• Volia Volnaïa

    Victor Remizov

    Un roman russe fulgurant, une plongée dans l'immensité sibérienne, qui conte l'éternel affrontement entre désir de liberté et asservissement au pouvoir. Porté par une seule devise, Volia volnaïa, " Libre liberté ", une très forte quête identitaire, avec, en toile de fond, le tableau renversant de la Russie d'aujourd'hui, tiraillée entre tradition et modernité.
    - Avec cinq mecs qui voudraient bien se mouiller, on les aurait désarmés ! Tous les flics de la région ! Une demi-journée aurait suffi ! Ils sont complètement ramollos, ils explosent de mauvaise graisse ! Il faudrait les enfermer dans leur cage à singes. Si tout le monde, si le peuple tout entier se met à parler, la vérité éclatera au grand jour ! Il faut juste que les gens le veuillent, qu'ils comprennent que c'est à eux de faire la loi ici, pas aux chefs ! (L'Étudiant se tut d'un air éloquent, les yeux écarquillés, le doigt pointé en l'air.) Kobiak, c'est un brave gars ! On a le droit de défendre notre honneur ! Avec les moyens qu'on a. Nous n'en avons pas d'autres, on nous les a volés. On nous a laminés mais on fait semblant que tout va bien.

  • Devouchki

    Victor Remizov

    • Belfond
    • 24 Janvier 2019

    Après le succès de Volia volnaïa, Victor Remizov explore de nouveau les paradoxes d'une Russie à deux vitesses, entre campagne sibérienne et faste moscovite, pour dresser le portrait d'une jeunesse qui cherche à se construire. Aussi glaçante qu'intense, une fresque brillante où s'entremêlent les destins de deux cousines en quête de repères.
    À Beloretchensk, en plein coeur de l'immense Sibérie, Katia et Nastia, la vingtaine, lasses de voir leur quotidien s'embourber dans la misère, décident de quitter leur province natale pour les lumières de la capitale.
    Elles rêvent d'avenir, d'argent, d'amour ; elles rêvent d'amitié, de joie, de nouveauté. Mais c'est le Moscou de l'argent sale, du mensonge et de la violence qui les accueille. À peine descendues du train, les voici traquant toit, travail, nourriture, craignant à chaque minute de devoir retourner auprès de leurs familles et assumer un échec.
    Livrées à elles-mêmes dans une jungle urbaine d'une brutalité inouïe, les deux devouchki se verront contraintes de garder la tête froide pour éviter d'avoir à commettre le pire et de sacrifier ce qu'elles ont de plus cher : l'espoir.

  • " Si Proust avait été " taxi russe " dans le Paris des années 30... " L'Express

    Gazdanov, ainsi que des milliers de Russes en 1920, s'exile et devient l'observateur fasciné de ses compatriotes et des bas-fonds parisiens. Au volant de son taxi, toutes les nuits, il parcourt le labyrinthe des rues de la capitale et de sa banlieue, en même temps que celui de sa mémoire. Cette conduite nocturne accuse les ombres et les lumières des âmes. Le regard, qui se voudrait cynique, exprime une nostalgie et une espérance ample comme un printemps russe.

  • " On entre dans ce livre comme dans une vieille pièce meublée de toiles d'araignée, l'horizon est aussi bas que celui d'un terrier. On en sort par miracle les poumons oxygénés, ragaillardi par un doux zéphir. " Le Matricule des anges

    Quand sa mère meurt, Pierre Fauré quitte Paris pour passer quelque temps en Provence. La rencontre avec la forêt, son immuabilité et son silence vivants, lui fait pressentir un royaume insoupçonné où le temps, l'espace et les sensations sont souverains. Marie, surgie sur le pas de sa porte, achève de le convaincre que sa vie est ailleurs : depuis ce jour de l'été 1940 où on l'a ramassée inanimée sur le bord d'une route, la jeune femme a rompu avec l'humain et n'est plus qu'un " pauvre animal malade ". Des mois durant, Pierre s'acharne pour la sortir des limbes où elle a sombré. Une écriture ascétique rend au plus juste le lent éveil de deux êtres l'un par l'autre, fait irradier une histoire d'amour qui ne dit jamais son nom.

    Les Éditions Viviane Hamy poursuivent leur travail sur l'œuvre de Gaïto Gazdanov (1903-1970), un grand écrivain russe trop méconnu en France, où il a vécu.

  • " Gazdanov, c'est Proust et Camus en cyrillique, Bounine et Boulgakov réunis, bref, exactement ce qu'il faut aux adeptes du bronzage intelligent qui ne détestent pas méditer sur l'âme russe. " Le Point

    Tout l'art de Gazdanov consiste à observer sans a priori ses frères humains, particulièrement les exilés, les déracinés en quête d'identité, pour les fixer d'un trait et en faire des personnages inoubliables... La révolution bolchevique gronde et des cohortes de Russes blancs ont rejoint la France, où leur sort a basculé. Les protagonistes des quatre nouvelles inédites rassemblées dans
    Cygnes noirs incarnent magnifiquement le tragique, l'absurde et le hasard des destinées. Les souvenirs, les portraits, les intrigues nous sont contés entre rêve et réalité mais dans un Paris minutieusement détaillé, un contraste qui marque au fer rouge. Subjugué, le lecteur découvrira les réflexions d'un homme sur sa propre fin, l'amitié fulgurante d'un jeune Russe pour le Tigre, le chant d'adieu de compagnons d'infortune à un ami, mais aussi les lettres d'Ivanov à d'étranges destinataires !

    Depuis 1990, les Éditions Viviane Hamy poursuivent la traduction de l'œuvre de ce grand écrivain russe, souvent comparée à celle de Proust ou de Camus ; s'en dévoile ici une facette inconnue.

  • " Lire Gazdanov, c'est se prendre de passion pour ses personnages "surréalistes', pour ses allers-retours incessants entre rêve et réalité, pour sa peinture des bas-fonds parisiens (digne d'un Francis Carco), pour sa philosophie de l'errance. " L'Alsace

    Dans les années 30, à Paris, un étudiant russe sans le sous se lie d'amitié avec un clochard qui devient milliardaire grâce à un héritage inattendu. Le " miracle " ne modifie en rien leur relation, chaque semaine ils se rencontrent dans le luxueux appartement du vieillard... jusqu'au jour où il y est retrouvé assassiné. Le jeune homme, naturellement suspecté, est arrêté... Il ne devra son salut qu'à une statuette du bouddha mystérieusement disparue de la scène du crime. Qu'on la retrouve, et elle révèlera l'identité du meurtrier !

    Des portraits de la diaspora russe drôles, émouvants, inoubliables, ponctuent cette quête " policière " qui sert de toile de fond aux interrogations de l'auteur sur les déchirures de l'exil et les impostures du réel.

  • Le fidèle rouslan

    Gueorgui Vladimov

    • Belfond
    • 16 Janvier 2014

    " Sommes-nous une nation de chuchoteurs, d'ordures et de mouchards, ou sommes-nous un grand peuple ? "
    Gueorgui Vladimov
    À travers le portrait de Rouslan, chien de garde dans un goulag, Gueorgui Vladimov livrait un brûlot, description aussi fascinante que glaçante de l'enfer concentrationnaire et, au-delà, de l'atroce absurdité du système soviétique. Écrit au début des années 1960, publié clandestinement en Allemagne en 1973 par une maison d'édition fondée par des réfugiés russes, puis en France en 1978 au Seuil, Le Fidèle Rouslan ne paraîtra en URSS qu'après la perestroïka.
    Un temps attribué à Soljenitsyne, un chef-d'oeuvre à redécouvrir, par un des grands dissidents russes, injustement méconnu.

  • " Ce très beau texte classique, publié en 1930, est le premier du grand Gaïto Gazdanov, qui s'exila en France en 1923 et figure parmi les plus beaux écrivains de l'immigration russe. " Télérama

    Nikolaï a seize ans lorsqu'il s'engage dans l'Armée blanche.

    En 1920, il quitte la Russie pour toujours. Des années plus tard, à Paris, les retrouvailles avec Claire, piquante et insaisissable, font resurgir les souvenirs les plus douloureux – la mort terrible du père tant aimé – comme les ravissements ténus de l'enfance ou les longues conversations avec l'oncle Vitali sur le sens de la vie.

    " ... j'étais censé avoir accompli plusieurs voyages autour du monde, découvert une île inconnue dont j'étais devenu le gouverneur, avoir construit une ligne de chemin de fer qui traversait la mer afin d'amener maman sur l'île, parce qu'elle avait très peur de l'eau et n'en avait même pas honte. Mes voyages imaginaires, j'avais l'habitude de les écouter chaque soir, et leur récit m'était tellement familier que, les rares fois où il s'interrompait – lorsque mon père était absent, par exemple –, le chagrin m'étreignait et j'en aurais pleuré. En revanche, quand il reprenait et que, assis sur les genoux paternels, je pouvais observer le visage de ma mère, j'éprouvais un réel bonheur, accessible uniquement à un enfant, ou à un adulte doué d'une extraordinaire force d'âme. "

    Traduit du russe par Françoise Godet-Konovalov et S.C.

  • " Le Spectre d'Alexandre Wolf est avant tout un roman diablement et doublement... romanesque ! [...] Quelque chose de très russe et pourtant universel. " Philosophie Magazine

    Le narrateur, Russe émigré à Paris, révèle le secret qui consume son existence. Son adolescence fut profondément marquée par la révolution de 1917. À seize ans, alors qu'il combattait les bolchéviques aux côtés des blancs, il a tué un homme. Le souvenir de cet acte, si anodin en temps de conflit, le hante.

    Un jour, dans un recueil de nouvelles anglaises, il lit cet épisode conté du point de vue de sa victime. Dès lors, son " spectre " ressurgit derrière toutes ses rencontres dans le Paris nocturne et interlope qu'il arpente. Celui qu'il a vu mourir serait-il vivant ? Par quel hasard improbable son meurtre peut-il ne pas avoir eu lieu ? Sa rencontre avec Elena, une mystérieuse compatriote, dont il tombe éperdument amoureux, lui fournira peut-être le fin mot de l'énigme...

    Le Spectre d'Alexandre Wolf entremêle miraculeusement fantastique, métaphysique et roman noir. On pense à Dostoïevski ou à Pouchkine, mais aussi à Camus. Publié à l'origine dans une revue new yorkaise, traduit en français au début des années 50, il tomba dans l'oubli... Avant d'être enfin redécouvert.

  • 1919. Elsa Triolet a 23 ans quand elle séjourne avec André, son mari, à Tahiti. Dépaysement à la fois inquiétant et merveilleux, entre témoignage et fiction, À Tahiti, écrit en russe et traduit par l'auteur elle-même, puise sa force dans la capacité d'observation et d'étonnement d'Elsa Triolet. L'auteur s'intéresse, dans cette île aux antipodes de sa Russie natale, tout autant aux différences qu'aux proximités d'une même humanité.

  • Dans un diptyque où l'absurde le dispute au fantastique, le célèbre romancier tourne en dérision les systèmes politiques russe et américain.
    Dans Opération Burning Bush, un juif d'Odessa se voit imposer manu militari par un agent du renseignement russe (FSB) une collaboration ultra-secrète. Via un émetteur-récepteur implanté dans le plombage d'une de ses dents il doit apprendre à se faire passer pour Dieu (l'entraînement est surréaliste) pour ensuite prodiguer de bons conseils à George Bush. Envahir l'Irak par exemple. Le système fonctionne au-delà de ce que les deux parties espèrent. Le président des États-Unis ahuri révèle que son pays est en contact avec Satan.
    Dans Les codes antiaériens d'Al-Efesbi, un brillant agent des services secrets russes est envoyé, lui, en Afghanistan. Les Américains ayant mis au point des drones intelligents, les" freedom liberators ", ainsi qu'un module virtuel qui permet de tout régler en régime automatique, ils se retirent. Décimés, les talibans accueillent à bras ouverts l'agent russe, rebaptisé Al-Efesbi, qui vient de retourner sa veste. Ce surdoué met au point une série de codes hyper-sophistiqués destinés à faire dérailler les drones. Les Américains décident alors de rendre inoffensif celui qui les offense. Le procédé laisse coi.

  • À l'heure où les enjeux en Arctique menacent l'intégrité des autochtones, le texte d'Aïpine se fait l'écho de toutes les cultures minoritaires que les bouleversements économico-politiques fragilisent.
    Ce livre révèle le martyre du peuple khanty dans les années 1930, lors de la soviétisation des autochtones.
    Dans les années 1960, suite au XXe Congrès du Parti communiste (1956), les intellectuels commencent à dénoncer les crimes de la période stalinienne. Tandis que les " petits " peuples restent muets, Aïpine est l'un des tout premiers à inclure cette thématique dans son oeuvre.
    Dans La Mère de Dieu dans les neiges de sang, Aïpine revient sur le passé de son peuple khanty, sur ses origines, son histoire, ses croyances et ses traditions mises à mal par la terreur " rouge ".
    Un récit puissant où s'entremêlent corps disloqués des victimes, chatoyance des étoffes et joyeuses sonorités des grelots, pour créer un tableau intense et coloré qui vire au rouge sang. On trouve dans ce récit toute la poésie des textes fondateurs.


  • Un livre d'entretien inédit avec Edouard Limonov !

    (à télécharger dès maintenant au format ePub.)
    Vous avez sans doute découvert le personnage romanesque du Limonov d'Emmanuel Carrère. Lisez maintenant la version des faits selon Edouard Limonov lui-même. Axel Gyldén, grand reporter à L'Express et spécialiste de la Russie nous offre dans cet ouvrage, une rencontre fascinante avec ce "Barry Lindon" soviétique punk, brillant, sulfureux, fasciné par les armes, la guerre, les femmes et la littérature.
    Edouard Limonov revient sur son enfance et son adolescence à Kharkov, raconte comment il bascule d'élève modèle en jeune voyou, mais aussi comment il a rencontré à Moscou le (futur) terroriste international Carlos, comment le KGB tente de l'enrôler comme agent, comment il se retrouve à Rome en plein attentat des Brigades rouges, sa rencontre avec Dali ou Warhol à New York. Dans cet entretien très vivant l'intellectuel russe s'exprime sans détour sur sa position pendant la guerre de Yougoslavie, sur le milieu littéraire français "bourgeois et ennuyeux" et sur son combat sans relâche contre Vladimir Poutine, "un dictateur qui règne par le mensonge total".
    Cet ouvrage ravira aussi bien chez les amateurs du livre d'Emmanuel Carrère que chez tous ceux qui cherchent à comprendre la Russie d'aujourd'hui.
    Un florilège de "cocktails Molotov verbaux" (Extraits):

    "L'âme russe c'est moi ! Un mec qui prend des risques sans réfléchir aux conséquences. Le Russe se jette dans des situations où l'Européen n'irait pas. Il ne faut pas trop réfléchir. Ou alors, plus tard. Faute de quoi, on reste le cul sur sa chaise, incapable de construire son histoire. Il faut vivre tant que l'on est vivant."
    "La plupart des Goncourt disparaissent aussitôt qu'on a tiré la chasse d'eau."
    "Avec tout ce fric, je peux faire la révolution en Russie demain matin."
    "Le tourisme est une occupation artificielle (...) J'étais ravi quand j'ai appris que les requins avaient dévoré des touristes allemands en Egypte !"


  • Roman d'apprentissage affectif, où la Russie du Sud à l'époque soviétique sert de cadre aux errances d'un homme blessé qui s'est perdu lui-même.

    Dans un monde en fuite, peuplé de silhouettes entraperçues, quelques êtres fortement éclairés, longuement désirés, tiennent lieu du père absent et de la mère disparue. Les amples paysages de la Volga participent à la célébration d'un rite de passage, au cours duquel le narrateur deviendra homme en découvrant sa sexualité.
    Une écriture détaillée, comme " photographique ", fait de Tendre théâtre un texte initiatique, cruel et cru, d'un érotisme délicat, aux confins du fantasme et d'une réalité violente.
    Avec ce deuxième roman, Kononov s'affirme comme l'une des voix majeures de la nouvelle prose russe.

  • Voici enfin le grand roman d'aventures russe que l'on attendait tant ! Les péripéties de l'ex-officier tsariste Sergueï Skatchkov ont pour fond l'une des périodes les plus ambiguës de l'histoire russe : l'interrègne entre les révolutions de février et d'octobre 1917.
    Tout juste rentré du front dans sa ville de province natale, le jeune homme, aristocrate de souche et héros militaire, devient la proie d'une implacable chasse à l'homme menée par des représentants des " classes montantes " de la nouvelle société : animateurs de meetings, " expropriateurs " anti-capitalistes et autre marginaux. De prise d'otage en fusillade, d'explosion terroriste en pillage collectif, ce parcours du combattant se poursuit dans la vaste et lointaine Sibérie, dans le sillage d'une gigantesque pépite d'or qui sème mystérieusement la mort autour d'elle.

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