• Oslo, novembre 2004, la première neige tombe sur la ville. Dans le jardin des Becker, un bonhomme de neige fait irruption, comme sorti de nulle part. Le jeune fils remarque qu'il est tourné vers la maison et que ses grands yeux noirs regardent fixement leurs fenêtres. Dans la nuit, Birte, la mère, disparaît, laissant pour seule trace son écharpe rose, retrouvée autour du cou du bonhomme de neige...
    Dans le même temps, l'inspecteur Harry Hole reçoit une lettre signée «le bonhomme de neige» qui lui annonce d'autres victimes. Plongeant son nez dans les dossiers de la police, Harry met en lumière une vague de disparitions parmi les femmes mariées et mères de famille de Norvège. Toutes n'ont plus donné signe de vie le jour de la première neige...
    D'une sobriété étonnante, Harry Hole va se retrouver confronté, pour la première fois de sa carrière, à un tueur en série agissant sur le territoire norvégien et qui le conduira jusqu'au gouffre de sa folie...

  • En 1963, Louis Calaferte publie Septentrion. Aussitôt interdit, ce livre est réédité en 1984. Pour celui qui l'aborde, sa fulgurance est intacte.
    La mécanique des femmes, qu'il nous donne aujourd'hui, est comme la quintessence de Septentrion.
    Il y est question, comme le dit précisément le titre, des manifestations sexuelles et érotiques spécifiquement féminines.
    Aucun écrivain n'aura jamais comme dans ce texte parlé de 'l'impudeur' et de 'l'obscénité' des femmes, avec une telle précision, un tel détachement, avec autant d'intense crudité.
    De cela, comme de Dieu et de la mort, Louis Calaferte ne cesse de nous entretenir. Il le fait d'un point de vue souverain, celui de l'écrivain maître absolu de son style.

  • Crimes

    Ferdinand Von Schirach

    Crimes est un recueil de nouvelles relatant onze affaires criminelles stupéfiantes. Pour son auteur, Ferdinand von Schirach, avocat de la défense à Berlin depuis une quinzaine d'années, le monstrueux fait partie du quotidien. Mais si les faits rapportés sont bien réels, l'écrivain brouille les pistes et nous introduit dans un monde fictionnel aussi fascinant qu'inquiétant. La violence des crimes est sublimée par le laconisme d'un style presque chirurgical dont le mystérieux pouvoir d'attraction hypnotise le lecteur.
    Mais au-delà de la force spectaculaire d'une prose glaçante, ces récits criminels témoignent d'une compréhension aiguë des motifs psychologiques des criminels. Tel ce mari qui assassine sa femme de manière effroyable, mais dont on découvre l'intolérable torture morale qu'elle lui avait infligée durant d'interminables années. Ou le meurtre de ce frère par sa propre soeur, qui se révèle un étonnant acte d'amour. Von Schirach, pour un coup d'essai, livre un coup de maître : subitement entré en littérature avec ce premier recueil de nouvelles, il transcende le témoignage de sa fonction par la maîtrise souveraine du récit et une réflexion sur la valeur du fait vrai : certains, même après qu'on les a prouvés, restent à peine croyables.

  • "- Vous savez, on peut mêler l'histoire de la criminalité à celle de la peinture. Au début, on peignait comme on tue, à main tue. L'art brut, on pourrait dire... L'instinct avant la technique. Ensuite est intervenu l'outil, le bâton, le pinceau. Un beau jour, on s'est mis à peindre au couteau. Regardez le travail d'un Jack l'Éventreur... Et puis on a inventé le pistolet. Peindre au pistolet apportait quelque chose de définitif et radical. Et maintenant, à l'ère terroriste, on peint à la bombe, dans la ville, dans le métro. Le graffiti anonyme qui saute au coin de la rue..."

  • Baisers de cinéma

    Eric Fottorino

    "Je ne sais rien de mes origines. Je suis né à Paris de mère inconnue et mon père photographiait les héroïnes. Peu avant sa mort, il me confia que je devais mon existence à un baiser de cinéma."
    Photographe de plateau, le père de Gilles Hector a le don de pressentir chez les comédiens leurs moments d'abandon. Il sait saisir sur leurs visages une défaillance, une colère muette, la trace infime d'un incident de tournage. Après sa mort, Gilles hérite de sa sensibilité à la lumière, mais aussi de questions sans réponse. C'est alors qu'il retrouve Mayliss, croisée le jour de la mort de son père deux ans auparavant. Petit à petit, leur relation prend forme et Gilles vit à l'envers de sa vie...

    Éric Fottorino offre à son huitième roman des mots doux, presque fragiles, pour rendre hommage au cinéma, pour raconter un temps où l'amour peut encore apparaître comme un jeu risqué.

  • Loup, y es-tu ?

    Henri Courtade

    Et si les personnages maléfiques des contes de notre enfance existaient réellement? Sans doute ces créatures vampiriseraient-elles notre planète. Elles seraient de tous les génocides, manipuleraient les plus grands dictateurs... Tapies dans l'ombre de Hitler ou sous le feu des projecteurs des plateaux télé, elles tiendraient entre leurs mains expertes le devenir de l'humanité. Sinistre tableau! Si de tels monstres vivaient, il serait à souhaiter que leur alter ego bienfaisant existe également ; qu'en ce début de XXIe siècle, ces personnages merveilleux s'éveillent et décident de se battre. Et alors... qui sait de quel côté la balance pencherait?

    Premier roman de l'auteur, Loup, y es-tu?, fable moderne mâtinée de thriller, se joue des codes du conte de fées et du fantastique pour entraîner le lecteur dans une aventure captivante.

  • L'oreille interne

    Silverberg Robe

    David Selig, Juif new-yorkais d'une quarantaine d'années, se considère comme un raté. Il est pourtant télépathe et pourrait profiter de ce don pour faire fortune, conquérir - et garder ! - les plus belles femmes... Mais non, rien à faire, il estime être un monstre tout juste bon à faire le nègre sur des devoirs d'étudiants, incapable de réussir sa vie. La dernière preuve en date : ce talent qu'il déteste tant, mais qui est finalement son seul lien avec le reste de l'humanité, est en train de le quitter ! Apeuré à l'idée de se retrouver seul avec lui-même, Selig nous conte sa misérable existence.
    Grand roman psychologique, plein d'humour et de mélancolie, L'oreille interne est peut-être le plus beau livre de Robert Silverberg et à coup sûr un chef-d'oeuvre de la science-fiction.

  • Petit avocat de province, David Sears a grandi sous l'autorité d'un père fou, surnommé le Vieux, et dans l'ombre de sa soeur, l'intellectuelle Diana, promise à un brillant avenir. Mais cette dernière a donné le jour à Jason, un garçon schizophrène dont le père, Mark, spécialiste de génétique, n'acceptera jamais la maladie. Lorsque cet enfant se noie, l'enfer ne fait que commencer.
    Diana refuse la thèse de l'accident et soupçonne Mark d'avoir poussé leurs fils à la mort. Elle adopte alors un comportement de plus en plus étrange, envoie à son frère des messages sur d'anciens crimes rituels et exhume de vieilles histoires sordides à seule fin d'étayer ses accusations. Quand elle finit par emmener dans son sillage la propre fille de David, la situation devient intenable.
    Tiraillé entre la volonté de défendre sa soeur, ses craintes sur sa santé mentale et les éléments troublants de l'enquête, David décide de faire à son tour la lumière sur la mort du jeune Jason, laissant les spectres du passé menacer l'existence tranquille qu'il s'était péniblement construite...

  • Lune et l'autre

    John Kessel

    La vie est belle, dans la Société des Cousins. Cette colonie lunaire matriarcale est ce qui ressemble le plus à l'Utopie : si les femmes ont le pouvoir, les hommes ne sont pas aliénés pour autant et se contentent de leurs rôles d'hommes au foyer, d'étalons ou d'artistes. Mais certains n'y trouvent pas leur compte. C'est le cas du jeune Erno qui, après avoir assisté au one-man-show d'un certain Tyler Durden, est amené à remettre en cause le bien-fondé des principes de la colonie. Ou de cet homme qui, à peine arrivé de la Terre, a du mal à s'adapter aux nouvelles conditions de vie qui lui sont imposées et à canaliser sa violence.
    Ces quatre textes explorent avec finesse les rapports hommes/femmes lorsqu'ils sont inversés, et constituent peut-être le chef-d'oeuvre de John Kessel, un nouvelliste de grand talent à découvrir au plus vite.

  • "Une grille, trois marches - l'entrée des urgences. Entassés dans le hall, des gens assis sur des bancs en fer attendent leur admission. À l'intérieur, les tumeurs qui dévorent, les virus qui s'étendent, les artères bouchées."
    Et puis, les meurtres. Que représentent deux morts de plus dans cette guerre quotidienne, dissimulée derrière les murs de l'hôpital? Rien, sauf pour Gabriel Ilinski, le technicien de scènes de crime appelé sur les lieux. Il est le seul à ne plus pouvoir les oublier. Tout, y compris son amour pour Louise, un médecin, le ramène à l'hôpital Lariboisière. Jusqu'à se faire admettre lui-même aux urgences pour mener son enquête à l'intérieur du coeur souffrant de la ville...

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