à voir avec les arbres de ma fenêtre parle avec les mots de Villon et de Péguy ".
    Louis Aragon
    " Mohammed Dib n'élève pas la voix. Sa révolte n'en est pas moins profonde, sa sensibilité à l'humiliation et à la misère humaine demeurent constantes. "
    Le Monde

  • " Adam réfléchissait. Et il n'arrivait pas à trouver de solution à cette énigme : pourquoi son corps se trouvait-il à une altitude de trente mille pieds, propulsé à une vitesse supersonique par des réacteurs conçus du côté de Seattle ou de Toulouse - très loin de son Azemmour natal, où les carrioles qui allaient au souk dépassaient rarement la célérité du mulet, où les voitures à bras n'excédaient pas l'allure du gueux se traînant de déboires en contretemps ? " Dans son style inimitable, Fouad Laroui nous entraîne à la suite de son héros - un ingénieur marocain décidé à rompre du jour au lendemain avec son mode de vie moderne et occidentalisé - dans une aventure échevelée et picaresque. Une tentative de retour aux sources semée d'embûches et à l'issue plus qu'incertaine, derrière laquelle se dessine une des grandes interrogations de notre temps : comment abattre les murs que l'ignorance et l'obscurantisme érigent entre les civilisations ?

  • Dans la lumière blanche d'un matin d'été, un homme prend l'autocar pour aller voir son fils qui ne répond plus à ses lettres.
    Dans ce voyage intime qui commence dans le Midi et qui le conduira dans une ville bâtie elle aussi au bord d'un fleuve, il se souviendra de son propre père, de la guerre, des paysages de son enfance en Algérie, de la pauvreté et de sa découverte de la mer.
    Au bout de la route, il retrouvera, derrière la vitre de l'autocar et de son existence, cette part de lui-même faite d'ombres et de silences.

  • Restés au pays ou partis à l'étranger, les jeunes Marocains, déchirés entre traditions et modernité, peinent à trouver leur place. Le problème ne se pose pas de la même manière pour les filles et les garçons, les pauvre et les riches, les érudits et les étourdis. Pourtant, tous doivent répondre à la même question : Qui suis-je ?
    Venu à Bruxelles pour acheter au meilleur prix du blé européen dont son pays a grand besoin, ce jeune fonctionnaire marocain se retrouve fort démuni quand des malhonnêtes volent dans sa chambre d'hôtel son unique pantalon. Que faire ? Où acheter, à l'aube de cette rencontre décisive, un pantalon décent ? C'est parce qu'il se présentera devant la Commission européenne, sanglé dans une défroque qui ferait honte à un clown, qu'il réussira sa mission. La métaphore est saisissante. Nous vivons une époque déraisonnable où l'image mal interprétée des choses prend immanquablement le pas sur l'implacable réalité qui nous conditionne et que personne ne veut voir. Avec cet humour décapant qui est le sien, Fouad Laroui brode sur ce thème et met en scène des personnages et des situations étonnantes. L'histoire de ce malheureux garçon qui, voulant se faire délivrer un passeport, s'aperçoit que le village où il a passé son enfance n'existe pas aux yeux de l'administration et que, du même coup, n'étant jamais né, il n'existe pas... Ou comment un édile marocain n'ayant pas réussi à construire dans son village la piscine qu'il avait promise à ses concitoyens en vient à créer le concept de " natation sèche "...

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