Langue française

  • Jules Verne (1828-1905)

    "Lorsque tous les deux descendirent en gare de Cette - train de Paris à la Méditerranée - Marcel Lornans, s'adressant à Jean Taconnat, lui dit :
    « Qu'allons-nous faire, s'il te plaît, en attendant le départ du paquebot ?...
    - Rien, répondit Jean Taconnat.
    - Cependant, à s'en rapporter au Guide du Voyageur, Cette est une ville curieuse, bien qu'elle ne soit pas de haute antiquité, puisqu'elle est postérieure à la création de son port, ce terminus du canal du Languedoc, dû à Louis XIV...
    - Et c'est peut-être ce que Louis XIV a fait de plus utile pendant toute la durée de son règne ! répliqua Jean Taconnat. Sans doute, le Grand Roi prévoyait que nous viendrions nous y embarquer aujourd'hui, 27 avril 1885...
    - Sois donc sérieux, Jean, et n'oublie pas que le Midi peut nous entendre ! Ce qui me paraît sage, c'est de visiter Cette, puisque nous sommes à Cette, ses bassins, ses canaux, sa gare maritime, ses douze kilomètres de quais, sa promenade arrosée par les eaux limpides d'un aqueduc...
    - As-tu fini, Marcel, de me réciter du Joanne ?...
    - Une ville, continua Marcel Lornans, qui aurait pu être une Venise...
    - Et qui s'est contentée d'être un petit Marseille ! riposta Jean Taconnat."

    Dans le port de Cette (Sète), l'Argèlès est prêt à larguer les amarres pour rejoindre l'Algérie. Jean Taconnat et son cousin Marcel Lornans s'embarquent pour s'engager dans les chasseurs, à Oran. Ils rencontrent M. et Mme Désirandelle, accompagnés de leur fils Agathocle, qui se rendent également à Oran pour organiser le mariage d'Agathocle avec Louise Elissane. C'est l'heure du départ et... il manque un passager, au grand dam de M. et Mme Désirandelle : leur ami Clovis Dardentor !

  • Guy de Maupassant reste pour beaucoup le chantre de la Normandie. Pourtant l'Algérie, qu'il visita à quatre reprises (1881, 1887, 1888, 1890), est très présente dans son oeuvre : "Au soleil", "Marocca" ou encore "Mohamed fripouille".
    C'est en tant que reporter pour la revue "Le Gaulois" qu'il effectua son premier voyage afin de couvrir le soulèvement des Ouled-Sidi-Cheikh, dans la province oranaise.
    Son constat est assez sévère envers la politique et la gestion de l'Algérie.
    Cette édition d'"Au soleil"est celle de 1884.

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