• La peste

    Albert Camus

    • Gallimard
    • 27 Avril 2012

    Suite à une épidémie de peste, les autorités décident de fermer la ville d'Oran. Les habitants s'organisent pour survivre au siège de cette maladie mortelle et en particulier le docteur Rieux. Il est l'un des premiers à identifier les symptômes de la maladie et devient une figure centrale dans l'organisation sanitaire de la ville. Parmi les autres personnages, certains seront attachants, d'autres sembleront ailleurs, d'autres reconnaîtront dans la catastrophe la main de Dieu qui punit les pécheurs. Mais finalement, ils seront tous embarqués dans une lutte sans merci. Celle de la survie.
    Christian Gonon incarne le narrateur masqué et discret de La peste. D'une voix un peu détachée, car le narrateur se veut être un témoin fidèle, il décrit au jour le jour les «faits véritables» qui se sont produits à Oran pendant le fléau. Une lecture humble et pudique au service d'un texte mythique.

  • Des souris et des hommes Nouv.

    Des souris et des hommes

    John Steinbeck

    • Gallimard
    • 19 Mai 2022

    En plein coeur de la Grande Dépression, George et Lennie, deux ouvriers agricoles, parcourent à pied la Californie en quête de travaux journaliers dans des fermes. Malgré la rudesse de leur quotidien, ils partagent le même rêve : s'offrir leur propre lopin de terre avec des animaux. Plus que tout, ils veulent croire qu'un jour ils récolteront les fruits de leur labeur.
    Pourtant, tout oppose ces deux hommes : Lennie est un colosse à l'esprit simplet qui adule les bestioles au pelage doux, tandis que George s'avère lucide et malin. Ils sont néanmoins inséparables et George veille sur son acolyte qui ne sait pas toujours maîtriser sa force. Souvent, Lennie dérape, et les deux hommes s'empressent de plier bagage.
    Lorsqu'ils sont embauchés un mois entier dans un ranch de la vallée de Salinas, ils sont convaincus que, cette fois, ils réuniront le pactole nécessaire à leur rêve. Or c'était compter sans les oeillades ravageuses de l'épouse du jeune patron, qui n'annoncent rien de bon.

    Des souris et des hommes est un monument de la littérature américaine qui interroge brillamment les thèmes de l'injustice et du destin. Mais c'est avant tout le portrait d'une amitié insolite et bouleversante qui nous dévoile une Amérique encline à engendrer un monde d'exclus.

  • La chute

    Albert Camus

    • Gallimard
    • 18 Décembre 2012

    Une nuit de novembre, à Paris, Jean-Baptiste Clamence, traversant un pont sur la Seine, entend le cri d'une femme qu'il vient de croiser. Celle-ci s'est jetée dans le fleuve et se noie. Il continue son chemin et ne fait rien pour la sauver. Mais comment continuer à vivre après? Le mur des certitudes d'une vie riche et brillante se lézarde. Jean-Baptiste Clamence sombre. Après maintes expériences pour tenter d'oublier cette funeste rencontre, ce cri déchirant, cette existence à jamais disparue, il se retire dans un bar à matelots d'Amsterdam où il devient juge-pénitent. François Berland est le lecteur de ce long et admirable monologue. Il est Jean-Baptiste Clamence, ancien avocat de renom qui se livre à une confession sous forme de prise de conscience. Une lecture sobre et poignante.

  • La source de l'amour-propre

    Toni Morrison

    • Christian bourgois
    • 3 Octobre 2019

    La Source de l'amour-propre réunit une quarantaine de textes écrits par Toni Morrison au cours des dernières décennies, où se donne à lire, dans toute son évidence, sa généreuse intelligence. Elle s'implique, débat, ou analyse des thèmes aussi variés que le rôle de l'artiste dans la société, la question de l'imagination en littérature, la présence des Afro-Américains dans la culture américaine ou encore les pouvoirs du langage. On retrouve dans ces essais ce qui fait également la puissance de ses romans : l'examen des dynamiques raciales et sociales, sa grande empathie, et son pragmatisme politique.
    La Source de l'amour-propre est à la fois une porte d'entrée dans l'oeuvre de Toni Morrison et une somme où se donne à lire l'acuité combative de son autrice. C'est aussi, dans un style dont la vigueur ne cesse de nous éblouir, un puissant appel à l'action, au rêve, à l'espoir.

  • Les nourritures terrestres ; les nouvelles nourritures

    André Gide

    • Gallimard
    • 6 Juillet 2012

    "Nathanaël, je t'enseignerai la ferveur. Une existence pathétique, Nathanaël, plutôt que la tranquillité. Je ne souhaite pas d'autre repos que celui du sommeil de la mort. J'ai peur que tout désir, toute énergie que je n'aurais pas satisfaits durant ma vie, pour leur survie ne me tourmentent. J'espère, après avoir exprimé sur cette terre tout ce qui attendait en moi, satisfait, mourir complètement désespéré."

  • La symphonie pastorale

    André Gide

    • Gallimard
    • 27 Avril 2012

    Enregistrement historique de 1956 de Jean Topart.

    "C'est en 1919 que paraît La Symphonie pastorale. André Gide, en ce début du XXe siècle, est l'une des figures les plus importantes de la littérature.
    Malgré une enfance protestante et rigide, ainsi qu'une vie personnelle difficile, il est de ces écrivains révolutionnaires et géniaux qui bouleversent une époque par la force de leur seul Verbe. Au fil du journal d'un pasteur du Jura qui se découvre des sentiments troubles pour sa fille adoptive, Gide nous livre une féroce et acerbe critique de tout un monde, fondé selon lui sur l'hypocrisie, le mensonge et le mysticisme.
    Dans cette comédie dramatique, il fait naître sous sa plume des personnages fascinants, tant par leur simplicité et leur naturel que pour tout ce qu'ils évoquent en nous. André Gide sait tout des faiblesses des hommes et il nous en livre sa vision.
    Jean Topart, a débuté sa carrière dès 1948, puis a participé à l'aventure du Théâtre National Populaire avec Jean Vilar. Pour cet enregistrement radiophonique de 1956, il prête sa voix au pasteur, dont le Journal lucide et déchiré emplit la Symphonie pastorale. Son inimitable phrasé transcende la prose de Gide en une oeuvre poignante. Sa voix grave colle au texte pour offrir une autre forme de perception du récit. Elle place l'auditeur au coeur même du drame qui se noue et fait de lui un témoin troublé et fasciné."
    Guillaume Leclère et Claude Colombini Frémeaux

  • L'exil et le royaume

    Albert Camus

    • Gallimard audio
    • 8 Novembre 2018

    'Dans les épaisseurs de la nuit sèche et froide, des milliers d'étoiles se formaient sans trêve et leurs glaçons étincelants, aussitôt détachés, commençaient de glisser insensiblement vers l'horizon. Janine ne pouvait s'arracher à la contemplation de ces feux à la dérive. Elle tournait avec eux, et le même cheminement immobile la réunissait peu à peu à son être le plus profond, où le froid et le désir maintenant se combattaient.' La Femme adultère.

    Six nouvelles lues avec talent par six acteurs de la Comédie-Française.

  • Le chant de Salomon

    Toni Morrison

    • Christian bourgois
    • 5 Novembre 2020

    On le surnomme « Laitier » parce que sa mère a continué de lui donner le sein en cachette jusqu'à ses trois ou quatre ans. Son vrai nom, c'est Macon Mort, le même que son père. Il vit dans le Nord, dans la région des Grands Lacs. Mû par la recherche d'un trésor enfoui, dit-on, dans une grotte, Laitier entreprend un voyage vers le Sud, d'où est originaire sa famille. C'est là qu'il découvrira son histoire familiale, que seule une comptine chantée par les enfants d'un village a conservée. Une comptine racontant la légende de Salomon qui s'envola pour retourner en Afrique, et qui laissa tomber le bébé qu'il portait dans ses bras.
    Publié en 1977 aux États-Unis et en 1996 en France, Le Chant de Salomon est le troisième roman de Toni Morrison, et celui qui l'a solidement installée sur la scène littéraire américaine. Excellente introduction à son oeuvre selon l'Académie suédoise, qui décerna à son autrice le prix Nobel en 1993, il est réédité augmenté d'une préface de Christiane Taubira.

  • L'espoir

    André Malraux

    • Gallimard
    • 3 Août 2012

    Le livre de Malraux reflète fidèlement le désarroi, les promiscuités et les atrocités d'une révolution ; mais il en exprime aussi la conscience, le sens, le mouvement souterrain. Et c'est parce qu'il ne cache rien des horreurs et des niaiseries de la guerre civile, qu'il charge son titre d'une valeur singulière. Voici les fautes, voici les sots, les mercenaires, les guerriers, voici le doute qui prend le plus résolu quand, à l'instant de mourir, il sent que son corps était beau ; mais voici cette attente, cet appel, cette recherche, on ne sait au juste de quoi, de quelque chose qui efface le passé, d'une communion plus intime dans le danger, la lutte, la souffrance, d'une patrie, d'une gestation, d'une justification par le sacrifice ; - l'espoir.

  • L'élégance des molécules

    Jean-Pierre Sauvage

    • Humensciences
    • 16 Mars 2022

    Par quel miracle l'Homme peut-il créer des assemblages moléculaires complexes et d'une grande beauté qui présentent des propriétés proches de celles des molécules de la vie ? C'est la prouesse accomplie par l'auteur et son équipe. Après tout, pourquoi s'en étonner ? La chimie permet de fabriquer presque n'importe quelle molécule : antibiotiques, anticancéreux, antiviraux, anti-inflammatoires, matériaux pour l'électronique et l'informatique, composés pour l'agrochimie... Toutes ces applications essentielles pour l'humanité sont dues à la « synthèse moléculaire » et non à la nature. Ce livre écrit par un Prix Nobel de chimie est à la portée de tous parce qu'il invite au rêve autant qu'à la réflexion, tout en racontant l'histoire de l'un de nos plus grands chercheurs actuels. Une ode à la vie, un plaidoyer pour la curiosité.

  • La mort heureuse

    Albert Camus

    • Gallimard
    • 7 Décembre 2012

    « Je suis certain qu'on ne peut être heureux sans argent. Voilà tout. Je n'aime ni la facilité ni le romantisme. J'aime à me rendre compte. Eh bien, j'ai remarqué que chez certains êtres d'élite il y a une sorte de snobisme spirituel à croire que l'argent n'est pas nécessaire au bonheur. C'est bête, c'est faux, et dans une certaine mesure, c'est lâche. »

  • Les Caves du Vatican

    André Gide

    • Gallimard
    • 21 Juin 2012

    "- Eh bien ! voilà, commença Valentine après qu'Arnica se fut assise : Le pape...
    - Non ! Ne me dites pas ! fit aussitôt Mme Fleurissoire, étendant la main devant elle ; puis, poussant un faible cri, elle retomba en arrière, les yeux clos.
    - Ma pauvre amie ! ma pauvre chère amie, disait la comtesse...
    Enfin Arnica ouvrit un oeil et murmura tristement :
    - Il est mort ?
    Alors Valentine, se penchant vers elle, lui glissa dans l'oreille :
    - Emprisonné."

  • Paludes

    André Gide

    • Gallimard
    • 6 Juillet 2012

    Paludes, ou la semaine au jour le jour d'un littérateur en mal de voyage. Dans le microcosme étrangement fidèle que nous restitue le récit d'André Gide, domine la figure de Tityre, berger de tous les temps, habitant des marécages où fourmille une vie insolite. Mais quel est au juste ce Tityre, qui se nourrit de vers de vase, faute de pêches plus consistantes ? Richard, peut-être, l'orphelin besogneux par nécessité et pauvre par vertu, dévoué jusqu'à épouser une femme "par dignité, sans amour". Ou, plus simplement, le narrateur - cet amoureux - fou du changement qui, le coeur en fête, part en voyage avec Angèle mais ne va pas plus loin que Montmorency. Puisque, quelle que soit la direction choisie, l'individu revient toujours sur soi-même. "

    "Recommencer ma vie ? s'interrogeait Gide dans son Journal. Je tâcherais tout de même d'y mettre un peu plus d'aventure."
    Sous le couvert d'un dilettantisme savant, d'une fantaisie contrôlée avec art, voici le journal d'un homme qui dirigeait ses journées avec une enchantement mesuré et le sens aigu de la cadence. Faussement négligent, le ton ne manque en effet ni d'harmonie ni d'humour. Au besoin, l'auteur se livre à une satire décapante des gens de lettres, du philosophe au bel esprit.

  • Si le grain ne meurt

    André Gide

    • Gallimard
    • 6 Juillet 2012

    "Le motif secret de nos actes, et j'entends : des plus décisifs, nous échappe ; et non seulement dans le souvenir que nous en gardons, mais bien au moment même. Sur le seuil de ce que l'on appelle : péché, hésitais-je encore ? Non ; j'eusse été trop déçu si l'aventure eût dû se terminer par le triomphe de ma vertu - que déjà j'avais prise en dédain, en horreur. Non ; c'est bien la curiosité qui me faisait attendre..."

  • Le tendre narrateur ; conférence du Nobel

    Olga Tokarczuk

    • Noir sur blanc
    • 1 Octobre 2020

    Le discours du Nobel d'Olga Tokarczuk, dont la parole est à la fois lucide et porteuse d'espérance.
    La complexité grandissante du monde, l'interdépendance largement insoupçonnée de tous ses éléments, voilà qui exige, selon Olga Tokarczuk, « de nouvelles façons de raconter le monde ». Et si les deux premières décennies du siècle ont été le triomphe des séries télé, il est certain que la littérature n'a pas dit son dernier mot. Elle est la mieux à même de travailler à partir de fragments, de révéler un spectre plus large de la réalité, pour autant qu'elle se libère du vieux moi-narrateur.
    Le « tendre narrateur », c'est l'invention d'une quatrième personne du sujet, une voix à la fois impersonnelle et douée de tendresse, « la plus modeste forme de l'amour », celle qui permet de porter attention à tout ce qui n'est pas soi - les autres, les animaux, les éléments -, avec la conscience « un peu mélancolique » d'une communauté de destin.
    Suivi d'un texte intitulé Comment les traducteurs sauvent le monde, et d'un inédit sur la période du confinement, La Fenêtre, dans lequel l'auteure expose les craintes et les espoirs que lui inspire l'avenir.
    Prix Nobel de littérature, Olga Tokarczuk a reçu le Man Booker International Prize 2018 pour Les Pérégrins. Traduit en français en 2010 chez Noir sur Blanc, ce roman avait été couronné par le prix Niké (équivalent polonais du Goncourt), un prix que, chose rarissime, l'auteure a une nouvelle fois reçu pour son monumental roman : Les Livres de Jakób.
    Née en Pologne en 1962, Olga Tokarczuk a étudié la psychologie à l'Université de Varsovie. Romancière polonaise la plus traduite à travers le monde, elle est reconnue à la fois par la critique et par le public. Sept de ses livres ont déjà été publiés en France : Dieu, le temps, les hommes et les anges ; Maison de jour, maison de nuit (Robert Laffont, 1998 et 2001) ; Récits ultimes, Les Pérégrins et Sur les ossements des morts (Noir sur Blanc, 2007, 2010, 2012) ; Les Enfants verts (La Contre-allée, 2016) ; et enfin Les Livres de Jakób (Noir sur Blanc, 2018).

  • En avoir ou pas

    Ernest Hemingway

    • Gallimard
    • 8 Mai 2012

    Comme il se tenait là, avec la mitraillette dans sa main gauche, jetant un regard circulaire avant de refermer le panneau à l'aide du crochet terminant son bras droit, le Cubain qui était allongé à bâbord et qui avait reçu trois balles dans l'épaule se mit sur son séant, visa soigneusement et lui envoya une balle dans le ventre.

  • "Ah ! Que n'étais-je venu simplement en touriste ! ou en naturaliste ravi de découvrir là-bas quantité de plantes nouvelles, de reconnaître sur les hauts plateaux la scabieuse du Caucase de mon jardin... Mais ce n'est point là ce que je suis venu chercher en U.R.S.S. Ce qui m'y importe c'est l'homme, les hommes, et ce qu'on en peut faire, et ce qu'on en a fait. La forêt qui m'y attire, affreusement touffue et où je me perds, c'est celle des questions sociales. En U.R.S.S. elles vous sollicitent, et vous pressent, et vous oppressent de toutes parts."

    Lors de son voyage en U.R.S.S., André Gide découvre, derrière le faux enthousiasme collectif, une entreprise constante de désindividualisation. Retour de l'U.R.S.S., publié en 1936, puis l'année suivante les Retouches firent sensation. Les deux livres restent un témoignage capital.

  • Les grands discours des prix nobel de la paix

    Alain Frerejean

    • Archipoche
    • 9 Septembre 2021

    Ce recueil, réalisé par l'historien Alain Frerejean, réunit les discours les plus marquants des lauréats du prix Nobel de la Paix, depuis sa création en 1901. Autant de témoignages de courage, d'engagement, de sacrifice et de persévérance.
    D'abord réservé à des lauréats dévoués à enrayer des guerres, à y mettre un terme ou à en atténuer les désastres, le prix Nobel de la paix a honoré, depuis 1901, 107 individus et 18 institutions ou associations telles que la Croix-Rouge, Médecins sans frontières ou le Programme alimentaire mondial (2020).
    Depuis 1953 et Albert Schweitzer, il est parfois décerné à des défenseurs des droits de l'homme (Martin Luther King, Andreï Sakharov, Liu Xiaobo...), des femmes (Shirin Ebadi, Wangari Maathai, Denis Mukwege...), des enfants (Kailash Satyarthi, Malala Yousafzai...) ou des pauvres (Mère Teresa, Muhammad Yunus...).
    Cette anthologie présente les discours de 45 lauréats de 26 pays diff érents, sur quatre continents. Certains ont fait preuve non seulement d'humanité et d'énergie, mais aussi d'initiatives extraordinaires, tel le Norvégien Fritjof Nansen qui, de 1920 à 1922, procura une terre d'accueil aux millions de personnes expulsées de leur patrie par la guerre.
    D'Henry Dunant (1901) à Nelson Mandela (1993), ces textes racontent cent vingt ans d'Histoire et prouvent que des individus, même dénués de pouvoir politique, sont capables d'arracher leurs semblables au malheur et à la misère

  • La bascule du souffle

    Herta Müller

    • Gallimard
    • 27 Avril 2012

    Nous sommes en Roumanie, en janvier 1945 : la population germanophone de Transylvanie vit dans la peur de la déportation. Cette mesure, exigée par le nouvel allié soviétique de Bucarest, vise une population soupçonnée d'avoir soutenu l'Allemagne nazie pendant la guerre. Le jeune Léopold sait qu'il est sur la liste. Il prépare sa petite valise, des affaires chaudes, quelques livres, puis, quand la police roumaine vient le chercher à trois heures du matin, par - 15° C, il reçoit les mots de sa grand-mère 'Je sais que tu reviendras' comme un viatique.
    L'usine de charbon, la tuilerie, la cimenterie, des baraquements élémentaires, une ration de pain et deux rations de soupe par jour, les diarrhées et les poux : tel sera le quotidien de Léopold pendant cinq ans. La Bascule du souffle nous invite à lire la chronique terrifiante de ces années de froid, de faim et de découragement qui tuent dans un camp de travail en Russie. Mais la singularité du livre de Herta Müller réside dans sa faculté incomparable de transcender le réel, de l'illuminer de l'intérieur. Sous sa plume, le camp devient un conte cruel, une fable sur la condition humaine. Ici les arbres parlent, le ciment boit, la pendule a mal à son ressort cassé, la faim voyage dans le corps d'un ange, et le coeur, dans une pelle.
    Herta Müller souhaitait écrire ce livre à quatre mains avec le poète germano-roumain Oskar Pastior - le modèle de Léopold - mais ce projet fut interrompu par sa mort. La prose de Herta Müller, poétique et maîtrisée, sèche et puissante, toujours surprenante, lui rend hommage de la plus belle manière qui soit. Certes, La bascule du souffle aborde un tabou historique, mais s'impose surtout comme une oeuvre de portée universelle. Un événement bouleversant.

  • Corydon

    André Gide

    • Gallimard
    • 21 Juin 2012

    Corydon, dont l'édition originale date de 1911, se présente d'abord comme un essai de clarification "franc sans paraître cynique et naturel avec simplicité" sur le sujet de l'uranisme.
    S'appuyant sur Montaigne et Pascal, prenant comme prétexte le livre de Léon Blum, Du mariage, Gide souligne le rôle civilisateur de la pédérastie : "La décadence d'Athènes commença lorsque les Grecs cessèrent de fréquenter les gymnases." Néanmoins, il se défend de prononcer son apologie : se laisse tenter qui le veut bien.
    Aussi, dans ces pages qui ne visent pas à l'audace mais à l'honnête examen d'un état de fait qui dure depuis la plus haute antiquité, André Gide aura-t-il combattu pour que l'homosexualité ne fasse pas de l'homme un "contrebandier" de la cité, réprouvé aux yeux du monde comme un rebut de la morale. Et par-dessus tout, transperce une joie de vivre et d'assumer son individualité telle qu'elle est. À l'image de ces quatre dialogues avec Corydon, le médecin des âmes, Gide aura enfin démontré la prééminence des rapports sans équivoque entre les êtres.

  • La séquestrée de Poitiers

    André Gide

    • Gallimard
    • 6 Juillet 2012

    Le 22 mai 1901, le procureur général de Poitiers apprend par une lettre anonyme que Mlle Mélanie Bastian, cinquante-deux ans, est enfermée depuis vingt-cinq ans chez sa mère, veuve de l'ancien doyen de la faculté des lettres, dans une chambre sordide, parmi les ordures. Comment cette affaire, où la culpabilité de Mme Bastian et de son fils semble évidente, put-elle aboutir à l'acquittement des inculpés ?
    André Gide démonte magistralement le dossier de cette affaire devenue légendaire. Et il conclut : "Ne jugez pas."

  • Thésée

    André Gide

    • Gallimard
    • 12 Juin 2012

    "Il m'est doux de penser qu'après moi, grâce à moi, les hommes se reconnaîtront plus heureux, meilleurs et plus libres."

    Ce Thésée, vieux et sage, calme enfin devant son destin, n'est-ce pas un peu André Gide, arrivé à l'heure du bilan ? Thésée a été audacieux, aventureux pour le bien des hommes. Il a échappé aux pièges du Labyrinthe. Il a fondé Athènes, capitale de l'esprit. Et surtout, il est toujours demeuré clairvoyant.

  • La vie libre - discours de reception du prix nobel d albert

    Camus/Lemaitre

    • Editions de l'aube
    • 20 Novembre 2020

    En 1957, Albert Camus reçoit le prix Nobel de littérature. Il prononce à Oslo un discours personnel, puissant, engagé, qui marque les esprits. Il y évoque notamment l'idée qu'il se fait de la littérature et du rôle de l'écrivain. Il revient sur le mythe de l'écrivain solitaire (« L'art n'est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d'émouvoir le plus grand nombre d'hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l'artiste à ne pas s'isoler ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. ») et sur son engagement (« Par définition, il ne peut se mettre aujourd'hui au service de ceux qui font l'histoire : il est au service de ceux qui la subissent. ») Aujourd'hui comme hier, ses mots sonnent si juste...

    Albert Camus naît à Mondovi, en Algérie, en 1913. Pendant la seconde guerrre mondiale, il intègre un mouvement de résistance à Paris, puis devient rédacteur en chef du journal Combat à la Libération. Romancier, dramaturge et essayiste, il signe notamment L'étranger (1942) et La Peste (1947). Il meurt en 1960 dans un accident de voiture.

  • Isabelle

    Andre Gide

    • Gallimard
    • 7 Août 2012

    "Mon amour, voici ma dernière lettre... Vite ces quelques mots encore, car je sais que ce soir je ne pourrai plus rien te dire ; mes lèvres, près de toi, ne sauront plus trouver que des baisers. Vite, pendant que je puis parler encore, écoute : Onze heures c'est trop tôt ; mieux vaut minuit. Tu sais que je meurs d'impatience et que je m'exténue, mais pour que je m'éveille à toi il faut que toute la maison dorme. Oui, minuit ; pas avant. Viens à ma rencontre juqu'à la porte de la cuisine..."

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