• En 1842, Karl Marx publie une série d'articles concernant les débats à la Diète rhénane à propos du vol de bois. Droit de propriété, liberté de la presse, rapport du délit à la peine : tels sont les enjeux de ces articles. L'essor du capitalisme entraînait alors un déplacement de la ligne de partage entre le droit coutumier des pauvres (glanage ou ramassage du bois mort) et le droit de plus en plus envahissant des propriétaires. Deux ans plus tôt, le fameux pamphlet de Proudhon Qu'est-ce que la propriété ? avait fait scandale en s'en prenant aux justifications libérales de l'appropriation privée. Plus d'un siècle et demi plus tard, les controverses en cours sur le brevetage du vivant, la propriété intellectuelle, le droit opposable au logement, etc., donnent aux questions théoriques et juridiques soulevées à l'époque une troublante actualité. À partir d'une lecture des articles de Marx, Daniel Bensaïd revient sur les sources philosophiques du débat pour en dégager les enjeux actuels. Aujourd'hui comme hier, les dépossédés se soulèvent contre la privatisation du monde et la logique glaciale du calcul égoïste. Daniel Bensaïd enseignait la philosophie à l'université Paris VIII Saint-Denis. Il a notamment publié à La Fabrique une présentation de Sur la Question juive, de Karl Marx ainsi que Tout est encore possible !

  • Marx

    Léon Trotsky

    Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part : lectures inaugurales, compagnons de tous les jours ou sources auxquelles on revient. La collection « Les Auteurs de ma vie » invite de grands écrivains d'aujourd'hui à partager leur admiration pour un auteur classique. Elle reprend le principe des « Pages immortelles », publiées dans les années trente et quarante chez Corrêa/Buchet Chastel : chaque volume se compose d'une présentation de l'auteur choisi ainsi que d'une anthologie personnelle. Ces rencontres extraordinaires, ici partagées, sont pour le lecteur de belles occasions de relectures ou de découvertes.
    1939. Leon Trotsky vient de fonder la Quatrième Internationale, mais le fascisme triomphe et il sera bientôt minuit dans le siècle. Réfugié au Mexique où il sera assassiné par les agents de Staline l'année suivante, Trotsky livre avec cet essai sur l'actualité de la pensée de Marx l'un de ses derniers textes.

  • Le rêve de l'Europe supra-étatique va-t-il se briser sur la question nationale? En Catalogne, en Écosse, en Corse et au Pays basque, des peuples affirment leur droit à vivre un destin que la mondialisation capitaliste ne peut pas satisfaire. Plus à l'Est, notamment en Ukraine et dans l'ex-Yougoslavie, la même question ébranle les dominations.
    Si le néolibéralisme unificateur bute sur ce renouveau de la question des droits des nations à disposer d'elles-mêmes, la gauche, radicale ou non, semble en peine pour offrir ses solutions. Circonstances qui ajoutent à la complexité de la question, toutes ces expressions nationalitaires ne sont pas portées par une vision émancipatrice.
    Pourtant, dès son essor, le mouvement ouvrier s'est emparé de cette question, notamment à la suite du Printemps des peuples de 1848. Parmi les principaux acteurs de la scène politique de l'époque, Friedrich Engels s'attache plus particulièrement à analyser la question nationale et produit le déconcertant concept de peuples «sans histoires», lesquels «n'ont pas été capables de constituer des États et n'ont plus suffisamment de force pour conquérir leur indépendance nationale» qu'il oppose aux nations «révolutionnaires».
    C'est cette thèse que réfute Roman Rosdolsky dans cet ouvrage resté inédit en français.

  • Liberté et propriété retrace l'histoire sociale de la pensée politique de la modernité. Sondant les grands moments politiques de cette période (la cité-État de la Renaissance, la Réforme, les empires espagnols et néerlandais, l'absolutisme français et la Révolution anglaise), Ellen Meiksins Wood pense ensemble la naissance de l'État moderne et la formation du capitalisme.

  • Perry Anderson, Edward Palmer Thompson, David Harvey, Moishe ­Postone, Derek Sayer, Simon Clarke, Robert Brenner, Ellen Meiksins Wood et David McNally : neuf penseurs importants dont l'influence grandissante marque un renouveau de l'apport de ­l'oeuvre de Marx et de ses successeurs au champ des sciences sociales. Chaque chapitre décrit le parcours intellectuel de l'une de ces figures.

  • Georges Friedmann est une figure à redécouvrir. À l´occasion du centenaire de sa naissance, le présent ouvrage retrace la trajectoire de l´homme avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Écrivain, voyageur, résistant, étranger à la tradition durkheimienne, marxiste plus spinoziste qu´hégélien, Friedmann a su faire partager ses curiosités et ses inquiétudes pour relancer la sociologie après la guerre. Dès la fin des années 40, tournant le dos à la Sorbonne, s´appuyant sur des institutions comme le CNRS et le Conservatoire National des Arts et Métiers, il met le pied à l´étrier à une nouvelle génération qui s´emploie à développer la sociologie hors de la clôture académique. À l´articulation de l´histoire intellectuelle et de l´histoire de la sociologie, ce livre est bâti en trois parties : histoire, oeoeuvres, témoignages. Il fait dialoguer ceux qui furent ses proches dans la refondation de la sociologie et les membres d´une nouvelle génération qui, n´ayant pas connu directement Georges Friedmann, se sentent plus libres pour réinterroger l´oeoeuvre.

  • L'impurete

    Larry Tremblay

    • Alto
    • 7 Septembre 2016

    La romancière à succès Alice Livingston est morte.

    Elle laisse derrière elle des lecteurs éplorés, un manuscrit inédit, un fils qui cherche à refaire sa vie le plus loin possible de son père, et son mari Antoine, incapable de pleurer sa mort et qui n'a jamais apprécié son oeuvre. Pourtant, le roman posthume de sa femme va le bouleverser et le contraindre à faire face à ses souvenirs. Et inévitablement à ses démons enfouis. Car la fiction parfois tisse entre les lignes une toile vengeresse.

    Variation d'une franchise radicale autour de la manipulation des êtres et de la fragilité des idéaux, L'impureté déploie tout l'arsenal de l'auteur de L'orangeraie et du Christ obèse.

  • This study, based on the numerous Bible references found in Aaron´s Rod (1922), Kangaroo (1923) and The Plumed Serpent (1926), shows how the constant borrowings from Bible sources voice D. H. Lawrence´s political thought. In many ways, Lawrence´s relation to the Bible recalls Nietzsche´s, however his appropriation of religious rites and sacred texts aims at questioning the political role of man in a community in terms of power and submission while positioning man in the cosmos. Still under the trauma of his war experience, Lawrence introduces characters who, mirroring his own despair, reject their native country and leave in search of a new political order. They question their relation to God, to homeland and to marital bonds, intertextual dialogism voicing their doubts. In exile, their distancing from the power of the Word, which represents European political power, increases, as does the amount of transformation the biblical text undergoes. Eventually confronted with ideologies such as Fascism and Marxism, the characters state their opinions by weaving intertextual links with the Bible. Thus, to voice his political answers, Lawrence´s writing becomes highly apocalyptic. By coupling politics and the Bible, the study offers an original reading of the so-called leadership novels which qualify as political essays.

  • Ouvrage de Nouvelles Editions Africaines du Sénégal en coédition avec NENA Pour une relecture africaine de Marx et d'Engels est le titre général donné à l'intervention du Président Léopold Sédar Senghor lors du colloque sur le libéralisme planifié et les voies africaines vers le socialisme (Tunis 1-7 juillet 1975) et à la conférence qu'il a prononcée à Brazzaville (24 février 1974)

  • Le Manifeste du Parti communiste (en allemand : Manifest der Kommunistischen Partei) est un essai politico-philosophique commandé par la Ligue des communistes (ancienne Ligue des justes), et rédigé par le philosophe allemand Karl Marx. Écrit fin 1847 et début 1848 avec la participation de son ami Friedrich Engels et publié en février 1848, il a été diffusé à l'origine sous le titre Manifeste du Parti communiste, et il a ensuite été republié sous le titre Manifeste communiste.


  • L'élimination de Jean-Luc Mélenchon et de Benoît Hamon, dès le premier tour de l'élection présidentielle de 2017, et la cuisante défaite de la gauche aux législatives prouvent plus que jamais la nécessité de l'union des forces progressistes et d'un éventuel Bad-Godesberg pour les socialistes. On peut espérer que les socialistes réformistes et les sociaux-démocrates sauront tirer les leçons de l'Histoire face à un capitalisme sournois et capable d'adaptation, sous la forme du libéralisme moderne et de la mondialisation tout en restant cependant victime d'une maladie chronique : la crise. Si l'on se penche sérieusement sur l'élimination du Parti Socialiste et de la France insoumise à l'élection présidentielle, on constatera néanmoins que la gauche s'est globalement bien défendue. L'union aurait permis de franchir au moins le cap du premier tour. Elle aurait dû éviter l'éparpil­lement de voix en se rassemblant davantage. Cela laisse supposer que les dernières défaites de la gauche sont surtout le fruit amer de l'inconscience et du manque de solidarité, voire de pragmatisme. « Il faut aller à l'idéal et comprendre le réel », disait Jean Jaurès. Après avoir confronté les idées à la pratique du pouvoir, après s'être contredit et avoir été incapable de faire la révolution, à l'exception de quelque réforme, le Parti Socialiste saurait-il révolutionner le XXIe siècle ? Deuxième édition, revue et augmentée.

  • Este libro está concebido como parte de un amplio proyecto de investigación. Parte de la premisa de que el debate en torno al concepto "pueblo" y la realidad material que éste désigna, no es un ejercicio meramente intelectual que busca responder "cuestiones histôricas muertas" fases ya pasadas que no volverân a reproducirse hoy ni en el futuro. Esto es así porque hace a la misma naturaleza de la realidad de la sociedad capitalista, en tanto modo de producciôn epocal signado por el conflicto clasista. Mientras exista lucha de clases y capitalismo, permanecerá y será reproducido el "populismo". Primer volumen de una obra gênerai cuyos propôsitos más amplios son los de analizar el conflicto entre "clase" y "pueblo" en la tradiciôn marxista suscitada después de la muerte de Engels hasta nuestros días.

  • Ce livre veut rendre à Sartre la place qui lui revient dans la critique littéraire du xxe siècle. Une place paradoxale. Il renia l'héritage de Taine et Lanson, mais ne fut pas toujours contre Sainte-Beuve. Il s'appuya sur des sciences humaines comme la psychanalyse ou le marxisme, mais au prix de leur détournement. Sartre a publié au début de sa carrière des articles de « vraie » critique commandés par des revues littéraires aussi prestigieuses que La NRF. Ils offrent, entre autres aperçus, une poétique complète du roman nouveau, bien avant les manifestes du Nouveau Roman. On y trouve un éreintement programmé de Mauriac, un compte rendu ambigu de L'Étranger de Camus, une complice référence à l'ami Paul Nizan. Dans les écrits intimes de la même période (lettres et carnets), on voit aussi à quel point Sartre fut un lecteur insatiable. Dans Qu'est-ce que la littérature ? il analysera en philosophe cet acte de lecture, préfigurant l'esthétique de la réception d'après 1970. Les manuscrits des Mots témoignent de la culture de leur auteur, et de la lutte qu'il mena pour ne pas se laisser aliéner par cet héritage livresque, obstacle au monde réel. À propos des autres ou de lui-même, Sartre s'est toujours demandé : comment devient-on écrivain au lieu de rêver d'être un « chef » ? Son rapport à De Gaulle donne un début de réponse, dans des textes où la critique tourne à la polémique politique, composante incontournable de l'oeuvre après la guerre.

  • Christophe Agogué questionne la place de l'Histoire dans une société en apparence figée politiquement et économiquement. Au travers d'exemples récents d'engagements politiques et de conceptualisations philosophiques de la liberté et du savoir, il construit avec érudition et intelligence une réflexion sur la place de l'Homme et le devenir de l'Histoire.

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