• Le Gorgias est probablement le plus violent des dialogues de Platon : on se coupe la parole, on refuse de répondre, on se met en colère, on se moque, on s'insulte et pour finir on se menace de mort et de châtiments éternels. C'est que l'enjeu est de taille : qui doit décider de l'usage légitime du logos ? Le philosophe ou l'orateur ? Dans le Gorgias, Platon développe un plaidoyer puissant pour faire de la philosophie la seule instance apte à décider du vrai et du juste. Ce faisant, il impose une conception de la vérité qui exclut une autre forme de discours qui rivalisait avec elle ; les sophistes et autres orateurs qui avaient été dotés par Gorgias de tous les pouvoirs sont rejetés du côté d'une rhétorique réduite à une simple pratique routinière au service de la volonté de domination. Donner à lire ensemble le Gorgias de Platon et l'Éloge d'Hélène de Gorgias, c'est se replonger dans le débat toujours actuel entre la philosophie et la rhétorique : faut-il accepter, avec Platon, d'opposer volonté de savoir et volonté de pouvoir ?
    Stéphane Marchand est docteur en philosophie et professeur agrégé à l'ENS de Lyon où il enseigne les humanités numériques et la philosophie ancienne. Ses recherches portent sur le scepticisme antique.
    Pierre Ponchon est professeur agrégé et docteur en philosophie. Ses travaux portent sur l'invention de la philosophie politique dans l'Antiquité, en particulier chez Platon et chez Thucydide.

  • Comment Aristote en est-il venu à théoriser l'action et à penser son principe comme une prohairesis ? Que signifie cette prohairesis ? En rupture avec l'interprétation classique qui en fait un « choix délibéré », voire une « décision », Le Principe de l'action humaine selon Démosthène et Aristote montre que la prohairesis doit être pensée comme la « saisie anticipée » d'une fin, un « dessein » dont la structure ouvre la temporalité spécifiquement humaine de l'action.
    Première étude systématique de la prohairesis chez les auteurs grecs, depuis son apparition jusqu'à l'époque d'Aristote (Thucydide, Aristophane, Phérécrate, Lysias, Isocrate, Isée, Xénophon, Platon, Démosthène, Lycurgue, Eschine, Hypéride, Dinarque, Démade, Aristote), appuyée sur une saisie approfondie de la notion de hairesis à partir d'Homère, ce livre met à la disposition des lecteurs les résultats d'une enquête terminologique exhaustive et les accompagne d'une interprétation philosophique. L'analyse de l'Iliade et des discours des orateurs attiques y rencontre l'explication conceptuelle des traités éthiques d'Aristote, et Démosthène s'y révèle comme un personnage déterminant pour l'élaboration de la philosophie aristotélicienne de l'action.

    Anne Merker est agrégée de philosophie, et actuellement professeur de philosophie à l'université de Strasbourg. Elle a publié La Vision chez Platon et Aristote (2003), Une morale pour les mortels. L'éthique de Platon et d'Aristote (Les Belles Lettres, 2011 ; Prix Joseph-Saillet 2013, Académie des Sciences morales et politiques) et Aristote, une philosophie pour la vie (2016).

  • Ces deux traités pseudo-aristotéliciens intéresseront les historiens de la philosophie et des mathématiques. Les Problèmes mécaniques concernent la mécanique théorique : ils n'ont pas pour but la construction de machines, mais explorent sous forme de questions les principes mathématiques susceptibles de rendre compte des dispositifs que le génie humain met en place pour mouvoir, sous l'action d'une faible force, des masses parfois considérables. Quantité d'observations concrètes, empruntées au monde des artisans et des marins, font ainsi l'objet d'un questionnement théorique qui place le levier et les propriétés du cercle au centre des explications. Le traité Des lignes insécables propose, quant à lui, de réfuter point par point les arguments mis en avant par les partisans de la théorie des lignes insécables, sans doute forgée par les disciples de Platon pour échapper aux conséquences de la divisibilité illimitée des grandeurs.

    Michel Federspiel (1941-2013) a enseigné le grec à l'Université de Clermont-Ferrand. Il était traducteur de textes scientifiques et techniques (Apollonius de Pergé, Eutocius d'Ascalon, avec M. Decorps-Foulquier), spécialiste de la langue des mathématiques grecques, et a exploré en particulier des corpus techniques à la tradition méconnue. Il traduisit en 1969 l'ouvrage d'Árpád Szabó, Les débuts des mathématiques grecques.

    Micheline Decorps-Foulquier est professeur de Grec à l'Université de Clermont-Ferrand. Spécialiste de l'histoire des textes mathématiques grecs, elle a publié une histoire du texte grec et l'édition des Livres grecs I-IV des Coniques d'Apollonius de Pergé, ainsi qu'une édition d'Eutocius d'Ascalon.

  • D'attribution incertaine, les trois traités réunis dans ce volume ont pris place depuis la Renaissance dans les éditions des oeuvres complètes d'Aristote. Ils touchent au domaine de la philosophie naturelle et de la médecine. L'opuscule Des couleurs décrit les couleurs simples dans leurs rapports avec les éléments, les couleurs composées et leurs infinies variations sous différents effets, puis les teintes des végétaux et des animaux. Ce traité fut traduit par Goethe dans une collection de notices sur l'histoire de la couleur de l'Antiquité au XVIIIe siècle. L'auteur du traité Des sons analyse quant à lui le phénomène de la production du son par la voix et par les instruments, le rôle des organes dans sa production et la question de sa propagation. Dans le sillage de l'oeuvre biologique d'Aristote, l'opuscule Du souffle envisage la théorie du souffle inné, le rôle de la respiration, la théorie de la pulsation, la nourriture des tendons et des os, le rapport de l'âme avec le souffle et le chaud, et les problèmes posés par les animaux dépourvus de poumons et de sang.
    Michel Federspiel (1941-2013) a enseigné le grec à l'Université de Clermont-Ferrand. Il était traducteur de textes scientifiques et techniques (Apollonius de Pergé, Eutocius d'Ascalon, avec M. Decorps-Foulquier), spécialiste de la langue des mathématiques grecques, et a exploré en particulier des corpus techniques à la tradition méconnue. Il traduisit en 1969 l'ouvrage d'Árpád Szabó, Les débuts des mathématiques grecques.

    Jean-Yves Guillaumin est professeur émérite de latin à l'Université de Franche-Comté. Spécialiste d'histoire des sciences et des techniques, il a édité un très grand nombre de textes latins, comme les arpenteurs romains, Martianus Capella et Boèce pour la C.U.F.



  • Des auteurs spécialistes.

    Une structure pédagogique.

    Une approche non-académique.

    Un texte vivant.

    Des annexes pratiques.


    Des présocratiques à Saint-Augustin, ce guide retrace l'histoire de la philosophie antique

  • Diogène Laerce sera toujours ce philosophe-compilateur-professeur à qui la pensée européenne doit tout. Sans lui, pas de Montaigne, pas de Gassendi, pas de Descartes, pas de Nietzsche, pas de Camus, pas de Pierre Hadot ni de Michel Onfray... La tradition est longue de ces penseurs qui fondèrent leur philosophie sur le dialogue des Anciens, rendus possible par Diogène.
    Et c'est grâce à lui que l'on peut lire les "Lettres" d'Epicure, seules traces de la pensée du maître. Une collection "Michel Onfray" ne pouvait guère ignorer ce monument de la philosophie antique.

  • Quiconque a visité la Chambre de la Signature, au Vatican, et s'est attardé devant « L'École d'Athènes » de Raphaël garde en mémoire l'image significative qu'offrent, au centre de la composition, les personnages d'Aristote et de Platon. C'est l'image, en raccourci, d'un dialogue poursuivi vingt années durant par le maître de l'Académie et son disciple de Stagire, l'un des plus féconds sans doute qu'ait jamais comptés l'histoire de la pensée philosophique. La première rencontre entre les deux hommes eut lieu probablement au cours de l'année 366/5 avant notre ère. Ils vécurent ensemble, à Athènes, dans un commerce quasi constant, pour ainsi dire jusqu'à la mort de Platon, au mois de mai 347. Cependant, le maître avait laissé pour toujours son empreinte sur l'esprit du disciple. Au point que le lecteur attentif d'Aristote peut avoir l'impression de souvent trouver dans ses oeuvres, comme disait Th. Gomperz, le « Platonicien » et l'« Asclépiade » confrontés l'un à l'autre sur toutes les grandes questions de la philosophie. Le difficile accord, parfois constaté dans le Corpus Aristotelicum, entre les thèses recommandées respectivement par l'héritier de l'Académie et le champion d'une philosophie nouvelle pose incontestablement le problème le plus redoutable que doit affronter l'exégèse.

  • En 1887, Hugo Blümner consacrait à la métallurgie de l'Antiquité gréco-romaine un volume de sa fameuse Technologie und Terminologie der Gewerbe und Künste bei Griechen und Rmern. Malgré les progrès considérables de la philologie, de l'archéologie, de l'histoire des sciences et des techniques, l'oeuvre de Blümner n'a pas été remplacée dans son propos fondamental : tirer des textes anciens tous les enseignements techniques qu'ils contiennent, et les confronter avec les documents archéologiques, spécialement avec les analyses de laboratoire. C'est la tâche que nous entreprenons dans nos recherches de métallurgie antique, dont on a ici le premier volume. Avant toute utilisation de ces textes, il nous a paru nécessaire de les replacer dans leur ambiance intellectuelle et d'étudier les idées des anciens sur les métaux en général : les origines d'un concept scientifique de métal, les théories sur la nature, les propriétés et la formation des métaux, les premières intuitions de leur structure. Il s'agit, non d'une doctrine systématique, mais de considérations éparses chez les savants de l'Antiquité, de membra disjecta, qui montrent l'éveil d'une réflexion théorique dans un domaine apparemment laissé aux artisans.

  • Ce volume de mélanges sur le thème des Jardins reflète les préoccupations scientifiques d'André Motte à qui il fut offert : le vocabulaire grec du sacré, les jardins, les prairies et tous les lieux poétiques et religieux de la métaphore végétale, quelques dieux grecs liés à ces manifestations, quelques-unes des étapes essentielles de la philosophie antique, Platon, Aristote, Lucrèce, avec leurs éventuels prolongements contemporains, mais aussi les penseurs du christianisme naissant et l'histoire des religions pratiquée par Franz Cumont.

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