• Dès les temps les plus anciens, le métal a été utilisé comme un moyen d'échange. Mais la monnaie proprement dite fut créée à une date relativement récente, lorsque l'on eut l'idée d'apposer sur des pastilles de métal une marque qui en garantissait la valeur. On tend aujourd'hui à considérer que cette initiative est due à des banquiers et à des commerçants installés dans les cités côtières de l'Asie Mineure. Mais ce monnayage privé dut disparaître progressivement, au fur et à mesure que les États se réservèrent le privilège de frapper le numéraire, d'en régler la valeur et d'en assurer la circulation. Au viie siècle avant J.-C., la monnaie, dont l'usage s'était répandu dans le bassin de la mer Égée et dans certaines régions de l'Asie Mineure, était déjà, comme de nos jours, un instrument indispensable à la vie économique et un des signes essentiels de l'autonomie politique. Les premières monnaies étaient sans doute marquées d'un simple poinçonnage. Bientôt, cependant, on dut éprouver le besoin de mettre sur les pièces des motifs plus caractéristiques et d'augmenter le prestige du numéraire en lui donnant un aspect plus séduisant. Le type monétaire s'inscrivit au début sur une face de la pièce, mais la monnaie s'enrichit par la suite d'un second type qui en occupa l'autre face. En Grèce, la monnaie a trouvé un milieu particulièrement favorable à son développement artistique. Les problèmes techniques et esthétiques que posaient la fabrication et la décoration des flans monétaires ont été résolus par le génie grec avec cette orginalité et cette puissance d'invention qui le caractérisent. Là, comme dans beaucoup d'autres domaines, les Grecs ont trouvé la solution définitive, celle qui satisfaisait toutes les exigences de l'esprit et du goût.

  • Cet ouvrage s'intéresse à la culture visuelle de l'époque hellénistique et romaine et à la réception des collections artistiques auprès des lettrés de ces deux périodes. À partir d'un éventail de documents qui vont du IIIe siècle avant J.-C. à l'Antiquité tardive, il cherche à montrer comment les oeuvres d'art pouvaient constituer, pour les Anciens, les supports d'un discours, que celui-ci soit d'ordre esthétique, idéologique ou même érotique. Les descriptions d'oeuvres d'art dues aux érudits du début de l'époque hellénistique appellent un décryptage attentif ; en effet, les poètes utilisent le discours sur les oeuvres d'art pour exposer leurs positions esthétiques ou pour répondre aux oeuvres de leurs prédécesseurs. Il s'agit aussi de penser les relations complexes qui se noueront ensuite entre le discours érotique et le discours esthétique : chez certains auteurs, le corps de l'être aimé sera contemplé à la manière d'une oeuvre d'art et l'introspection de l'amoureux s'appuiera sur des allusions à des schémas iconographiques courants, de manière à formuler un discours sur le sentiment amoureux. Ce livre, qui tente d'esquisser une histoire du regard ancien, s'attache tout particulièrement aux textes et ensembles de textes qui décrivent non pas une, mais plusieurs oeuvres d'art. Il s'intéresse ainsi au discours suggéré par la juxtaposition signifiante d'une série d'images.

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