Presses Universitaires de France

  • Les relations entre souverains sont-elles d'essence guerrière ? L'affrontement direct, le mode privilégié de règlement des conflits ? Et, finalement, les expériences de rapprochement, de simples trêves ? La plus longue période d'apaisement entre les deux Grands du XVIe siècle, consécutive à la paix de Cateau-Cambrésis (1559), apporte des réponses inattendues. Avec le déclenchement des guerres de Religion, le rapport de force entre les rois de France et d'Espagne, demeurés rivaux pour la prééminence en Europe, devient nettement favorable au second. Dans ce contexte instable se révèle également une volonté mutuelle d'entretenir leur amitié. Lien politique et social plus qu'affectif, elle est alors fondée sur l'entraide. Une association dynastique, des efforts conjoints contre la Réforme et le choix de trancher les différends à l'amiable ou de les éluder en ont été les piliers. Dans l'amitié réside toute la particularité de l'Europe des princes : devant s'accorder avec l'intérêt de chacun, elle n'adopte que la forme des rapports intimes et profonds exaltés par Montaigne, tout en se distinguant fondamentalement de la realpolitik contemporaine. Non seulement elle imprime sa marque à l'ensemble des actes de la diplomatie, mais l'amitié incarne aussi l'idéal des relations entre les souverains chrétiens, voués à s'unir et à s'aimer.

  • Où en sont les droites en Europe ? C'est à cette question que ce livre propose d'apporter des réponses. À l'échelle de l'Union, l'effondrement du communisme et l'épuisement de la social-démocratie donnent le sentiment d'un triomphe des partis de droite, conservateurs ou libéraux. Pour autant, les difficultés de la gauche ne signifient pas que la droite dispose d'une doctrine capable de lui assurer une tranquille domination. À ce jour, la droite européenne n'a pas montré qu'elle avait de meilleures idées pour gouverner les nations. Elle présente simplement un profil philosophique, idéologique et culturel a priori plus en phase avec le monde qui s'impose : celui du marché, de l'entreprise, de l'État économe, des sociétés vieillissantes, de la préoccupation pour la sécurité... Mais la doctrine n'y est pas. La droite européenne atteint les limites de son pragmatisme. Confrontée à une situation inédite, la droite doit engager un profond travail de réflexion sur les effets que la nouvelle donne peut produire sur sa doctrine, son programme de gouvernement, son système d'alliance et son mode d'organisation, ses méthodes de production intellectuelle, ses outils de mobilisation électorale et militante. Si l'effondrement du communisme et l'épuisement de l'État providence ont fait exploser la gauche traditionnelle, la globalisation, la crise des finances et la concurrence des populistes peuvent dynamiter la droite traditionnelle. Une grande recomposition politique est en cours. Ce livre veut offrir au lecteur quelques clés pour en deviner les contours et en comprendre les enjeux.

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