• Le Monde d´hierest l´un des plus grands livres-témoignages de notre époque. Zweig y retrace l´évolution de l´Europe de 1895 à 1941, le destin d´une génération entière d´hommes confrontés plus brutalement que d´autres à l´Histoire et à toutes les « catastrophes imaginables ».

  • Buczacz est une petite ville de Galicie (aujourd'hui en Ukraine). Pendant plus de 400 ans, des communautés diverses y ont vécu plus ou moins ensemble ; jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, qui a vu la disparition de toute sa population juive. En se concentrant sur ce seul lieu, étudié depuis l'avant-Première Guerre mondiale, Omer Bartov reconstitue une évolution polarisée par l'avènement des nationalismes polonais et ukrainien, et la lutte entre les deux communautés, tandis que l'antisémitisme s'accroît. À partir d'archives récoltées pendant plus de 20 ans, d'une documentation considérable, de journaux intimes, de rapports politiques, milliers d'archives rarement analysées jusqu'à aujourd'hui, il retrace le chemin précis qui a mené à la Shoah.
    Il renouvelle en profondeur notre regard sur les ressorts sociaux et intimes de la destruction des Juifs d'Europe.
    Omer Bartov est professeur d'histoire européenne à Brown University (États-Unis). Il est l'auteur de plusieurs livres importants, dont un seul, jusque-là, a été traduit en français (L'Armée d'Hitler, Hachette, 1999). Anatomie d'un génocide a été célébré par Jan Gross, Tom Segev, Christopher Browning, Saul Friedlander, Philip Sands...

  • Le feu

    Henri Barbusse

    Pour les hommes du 231e régiment d'infanterie, les différences d'âge et de condition sociale n'importent plus. Tous sont venus s'enterrer dans les tranchées boueuses de Crouy, sous la pluie et le feu de la mitraille allemande. Leur seule certitude face aux armées ennemies : "I' faut t'nir".
    Barbusse fut l'un des leurs. Tiré de ses carnets de guerre, ce roman, prix Goncourt 1916, révéla à ceux de l'arrière le quotidien des poilus : leur courage, leur camaraderie, leur argot, mais aussi la saleté, l'attente et l'ennui. Cette guerre, l'état-major, le gouvernement et la presse patriotique la censurent. Il faudra un roman comme Le Feu pour en dire toute la barbarie mécanique, mais aussi l'espoir : celui d'en sortir vivant...
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    Dossier :
    1. Propagandistes et bourreurs de crâne
    2. Dire la "vérité" de la guerre
    3. La réception du Feu (1916-1919)
    4. Oublier, condamner, commémorer.

  • Avant la Première Guerre mondiale, à Boston.
    Trois jeunes errent dans les rues, soucieux du sens à donner à leur destin. Fanshaw étudie aux Beaux-Arts : à travers les livres, la Renaissance italienne exerce sur lui une fascination extrême.
    Wenny rompt avec le confort bourgeois de sa famille : il ne supporte plus de brader sa vie d'un bar à l'autre et aspire à une vie dangereuse faite de voyages.
    Nancibel côtoie les jeunes filles de son orchestre : elle souhaite s'élever au-dessus des rumeurs puritaines de son entourage.
    Ce trio ne peut résister à sa propre attraction mais la guerre, la Grande, est déclarée. Fanshaw doit partir en Europe.
    Auteur de quarante-deux romans, de poèmes et d'essais, John Dos Passos (1896-1970) connaît un succès international durant l'entre-deux-guerre, avec Manhattan Transfer (1925) et sa trilogie U.S.A. (1930-1936).
    Grand écrivain de la Lost Generation, il est avec Trois soldats, le premier américain à écrire sur la Grande Guerre de manière si irrévérencieuse.

  • À l'aube de la première guerre mondiale, la vie du village est bouleversée : alors que les hommes partent pour le Front et que les restrictions s'imposent, la meilleure amie de Pauline est retrouvée morte. Elle décide de fuir sa peine et de partir en ville où elle commence à travailler dans une fabrique de munitions, lieu où elle se lie d'amitié avec ses nouvelles compagnes et notamment Solange.

    C'est alors qu'elle fait la connaissance de Félix, cousin de Solange, avec qui elle vit une histoire d'amour courte mais passionnée. En 1918, c'est l'heure de la reconstruction : de retour dans son village, Pauline va devoir faire la lumière sur la mort de son amie d'enfance, innocenter un accusé et trouver le vrai coupable.

  • 1920, île de Ré. Léon vit seul avec sa mère depuis que son père est parti à la guerre et n'en est pas revenu. Il pêche, ramasse des coquillages et s'invente des aventures, assis sur le dos d'une carcasse de baleine. Un matin, après une tempête, Léon trouve un homme inanimé sur la plage. Tierno, c'est son nom, raconte alors comment il a été arraché à sa famille au Sénégal six ans plus tôt pour combattre comme tirailleur dans les rangs de l'Armée française et comment son navire a coulé alors qu'il allait enfin rentrer dans son pays.

    Nicolas Michel est journaliste pour Jeune Afrique où il traite essentiellement des questions culturelles. En 1999, il a reçu le Prix Goncourt du premier roman pour Un revenant, publié chez Gallimard. Depuis, il a écrit d'autres romans parus chez Gallimard et Buchet Chastel. Il est également l'auteur de carnets de voyage chez Casterman.Chez Talents Hauts, il a publié Quand le monstre naîtra (coll. "Les Héroïques") sélectionné pour de nombreux prix et qui a reçu le Prix Saint Exupéry en 2017.

  • 1916 : les hommes sont mobilisés sur le front. À l'arrière, les femmes prennent la relève. Parmi elles, Agnès est embauchée comme conductrice de tramway. Lorsque son mari, Célestin, rentre blessé de la guerre, il supporte mal qu'elle gagne plus que lui. Une fois la paix revenue, Agnès est renvoyée : les hommes doivent retrouver leur place. Révoltée par cette injustice, elle s'engage dans le mouvement des suffragettes. C'en est trop pour Célestin.

    Diplômée en Histoire, Catherine Cuenca travaille quelques années en bibliothèque tout en écrivant des romans pour la jeunesse. Depuis 2010, elle exerce le métier d'auteure à plein temps. Elle a remporté deux fois le Prix du roman historique jeunesse de Blois avec ses romans Frères de Guerre et La Guerre des ombres parus chez Flammarion et le Prix Dimoitou 2013 pour le premier tome de sa trilogie à succès Le mystère de la Tête d'Or.

  • Soeurs d'armes

    Chérif Zananiri

    Les peintres savent que par moment, un pinceau léger suffit pour suggérer des sentiments diffus, des tranches de vie dont ne restent que les instants singuliers. L'auteur a voulu, à la manière des peintres, narrer un moment difficile de la ville de Saint-Quentin : la période d'occupation dès 1914, puis l'évacuation de la ville, enfin sa destruction.
    Il faut imaginer que cette ville de 40 000 âmes, était considérée comme germanisée dès 1914. Les conditions de vie étaient très difficiles, avec près de 8 000 soldats et officiers installés chez l'habitant, terrorisant, affamant, emprisonnant, séquestrant, prenant des otages et mettant la ville à feu et à sang. Dans ce roman, des personnages attachants, en majorité des femmes, s'aperçoivent qu'il faut prendre en charge les affaires de la cité, organiser la résistance, faire le possible pour bouter les envahisseurs allemands hors de France. Puis, comme c'est souvent le cas, les femmes lorsqu'elles accomplissent des actes héroïques, préfèrent reprendre discrètement leur place dans la cité, sans chercher ni la reconnaissance, ni les honneurs officiels.
    Ce roman raconte leur histoire.

  • On refait l'Histoire !

    Collectif

    • First
    • 8 Octobre 2020

    14 uchronies pour revisiter l'histoire de France !Et si la Bastille n'était pas tombée aux mains des révolutionnaires le 14 juillet 1789 ? Et si Bonaparte avait raté son coup d'État et n'était jamais devenu empereur ? Et si le Débarquement du 6 juin 1944 n'avait été qu'un échec cuisant ?
    L'Histoire semble couler comme un long fleuve tranquille ; " c'est arrivé parce que cela devait arriver ", pense-t-on. Et pourtant, le hasard a souvent bien ou mal fait les choses. Des événements décisifs se sont joués sur un coup de dés. Ainsi, pourquoi n'aurait-il pas pu en être autrement ?
    Dans cet ouvrage entre essai historique et oeuvre romanesque, Claude Quétel et son équipe d'historiens revisitent 14 moments incontournables de l'histoire de France, depuis l'Antiquité avec la bataille d'Alésia, jusqu'à la fin du XXe siècle avec l'échec des accords d'Évian.

  • Dans ce travail pionnier, Manon Pignot interroge les parcours et motivations des adolescents qui se sont engagés, aux côtés des armées régulières, dans le premier conflit mondial. En creux, se dessine la délicate question d'un éventuel désir de guerre chez ces jeunes combattants, qui vient nous interroger, dans nos visions contemporaines, nous lecteurs du XXI e siècle.
    Christian Sarton du Jonchay, Ernest Wrentmore, Marina Yurlova, Rudolf Hss, Jack Cornwell... Ces jeunes Français, Américain, Russe, Allemand ou Anglais sont nés entre 1899 et 1904 ; ce sont des combattants juvéniles, dont l'historienne Manon Pignot est allée chercher la trace dans les archives d'Europe et d'Amérique du Nord. Bien souvent camouflés, du fait du caractère illicite de leur engagement au sein des armées régulières, trouver ces " ado-combattants " relève du jeu de piste, tant les sources sont parcellaires, dissimulées. L'auteure interroge les raisons comme les modalités de l'engagement de ces adolescents, les obstacles aussi qu'ils ont dû surmonter et la manière, s'ils ont survécu, dont cette expérience de guerre les a marqués. Patriotisme, transgression et filiation, désir d'aventure et désir de guerre... C'est une histoire délicate à écrire, tant elle touche à nos conceptions contemporaines de l'enfance et de l'adolescence. Avec ce travail pionnier, Manon Pignot s'attaque à un angle mort de l'historiographie contemporaine.

  • Après La Fille du maître de chai et Les Vignes de Sarah, on retrouve la famille Lemieux, qui se bat pour faire prospérer ses vignobles en Californie et dans le Val de Loire. Mais la Première Guerre Mondiale qui fait rage en France pourrait bien mettre en péril tous leurs efforts. Dans la lignée des sagas de Sarah Lark et Tamara McKinley.
    Décembre 1917. Sarah Lemieux a 40 ans. La fille du maître du chai et son mari Philippe exploitent avec courage leur vignoble californien d'Eagle's Run. Mais la situation devient critique. Des ligues bien-pensantes veulent interdire le négoce du vin dans la région. Et depuis l'entrée en guerre des États-Unis, en juillet, nombre de jeunes Américains tombent sur les champs de bataille du Vieux Continent. À 21 ans, Luc, leur fils adoptif, a pris les rênes du clos Saint- Martin, dans le Val de Loire, là où Sarah a grandi. Il y fait la connaissance d'Ondine, 17 ans, qui s'est murée dans le silence depuis que les Allemands ont tué sa mère sous ses yeux. Luc entend lui redonner le gout de la vie, mais il est appelé sur le front... Sarah saura-t-elle une fois encore préserver les siens et l'héritage familial ? Après La Fille du maître de chai et Les Vignes de Sarah (L'Archipel, 2018 et 2019), Kristen Harnisch met à nouveau en scène Sarah et ses proches, en prise avec les soubresauts de l'histoire.

  • John, compositeur new-yorkais anarchiste, Chris, fermier du Middle West et Fuselli, employé à San Francisco, sont jetés dans la Grande Guerre par l'armée américaine.
    Dans l'attente d'un assaut probable, dans l'antichambre de la mort, les occupations sont tristes : le jeu de cartes, l'alcool, les françaises qu'on voudrait trousser...
    Entre dialogues crus et descriptions au style soutenu, l'auteur questionne à chaque page. Au coeur des tranchées, les petites saletés se camouflent sous les grandes vertus.

    Dos Passos décrit ici le conflit de l'homme face à la guerre, de l'Amérique face aux moeurs françaises. De ces luttes et de cette répétition du monotone, émerge l'universalité de la condition humaine, mais à travers ses penchants pour l'alcool, le sexe, l'ego, l'ambition...

  • Tandis que disparaissent les derniers combattants, la Grande Guerre nous revient, dans une tout autre lumière, comme la matrice d'où sont sortis tous les désastres du XXe siècle. Romans, films, recueils de lettres et documents, collections d'objets, sites historiques : une curiosité nouvelle s'exprime de la part des jeunes générations pour ce qui apparaît comme l'énigme d'un suicide collectif de l'Europe.
    Du côté historien, c'est une équipe internationale réunie autour d'une expérience de terrain, l'Historial de la Grande Guerre de Péronne, dans la Somme. Stéphane Audouin-Rouzeau et Annette Becker s'en font ici les interprètes et les porte-parole. Il ne s'agit plus de savoir, comme autrefois, qui porte la responsabilité de la guerre ou comment se sont déroulées les opérations, mais d'explorer une culture de la violence, d'analyser un nationalisme de croisade, de mesurer la profondeur d'un deuil peut-être non terminé.
    Il s'opère aujourd'hui sur la guerre de 14 le même type de subversion du regard que sur la Révolution française dix ans plus tôt. Le phénomène mérite attention : en peu d'années, deux des plus gros massifs de l'histoire nationale auront connu ainsi un basculement comparable et, dans des conditions différentes, un renouvellement du même ordre.

  • Des champignons hallucinogènes au LSD, du coca à la cocaïne, des amphétamines à l'ecstasy, cet ouvrage raconte une autre histoire des guerres, depuis Homère jusqu'aux conflits actuels au Moyen-Orient. Il démontre que les soldats de toutes époques et de toutes civilisations ont souvent eu recours aux drogues et alcools, de leur propre initiative, ou grâce à leurs hiérarchies.Si l'usage de drogues par les GI's américains au Vietnam ou les nazis pendant le second conflit mondial était déjà documenté, Kamie ski élargit de façon spectaculaire le tableau en dévoilant une pratique quasi universelle, des Vikings aux armées high-tech du futur. On y apprend comment le haschich a conquis les Européens pendant la campagne d'Égypte de Napoléon, comment l'opium s'est imposé pendant la guerre civile américaine, avant que la Première Guerre mondiale ne crée un marché de la drogue en Amérique du nord, ou encore comment on enrôle les enfants soldats de l'Afrique actuelle.Le but de ces pratiques universelles ? Vaincre la peur, doper les guerriers au combat, supporter le manque de sommeil, surmonter la dépression.Aujourd'hui, en toute légalité, des laboratoires (y compris français) préparent les drogues du futur qui permettront de réguler le sommeil, supprimer les syndromes post-traumatiques, mais aussi droguer l'ennemi à   son insu pour l'amener à renoncer au combat. Des perspectives bien réelles qui ouvrent de nombreuses questions éthiques et philosophiques.Une histoire vraie qui ressemble parfois aux romans déjantés de Tom Wolfe ou de Hunter S. Thompson.  ukasz Kamie ski est professeur associé à la faculté d'études internationales et politiques de l'université Jagiellonian de Cracovie en Pologne. Ses recherches portent sur les technologies militaires, les biotechnologies, l'art de la guerre et la stratégie.  Un ouvrage en cours de traduction dans une dizaine de langues, salué par la critique internationale.

  • Dans un vieux numéro du Times, l'auteur retrouve un écho d'une affaire qui avait fait grand bruit dans son enfance ; c'était quelque chose comme une affaire Dreyfus russe, mais il n'y avait eu aucun Émile Zola, alors, pour prendre la défense de l'homme qu'on accusait. Voici un roman dans lequel personnages et événements sont authentiques, presque documentaires, et qui est en même temps une grande réussite littéraire. Au début de la Grande Guerre, Sergueï Miassoïedov, colonel de la gendarmerie tsariste et petit entrepreneur privé, se trouve accusé d'espionnage pour le compte de l'Allemagne : en coulisse, la police politique est en proie à des luttes intestines entre les antisémites et leurs adversaires. Condamné à mort par une cour martiale, Miassoïedov est exécuté à Varsovie en 1915. Et c'est alors que commence une seconde affaire, moins retentissante et peut-être plus cruelle encore : son épouse, d'origine juive, est inquiétée à son tour, d'abord par la police tsariste, qui obtiendra sa condamnation, puis par les services soviétiques. Des pogroms de 1903 jusqu'au bombardement de Dresde par les Alliés, c'est toute la noirceur et la violence du demi-siècle qui se montre à nos yeux.

    Józef Mackiewicz est né en 1902 à Saint-Pétersbourg. Il prit part à la guerre contre les bolcheviks. Après avoir étudié la philosophie à Varsovie, il a été journaliste, puis rédacteur en chef d'un quotidien polonais de Vilnius. Durant la guerre, il travailla de ses mains, ouvrier, bûcheron. Probablement à l'instigation d'un agent soviétique, il fut condamné à mort par la résistance polonaise : faute de motif réel, rien ne fut tenté contre lui. Témoin capital des événement de son siècle (il était présent, en particulier, lors de l'exhumation des victimes du massacre de Katyn et fut l'un des premiers à alerter l'opinion internationale sur ce crime soviétique), il s'est attaché toute sa vie à faire entendre des « vérités inconfortables ». Il parvint à passer à l'Ouest en 1945 : Rome, puis Londres et enfin Munich, où il mourut en 1985. Il est l'auteur de six romans.

  • Fraternité d'armes ou mésentente cordiale ? L'alliance francoitalienne dans la Première Guerre mondiale offre encore des aspects peu connus du grand public, tout particulièrement en ce qui concerne la coordination de l'effort de guerre et l'efficacité opérationnelle des appareils militaires des deux puissances latines de l'Entente. Ces questions sont abordées ici par un collectif de spécialistes italiens et français dans une perspective large et dynamique, des antécédents du conflit à ses conséquences (culturelles, sociales, géopolitiques) dans les deux pays. Grâce à des documents et à des témoignages souvent inédits (correspondances, journaux intimes), ce livre offre un nouvel éclairage sur la contribution des acteurs politiques et militaires, mais aussi des ingénieurs et des savants, à la construction d'une alliance certes imparfaite mais somme toute féconde.

  • Un tire-au-flanc comme héros : Genêt, un talentueux architecte, a 25 ans lorsque la Première Guerre mondiale éclate. Sceptique vis-à-vis de l'enthousiasme patriotique de ses contemporains, il tente à plusieurs reprises d'échapper au service militaire - la mère patrie n'a après tout pas besoin d'architectes sur le front, mais à la maison, où ils peuvent, par exemple, concevoir des usines de grenades et des cimetières pour les soldats tués. Mais se faisant Genêt contrevient à l'avis de mobilisation générale. Loin des champs de bataille, il apprend à faire un lit avec une rigueur militaire, à tirer et à « peler des patates contre l'ennemi ». Et il est convaincu, dans sa conviction, que tous ces exercices ne sont pas pour la guerre, mais que la guerre elle-même est un prétexte pour ces exercices. L'intrigue du roman se joue dans le Francfort de la Première Guerre mondiale, qui établit la renommée littéraire de l'auteur. C'est le portrait fascinant d'un homme dont l'attitude envers le monde et ses contradictions a souvent été comparée à celle de Chaplin et de Keaton.
    Siegfried Kracauer (1889-1966) devient, après des études d'architecture, journaliste, critique de cinéma et écrivain. Éclectique, il est notamment l'auteur du Voyage et la danse (2008), De Caligari à Hitler (1984), Théorie du film (1960), ainsi que de L'Histoire : des avant-dernières choses (2006). Aux Belles Lettres ont été publiés Rues de Berlin et d'ailleurs (2013) et Employés (2012).

  • Jean a disparu depuis trop longtemps. Il est sûrement tombé au champ d'honneur à Verdun. C'est du moins ce que pense son épouse, Amandine. En attendant des jours meilleurs, elle se réfugie avec son fils chez sa belle-mère Marie qui la déteste. Amandine n'a qu'un rêve : partir dans le Sud de la France dès que l'État lui accordera une pension. Jusqu'à ce qu'elle reçoive une lettre anonyme prétendant que Jean est bien vivant...

  • Rome, 10 novembre 1931. Condamné aux arrêts domiciliaires, une bonbonne d'oxygène en guise de boulet et surveillé en permanence par deux sbires de Mussolini, Errico Malatesta, octogénaire et malade, se remémore sa vie, sans nostalgie ni regrets. Au cours d'une journée ponctuée par le tic tac de l'horloge, celui qu'on a surnommé bien malgré lui le « Lénine d'Italie » se souvient : la rencontre avec Bakounine dans le Jura, l'insurrection manquée du Matese, l'exil à Paris puis à Londres, l'aventure en Argentine, les soulèvements massifs du biennio rosso. Soixante ans d'anarchie entremêlés à l'histoire d'Italie et à celle du mouvement ouvrier international.

    Jusqu'ici racontée exclusivement dans les rapports des policiers qui l'ont toujours traqué, la vie de Malatesta, internationaliste et partisan de la propagande par le fait, est relatée en ces pages dans les mots de celui qui l'a vécue, tel que l'imagine Giacopini après avoir étudié de près la correspondance et l'oeuvre de celui qu'il surnomme l'« Ulysse de l'anarchie ».

  • Août 1917. Louis, jeune soldat en convalescence à l'hôpital, reçoit une lettre de l'Infanterie le nommant lecteur dans une commission de contrôle postal aux Armées.
    Lui qui a subi durant trois ans l'enfer des tranchées se retrouve dans un bureau, comme les embusqués si critiqués. Désormais, il va ouvrir jusqu'à quatre cents lettres par jour. Traquer les indiscrétions et le découragement, caviarder les passages indésirables, saisir les courriers pacifistes, désigner les soldats aux propos jugés non conformes au moral des troupes et de l'arrière. Les mois se succèdent, marqués par l'arrivée d'une séduisante jeune femme et la visite de Fernand, son compagnon de tranchées.
    Jusqu'au jour où, poussé par un événement inattendu, Louis regarde autrement les mots qui défilent quotidiennement sous ses yeux.

    Un roman poignant, qui donne la parole aux anonymes du front : les lettres ouvertes par Louis sont toutes extraites de courriers saisis par l'armée durant la guerre de 1914-1918.

  • 1919. Sibérie. Le long de la voie du Transsibérien, Jazyk est occupée par une légion tchèque et attend loffensive des rouges. La ville est dominée par une secte religieuse sous la conduite de Balashov. Arrive Samarin, mystérieux fugitif venu de la forêt qui raconte quil sest évadé dun bagne et quil est poursuivi par un cannibale. Anna Petrovna, une jeune veuve, nest pas insensible à ce nouveau venu. Un shaman de la région est assassiné, et la peur et la folie sabattent sur la ville. Le pervers capitaine Matula rêve de fonder un royaume dans ce bout du monde glacé, nomme un tribunal pour juger Samarin et affronte Mutz, le lieutenant plein dhumanité. Dans une grange piaffe un étalon noir. Les rouges arrivent.
    Des personnages exceptionnels dintensité et de grandeur. Avec un remarquable talent de conteur, J. Meek combine le charme des grands romans russes au rythme dun thriller moderne.

  • Dans cet ouvrage de philosophie politique écrit dans le tumulte de la Première Guerre mondiale, le célèbre mathématicien et philosophe anglais Bertrand Russell avance que l'humanité court à sa perte et qu'il est impératif de modifier en profondeur notre manière de vivre, de penser, d'éduquer, de produire et de consommer, bref qu'il est absolument nécessaire de transformer le monde. Mais par-dessus tout, Russell nous rappelle à quel point la formulation d'idéaux doit être au coeur de tout engagement politique. Capitalisme et socialisme, nationalisme et internationalisme, organisation du travail, progrès, liberté individuelle... Le texte tiré de conférences publiées pour la première fois en 1917 offre un condensé clair et accessible des positions que le philosophe défendra tout au long de sa vie. Dans cette première traduction intégrale en français de Political Ideals, présentée avec brio par Normand Baillargeon et Chantal Santerre, on retrouve le lyrisme, mais également l'humour et l'ironie qui caractérisent si bien Russell. Un essai incontournable pour quiconque veut s'initier à la pensée sociale et politique de ce philosophe considéré comme l'un des plus importants penseurs du XXe siècle.

  • Un témoignage de plus sur la Première Guerre mondiale, par ceux qui l'ont vécue au jour le jour, alors que vient de disparaître le dernier poilu ? Non, car celui-ci est unique en son genre : c'est la guerre vue des bureaux de l'arrière, où l'on s'occupe du matériel et de la logistique des mouvements de troupe ; ce qui laisse à l'auteur de ce reportage quasi quotidien - tout au moins pendant trois ans, car la dernière année se passe réellement au front - toute latitude pour observer les faiblesses de l'organisation face à la formidable machinerie allemande, les inepties, parfois criminelles, de la bureaucratie ; mais aussi le comportement des appelés dans toute la diversité de ce gigantesque brassage social, les sourdes inimitiés comme la camaraderie la plus désintéressée, la couardise comme le courage. Beaucoup de temps aussi pour lire les journaux quotidiennement, s'irriter du bourrage de crâne, commenter la stratégie nationale et internationale.
    Écrites au fil de la plume, sans presque aucune rature, par un de ces fils de la IIIe République dont l'école permit à un jeune paysan franc-comtois de devenir un intellectuel profondément patriote et catholique engagé, très proche d'un Péguy, ces 900 pages frappent aussi par la qualité de l'écriture, capable de passer d'une hilarante scène de caserne aux réflexions les plus pénétrantes sur la nature du conflit, aux visions d'avenir, à la méditation sur ses propres conflits intérieurs.
    Saignée, ruinée, la France de 1918 a perdu, par coupable impéritie, la paix de Versailles ; 1940 et son " étrange défaite " trouve là une de ses explications.


    Préface de Jacques Marseille

  • Entre 1914 et 1918, les expériences de guerre ne se limitent pas au front et à l'arrière. Il y a aussi l'occupation militaire, subie par près de 10 millions de Français et de Belges. La faim, l'angoisse, la privation et la lassitude sont les conditions de cette situation particulière où se mêlent complémentarité de genre et antagonisme de guerre : des relations intimes naissent entre des femmes et des hommes qui dans d'autres circonstances ne se seraient jamais rencontrés. Mais ces relations ne sont pas simplement une révolte de l'amour contre la haine. La vague de viols qui accompagne l'invasion d'août 1914 participe à terroriser les populations civiles. Et la prostitution connaît un essor fulgurant au cours des années suivantes. Quelle que soit leur nature, ces relations ne laissent pas les occupés indifférents : pendant quatre ans, le corps féminin est l'enjeu de tensions incessantes en pays occupé. « Sources de contamination » pour les uns, « femmes à Boches » pour les autres, celles qui fréquentent l'ennemi font les frais de leur choix. Ostracisées sous l'occupation, tondues à la libération, puis disparues une fois la paix revenue. Cent ans après la fin de la guerre, « Femmes à Boches » est le premier ouvrage à se pencher sur l'histoire de ces femmes. Emmanuel Debruyne est professeur à l'Université de Louvain (UCLouvain), où il enseigne l'histoire contemporaine. Spécialiste des occupations militaires durant les deux guerres mondiales, il est notamment l'auteur de Le réseau Edith Cavell. Des femmes et des hommes en résistance (2015) et, avec Laurence van Ypersele, de Je serai fusillé demain. Les dernières lettres des patriotes belges et français fusillés par l'occupant. 1914-1918 (2011). Il a également dirigé avec James Connolly, Elise Julien et Matthias Meirlaen, En territoire ennemi. Expériences d'occupation, transferts, héritages (1914-1949) (2018).

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