• Kyra Kyralina

    Panait Istrati

    Kyra Kyralina | Les Récits d'Adrien Zograffi | est un recueil de nouvelles de l'écrivain roumain de langue française Panaït Istrati, paru en 1924.

    1-STAVRO LE FORAIN
    2-KYRA KYRALINA
    3-DRAGOMIR

    Extrait
    |...Dans la Tchétatzoué, on était chez ma mère, nous ne fichions rien de tout le jour, on s'amusait... L'hiver, on buvait du thé, l'été des sirops, et toute l'année on mangeait des cadaïfs, des saraïliés, on buvait du café, on fumait des narguilés, on se maquillait et on dansait...
    C'était une belle vie...
    Oui, c'était une belle vie, sauf les jours où le père ou son fils ou bien les deux faisaient irruption au milieu de la fête et assommaient la mère, assénaient des coups de poings à Kyra, et me cassaient leur bâton sur la tête, car maintenant je faisais moi aussi partie de la danse. Comme nous parlions couramment le turc, ils appelaient les deux femmes des patchaouras et moi, kitchouk pézévéngh. Les deux malheureuses se jetaient aux pieds de leurs tyrans, leur enlaçaient les jambes et les priaient de ménager leurs visages :
    « Pas sur le visage ! » criaient-elles , au nom du Seigneur et de la sainte Vierge, ne frappez pas la figure !... Ne touchez pas aux yeux !... Pardon !... »
    Ah ! la figure, les yeux, la beauté de ces deux femmes !... Il n'en existait pas une qui eût pu leur tenir tête !... Elles avaient des cheveux d'or, et longs jusqu'aux jambes , le teint blanc , les sourcils, les cils et les prunelles noirs comme l'ébène...|

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Panaït Istrati. "Les chardons du Baragan" est sans doute l'oeuvre qui illustre le plus parfaitement, tant par les thèmes que par l'écriture, ce que Panaït Istrati a apporté d'unique à la littérature française. Roman d'apprentissage d'un enfant de la plaine du Baragan, en Valachie, qui, à la suite de son père, un pauvre marchand ambulant, sillonne les campagnes de la Roumanie encore presque féodale du début du XXe siècle, "Les chardons du Baragan" est aussi une sorte de roman picaresque exotique d'une étonnante puissance. Dans un français dépouillé de toute rhétorique, qui fait lever des images pleines de couleur et de relief, Panaït Istrati mêle le lyrisme et le réalisme, révèlant jusqu'à l'âme un monde de dénuement et de sauvagerie hanté par de splendides légendes et écrasé par les traditions de la servitude, mais qu'un incident fait basculer en un instant de la résignation désespérée dans la révolte.

  • En couverture du numéro d'automne de la revue Nuit blanche, retrouvez la romancière et poétesse Judy Quinn dont le septième livre L'homme-canon vient de paraître. Bruno Lemieux l'a rencontrée. L'écrivain Renaud Longchamps, lui, poursuit sa réflexion sur la genèse de son oeuvre entamée dans le numéro précédent. La rubrique « Écrivains méconnus du XXe siècle » est consacrée à Panaït Istrati et celle sur les « Écrivains franco-canadiens » à Michel Ouellette. Puis, François Ouellet vous invite à découvrir Eudore Évanturel, poète canadien-français de la fin du XIXe siècle, un peu précurseur de Nelligan, un peu précurseur de la poésie moderne. Refroidi par la critique, il n'aura publié qu'un seul recueil, Premières poésies. 1876-1878. Enfin, retrouvez plusieurs critiques d'ouvrages récemment parus, une entrevue de Michèle Bernard avec Viveca Sten, prolifique autrice suédoise, anciennement avocate, et une discussion des écrits de la romancière Caroline Vu par Catherine Voyer-Léger.

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