Langue française

  • 'Au fond, on ne peut rien dire de la sensation, sinon qu'elle nous comble. Mais quel vide en nous remplit-elle ? Que peut-on dire du parfum d'une fleur, sinon qu'il nous enchante ? Il n'a pas été créé pour nous et nous en prenons pourtant notre part, d'autant plus fortement peut-etre que, contrairement ´r l'insecte, nous trouvons en lui un univers libéré de la nécessité. De quelle harmonie le corps est-il le temple qui, si nous étions un peu plus s"urs de nous et plus attentifs aux sensations qui nous traversent, pourrait nous faire pressentir la nature de ce que sont les dieux ?'
    Ce livre, écrit dans la tradition de l'érudition libertine, recherche les traces d'un certain savoir fondé sur les sens. En une suite de digressions apparemment capricieuses, créant tout un réseau d'échos entre chaque thcme, il chemine, de la statue de marbre de Condillac aux cires de la Specola de Florence, du clavecin de Diderot ´r un sex-shop de la rue Saint-Denis, d'une gravure de Rembrandt ´r une peinture de Vermeer. C'est bien de rencontres qu'il s'agit, dessinées comme 'en passant' d'un trait lumineux. C'est aussi un roman d'apprentissage, ou l'auteur retrouve une identité et un nom.

  • Plutarque raconte que, des sept mille Athéniens faits prisonniers durant les guerres de Sicile, échappcrent aux travaux forcés dans les latomies, et donc ´r la mort, ceux qui surent réciter ´r leurs vainqueurs Grecs comme eux, quelques vers d'Euripide.
    Les nazis n'appliqucrent pas ce trait de clémence antique aux déportés des camps. Citer Goethe ou Schiller ne fut ´r ces derniers d'aucun secours.
    Pourtant la mémoire - la culture - joua un rôle majeur dans le destin des déportés. Savoir par cur un pocme met ´r l'abri du désastre. Ce que l'on garde en esprit, aucune Gestapo, aucune Guépéou, aucune C.I.A. ne peut vous le retirer.
    En septembre 1944, le peintre Zoran Music est déporté ´r Dachau. Il y réalise, au risque de sa vie, une centaine de dessins décrivant ce qu'il voit : les sccnes de pendaison, les fours crématoires, les cadavres empilés par dizaines, c'est-´r-dire l'indescriptible.
    Plus que la formule trop citée d'Adorno sur Auschwitz, la question que pose ce livre est la suivante : que pouvait alors la mémoire contre la mort, l'art contre l'indicible ? Non pas 'aprcs', mais dans le quotidien de la vie des camps ? Que peut-elle aujourd'hui dans une modernité qui, par son déni de la culture au nom de l'égalitarisme, et par sa tentation, au nom du progrcs biologique, de légaliser l'euthanasie et l'eugénisme, semble souscrire au nomos de la vie concentrationnaire meme ?

  • D'ou l'art moderne peut-il tirer cette impunité qui le met ´r l'écart du jugement, le délivre de l'obligation d'etre utile, le soustrait au devoir de rendre des comptes ´r la communauté ? L'artiste serait-il l'homme qui ne répond de rien ?
    Cette impunité est liée au privilcge accordé depuis un siccle ´r l'avant-garde censée incarner le progrcs et la révolution. L'analyse historique de Jean Clair montre que l'avant-garde s'est non seulement modelée sur les utopies politiques d'extreme droite autant que d'extreme gauche, mais qu'elle en a aussi fourni les principaux articles de foi. Elle a partagé leur violence, leur haine de la culture et, finalement, depuis les années soixante, érigé le dogme anti-humaniste en programme d'action.
    Au moment ou s'épuise, avec la notion meme d'avant-garde, la créativité qui était supposée lui etre liée, les artistes revendiquent le double avantage d'incarner l'insoumission aux pouvoirs publics tout en se faisant largement subventionner par eux.
    Cet essai retrace la généalogie d'une perversion. Il s'inscrit dans la discussion, voire la polémique, ouverte depuis quelque temps sur la nature de l'art contemporain et les critcres de son jugement.

  • Masud Khan, La main mauvaiseJ.-B. Pontalis, Non, deux fois nonMarie Moscovici, Le temps incorporéFrançois Gantheret, De l'emprise ´r la pulsion d'empriseRoger Dorey, La relation d'empriseMichel Schneider, Il pense, donc je suisPierre Fédida, Le cauchemar du moiMonique Schneider, La dérision du propreNadine Fresco, La diaspora des cendresEugcne Enriquez, Molle emprise et charme discret de l'éducation démocratiqueJean-Claude Lavie, RefluxNicole Berry, La monotonieLaurence Apfelbaum, L'amour ´r contrecur [Laurence Igoin :]Christopher Bollas, Comment l'hystérique prend possession de l'analysteP.-F. De Queiroz-Siqueira, Emprise de quoi?

  • J.-B. Pontalis, Une idée incurableGeorges Canguilhem, Une pédagogie de la guérison est-elle possible?Norbert Bensadd, Autrement le memeSerge Bonfils, L'homme guéri et les avatars de la guérisonRoberte N. Hamayon, Soigner le mort pour guérir le vifDaniel Widlöcher, L'hystérie dépossédéeMichel de M'Uzan, La bouche de l'inconscientHerman Nunberg, Du désir de guérisonMasud Khan, Frustrer, reconnaître et faire défaut dans la situation analytiqueVictor Smirnoff, ... Et guérir de plaisirJean-Claude Arfouilloux, Guérir malgré FreudJean-Claude Lavie, Guérir de quoi?François Gantheret, TPer via di levaretHélcne Chaigneau, Espace de guérison et temps d'une vieJean-Michel Labadie, Un double défiJean Starobinski, Le remcde dans le mal

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